La limande est un type d'armoire gasconne des .

Caractéristiques La limande désigne précisément la façade sculptée des meubles auxquels elle donne son nom. Fabriquée par les montagnards de la Bigorre, dans les Pyrénées, elle est facilement transportée en plaine pour être vendue sur les marchés de Rabastens, Mirande ou Auch et apposée sur le bâti de meubles typiquement gascons« Les « Tarbois » contre les « Auchois » », Daniel Adoue, La Dépêche du Midi, 4 février 2011 (lire en ligne)« Mobilier : à qui appartient le Gers ? », Valérie Cueillens, La Dépêche du Midi, 20 février 2002 (lire en ligne). Ces meubles (armoires, bahuts, buffets) sont de petite dimension (une quarantaine de centimètres de profondeur). La façade ouvragée en merisier ou en noyer est cloutée (et non chevillée) à la structure très simple en bois plus rustique (peuplier ou pin)« Qu’est ce donc que cette « Limande » au pays de d’Artagnan ? », Albert Antiquité (lire en ligne. L'armoire est constituée de deux corps superposés à quatre portes, deux en haut et deux en bas, séparés par trois tiroirs. La partie supérieure est en retrait, avec deux colonnettes torses aux extrémités. Elle est surmontée d'un fronton orné d'une niche centrale et de deux tablettes en pignonAmédée Tarbouriech, « Quelle est l'étymologie du mot limande », in Revue de Gascogne : bulletin mensuel du comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, p. 428 (réponse du Dr Noulet p. 475), tome X, 1869, Société historique de Gascogne, 1864-1939, notice BnF n° 32857084 (accès en ligne sur Gallica)« Armoires alsaciennes », Marie-Noëlle Denis, in Revue des sciences sociales n° 15, Université de Strasbourg, 1986/87 (lire en ligne p. 38 et note 5)« La « limande » : genre, type ou sous-type ? », Denise Glück, in Ethnologie française, Presses universitaires de France, n° 1985/3 (présentation en ligne).

Jean-François Bladé en détenait un précieux spécimen faisant exception par la magnificence de sa décoration s'agissant en l'espèce de l'armoire de Marguerite de Valois« L'armoire de Marguerite de Valois », Revue d'Aquitaine, tome VI, Condom, 1862, p. 141. notice BnF n° FRBNF328567740 (lire en ligne) :

Typiquement gascons, ces meubles sont aussi présents dans le pays toulousain ou le pays castrais comme dans tout le Sud-Ouest de la France. La « limande du Savès » est une armoire de petite taille des caractéristique de l'artisanat du pays de la Save« Étude pour l'élaboration du schéma directeur d'aménagement culturel du pays du sud toulousain », Cabinet Phôsphoros, 28 avril 2006 (lire en ligne)La Route de l'artisanat et des métiers d'art de Midi-Pyrénées, Chambre régionale de Métiers et de l'Artisanat de Midi-Pyrénées (Lire en ligne).

Historique La limande a remplacé au cours des le bahut ou le coffre de corau ferrade en cœur de chêne ou de noyer fermant à clef du Moyen Âge, destiné à enfermer vêtements et linge de maison et qui faisait partie du trousseau des jeunes mariées. Prosper Lafforgue relève le mot dans des inventaires dressés au : Prosper Lafforgue, Histoire de la ville d'Auch, depuis les Romains jusqu'en 1789, Auch, L.-A. Brun, 1851, 2 volumes Notice BnF n° 30714519 (lire en ligne).

Comme nombre de mobiliers régionaux, la limande, présente jusqu'au milieu du ne se trouve plus sur les marchés ni même chez les antiquaires. Une étude de la foire de Lectoure menée en 1962 confirme la disparition des échanges avec les Pyrénées et donc de <ref>Bulletin de la Société archéologique, historique, littéraire et scientifique du Gers, Auch, Imprimerie F. Cocharaux, 1962, notice BnF n° RFBNF 34426497 (lire en ligne)</ref>.

Étymologie Selon Amédée Tarbouriech (1834-1870), archiviste de la ville d'Auch, l'étymologie du mot limande serait liée à la provenance de l'armoire des Flandres ou d'Allemagne devenue armoire allemande puis alimande en gascon et limande par abréviation. Cette hypothèse est retenue par plusieurs ethnologues contemporains comme Marie-Noëlle Denis ou Denise Glück qui signale la variabilité du nom et de la fonction du meuble dans l'espace, le temps et les classes sociales« La « limande » : genre, type ou sous-type ? », Denise Glück, in « Le mobilier. Approches classiques et analyses formelles. », Ethnologie française, anc. Arts et Traditions Populaires, Paris, Presses universitaires de France, 1985, vol. 15 n° 3, p. 251-264 (lire en ligne).

Une autre proposition publiée par la Revue de Gascogne est avancée : si les patois romans désignent en effet par les termes limando ou alimando l'armoire à deux corps et quatre ouvrants, l'origine du mot pourrait être celle donnée par Bernard de La Monnoye pour le mot français limande : , ajoutant que .

Le Dictionnaire de l'abbé Nicolas Béronie présente l'usage concordant de ces termes dans le Limousin : Ainsi, l'armoire à limandes, la limando en gascon devenue limande'' en français, serait l'armoire pourvue de tablettes ou étagères, le tout prenant le nom de la partieNicolas Béronie, Joseph Anne Vialle, Dictionnaire du patois du Bas-Limousin, Tulle, Imprimerie J.-M. Drappeau, 1824, 354 p. notice BnF n° FRBNF35404518 (lire en ligne).

En 1961, Henri Polge signale l'apparition tardive du terme dans la littérature locale, bien postérieure au Moyen Âge, confirmant son origine étrangère à la région. Les exemples qu'il donne remontent à l'année 1691« De quelques noms communs, patronymes et toponymes gersois », Henri Polge, in ''Bulletin de la Société archéologique, historique, littéraire et scientifique du Gers, Auch, Imprimerie F. Cocharaux, 1961, notice BnF n° RFBNF 34426497 (lire en ligne).

Notes et références

Catégorie:Meuble Catégorie:Culture dans le Gers Catégorie:Culture en Gascogne Catégorie:Rangement du vêtement