Le Moustoir est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Il ne faut pas confondre cette commune avec l'ancienne trève du Moustoir, désormais un hameau de la commune de Châteauneuf-du-Faou dans le département du Finistère.

Géographie

Localisation La commune est située dans l'angle sud-ouest du département des Côtes-d'Armor (elle est limitrophe du Finistère et toute proche de la ville de Carhaix située dans ce département). La commune fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fisel. Elle est limitée au sud par le canal de Nantes à Brest qui a remplacé un ancien cours d'eau quasi disparu en raison de son aménagement.

Le finage communal correspond au versant nord de cet ancien cours d'eau et est donc en bonne partie exposé au sud. Les altitudes les plus basses (entre 113 à l'est et 102 mètres d'altitude à l'ouest) se rencontrent dans cette vallée, désormais parcourue par le canal de Nantes à Brest, les plus hautes à la limite nord de la commune (192 mètres d'altitude près du château d'eau) ; le bourg est vers 120 mètres.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le canal de Nantes à Brest..

Le canal de Nantes à Brest est un canal, chenal et un estuaire et un cours d'eau naturel navigable, d'une longueur de . Il prend sa source dans la commune de Nort-sur-Erdre et se jette dans la Loire à Nantes, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique du MoustoirLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rostrenen à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports

L'ancienne ligne ferroviaire à voie métrique (ligne Carhaix - Loudéac - La Brohinière du Réseau breton ; le tronçon Carhaix - Rostrenen fut mis en service en 1898 et cette voie ferrée ferma en 1967) longeait la limite nord de la commune (son emprise était toutefois sur le territoire de la commune de Trébrivan) ; elle a été remplacée par une voie verte. Le chemin de halage du canal est désormais aménagé en sentier de grande randonnée 37.

Le Moustoir était traversé par l'ancienne RN 164 qui traversait le bourg dans le sens est-ouest ; cet axe routier, désormais déclassé en RD 2164, a été remplacé par la RN 164 actuelle, voie expresse qui est l'axe routier principal est-ouest de la Bretagne centrale, venant côté est de Rennes (Montauban-de-Bretagne) via Loudéac et Rostrenen, et allant vers l'ouest en direction de Carhaix et Châteaulin ; cet axe routier contourne désormais par le sud le bourg du Moustoir, traverse la partie sud du finage communal. Le Moustoir est desservi côté est par l'échangeur de la Pie et côté ouest par celui de Kergervo, aucun des deux n'étant situé dans la commune.

L'ancien Canal de Nantes à Brest, de nos jours fermé à la navigation dans cette section, longe la limite sud du finage communal ; plusieurs écluses se trouvent sur le territoire communal, dont celle de Stang ar Vran..

Paysages et habitat

Le paysage rural traditionnel est celui du bocage avec un habitat dispersé en hameaux (« villages ») et fermes isolées ; le bourg était traditionnellement de très modeste importance (quelques maisons étirées le long de l'ancienne nationale 164) ; un lotissement lié à la proximité de Carhaix s'est développé un peu au nord du bourg, au lieu-dit « Lostancoat Izellan ». Un hameau est dénommé « La Limite » : il est situé à la limite départementale entre les départements des Côtes-d'Armor et du Finistère.

Urbanisme Typologie Au , Le Moustoir est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (92,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (61 %), zones agricoles hétérogènes (28,6 %), forêts (4,9 %), zones urbanisées (3 %), prairies (2,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Le Moustouer au et en 1591, La Moustoir en 1599..

Le nom de la commune provient du vieux mot breton moster ou mouster qui signifie « monastère » ou « abbaye ».

Selon Joachim Gaultier du Mottay, une communauté de moines de Saint-Augustin s'y est établie à une date non précisée et en 1862 on voyait encore quelques ruines du monastère près du bourg et, dans le cimetière, « deux pierres tombales qui ont pu être celles d'abbés du monastère auquel le bourg a dû son existence »..

Histoire Origines Le Moustoir faisait partie de la vaste paroisse de Maël, puis fut une trève de la paroisse de Trébrivan avant de devenir une commune indépendante lors de la Révolution française en 1790..

Le tunnel de l'aqueduc romain

L'aqueduc romain qui prend sa source à Paule pour alimenter Vorgium (Carhaix), long de a fait l'objet d'une étude globale menée par A. Provost et L. Aubry, qui a restitué l'ensemble de son tracé. « La conduite était constituée d'un canal maçonné enduit de mortier de tuileau de teinte rose, rendu plus étanche par les morceaux de tuile pilée qui y ont été incorporés. L'aqueduc était le plus souvent couvert de dalles de schistes [ardoisiers] recouvertes d'une mince couche de terre [argileuse]. Ainsi pouvait-on facilement accéder à la conduite pour les opérations d'entretien ». Un tunnel long de 900 mètres fut foré dans le schiste à 25 mètres de profondeur sous une colline à Kervoaguel en Le Moustoir pour permettre le passage de l'eau, des puits espacés de 20 à 44 mètres ayant servi à évacuer les déblais lors du creusement du tunnel..

Moyen-Âge et Temps modernes

Le Moustoir était une trève de la paroisse de Trébrivan.

L'ancien fief de Lostancoët (Lostancoat), qui a laissé peu de traces dans l'histoire, a été réuni à ceux de l'Estang et de Brunault (situés en Trébrivan) ; le Charlotte de La Palluelle, fille d'Isaac de La Palluelle et de Marie-Renée de Rosmadec (elle-même fille de Sébastien II de Rosmadec et de Renée de Kerchoent) épousa Gaspard-Claude de Carbonnel, comte de Canisy (1683-1728), qui en fut donc le seigneurComtesse du Laz, "Généalogie de la maison Jegou du Laz, avec des pièces justificatives et complémentaires", 1897, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5612573z/f183.image.r=Lostanco%C3%ABt?rk=21459;2. Une motte féodale y était encore visible en 1900..

Une autre motte féodale se trouve au lieu-dit Pors an Place.

Le

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Le Moustoir en 1845 :

Joachim Gaultier du Mottay indique en 1862 que la commune du Moustoir n'a pas d'école, que « son territoire est composé presque uniquement d'une vallée orientée est et ouest» et qu' « au hameau de Sibinel quelques ardoisières produisent environ 200 milliers d'ardoises de qualité inférieure.

Le

La Belle Époque

Le l'inventaire des biens d'église s'effectua sans incidents au Moustoir. Des émeutes et barricades avaient empêché une tentative antérieure..

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts du Moustoir porte les noms de 48 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondialeMémorialGenWeb Relevé v21.

L'Entre-deux-guerres

Un article du journal Paris-Midi du cite en exemple Le Moustoir, « une commune de 900 âmes » qui « en huit mois et demi a battu un record magnifique. Dans les trois-quarts d'une année, c simple village a vu naître trente petits Bretons. Et un seul décès, celui d'un vieillard, a été enregistré pendant tout de temps-là.. Voilà de la repopulation ! »Journal Paris-Midi, n° du 28 mai 1923, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k47346723/f3.image.r=Moustoir?rk=128756;0.

La Seconde Guerre mondiale Le , huit jeunes résistants pris par surprise par des Allemands de la division de parachutistes Kreta, qui se dirigeait vers le front de Normandie, dans une ferme du hameau de Lamprat en Plounévézel sont successivement pendus à différents endroits entre Plounévézel et Saint-Caradec, dont l'un, Georges Le Naëlou, 22 ans, dans le bourg du Moustoir et ..

Le , au village de Leinhon, une compagnie du maquis FTP de Plévin-Paule fit un coup de main contre un dépôt d'habillement allemand.