L’église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Vallangoujard, dans le Val-d'Oise (France). Située sur un éperon rocheux au centre du village, au carrefour des routes départementales 927 et 64, elle domine la vallée du Sausseron. L'édifice de la seconde moitié du et du début du se compose d'une nef de deux travées ; de la base du clocher ; et d'un chœur à chevet plat. L'unique bas-côté, au sud, a été reconstruit au . À l'extérieur, le portail gothique du est remarquable, et l'élévation nord de la nef reste très proche de son état d'origine. Elle est épaulée par des contreforts à ressauts caractéristiques du style gothique primitif, et des oculi tiennent lieu de fenêtres hautes. La comparaison de cette élévation avec l'espace intérieur, où chaque travée possède de grandes arcades malgré l'absence d'un bas-côté au nord, soulève la question du projet du début du : soit la mise en œuvre des bas-côtés était reportée à une date ultérieure, ce qui explique les contreforts ordinaires pour l'époque ; soit les bas-côtés devaient être construits à l'économique, à l'instar du bas-côté du . Cette solution cadre mal avec l'ambition de l'architecture, qui va au-delà d'une petite église rustique : l'élévation comporte un petit étage de fenêtres hautes ; les grandes arcades sont moulurées et retombent sur des colonnettes à chapiteaux ; le vaisseau central est voûté d'ogives dès l'origine ; la sculpture de la plupart des chapiteaux est d'un bon niveau ; et l'ornementation ne fait pas entièrement défaut. Le chœur carré est en revanche d'une plus grande simplicité, mais présente la particularité d'un double arc-doubleau à son entrée, et les chapiteaux au nord sont encore proches du style roman. L'église, à l'exception du bas-côté et de la sacristie, a été classée monument historique par arrêté du ..

Localisation

L'église Saint-Martin est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, dans la vallée du Sausseron, sur la commune de Vallangoujard, au milieu du village, près de la rue de Pontoise (RD 927). D'orientation irrégulière sud-est - nord-ouest, l'église est bâtie sur un éperon rocheux, qui forme un promontoire. La façade occidentale, en réalité tournée vers le nord-ouest, fait face à un coteau, et peu donc difficilement être appréciée avec un peu de recul. En revanche, les autres élévations sont visibles de loin. On accède à l'église par un escalier depuis le parking à l'angle entre la rue de Pontoise et la rue de Marines, où se situe la mairie, ou par un chemin depuis le chemin rural n° 24 dit de la Cavée ou des Grouettes (c'est la plus petite des quatre rues qui partent du carrefour au chevet de l'église). L'église possède un parvis devant son élévation méridionale.

Historique thumb|left|Vue depuis le sud-est.

La date de fondation de la paroisse n'est pas connue avec certitude. L'abbé Vital Jean Gautier la situe en 1161. L'église est dédiée à saint Martin de Tours. Sous l'Ancien Régime, Vallangoujard relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise.. En l'absence de documents sur l'histoire de l'église, l'analyse archéologique est le seul moyen pour identifier ses différentes campagnes de construction. Or, une étude approfondie fait encore défaut à ce moment ; on ne dispose que d'un bref article de Bernard Duhamel, bon connaisseur de l'architecture religieuse du Vexin français, et le dossier de l'Inventaire général du patrimoine culturel, rédigé par Agnès Somers et Roselyne Bussière. La partie la plus ancienne de l'église est le chœur carré, qui malgré la reprise ultérieure des murs extérieurs conserve des chapiteaux de la première période gothique, qui datent de la seconde moitié du et sont encore proches du roman. Le reste du vaisseau central est également de style gothique primitif, mais les chapiteaux de crochets sont d'un style nettement plus avancé que leurs homologues du chœur, et peuvent être datés du premier quart du ...

L'analyse du vaisseau central, qui se compose d'une nef de deux travées et d'une base de clocher, soulève des questions qui resteront sans réponse satisfaisante si des sondages archéologiques n'apportent pas des indices matériels un jour. En effet, chacune des trois travées possède de grandes arcades au nord et au sud, ce qui prouve que la construction de bas-côtés était initialement prévue. Bernard Duhamel suppose qu'ils ont existé, et pense même que la base du clocher devrait représenter l'ancienne croisée du transept, et que deux croisillons devaient exister au nord et au sud. Or, le seul bas-côté qui existe aujourd'hui, celui du sud, ne date que du . Il est encombré par des contreforts internes, qui sont du même type que les contreforts au nord et devant la façade occidentale. Si les contreforts internes peuvent exister dans des églises à nef rustique, comme l'église Saint-Quentin de Valmondois, ils étonnent dans une église à l'architecture soignée, telle que l'église Saint-Martin de Vallangoujard. Il est donc préférable d'être plus prudent que Bernard Duhamel, et de ne pas considérer l'existence ancienne de bas-côtés et de croisillons comme acquise, mais d'envisager l'hypothèse qu'en raison de contraintes économiques, le maître d'œuvre du n'a pas pu réaliser les bas-côtés et croisillons. Pour faciliter leur adjonction ultérieure, il aurait fait exécuter les grandes arcades, mais pour assurer la stabilité de l'édifice en attendant son achèvement complet à une date incertaine, il aurait fait bâtir des contreforts ordinaires. En tout cas, les fenêtres du bas-côté, de la sacristie et du mur qui ferme les grandes arcades du nord semblent dater du . Les murs peuvent dater de cette même époque, et on doit se demander ce qui leur précédait. En ce qui concerne l'église Saint-Clair d'Hérouville, Bernard Duhamel a formulé l'hypothèse que les bas-côtés étaient primitivement provisoires et en boisVoir dans le même ouvrage, p. 178-182.. En ce qui concerne l'église Saint-Denis de Jouy-le-Comte, où le bas-côté est de quelques décennies postérieur aux grandes arcades, Louis Régnier pense que celles-ci étaient fermées par des planches ou de la maçonnerie grossièreVoir .. thumb|upright|Plan de l'église.

Sous la Révolution française, le nouveau diocèse de Versailles est créé pour regrouper les paroisses sur l'ensemble du territoire du département de Seine-et-Oise. Par arrêté du , l'église, à l'exception du bas-côté sud et de la sacristie, est classée monument historique. Dans le cadre de la refonte des départements d'Île-de-France et de la création du département du Val-d'Oise, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966. Vallangoujard n'est à présent plus une paroisse indépendante, et est affiliée à la paroisse de Nesles-la-Vallée. Elle regroupe un total de huit villages, les autres étant Arronville, Frouville, Hédouville, Labbeville, Menouville et Valmondois. Les messes dominicales sont célébrées à Vallangoujard une ou deux fois par mois.

Description Aperçu général

Irrégulièrement orientée vers le sud-est du côté du chevet, le petit édifice se compose d'une nef de seulement deux travées ; d'une base du clocher assimilée à la nef ; d'un chœur carré à chevet plat du ; et d'un unique bas-côté qui flanque la nef au sud, et qui est prolongé par une sacristie le long du chœur. Ces deux dernières parties sont exclues du classement. L'ensemble du vaisseau central est voûté d'ogives, tandis que le bas-côté est recouvert par un simple plafond, qui est incliné puisqu'il s'agit du revers du toit en appentis. Ce toit est établi en continuité avec le rampant sud du toit de la nef, de sorte que le mur gouttereau sud disparaisse entièrement sous la toiture. Le chœur est recouvert par un toit à croupe, et le clocher est muni d'un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice. Le portail occidental de la nef constitue l'unique accès à l'église.

Extérieur thumb|upright|Façade occidentale. thumb|upright|Portail occidental.

L'église est incomplète ou inachevé et offre une image peu harmonieuse depuis l'extérieur, alors que l'intérieur est du meilleur style gothique, comme le formule Bernard Duhamel. Extérieurement, la façade occidentale est la partie la plus cohérente. Elle est flanquée de deux contreforts assez saillants, qui se retraitent une fois par un glacis, et s'amortissent également par un glacis. Le contrefort de droite est intégré dans une tourelle d'escalier polygonale, qui est percée de quelques minuscules ouvertures et d'une meurtrière, et qui est coiffée d'un toit couvert de tuiles plates du pays. Le portail occupe presque toute la largeur disponible entre les contreforts, et représente plus que la moitié de la hauteur du mur jusqu'à la naissance du pignon. Au-dessus, la façade est ajourée d'une baie en arc brisé, dont l'ébrasement présente un ressaut. En bas du pignon, le mur se retraite légèrement grâce à un fruit. Le pignon est percé d'une ouverture rectangulaire pour l'aération des combles. Le portail lui-même s'ouvre entre deux groupes de trois colonnettes aux chapiteaux de feuillages et de crochets, qui supportent une triple archivolte torique. Les colonnettes, tantôt monolithiques, tantôt appareillées, sont logées dans les ressauts successifs du mur. Elles sont placées sur de hauts socles, et présentent à la base deux tores aplatis, qui sont séparés d'un rang de têtes de clous ou de pointes-de-diamant. Les chapiteaux se distinguent par la sculpture naturaliste de leur flore, et par leur belle plasticité. À gauche du portail, les bases, chapiteaux et tailloirs, ainsi que deux colonnettes, ont été remplacés lors d'une restauration ; à droite, seulement deux tailloirs ont été remplacés. Les archivoltes paraissent authentiques. Au-dessus, court un cordon de damiers, dont la partie gauche est refaite. Il s'agit de pierres rectangulaires, dont une moitié est obliquement taillée, de sorte qu'elle soit moins visible. On note que le portail proprement dit est moins large que l'espace disponible entre les colonnettes. Deux corbeaux supportent le linteau monolithique. Le tympan ne comporte qu'une niche en plein cintre, ce qui ne devrait pas être la disposition d'origine. Dans son ensemble, la façade rappelle celle de Livilliers, ainsi que celle d'Hérouville, avec la tourelle d'escalier en moins. L’entrée se fait par une porte en bois taillé à double vantail. Les panneaux supérieurs des vantaux arborent une croix dont les extrémités se terminent par des trilobes, et les panneaux inférieurs sont ornés des initiales S et M pour Saint-Martin.