Treffrin est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.
Géographie
La commune fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fisel. Elle est située dans le Kreiz Breizh, dans le département des Côtes-d'Armor (mais à la limite de celui du Finistère), juste à l'est de Carhaix dont elle est une commune limitrophe.
Le finage de Treffrin est limité à l'ouest par le cours de l'Hyères, qui la sépare de Plounévézel, et au sud-ouest par un petit affluent de rive gauche de l'Hyères, qui la sépare de Carhaix. Les altitudes vont de 172 mètres pour les points les plus hauts situés à l'est du bourg à 85 mètres pour le point le plus bas, situé dans la vallée de l'Hyères, près du pont gaulois et de la chapelle Sainte-Catherine, situés en Plounévézel. Le bourg de Treffrin, excentré dans la partie est du territoire communal, est vers 160 mètres d'altitude ; ce bourg en est à peine un, formé traditionnellement seulement de quelques maisons autour de l'église, même si un habitat pavillonnaire de type rurbain s'est développé ces dernières décennies, principalement au sud du bourg, en raison de la proximité avec la ville de Carhaix.
Le paysage agraire traditionnel est celui du bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux et de fermes isolées.
L'extrême ouest du territoire communal est traversé par la voie ferrée Carhaix-Guingamp et par la D 787 (ancienne Route nationale 787) qui va aussi de Carhaix à Guingamp.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'Hyère et un autre petit cours d'eau..
L'Hyère, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Callac et se jette dans l'Aulne en limite de Spézet et de Cléden-Poher, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques de l'Hyère sont données par la station hydrologique située sur la commune de Trébrivan. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:06 TU à partir des 615 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/02/1972 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TreffrinLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rostrenen à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Treffrin est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Carhaix-Plouguer, une agglomération inter-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Carhaix-Plouguer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,7 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (84 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (44,6 %), terres arables (37,5 %), zones urbanisées (9,1 %), prairies (7,6 %), forêts (1,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Trefvrin en 1383, Treffrin en 1614, Treffvrin au début du ..
Treffrin vient du breton treb (village) et brin (colline) signifiant le « village de la colline »..
Histoire
Antiquité
La voie romaine allant de Vorgium à Alet sépare cette commune de celle du Moustoir. Des traces d'un camp romain ont été retrouvées à Kermoisan, ainsi que les fondations de deux tours en maçonnerie, qui sont postérieures à ce camp"Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord", 1883, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2078630/f122.image.r=Treffrin.
Moyen-Âge
La chapelle de Notre-Dame de Treffrin est mentionnée en 1383 sur une indulgence papale..
L'église Notre-Dame, en forme de tau, porte la date de 1580. Son porche date de 1582 : « richement décoré, il contient les statues des Douze Apôtres placées dans des niches dont les socles et les dais sont variés et délicatement sculptés. La charpente et le lambris sont de 1690, mais les frises ou bandeaux sculptés sont du siècle précédent (...) ». Cette église, sauf le porche qui a été conservé, a été détruite lors de la construction de l'église Saint-Louis en 1893.
Époque moderne vignette|Carte de Cassini de Trébrivan, Treffrin et Le Moustoir (1787). Le château de Toulgoët (Toulgoat) était aux habité par la famille Le Gogal de Toulgoët (par exemple par Louis Joseph Le GogalLouis Joseph Le Gogal, né le à Carhaix, décédé le à Carhaix (Treffrin dépendait alors de Carhaix)., puis par son fils Bertrand Louis Le GogalBertrand Louis Le Gogal, né le à Carhaix, décédé le à Carhaix, paroisse de Saint-Quijeau., avocat à la Cour).
Quelques ruines de l'ancien château de Toulgoët (Toulgoat) subsistaient encore à la fin du .
La famille de Pestivien, seigneur du dit lieu en Pestivien était aussi seigneur de plusieurs autres lieux dont le manoir de Coëtcliviou en TreffrinPol Potier de Courcy, "Nobiliaire et armorial de Bretagne", tome 2, 1862, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f265.image.r=Co%C3%ABtcliviou?rk=21459;2.
Révolution française
L'ancienne trève de Treffrin, qui dépendait de la paroisse de Plouguer, est supprimée en 1791 par l'Assemblée constituante : « Il n'y aura, pour la ville de Carhaix et les campagnes environnantes, qu'une seule paroisse, qui sera desservie sous l'invocation de saint Trémeur, dans l'église ci-devant collégiale de cette ville. La paroisse de Plounévézel, Sainte-Catherine sa succursale, ainsi que les succursales de Saint-Quijeau et Treffrin sont supprimées et réunies à la paroisse de Carhaix ; l'église de Plounévézel et celle de Treffrin sont conservées comme oratoires »Jérôme Mavidal et Émile Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860. Du 28 août au 17 septembre 1791", consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k495459/f564.image.r=ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=2038636;4. Cette paroisse fut ensuite rattachée à celle de Trébrivan lorsque la commune, créée en 1790, fut rattachée au département des Côtes-du-Nord. La paroisse fut rétablie par la suite.
Le
Treffrin devient une paroisse indépendante en 1843.
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Treffrin en 1845 :
Frank DaviesFrank Davies, en fait révérend E.W.L. Davies, vint chasser deux années de suite en Bretagne, probablement en 1854 et 1855, mais ne publia ses souvenirs en anglais que vingt ans plus tard en 1875. décrit ainsi les paysans de Treffrin vers 1854 :
Frank Davies décrit une chasse aux loups, dirigée par le comte de Saint-PrixCharles Damas de Saint-Prix, né le à Brest, décédé le à Paramé, mais inhumé à Ploujean, qui se termina entre Treffrin et Glomel dans le chapitre 21, intitulé "Un loup à trois pattes", de son livre "Chasse aux loups et autres chasses en Bretagne".
Joachim Gaultier du Mottay indique en 1862 que la commune de Treffrin n'a pas d'école..
Jérôme Le Floch, de Treffrin, reçut en 1914 un brevet de médaille commémorative pour avoir participé à la Guerre de 1870 comme soldat au régiment d'infanterie de ligneJournal L'Ouest-Éclair, n° du 6 juin 1914, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k644013r/f6.image.r=Treffrin?rk=472105;2.
Le
La Belle Époque
Le journal L'Ouest-Éclair du indique qu'une tentative d'inventaire s'est déroulée à Treffrin :
Un décret du attribue à la commune de Treffrin les biens, qui étaient placés sous séquestre, ayant appartenu à la fabrique de l'église de Treffrin, sous réserve que les revenus et produits des dits biens soient affectés au service des secours de bienfaisance"Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du mai 1910, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62545038/f11.image.r=Treffrin?rk=85837;2.
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts de Treffrin porte les noms de 15 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 4 sont morts en Belgique : Yves Allauret dès le à Ham-sur-Sambre et 3 (Pierre Février, Yves Le Bournot, François Piriou), tous trois soldats du 73e régiment d'infanterie territoriale, sont morts à Boesinghe le même jour le ; tous les autres sont décédés sur le sol françaishttp://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=29656.
L'Entre-deux-guerres
Dans la nuit du 25 au un violente tempête fit des dégâts à Treffrin, emportant notamment à bonne distance un hangar dans une exploitation agricole du hameau de PennalannJournal L'Ouest-Éclair, n° du 27 janvier 1935, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k660054w/f4.image.r=Treffrin?rk=922751;2.
Le journal L'Ouest-Éclair du indique que, de père en fils, la famille Calvez exploite la ferme du manoir de Penalan depuis 1834.
La Seconde Guerre mondiale