Le complot fomenté par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord et Joseph Fouché durant les derniers mois de 1808 vise, à la suite de rumeurs de mort de Napoléon Bonaparte (en pleine guerre d'Espagne), à conserver le pouvoir en confiant la régence à l'impératrice Joséphine. Cette intrigue n'a pas l'occasion de se concrétiser : Napoléon, bien vivant et ayant eu vent de ces préparations (les deux complices agissent au grand jour), quitte précipitamment l'Espagne en pour revenir à Paris. Si les explications personnelles sont orageuses, les conséquences pour Talleyrand et Fouché restent limitées.

Contexte

Déroulement Joseph Fouché et Talleyrand étaient fâchés, c'est Alexandre Maurice Blanc de Lanautte (1754-1830), comte d'Hauterive qui les raccommoda au cours d'un déjeuner qu'il organisa en 1809, dans sa maison de campagne à Bagneux près de ParisAlexis-François Artaud de Montor, Histoire de la vie et des travaux politiques du comte d'Hauterive, Paris, 2e édition, 1839, impr. Adrien Le Clere & Cie, p.265..

Intrigue

Talleyrand et Fouché cherchent le soutien de Joachim Murat, qui réagit par un silence prudent.

Voulant montrer leur nouvelle alliance et préparer les esprits, ils se promènent bras-dessus bras-dessous, ce qui ne manque pas de faire parler. Bientôt, la rumeur d'une intrigue se répand.

Réaction de Napoléon

La rumeur parvient jusqu'à Napoléon, en Espagne. Inquiété par la nouvelle, il abandonne immédiatement ses opérations militaires et se précipite à Paris, couvrant la distance en un temps record.

Le , Napoléon convoque Talleyrand (qu'il considère comme plus coupable que Fouché) à un conseil restreint de circonstance, et s'emporte contre lui, l'injuriant :

Il accuse alors son ministre d'être l'instigateur de la guerre d'Espagne, et d'être aussi celui qui l'a incité à tuer le duc d'Enghien :

Cette dernière phrase, la plus célèbre et maintes fois répétées, est probablement apocryphe : le lieu, la date et l'identité de celui qui la prononce sont incertains.

Conséquences

Napoléon retire son poste de grand chambellan à Talleyrand, et ce dernier est convaincu d'être arrêté, mais reste impassible : il aurait dit à la sortie du conseil : « Quel dommage, Messieurs, qu'un aussi grand homme ait été si mal élevé, ». Au contraire de Fouché qui joue profil bas, il se présente toujours à la cour et ce dès le lendemain de la fameuse scène, . Il fait intercéder Hortense de Beauharnais, sollicitée par Mme de Rémusat, auprès de Napoléon, .

Références

Catégorie:Événement du Consulat ou de l'Empire