vignette|Carte montrant le taux de croyance en Dieu en Europe. Plus la couleur est foncée, plus ce taux est élevé Les religions dans l'Union européenne (UE) sont diverses. La religion la plus importante dans l'UE est le christianisme, qui représentait 72,8 % de la population de l'UE en 2018.. Les groupes plus petits comprennent l'islam, le bouddhisme, le judaïsme, l'hindouisme et certaines religions d'Asie de l'Est, concentrés pour la plupart en Allemagne et en France. On observe récemment des mouvements marginaux de renaissance des religions populaires européennes pré-chrétiennes, notamment le paganisme, le rodnovery, la romuva et le druidismeStrmiska, Michael F. (2005). Modern Paganism in World Cultures: Comparative Perspectives. Santa Barbara: ABC-CLIO..
La politique de l'union européenne est peu impliquée dans ce sujet, suivant une forme de laïcité, qui n'impacte pas significativement le fonctionnement des institutions de l'Union européenne.
Lors des discussions sur le projet de la Constitution européenne, des propositions de groupes conservateurs visant à faire expressément référence à la religion ont été proposéesLes termes de et ont été proposés dans l'introduction au texte., une forte opposition a conduit à leur abandon. Finalement, le traité évoque une inspiration par des et se positionne relativement aux statuts des religions dans les Etats par son article 11.
La possibilité d'exercer sa religion et ses croyances est l'une des libertés fondamentales inscrites dans la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne à l'article concernant la liberté de pensée, de conscience et de religion.
Au niveau des États membres, il existe une grande hétérogénéité dans la répartition des croyants et dans les relations qu’entretiennent les instances religieuses et politiques.
Statistiques
Au cours des dernières décennies, la pratique religieuse a tendance à baisser. Le sondage d'Eurostat a montré en 2010 que 20 % des citoyens de l'UE ne croyait pas en une sorte d'esprit, Dieu ou force vivante. Les pays qui concentrent le plus de personnes non-croyantes sont la France (40 %), la République tchèque (37 %), la Suède (34 %), les Pays-Bas (30 %), l'Estonie (29 %), l'Allemagne (27 %), la Belgique (27 %) et la Slovénie (26 %). Les pays les plus religieux sont la Roumanie (1 % de non croyants) et Malte (2 % de non croyants). Dans l'UE, la croyance est plus fréquente avec l'âge et plus élevée chez les femmes, les personnes n'ayant qu'une éducation de base et celles qui (57 %) Données du World Fact Book..
+ Eurobaromètre 2010. Pays Personnes croyant en un Dieu Personnes croyant en une sorte d'espritou force vivante Personnesnon croyantes Personnesne se prononçant pas Malte 94 % 4 % 2 % 0 % Roumanie 92 % 7 % 1 % 0 % Chypre 88 % 8 % 3 % 1 % Grèce 79 % 16 % 4 % 1 % Pologne 79 % 14 % 5 % 2 % Italie 74 % 20 % 6 % 0 % Irlande 70 % 20 % 7 % 3 % Portugal 70 % 15 % 12 % 3 % Croatie 69 % 22 % 7 % 2 % Slovaquie 63 % 23 % 13 % 1 % Espagne 59 % 20 % 19 % 2 % Lituanie 47 % 37 % 12 % 4 % Luxembourg 46 % 22 % 24 % 8 % Hongrie 45 % 34 % 20 % 1 % Autriche 44 % 38 % 12 % 6 % Allemagne 44 % 25 % 27 % 4 % Lettonie 38 % 48 % 11 % 3 % Royaume-Uni 37 % 33 % 25 % 5 % Belgique 37 % 31 % 27 % 5 % Bulgarie 36 % 43 % 15 % 6 % Finlande 33 % 42 % 22 % 3 % Slovénie 32 % 36 % 26 % 6 % Danemark 28 % 47 % 24 % 1 % Pays-Bas 28 % 39 % 30 % 3 % France 27 % 27 % 40 % 6 % Estonie 18 % 50 % 29 % 3 % Suède 18 % 45 % 34 % 3 % République tchèque 16 % 44 % 37 % 3 % EU-28 51 % 26 % 20 % 3 %
Sécularité des institutions
Lors des négociations préliminaires à l'adoption du traité d'Amsterdam en 1997, le Saint-Siège est intervenu afin que soit reconnue la place de l'Église dans l’héritage européen. Cette proposition n'a pas été adoptée et une terminologie plus laïque fut retenue : Citoyenneté européenne et laïcité, colloque du Cercle Républicain.. Avec les élargissements successifs, les pays de tradition catholique et protestante ont été rejoints par des pays de tradition orthodoxe.
Il n’existe en 2014 aucune disposition juridique régissant au niveau européen les rapports que doivent entretenir les États membres et les cultes ; cette liberté est laissée à chacun, dans le respect des traités européens et de la jurisprudence de la CJUE. Les situations sont ainsi fort diverses, en fonction du contexte historique, culturel et politique, dans les relations institutionnelles avec les cultes et leurs représentants..
Le modèle politique développé par l'UE depuis les vingt dernières années s'oriente vers une identité communautaire et démocratique, avec une citoyenneté européenne, un État de droit et une justice en accord avec le respect des droits individuels. En 2000, le traité de Nice réaffirme les droits civils, économiques, politiques et sociaux de . La dimension religieuse reste du domaine des États membres mais le principe de séparation des cultes et de l’État reste essentiel au respect de tous les citoyens et de leurs croyances. Le traité d’Amsterdam modifiant le traité sur l'Union européenne, les traités instituant les Communautés européennes et certains actes connexes réaffirme cette distinction :
Cette politique est également défendue dans le processus d'adhésion de nouveaux États, le respect des libertés fondamentales, politiques, culturelles et religieuses est un prérequis pour tout ouverture d'un dossier d'adhésion.
Liberté religieuse
La liberté de pratiquer une religion ou un culte est l'une des libertés fondamentales défendues par les États membres et repris dans un certain nombre de traités européens, et notamment dans la Charte des droits fondamentaux. Ces textes priment sur le droit national et ont un caractère juridique contraignant pour les États membres, c'est la Cour européenne des droits de l'homme qui traite les recours portés contre un État membre du Conseil de l'Europe qui ont ratifié la Convention mais ne respectent pas les droits et les libertés qui y sont reconnus Présentation générale de la Cour européenne des droits de l'homme et de son rôle, sur le site officiel de la CEDH..
Conformément aux idéaux d'égalité civile et de liberté de culte des nations fondatrices de la Communauté économique européenne dans les années cinquante, le traité fondateur instituant la CEE permet aux instances européennes de pouvoir agir dans le sens de la lutte contre toutes les formes de discriminations basées sur la religion.
Ces mesures ont été réaffirmés dans le traité de Maastricht son attachement au respect des droits et libertés, à la suite du passage de la CEE à l'UE et de la ratification de la Charte des droits fondamentauxLa Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, présentation sur le site de la Commission européenne. qui reprend dans un seul document applicable aux acteurs nationaux et internationaux parties prenantes à l'UE : les droits rencontrés dans la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne les droits et libertés consacrés par la Convention européenne des droits de l'hommeLa Convention européenne des droits de l'homme est applicable à l'ensemble des pays du Conseil de l'Europe dont tous les pays membres de l'UE et les candidats à l'adhésion font partie. les autres droits et principes résultant des
À l'extérieur de ses frontières, l'UE s'efforce également de promouvoir la liberté religieuse comme une vertu du modèle européen, le Conseil des Affaires Étrangères de l'Union européenne et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) ont adopté les , à destination de ses délégations et représentants européens à l'étrangerLa liberté religieuse au sein du Service européen pour l’action extérieure : de nouvelles lignes directrices, article sur le site europeinfos édité par la COMECE.
Place dans la société européenne
Lors de la fondation de la CEE et durant son développement, l'aspect religieux de la société européenne était présent, ainsi, certains symboles de l'unité européenne reprennent des symboliques propres au christianisme, religion majoritaire au sein de la population des pays européens en 1952, comme aujourd'hui.. Le drapeau européen reprend la symbolique du bleu, en référence à la couleur du manteau de la vierge et les douze étoiles, la couronne de douze étoiles évoquée dans l'apocalypse de Saint Jean, selon son créateurLe drapeau Européen est-il un drapeau Chrétien ?, article du Huffington Post du 21 mars 2010.. Cela s'explique par les racines profondes qui unissent société civile, États et religion.
Avec le développement de la bureaucratie européenne, des groupes de pression se sont développés en faveur des religions et des idées qu'elles défendent ou de la laïcité. C'est le cas de la Fédération humaniste européenne ou de la Commission des épiscopats de la communauté européenneLobbies religieux: la Commission doit se confesser, article de My Europ du 27 novembre 2011.
Jurisprudence
Sur le sujet de la religion, certains pays membres de l'UE sont soumis à la jurisprudence de la Cour européenne..
La Cour européenne des droits de l'homme considère notamment des concepts tels que: Le droit à la liberté de religion, ses dimensions intérieure et extérieure, ses aspects individuel et collectif, les relations entre Etat et communautés religieuses, l’imposition, par l’Etat, de certaines pratiques liées à une religion. Elle considère aussi l'étendue de la protection de la liberté de religion, le devoir de neutralité et d’impartialité de l’Etat, la protection contre l’offense gratuite, l’incitation à la violence et à la haine contre une communauté religieuse, la religion au travail et l’aménagement raisonnablehttps://www.echr.coe.int/Documents/Research_report_religion_FRA.pdf Aperçu de la jurisprudence de la Cour en matière de liberté de religion.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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Voir aussi
Articles connexes
Religion en Europe Politique culturelle de l'Union européenne Commission des épiscopats de la communauté européenne
Liens externes Religion et politique, un engagement commun pour la liberté et la démocratie, article du Parlement européen, du .
Droit et religions dans les États membres de l'Union européenne, rapport d'Amnesty International France. Le droit des religions dans une Europe interculturelle , étude publiée dans la revue Hermès. Rapport contenant une proposition de recommandation du Parlement européen à l'intention du Conseil sur le projet de lignes directrices de l'Union sur la promotion et la protection de la liberté de religion ou de conviction (2013/2082 (INI)), sur le site du Parlement européen.