Le est un canal américain situé dans l'État de New York et reliant l'Hudson au lac Érié, établissant une voie fluviale entre l'océan Atlantique et les Grands Lacs. Il fait partie du New York State Canal System.
Historique thumb|Tracés du canal Érié (en bleu) et des lignes de chemin de fer New York Central Railroad (violet) et West Shore Railroad (rouge).|gauche Le premier canal L'idée de cette réalisation date de 1699, mais il faut attendre le début du pour que la Niagara Canal Company soit constituée et élabore un projet réaliste. Après s'être heurté au refus du président Thomas Jefferson, l'entrepreneur Jessie Hawley sollicite l'appui du gouverneur DeWitt Clinton. Candidat fédéraliste à la présidentielle de 1812, puis chassé par la Régence d’Albany, DeWitt Clinton obtient dès 1811 que des obligations de l'État de New York financent le canal Érié, offrant à Wall Street sa première réussite.
Les travaux débutent le à Rome (New York). Aucun des responsables de la construction n'est expérimenté en génie civil. Les hommes qui établissent le tracé, James Geddes et Benjamin Wright, étaient d'anciens juges. On trouve également Canvass White, un ingénieur amateur de 27 ans, qui part étudier le système des canaux en Angleterre, et Nathan Roberts, un professeur de mathématiques. La construction se heurte à de multiples difficultés. Le défrichement de la forêt vierge s'avère tout d'abord plus délicat que prévu. En 1819, lors de la traversée du marais de Montezuma, en bordure du lac Cayuga, de nombreux ouvriers meurent de fièvre, probablement de la malaria. Enfin, le percement de la tranchée dans l'escarpement du Niagara, réalisée avec des explosifs à base de poudre noire, cause de multiples accidents.
La première section du canal est ouverte en 1819, et le reste le . Il est à cette époque long de , pour une largeur de et une profondeur de . 83 écluses, au gabarit de sur 4,50, permettent de compenser la différence d'altitude de entre le fleuve Hudson à Albany et le lac Érié. Le tonnage maximal des navires est de . Le canal Érié permet de réduire de 90 % les coûts de transport entre la côte est et les zones de l'intérieur du continent, qui sont alors encore sauvages. Sa mise en service accélère la colonisation de l'État de New York, avec le développement des villes de Buffalo, Rochester, Syracuse, Rome, Utica et Schenectady. Le canal Érié contribue largement à l'expansion de la ville de New York, qui devient un port de premier plan, au détriment de Philadelphie, de Boston et de Baltimore. Il permet l'expansion des cultures le long de son parcours. Les journaux des villes qu'il dessert veulent recevoir les cotations et nouvelles des autres marchés, et créent dès 1846, la New-York State Associated Press, en réunissant les quotidiens existant les plus à l'ouest d'Utica. Ils obtiennent une ligne télégraphique achevée dès l'été 1846, avec une qualité de service meilleure que sur les autres lignes américaines. Un tiers des nouvelles reçues concerne les marchés financiers ou de marchandises.
thumb|center|upright=3|Profil du premier canal.
Agrandissement du premier canal
Dès l'ouverture de ce premier canal Érié en 1825, le tonnage en transit augmente rapidement. Mais les bateaux de petit tonnage sont plus rapides que ceux de tonnage plus élevé et endommagent les murs du canal. En 1822 une loi réduit la vitesse autorisée des bateaux ; en 1828, environ du canal ont reçu des parements en bois ou en pierre pour leurs murs, et leur hauteur a été augmentée par endroits. Certaines écluses se sont tassées et doivent être remplacées. De nombreux autres travaux de réfection, voire de reconstruction, sont effectués. Entre-temps, le trafic ne cesse d'augmenter, en grande partie dû à la forte croissance du nombre de colons dans cette partie de l'état. Dès 1832 les ingénieurs commencent à parler de doubler les écluses de la partie est du canal – un projet qui a déjà été mentionné dans un rapport du 4 mars 1825. Plusieurs solutions sont étudiées pour accommoder l'augmentation du trafic. Les finances de l'état de New York sont alors en très mauvaise situation, mais les travaux d'élargissement du canal sont cependant votés. Ils sont achevés en 1862.
Le New York Barge
Le canal Érié est remplacé par le canal New York Barge, construit de 1905 à 1918 et prévu pour accommoder jusqu'à de fret par an.. Il ouvre en 1918 aux embarcations de . Le tracé de la nouvelle voie fluviale emprunte quelques portions du premier canal, mais exploite largement les rivières existantes, comme la Mohawk, la Seneca, la Clyde et le lac Oneida.
Cependant le transport de marchandises par le canal n'a pas la croissance escomptée : il atteint son maximum en 1951 avec à peine plus de de fret. Avec la concurrence accrue du chemin de fer, de la voie maritime du Saint-Laurent (ouverte en 1959) et du réseau autoroutier, le trafic fluvial diminue considérablement dans la seconde moitié du .
Le canal New York Barge est officiellement rebaptisé canal Érié en 1990 et sert de nos jours à la navigation de plaisance. L'ouverture, un peu plus tard, du canal de l'Ohio permet le transport fluvial entre New York et le bassin du Mississippi.
Noter toutefois une légère tendance au retour du fret : seulement en 2011 mais plus de en 2012 et en 2013, une année pourtant marquée par des inondations et beaucoup de travaux de réparations qui, selon une estimation, ont privé le canal de quelque de fret.
Un canal atypique Le canal Érié est le seul canal où le partage du bief s’effectue non pas en altitude, mais plus bas (et à l’origine par deux fois) que sa cote terminale (Buffalo).
Après un bref canal éclusé en amont des chutes Niagara et un bief canalisé de quelque 44 km dans la rivière , le canal descend d’abord à Lockport, à l’origine par une quintuple échelle de 55 pieds de chute totale (+- 17 m) pour un long bief de quelque 100 km jusque Rochester. Après le confluent avec le rive sud (aujourd’hui déclassé), sur une distance comparable, il descendait encore de 119 pieds (± ) en 13 écluses. Après avoir reçu la rivière Seneca, l’exutoire des Finger Lakes, le canal montait de 16 pieds (± ) en deux écluses, pour redescendre à nouveau de 6 (± ), quittant ainsi le lit de la Seneca, pourtant un tributaire de la rivière Oswego canalisée jusqu’au lac Ontario. Ce raccourci était possible grâce à deux rigoles d’alimentation (Skaneateles et Camillus), le premier approvisionné par un lac.
Après être à nouveau descendu de 6 pieds, la liaison devenait un canal de bief de partage classique : en trois écluses, ascension jusqu’à la cote de 426 pieds (), puis, après un long bief de quelque , la descente jusqu’au niveau de la mer à Troy (Albany) en 47 écluses (voir profil ci-dessus).
À partir des années 1900, le canal rectifié dans le vaste projet du New York State Barge Canal, reprend à un degré près le même schéma avec deux fois moins d’écluses (35 au lieu de 71).
Cette configuration tout à fait atypiqueatypique, puisque le canal à bief de partage classique relie, par un seul seuil, deux cours d’eau de deux bassins versants différents. s’explique de plusieurs façons :
territoriale : après la réalisation des quatre premiers canaux aux États-Unis, diverses résolutions politiques. font la promotion des voies d’eau pour fins de colonisation et de commerce ; logistique : la chute de quelque 100 m entre les lacs Érié et Ontario n’a d’abord été contournée que par un portage de quelque 40 km. (Du côté britannique, le premier canal Welland était d’abord destiné aux meuniers et n’a reçu des écluses en bois qu’en 1829) ; historique : durant la guerre canado-américaine de 1812, « en raison des difficultés de communication terrestre, le contrôle des Grands Lacs et du couloir du fleuve Saint-Laurent était crucial. » Après le statu quo ante consacré par le traité de Gand, les deux belligérants ont chacun assuré leurs liaisons fluviales par un canal : le canal Érié n’est jamais à plus de 30 km du lac Ontario dans sa partie ouest, ni à plus de 40 km à l’est ; technique : le Corps du génie des États-Unis ayant été mis à contribution durant le conflit, ils devenaient disponibles pour des travaux civils ; commerciale et industrielle : d’abord largement critiquée comme une « folie », la réalisation du gouverneur Dewitt Clinton s’est avérée un succès sans précédent : sur l’embranchement de Rochester, Kodak, l’une des marques de commerce mondialement les plus connues. Succès tel qu’il a été élargi à peine 10 ans après son inauguration, puis rectifié. En dépit de son gabarit moindre, le canal Érié connaît un tonnage beaucoup plus important que son concurrent, le canal Welland, jusqu’au quatrième exemplaire de ce dernier.
+Érié 1Érié 2Érié 3(New-York State Barge Canal)
construitapprouvé181718361905construit18171862inauguré1823deBuffaloBuffaloBuffaloàTroyTroyTroy
altitudemax.571 pi174 m571 pi174 m571 pi174 minterm.390 pi119 m372 pi113,5 mmin.1.3 pi0,40 m1.3 pi0,40 m1.3 pi0,40 mchute totale676 pi206 m625 pi190 mmoyenne8.1 pi2,48 m18 pi5,5 mlongueur363 mi584 km350 mi560 km310 mi499 kméclusesnombre837135longueur90 pi27, 5m110 pi33,6 m300 pi91,5 mlargeur15 pi4,58 m18 pi5,49 m43.5 pi13,27 mt. d’eau4 pi1,22 m7 pi2,14 m13 pi3,97 mdist./écluse4.37 mi7,04 km4.9 mi7.9 km8.8 mi2,7 kmtonnage751 800trapèze 40 pi12,2 m70 pi21,3 m120 pi34,6 m28 pi8,5 m56 pi17 m(94 pi)(29 m) Pas remis aux normes du Haut-Mississippi et de ses principaux tributaires, la voie d’eau a beaucoup perdu de son importance commerciale aujourd’hui et n’est plus en mesure de concurrencer les chemins de fer et, surtout, le transport routier très largement subventionné.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
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Liens externes
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