Le château de Castelnoubel est un château fort sur un promontoire au-dessus du vallon du Mondot à Saint-Denis de Lasgourgues près de Bon-Encontre.

Histoire Le promontoire sur lequel a été élevé ce château a été occupé depuis le ou . La construction du château actuel a commencé à la fin du . Peut-être a-t-il succédé à un castrum avec des palissades en bois bordant les falaises. Il est cité dans le serment de fidélité de la baylie de Puymirol au lieutenant du roi de France, en 1270. Le serment donne la limite entre la baylie de Puymirol et celle d'Agen dont faisait partie le château. Il ne reste à peu près rien de ce château du qui a été remplacé par celui construit à partir du .

La famille de Marmande Le château appartenait à la famille de Marmande<ref>[https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33878f/f179.image Georges Tholin, Notes sur la féodalité en Agenais au milieu du , , Revue de l'Agenais, 1899, tome 26]</ref>. Le premier seigneur connu du château est Arnaud de Marmande. Il est cité en 1268 avec son fils, Raymond de Bouglon, pour avoir attaqué, pris et soumis au pillage le château de Castelgaillard appartenant aux frères Raymond et Bertrand de Bréville. Le comte Alphonse de Poitiers demanda au sénéchal d'Agenais de traiter rapidement cette affaire. Arnaud de Marmande fait hommage au représentant du roi de France en 1271 quand il prend possession de l'Agenais pour les châteaux d'Escassefort, de Virazeil et la terre de Longueville. Arnaus de Marmande a profité d'une disposition de la coutume d'Agen permettant aux bourgeois de la ville de bâtir des maisons munies de tours sur son territoire pour commencer la construction du château de Castelnoubel.

En 1279, Philippe le Hardi a relevé de leur serment les villes et barons de l'Agenais. L'Agenais est alors plongé dans la guerre entre seigneurs essayant d'agrandir leurs domaines.

En 1306, un Arnaud de Castelnoubel, fils d'Arnaud de Castelnoubel, ayant agrandi son domaine aux dépens de la juridiction d'Agen, s'est arrogé le droit de haute et basse justice. L'Agenais étant passé sous domination du roi d'Angleterre, les consuls d'Agen portent plainte auprès de lui. Le roi d'Angleterre demanda une enquête en 1311, mais Arnaud de Marmande se mit du côté du roi anglais. Ce dernier lui écrit en 1315 pour lui recommander ses envoyés, Amaury de Créon et Amanieu VII d'Albret.

Un membre de la famille, Pierre de Marmande, est sénéchal d'Agenais pour le roi d'Angleterre entre 1316 et 1323. Vers 1321, Arnaud de Marmande est convoqué par le roi d'Angleterre avec ses armes et chevaux. Le roi d'Angleterre Édouard II écrit aux seigneurs d'Agenais le pour lutter contre le roi de France pendant la querelle de Guyenne. Un Arnaud de Marmande, seigneur de Taillecavat, probablement le même, a reçu des lettres de rémission en 1326, signées en 1327 par le roi de France Charles IV pour ses délits commis dans sa rébellion contre le roi de France. Un parent d'Arnaud de Marmande, Raymond Bernard de Marmande, seigneur de LusignanNota : La baronnie de Lusignan se composait de Lusignan-Grand, Lusignan-Petit, Maurignac, Saint-Laurent, Saint-Hilaire de Colayrac. La baronnie formait une juridiction ayant haute, moyenne et basse justice. et de Virazeil a fait une pétition au roi de France pour la destruction de ses châteaux abattus par les Français.

La famille de Durfort

Les Marmande étant restés fidèles aux rois d'Angleterre, ils perdirent leurs châteaux. Castelnoubel passa aux Durfort. Le , Charles le Mauvais, roi de Navarre, lieutenant du roi de France en Gascogne, a donné à Arnaud de Durfort la juridiction haute et basse à Bajamont et Castelnoubel, excepté la souveraineté. Arnaud de Durfort était le petit-fils d'un Rainfroid de Durfort qui avait lutté contre la ville d'Agen pour augmenter ses domaines. Le roi de France avait saisi les biens d'Arnaud de Durfort en 1338 pour avoir combattu au côté des Anglais et les avait donnés à Guillaume Amanieu de Madaillan, seigneur de Rauzan, dont les terres étaient occupées par les Anglais. Mais cette saisie n'a pas pu avoir lieu car Arnaud de Durfort avait renforcé les fortifications de Bajamont dès 1341. Le château de Bajamont avait été assiégé en 1346 par le sénéchal d'Agenais, Robert de Houdetot, qui est battu et fait prisonnier. Charles le Mauvais lui a accordé le même jour le pardon du roi pour en faire son allié. Les consuls d'Agen protestèrent énergiquement car ils se souvenaient de leur défaite devant Bajamont le et de la rançon de livres tournois qu'ils avaient dû payer. Les consuls ne sont pas restés inactifs devant cette donation et veulent conserver l'intégralité de la juridiction de la ville. Ils font placer des panonceaux aux armes du roi de France aux limites de la juridiction par le bailli royal mais qui sont renversés par Arnaud de Durfort. Ce dernier n'est pas resté longtemps fidèle au roi de France. Les consuls se plaignent au roi de France en 1352 qui décida de réunir l'Agenais au domaine de la Couronne, mais la défaite de Poitiers et le traité de Brétigny refit passer l'Agenais dans la mouvance anglaise en 1360. Les seigneurs, dont Arnaud de Durfort, et les paroisses d'Agenais doivent prêter serment de fidélité au roi d'Angleterre dans la cathédrale de Bordeaux en 1363. Arnaud de Durfort en a profité pour agrandir ses domaines près de Castelnoubel. Les consuls d'Agen protestèrent contre ces usurpations. En 1364, le Prince Noir ordonna de faire droit à leur requête. Cette ordonnance n'a pas été appliquée.

Arnaud de Durfort était mort en 1360 ou 1361. Son fils, Arnaud hérita de ses biens. Ce dernier a servi sous la bannière anglaise et sous l’étendard du roi de France. En 1364, il a traité avec le comte d'Armagnac et promis de rendre hommage au roi de France Charles V. L'ordonnance de 1364 n'ayant pas été appliquée, une transaction a été faite en 1369 entre les consuls d'Agen et Arnaud de Durfort. Cette transaction est ratifiée par le Prince Noir le , mais dès février la plupart de l'Agenais est contrôlé par le comte d'Armagnac. Le , Arnaud de Durfort fait sa soumission au roi de France. Louis d'Anjou confirma alors une donation de 100 livres de rente faite par Charles le Mauvais. En 1379, il a reçu du fils du roi d'Angleterre tous les biens et revenus confisqués des rebelles sur le territoire de Durfort.

Le , Arnaud de Durfort fait son testament au profit de Rainfroid de Durfort. À la fin du le seigneur de Castelnoubel a la confiance du comte d'Armagnac.

Les Durfort ont profité des guerres pour augmenter leurs domaines. En 1372 on trouve un Jean de Durfort seigneur de Laroque-Timbaut et Gavaudun. Jean de Durfort étant mort sans héritier mâle, par mariage, Gavaudun est entré dans la famille de Lustrac, Laroque-Timbaut dans les Durfort de Bajamont et Castelnoubel.

On trouve ensuite Jean de Durfort, surnommé le Roux, frère de Rainfroid et fils d'Arnaud de Durfort apanagé du château de Castelnoubel. Le il est écuyer d'écurie du roi. Il occupe encore cette fonction en 1423. Il semble avoir été toujours fidèle au roi de France. Charles VII a nommé le comte de Foix gouverneur du Languedoc. Il choisit 60 hommes d'armes fidèles dans l'Agenais, avec le sénéchal d'Agenais, Amanieu de Montpezat. Jean de Durfort est cité dans la montre de la compagnie du sénéchal, le . Il participa à l'escalade de la ville de Marmande en 1426. Il est capitaine de la ville de Puymirol le . Jean de Durfort, seigneur de Cstelnoubel et Mérens, est qualifié de chevalier Banneret dans la montre de la compagnie de Raymond-Bernard de Montpezat, fils du sénéchal Amanieu de Montpezat et Jeanne de Béarn, le , à Agen. Avec lui, il prend Castelmoron et Lusignan. Ces deux chevaliers ont suivi Rodrigue de Villandrando jusqu'en Béarn en 1439. En 1440, ils ont participé à la prise de Monségur, Clairac et Damazan.

Jean de Durfort a probablement eu des dettes vis-à-vis de Raymond-Bernard de Montpezat car il lui a fait une donation sur ses biens en 1437. Elle n'a pas été suivie d'effet mais a transmis aux Montpezat des droits sur la seigneurie de Castelnoubel. Jean de Durfort continua à jouir de son domaine de Castelnoubel.

Si le conflit entre les Durfort de Castelnoubel et les consuls d'Agen s'était calmé pendant la période des guerres, les consuls d'Agen firent acte de juridiction sur les limites non contestées de leur territoire. Ils tinrent deux journées en pour tenir des audiences près de Castelnoubel et obtenir le serment des populations.

Après les révoltes successives des comtes d'Armagnac, des troupes royales stationnent dans l'Agenais en 1472 avant de marcher contre Lectoure. Jean de Durfort étant resté fidèle à Jean V d'Armagnac, c'est peut-être à cette date que le château de Castelnoubel est ruiné. Du château construit au et siècles il ne restait que la tour ronde du côté nord. Le , Jean de Durfort a ratifié en faveur de Charles de Montpezat, fils de Raymond-Bernard de Montpezat, l'acte de donation de 1437. Il est mort peu après à près de cent ans, sans postérité.

Malgré cette donation, le fils de Rainfroid de Durfort, frère de Jean, Bertrand de Durfort se dit seigneur de Castelnoubel. Bertrand marié à Judith de Lautrey eut deux fils, Arnaud et Jean. Jean a été prieur de la collégiale Saint-Caprais. Arnaud de Durfort s'est marié en 1458 avec Antoinette de Gourdon dont il eut six enfants, François, Jean, Robert, Étienne, Catherine et Antoinette. Il fut un chambellan du roi Louis XI. En 1476, Louis XI l'autorisa à reconstruire le château et le moulin de Gimat et Esparsac en Lomagne. Le , il a acheté la seigneurie de Lafox à Jean Bérard, président du parlement de Bordeaux, et rend hommage au roi en pour cette terre. L'achat de cette terre l'a obligé à faire une transaction avec le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne pour fonder la psallette conformément au testament de l'évêque d'Agen, Pierre Bérard. Dans le testament qu'il fit l'année suivante, Arnaud de Durfort se qualifie de capitaine d'hommes d'armes des ordonnances du roi de France, lieutenant de Monseigneur de Grignan, maréchal de France, seigneur de Bajamont, Laroque-Timbaut, Fauguerolles, Frespech, Lafox, Clermont-Dessus, en partie, Monbalen, Castelnoubel, Mérens, La Gausie dans le diocèse d'Agen, et des baronnies de Gimat et Esparsac dans la sénéchaussée de Toulouse. Il institue son héritier général son fils aîné, François, et en cas de décès sans enfants mâles, il lui substitue son quatrième fils, Étienne, à qui il a transmis les baronnies de Gimat et Esparsac. Il meurt en juin 1478 alors qu'il combat dans les troupes du roi en Picardie.

François de Durfort a été un bâtisseur. Il a restauré, agrandi et fortifié le château de Lafox. Il a relevé le château de Castelnoubel qui n'était plus que ruines depuis 1472. Quand le seigneur de Castelnoubel demanda à la population de participer à la reconstruction du château, elle répondit activement. Aussi, quand les consuls d'Agen demandèrent à la population des villages autour du château de participer à des corvées pour relever les remparts de la ville, elle refusa prétextant que dans les temps de guerre elle se réfugiait au château de Castelnoubel. Les consuls d'Agen ont porté cette affaire devant le parlement de Bordeaux qui prit son temps pour trancher finalement en faveur des consuls au début du . La sœur de François, Catherine, se maria avec Antoine de Lustrac. Robert de Durfort se fit chevalier de Malte et donna tous ses biens à son frère en 1488. L'autre sœur se maria avec Jean du Mayne, seigneur d'Escandaillac en 1491. François de Durfort fit son testament le et mourut peu après. C'est le frère cadet, Étienne qui hérita des biens.