Le est une lésion dermatologique contagieuse induite par le virus de la famille des Poxviridae. La lésion est caractérisée par une papule arrondie ombiliquée de quelques millimètres de diamètre (le plus souvent de , parfois jusqu'à ), généralement non prurigineuse (qui ne cause pas de démangeaisons), d'où une matière blanchâtre (composée de cellules épidermiques altérées) sort parfois à la pression« Molluscums contagiosums - Attendre leur disparition spontanée : une option raisonnable ». Rev. Prescrire 2015 ; 35 (378) : 276-278..
Ce sont les enfants qui sont le plus souvent touchés par une insuffisance de défense immunitaire contre le virus responsable de la dissémination des lésions.
Contamination Le virus du est transmis par un contact direct de la peau avec une autre personne contaminée, après une période d'incubation de deux semaines à six mois. Les circonstances de contagion sont retrouvées à la garderie ou à l'école, lors de la fréquentation de piscines publiques, lors de bains collectifs et aussi au cours de sports de contact (promiscuité et peaux en contact). Bien que cela soit plus rare, l'utilisation d'objets ayant été en contact avec le virus (comme des serviettes de toilette) peut également transmettre l'infection.
Les peuvent aussi toucher l'adolescent et l'adulte avec transmission par voie sexuelle quand la localisation se situe au niveau du pubis ou des régions génitales. À noter que cette lésion peut être associée à une infection par le VIH durant sa phase chronique. Sa dissémination autour des lésions primitives est favorisée par le grattage.
Microscopie Le réalise une lésion épidermique cratériforme. L'épiderme est épaissi et s'invagine en formant une masse volumineuse constituée de lobules piriformes convergeant vers un puits central . Ces lobules sont constitués de cellules malpighiennes qui contiennent des corps molluscaires basophiles. De la périphérie vers le centre, les cellules perdent leur noyau, deviennent volumineuses, ovoïdes avec un cytoplasme fortement éosinophile devenant basophile. Cet aspect très caractéristique est dû à l'effet pathogène d'un poxviridé. En fonction des incidences de coupe, seules des masses dermiques sans connexion avec l'épiderme peuvent être visibles et ne doivent pas être confondues avec une tumeur.
Traitement
Un guérit le plus souvent spontanément. Les disparaissent souvent chez le jeune enfant au bout de plusieurs mois quand le corps commence à développer une résistance. On parle typiquement de 6 mois à 4 ans, à cause de l'auto-contamination. D'autres conditions dermatologiques sont alors à considérer : par exemple l'eczéma augmente les risques d'une auto-contamination, donc l'augmentation du nombre de . De plus, le étant contagieux, un traitement rapide évite de contaminer d'autres personnes, en particulier les autres enfants d'une garderie ou une école.
Les dermatologues français sont généralement favorables aux traitements physiques afin d'éviter la dissémination du et de réduire l'auto-contamination :
Ablation à la curette de toutes les lésions, de préférence sous anesthésie locale. Cette méthode est très efficace ; elle est normalement pratiquée par un médecin, mais peut aussi être faite à la maison. Un rappel rapide de toute nouvelle croissance permet d'éliminer rapidement toutes les lésions. Lorsqu'un analgésique en crème est appliqué, l'opération est sans douleur. Le saignement est relativement important, cela peut impressionner les parents, mais les volumes sont négligeables pour la santé de l'enfant. Cryothérapie (azote liquide) : de préférence pour les enfants sous anesthésie locale en crème. Efficace, elle demande de bien brûler chacune des lésions, si une trop grande zone est brûlée elle peut laisser des cicatrices. Moins rapide que l'ablation à la curette, ce traitement est approprié pour un petit nombre de lésions. Crèmes locales : à base de rétinoïdes ou de cantharidine ; de nouveaux traitements à base d'imiquimod ou de substances antivirales (cidofovir) sont en cours d'évaluation. Des traitements locaux à base d'hydroxyde de potassium sont proposés sans preuve d'efficacité Huiles essentielles de Backhousia citriodora (myrte citronnée) ou de Melaleuca alternifolia (arbre à thé).
Données issues de la littérature
Une revue systématique Cochrane portant sur les interventions pour le molluscum contagiosum cutané (van der Wouden et al., 2017) conclut qu'aucune étude ne démontre de supériorité claire d'un traitement sur un autre, et que l'abstention thérapeutique reste une option valide chez l'enfant immunocompétent, compte tenu de la résolution spontanée attendue.
Chez les patients immunodéprimés (infection par le VIH, transplantés), les lésions peuvent être nombreuses, étendues et résistantes aux traitements habituels. Dans ces cas, la restauration immunitaire (traitement antirétroviral efficace) constitue le traitement le plus efficaceKang S, Amagai M, Bruckner AL et al., Fitzpatrick's Dermatology, 9 éd., McGraw-Hill, 2019. . La cantharidine topique, utilisée de longue date hors AMM, a obtenu en 2023 une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis sous le nom commercial Ycanth pour le traitement du molluscum contagiosum chez l'adulte et l'enfant à partir de 2 ans.
Voir aussi Articles connexes Verrue Dermatologie
Notes et références
Catégorie:Infection en dermatologie