Chiddes est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie
vignette|gauche|Chiddes et le Morvan vus du mont Charlet. Chiddes se situe dans le Morvan, dans le sud-est de la Nièvre, à au sud-ouest d'Autun et au sud de Château-Chinon ; la commune fait partie du parc naturel régional du MorvanCartes IGN 1/25000 2725 est Saint-Honoré-les-Bains et 2825 ouest Saint-Léger-sous-Beuvray. Ses habitants sont les Chiddois et les Chiddoises. Le finage de Chiddes est en partie boisé, surtout à sa périphérie ainsi que les principales pentes. À la fin du , sur une superficie de deux mille six cent quatre hectares, quatre cent soixante-dix-huit étaient en bois. L'agriculture reste importante, dominée par l'élevage bovin d'embouche.
Le site et la situation Le village est situé sur les dernières pentes méridionales du Morvan (le mont Thouleur, Montjouan, le mont Genièvre sont visibles de Chiddes) et est dominé par le mont Charlet, qui possède à son sommet un petit monument religieux en béton et une table d'orientation. Le bourg est à d'altitude, mais le finage communal s'échelonne entre et pour une altitude moyenne de . Du bourg, la vue s'étend loin aussi vers le sud.
On y accède par la route départementale D 985 (route Buissonnière, direction Saint-Honoré-les-Bains) depuis Luzy et aux Vernées, à , prendre à droite la D 124.
Hydrographie De nombreux ruisseaux (Richaufour...), dont la rivière la Roche (anciennement dénommée la Séglise) et le ruisseau du Tillot descendent du Morvan et alimentent la rivière Alène, affluente de l'Aron, donc sous-affluent de la Loire.
La commune compte de nombreux étangs : étang de Champlèvrier - étang des Forges, etc.
Communes limitrophes
Géologie Le sous-sol de Chiddes est riche en fer et divers minerais, qui furent exploités dès l'Antiquité, probablement à l'époque gallo-romaine (la voie romaine allant d'Autun à Decize passe à la limite sud de Chiddes ; des traces de villæ gallo-romaines existent au hameau de Montcharlon) et l'exploitation du minerai de fer s'est poursuivie au Moyen Âge et à l'époque moderne, par exemple à Champ-Robert, ce qui explique la fréquence de toponymes tels que « Bois des Terres Rouges », « Champ Fournière », Bois des Forges, « Étang des Forges », « Richaufour », « Monte-au-Four », qui évoquent la présence de forges.. Du kaolin existe aussi près du moulin de Mont-Jouan et une carrière de calcaire saccharoïde (ou marbre statuaire) près de Mont-Jouan (Monte Jovis en latin).. Ce marbre blanc, dit de Champrobert, fut exploité par les Romains pour la construction des monuments d' Augustodunum (Autun) et en particulier en carrelage et en colonnes.. Un filon de fluorine, anciennement dénommée spath-fluor, dit « de Las », est à cheval sur les communes de Chiddes et MillayHippolythe Marlot, Procès-verbal de la Société d'Histoire naturelle d'Autun, 1903, pages 193-198.
Le , une concession pour l'ouverture de mines de pyrites de fer, de manganèse et autres métaux connexes est demandée, à cheval sur les territoires des communes de Larochemillay, Chiddes et Villapourçon"L'Écho des mines et de la métallurgie", 19-01-1896, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5740524x/f9.image.r=Chiddes.langFR.
Hameaux, villages, lieux-dits et écarts NB : La liste qui suit n'est pas exhaustive.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Avrée à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Chiddes est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (81,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (80,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (76,2 %), forêts (18,3 %), zones agricoles hétérogènes (4,6 %), terres arables (0,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Chides (XIVe siècle) ; Cheiddes (1548) ; Chidde (1620) ; Chide (1689)..
Histoire Antiquité Outre la voie romaine déjà évoquée, une villa gallo-romaine, connue sous le nom de Ville-romaine a été identifiée dans un champ près de Montcharlon : « des fragments de marbre, de tuiles à rebords, de poterie, des médailles et des empereurs romains Probus, Alexandre Sévère, Hadrien, Dioclétien, Constance Chlore et Constant y ont été découverts ». Dix-neuf monnaies romaines datant de Tibère à Constant y ont été trouvées entre 1835 et 1846 à proximité de la voie romaineBulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts, 1905, ..
Étymologie et origines Le nom de Chiddes apparaît sous l'orthographe Chides dans un pouillé d'Autun qui date du , de Chydes dans un acte de 1529Eugène Drot, Recueil de documents tirés des Anciennes minutes de notaires déposées aux Archives départementales de l'Yonne, Imprimerie de la Constitution, Auxerre, 1902, . et de Chide sur la carte de Cassini.
Moyen Âge Chiddes était l'une des sept paroisses de l'ancien comté de La Roche-Millay ; le patronage de la cure appartenait à l'abbé de Cluny, codécimateur avec le curé de la paroisse. Chiddes fit partie de l'archiprêtré de Luzy, diocèse d'Autun, qui comprenait 26 paroisses, jusqu'au rétablissement du diocèse de Nevers en 1822.
Saint Maurice et les Pas de saint Maurice L'église paroissiale traditionnelle était consacrée à saint Maurice, ce qui peut surprendre, ce chef de la légion thébaine, martyrisé en 246 en Valais n'ayant jamais mis les pieds dans le Morvan. L'explication est probablement la suivante : saint Maurice était le saint préféré de saint Martin qui portait toujours sur lui, dit-on, quelques-unes de ses reliques. Les pierres dénommées Pas de saint Maurice auraient alors été catholicisées au lors du passage de saint Martin dans la région pour inciter les populations jusque-là païennes à faire leurs dévotions au nouveau culte catholiqueA.Desforges, "Les gravures pédiformes de la Pierre de Saint-Maurice à Millay (Nièvre)", Bulletin de la Société préhistorique de France, 1915, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56972016/f474.image.r=Chiddes.langFR. Saint Maurice, substitué donc à saint Martin, est le saint patron de plusieurs autres paroisses du Morvan : Champlemy, Sermoise, Saint-Maurice (près de Saint-Saulge), Laché-Assars, Armes, Montreuillon et MillayAugustin Joseph Crosnier, "Hagiologie nivernaise, ou Vies des saints et autres pieux personnages qui ont édifié le diocèse de Nevers par leurs vertus", Imprimerie de Fay, Nevers, 1858, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56131052/f422.image.r=Millay.langFR.
Par exemple, un rocher circulaire de porphyre rose, situé à mi-chemin entre Chiddes et Larochemillay, dénommé le Pas de saint Maurice, en forme de tumulus de de tour et haut de deux à trois mètres, est situé dans un pré dit les Grandes-Ouches ; il a une petite cuvette ronde de de diamètre et de profondeur et contient ordinairement de l'eau. Du pied même du rocher émerge une source qui nourrit un ruisseau affluent de la Séglise. Un second pas, moins net, est situé à proximité. Un autre Pas de saint Maurice existe dans la commune voisine de MillaySociété du folklore français, Revue de folklore français, 1931, .. Selon la légende, saint Maurice, poursuivi par des malfaiteurs, aurait fait faire à sa monture une enjambée qui l'aurait porté de Champlevrier, où se trouvent deux autres pas, à Mont-Theurot, situé à à l'est, au pied de la montagne de ThouleursBulliot, "La mission et le culte de saint Martin, d'après les légendes et monuments populaires du pays éduen", Bulletin de la Société éduenne, tome XIX, pages 162-163. Dans cette légende, saint Maurice a d'ailleurs été substitué à saint Martin ; en fait ces cupules dans les rochers sont probablement des traces de culte solaire comme le laisse à penser la dénomination de la parcelle voisine dénommée encore le Champ du Soleil (parcelle , section B du plan cadastral de Chiddes)A. Desforges, "Les Sabots d'Équidés et le Champ du Soleil de Mont-Theurot, commune de Chiddes (Nièvre)", Bulletin de la Société préhistorique de France, 1916, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56028603/f306.image.r=Chiddes.langFR.
Saint Martin et saint Guengoult dans la région de Chiddes
Au , Monsieur saint Martin (plus connu sous le nom de saint Martin, évêque de Tours), parcourut avec son âne le pays morvandau afin de convertir ses habitants. Une anecdote rapporte qu'alors que le saint se trouvait du côté de Sommant, un ours l'attaqua et mangea son âne (un sommet se nomme toujours la Montagne de l'Ours), mais subjugué par la puissance divine, l'ours devint le valet et le portefaix du saint remplaçant l'âne qu'il avait dévoré. Cette légende serait à l'origine de la dénomination d’ours Martin donnée traditionnellement aux ours de foires. Le saint serait passé par Chiddes, page 38..
Au , saint Guengoux, plus connu sous le nom de saint Guengoult, a aussi parcouru le pays morvandau (deux communes du département de Saône-et-Loire se nomment d'ailleurs Saint-Gengoux-le-National et Saint-Gengoux-de-Scissé et un hameau, autrefois paroisse, désormais annexée par Larochemillay, est dénommé Saint-Guengoux). Une légende place dans ce hameau la fontaine où l'épouse adultère de saint Guengoult aurait perdu son bras pour avoir juré à tort de sa fidélité à son mari.
Une chapelle Saint-Jean-Baptiste est citée à Chiddes en 1487 dans une « lettre de quête »Mémoires de la Société éduenne, Autun, 1872, ..
Les seigneuries de Chiddes