Plougras est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Géographie Localisation vignette|left|Carte de Plougras et des communes avoisinantes. Plougras se situe au sud du Trégor, dans le département des Côtes-d'Armor, mais à la limite de celui du Finistère, et au nord du prologement oriental des Monts d'Arrée.

Relief et hydrographie Le point le plus élevé de la commune est le signal ou menez de Goariva qui a 314 mètres d'altitude et est un site panoramique. ; situé dans la partie sud du finage communal, il fait partie de l'alignement de hauteurs de Roc'h C'hlas (Roc'h Glaz), qui avoisinent toutes les 300 mètres et sont devenues un site de parc éolien., dont l'opérateur est la "Compagnie Armoricaine Energie Verte", constitué de 8 éoliennes d'une puissance nominale totale de kW.. Le bourg est vers 230 mètres d'altitude. En 2023 un projet de 8 éoliennes supplémentaires, hautes de 135 mètres, est annoncé par les sociétés "Roc’h-Glaz énergies" et "IEL" ; ce futur parc pourrait produire jusqu’à MWh d’électricité, soit la consommation de 13 500 personnes (chauffage inclus)..

Le territoire communal est limité à l'ouest par le Guic (qui a sa source dans la commune voisine de Botsorhel), qui sert de limite à cet endroit entre les départements des Côtes-d'Armor et du Finistère ; il sépare Plougras de Botsorhel, puis de Guerlesquin (il alimente deux étangs aménagés en 1977 pour les besoins de l'abattoir Tilly de Guerlesquin) et de Plounérin à l'extrémité nord de la commune : il est alors à 164 mètres d'altitude, point le plus bas du territoire communal ; à l'est c'est la rivière de Saint-Émilion, qui a sa source dans la partie sud de la commune et alimente l'étang de Beffou (le barrage de Beffou, géré par le département, est à cheval sur les communes de Plougras et Loguivy-Plougras ; des travaux d'entretien, notamment le remplacement de la vanne permettant de réguler le niveau d'eau de l'étang, ont été entrepris en 2019.), qui sert de limite communale avec Loguivy-Plougras ; c'est un affluent de rive droite du Guic.

Géologie

Une zone ferrifère se trouve dans la partie orientale du synclinal des monts d'Arrée ; le minerai de fer est interstratifié dans des couches dévoniennes. Il a été exploité par le passé, à des dates indéterminées, entre Lohuec et Plougras, dans des lieux-dits comme Pengalet, le Rocher, Landeven, ainsi que dans la forêt de Beffou et à La Chapelle-Neuve. Ce minerai a alimenté les anciennes forges situées à l'entrée de la forêt de Coat-an-Noz, au sud de Belle-Isle-en-Terre..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Guic, le Roudouhir et le St Emilion..

Le Guic, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Botsorhel et se jette dans le Léguer à Belle-Isle-en-Terre, après avoir traversé ..

Le Roudouhir, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans l'Aulne à Carnoët, après avoir traversé ..

Le Saint-Émilion, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Guic à Loguivy-Plougras..

Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de Beffoù, d'une superficie totale de ( sur la commune), l'étang du Guic, d'une superficie totale de ( sur la commune) et Vieil étang, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlougrasLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleyber-Christ à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports

Plougras n'est desservi que par des routes secondaires, les principales étant la D 88, qui vient de Loguivy-Plougras et la D 42, qui vient de Lohuec, ces deux routes se rejoignant à l'ouest de la commune, au niveau de la limite départementale avec le Finistère, en direction de Guerlesquin.

Paysages et habitat

Plougras présente un paysage traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (appelés localement "villages") et fermes isolées. La commune a conservé son caractère rural, une rurbanisation limitée s'est toutefois produite ä l'ouest et au sud du bourg, en direction de Parc Merrien et Koatilan, en raison de la proximité de Guerlesquin.

Urbanisme Typologie Au , Plougras est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (57,9 %), terres arables (18,2 %), prairies (13,5 %), forêts (6,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,9 %), zones urbanisées (1,3 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La localité est attestée sous les formes anciennes Plebs Crucis en 1288., Plebe Crucis vers 1330, Plougraz et Plougrax. en 1415, Ploegrois en 1425, Ploegrea en 1428, Ploegroys en 1434, Plugroez en 1437, Ploecroiz en 1442, Ploegroix en 1461, Ploecras en 1490, Plouegroas en 1516, Plougras en 1600, Plouguerez en 1630, Plouguerrez en 1654, Plougroas en 1709, Plougras en 1760 et en 1771.

D'après ce relevé, la graphie Plougras apparaît en 1600.

Le toponyme est formé sur le mot breton , graphié ploe en vieux breton, qui désigne une paroisse créée par les Bretons au haut Moyen Âge.. L'élément -gras est une contraction de groas, issu du breton (« croix » ou « calvaire » en français)Hervé Abalain, , p. 35 ; p. 95.. Plougras signifierait donc « la paroisse de la croix ». La paroisse étant placée sous la protection de la Sainte CroixBenjamin-Philibert Jollivet, Les Côtes-du-Nord: histoire et géographie de toutes les villes et communes du département, ., Géraud Lavergne en fait la « paroisse de la Sainte Croix »Géraud Lavergne, « Les noms de lieux d'origine ecclésiasticque » (sic), Revue d'histoire de l'Église de France, Tome 15, 68, 1929, 321..

En breton, la forme est , d'après les attestations du nom dans la production écrite de langue bretonne ces dernières décennies depuis 1928. C'est également la forme normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne.

Économie

Histoire

Moyen-Âge

La motte castrale de Beffou est ce qui reste d'un château du . Située sur un éperon rocheux entouré de marais, elle est haute de 80 mètres, large de 50 m, haute de 8 à 10 m, et entourée d'un fossé large de 5 mètres. Le château était un poste contrôlant la voie antique, encore utilisée au Moyen-Âge, allant de Vorgium (Carhaix) au Yaudet (en Ploulec'h)..

Temps modernes Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675. vignette|Carte de Cassini de la paroisse de Plougras et de sa trève de Loguivy (la trève de Lohuec est en majeure partie sur une autre carte). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plougras en 1778 :

Révolution française L'assemblée électorale de la paroisse de Plougras et de ses trèves destinée à la préparation des États généraux de 1789 se tint à Loguivy le sous la présidence de François Le Foll, sénéchal des juridictions de Guerlesquin et du MenezLa châtellenie du Menez était en Plougras. en présence d'une trentaine de paroissiens. Deux députés (Yves Le Boëc et René Le Gall) furent élus pour la trève de Loguivy, un (Guillaume-Gabriel Le Coz) pour la paroisse de Plougras et un (Pierre Péron) pour la trève de Lohuec, qui représnetèrent la paroisse à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée. Un cahier de doléances fut rédigé, s'inspirant beaucoup de celui écrit par les paroisses de Rennes et demandent notamment la suppression des banalités, des corvées seigneuriales, des domaines congéables et des droits de francs-fiefs..

À la fin de l'Ancien Régime le recteur de la paroisse de Plougras était aussi recteur de la trève de Loguivy-Plougras, mais « à cause de l'importance de la localité, le recteur de Plougras y faisait sa résidence habituelle au château de l'Isdu [Lezdu], avec deux vicaires au bourg de Loguivy-Plougras, et un troisième prêtre à Plougras ». Jusqu'en 1791, le recteur était Ellès, qui fut prêtre réfractaire et remplacé à partir du par un prêtre constitutionnel, Piriou ; le vicaire de Plougras, Le Quelennec, et l'un des vicaires de Loguivy-Plougras, Le Quellec, refusèrent aussi de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé..

Le A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plougras en 1853 :

Une loi du modifia les limites des communes de Plougras et Loguivy-Plougras, transférant la section de Keradennec (comprenant quatre villages et l'étang de Beffou) à la commune de Plougras à la suite de la demande de la plupart de ses habitants « éloignés de six kilomètres de Loguivy-Plougras » et « ils n'ont pour se rendre à ce bourg presque toujours impraticable en hiver par suite du débordement des ruisseaux sortant de l'étang de Beffou »..