Le Suicide françaisLa couverture du livre comporte un bandeau à vocation commerciale, comportant la mention . Cette mention, absente de la page de titre, ne fait à proprement parler pas partie du titre de l'œuvre, tel que considéré par les bibliothèques. Elle n'est pas retenue comme sous-titre de l'œuvre lors des opérations de dépôt légal. est un essai de l'écrivain, journaliste et polémiste français Éric Zemmour, paru en 2014. Il défend la thèse d'un affaiblissement progressif de l'État-nation français de 1970 à la date de sa publication. Le livre, objet de plusieurs controverses, notamment à cause de passages tendant à nier le rôle du régime de Vichy dans le génocide des Juifs français, rencontre un grand succès de librairieBertrand Guyard, « Zemmour dépasse Trierweiler : les raisons d'un succès », lefigaro.fr, 8 octobre 2014..
Thème L'essai est composé de chapitres principaux pour chaque année à partir de 1970, avec des sous-chapitres dont chacun est consacré à un événement au sein de cette année. Il défend la thèse d'une perte de puissance de l'État français sur le pays. Il entend démontrer les renoncements successifs de la part des élites françaises à un contrôle de l'économie et de l'immigration par l'État. Par ailleurs, l'essayiste dénonce la supposée dissolution progressive du pays, sous l'emprise de la génération Mai 68 et de ce qu'il nomme son triptyque , dans tous les secteurs d'activités français.
À travers une chanson populaire ou un discours présidentiel, il fait le portrait d'une classe politique et culturelle qui aurait sacrifié la souveraineté populaire dans tous les domaines : économique, social, culturel, mais aussi familial.. .
Couverture médiatique et ventes Le Suicide français a reçu dès sa sortie le 2014 une très forte couverture médiatique. Le , sept jours après la sortie, l'hebdomadaire Le Point titre « Édition : pourquoi Éric Zemmour fait mieux que Valérie Trierweiler »« Édition : pourquoi Éric Zemmour fait mieux que Valérie Trierweiler », Le Point, 8 octobre 2014. et affirme que , en particulier grâce à la promotion assurée par l'auteur sur France 2 le et dans l'émission d'Yves Calvi sur France 5, le .
Le , Le Figaro rapporte qu'en plus des initialement acheminés sur les points de vente, deux autres tirages de ont été réalisés, portant le nombre d'ouvrages imprimés à en deux semaines. En estimant par ailleurs à 20 % les ventes réalisées au format numérique, Le Figaro estime qu'on avoisine le chiffre de . Il précise que le nombre de ventes quotidiennes est quant à lui passé de les premiers jours, à au bout d'une semaine, pour atteindre à à la fin de la seconde semaine..
Le Monde., le Huffington Post. et Arrêt sur images. contredisent ces chiffres issus du journal dont l'auteur est collaborateur. Le , Le Point avance cependant que le premier tirage de a été vendu en une semaine, et confirme pour l'essentiel les chiffres du Figaro« Zemmour bat tous les records de vente ! », lepoint.fr, 21 octobre 2014.. En décembre, la presse avance que le nombre d'exemplaires vendus serait « autour de »Julia Beyer (avec AFP), « Valérie Trierweiler, reine des ventes de livres 2014 », Le Figaro, lefigaro.fr, 10 décembre 2014... En , Ellen Salvi, journaliste à Mediapart, décompte exemplaires vendus en s'appuyant sur les chiffres d'Edistat.
L'ouvrage obtient en outre le prix Combourg Chateaubriand l'année suivant sa parution..
Nouvelle édition augmentée
En mai 2026, une nouvelle édition augmentée, de 594 pages, est publiée aux éditions Fayard. L'ouvrage est également traduit et édité en anglais.
Télévision Le livre est adapté en 2026 en documentaire sur Planète+On a regardé « Le suicide français », la série documentaire d’Eric Zemmour, Le Point, Kévin Badeau, 2 juillet 2026.
Revue de presse
Dans un article de Valeurs actuelles consacré à Éric Zemmour, l'écrivain Denis Tillinac considère que Selon lui, . Il souligne également que, comme
Dans Le Monde, le journaliste Nicolas Truong s'étonne du succès d'une telle prose et écrit que Mentionnant que , le journaliste estime que , soulignant que en constituait sa . A cet égard, et même si le Suicide français , le journaliste condamne fermement la partie de l'ouvrage consacrée à ce qu'il appelle la réhabilitation du maréchal Pétain. Outre les ou les passages qu'il qualifie d’abjects du livre concernant le discours du Vél’ d’Hiv de Jacques Chirac, il laisse aux historiens Robert Paxton, Serge Klarsfeld et Jacques Sémelin le soin de corriger les fausses assertions.
Dans le journal L'Express, Jérôme Dupuis constate que Il établit un lien entre Le Suicide français et L'Identité malheureuse, ouvrage d'Alain Finkielkraut paru en 2013, considérant que , et qu'aux
Dans Le Canard enchaîné, le journaliste et écrivain Frédéric Pagès fait un rapprochement similaire à celui exprimé par Jérôme Dupuis entre Éric Zemmour et Alain Finkielkraut, en estimant que
Dans L'Express encore, Tugdual Denis et Élise Karlin, soulignent que Le Suicide français a été relu « pour le plaisir » avant sa publication par Philippe Martel (1955-2020), un ami de Zemmour, alors directeur de cabinet de Marine Le Pen. Les deux journalistes présentent le livre comme un qui et qu'il de ce parti, ..
Dans Figarovox, le sociologue, chroniqueur et auteur québécois Mathieu Bock-Côté estime que . Bock-Côté écrit ainsi que Zemmour ouvrirait
Dans Figarovox toujours, et à la suite des controverses provoquées par la sortie du livre, le journaliste franco-libanais André Bercoff et ancien directeur de la rédaction de France-Soir de à , estime qu'Éric Zemmour serait une victime, comme plusieurs autres intellectuels par les représentants de ..
Dans Bibliobs, David Caviglioli estime que le livre est , qu'il et que .
Dans de nombreux journaux, le livre est principalement critiqué pour sa partie consacrée au Maréchal Pétain et à la remise en cause du livre de Robert Paxton notamment à Libération (par le journaliste Laurent Joffrin., l'écrivain Marc Weitzmann.), Slate., Télérama (l'écrivain Gilles Heuré.), Les Échos. et Le Point.. Dans l'émission On n'est pas couché, le , Léa Salamé reproche ainsi à Zemmour ..
D'autres affirmations de l'ouvrage sont contestées, comme l'idée selon laquelle la majorité des résistants partis à Londres en 1940 auraient été issus de l'Action française même si on trouvait bien des maurassiens et des camelots du roi parmi eux.
Commentaires des historiens sur le chapitre consacré à Vichy Au chapitre consacré à l'année « 1973 » du Suicide français, Eric Zemmour, dans un sous-chapitre intitulé « Robert Paxton, notre bon maître »Éric Zemmour, Le Suicide français, Éditions Albin Michel, 2014 , version livre numérique sans pagination : « Janvier 1973 – Robert Paxton, notre bon maître »., critique deux livres consacrés au régime de Vichy durant l'occupation allemande : La France de Vichy et Vichy et les Juifs, deux livres écrits par l’historien américain Robert Paxton, auteur que Zemmour dit . Dans ce passage, Eric Zemmour affirme que cette serait devenue et Eric Zemmour, ibid, p 88Robert Paxton : « L’argument de Zemmour sur Vichy est vide », Rue 89, 21 novembre 2016. Or, selon Zemmour, Paxton n'expliquerait pas comment tant de Juifs français ont échappé à la Shoah : « […] pourquoi les Hollandais et les Belges, nos voisins, n’ont-ils pu en faire autant ? Le nombre des justes hollandais est pourtant supérieur à celui des français ! Et les Juifs hollandais ont été exterminés à près de 100 %. » C'est pourquoi Zemmour recommande l'ouvrage d'Alain Michel, Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe françaisAlain Michel, Vichy et la Shoah - Enquête sur le paradoxe français, CLD éditions, 2012 ; seconde édition révisée et augmentée, éd. Elkana, 2015.Zemmour présente ses travaux ainsi : . qui serait selon lui paru et qui se situerait d'après lui dans la continuité des écrits de Robert AronRobert Aron, Histoire de Vichy - 1940-1944, Tallandier, 2007., Léon PoliakovVoir Léon Poliakov – Publications. et Raul HilbergVoir Raoul Hilberg – Publications. La thèse de Hilberg sur ce point date des années 60 et est donc antérieure aux travaux des historiens menés sur des archives. "(...) cette analyse a très rapidement été démentie par la recherche française et n’a plus cours dans l’historiographie internationale sur l’Holocauste depuis les années 2000 – citons les denses et sombres pages de Saul Friedländer, les analyses serrées et cinglantes de Peter Longerich, les riches et accablantes comparaisons de Déborah Dwork et Robert van Pelt, ou celles, originales et tout aussi accablantes, de Christian Gerlach" . Laurent Joly, "Introduction – Vichy, les Français et la Shoah : un état de la connaissance scientifique", Revue d’histoire de la Shoah, Mémorial de la Shoah 2020, pp.13-29Éric Zemmour cite cinq phrases d'un passage qui en comporte huit de La Destruction des Juifs d'Europe : , en renvoyant à l'édition de 1985 éditée chez Gallimard, sans plus de précision. Pour la dernière édition, voir (pages du tome II, numérotées de 710 à 1593, le chapitre sur la France comporte 101, de 1122 à 1223) – La partie de ce passage non citée par Éric Zemmour (remplacée par […]) est la suivante : . Alain Michel a d'abord pris ses distances par rapport à la polémique sur le livre tout en reconnaissant que Zemmour .. Il estime cependant nécessaire de corriger Zemmour disant que : selon lui, il ne s'agit pas de Pétain mais du gouvernement de Vichy qui, à travers une politique ayant l'approbation de Pétain mais d'abord menée par Pierre Laval et René Bousquet, aurait sauvé non pas 95 % des Juifs français, mais 90 à 92 %. Il se dit également d'accord avec l'affirmation de Zemmour, selon laquelle il y aurait une en France, affirmant même que . Cependant, les analyses d'Alain Michel sont très largement récusées par les historiens, ce que souligne notamment l'historien Laurent Joly. De même, Robert Paxton estime qu'Alain Michel
Les thèses d'Éric Zemmour (qui critique la réduction de cet ouvrage à ce qu'il considère être une polémique.) sont fortement critiquées par de nombreux historiens, et assimilées à du révisionnisme.
Réactions de Robert Paxton Paxton estime que Zemmour se trompe lorsqu'il dit que le gouvernement de Vichy faisait une distinction entre Juifs français et étrangers et indique : Indiquant : .
Dans une tribune du Monde, publiée ensuite, où il qualifie la collaboration du régime de Vichy d', Robert Paxton donne son avis sur l'ouvrage de Zemmour. Il pense que celui-ci n’a pas dû lire les statuts des Juifs décrétés par Vichy qui concernaient , aussi bien les Juifs étrangers que les Juifs français, sans .. L’historien indique que ces mesures ont fragilisé les Juifs français dès le début des déportations.
Paxton note un changement dans l’opinion française , qui montra sa désapprobation lors des arrestations massives de mi-1942, et l’intervention de certains évêques pour les dénoncer. Si Laval obtint des Allemands que les Juifs étrangers soient déportés en premier en contrepartie de l’aide de la police française, il n’était pas question pour eux d’épargner les Juifs français. Cependant, bien que la police française fût active dans les arrestations, cette participation s’affaiblit à partir du début 1943.
Sur les déportés, les Juifs français représentent le tiers, mais pour Paxton, . Selon lui, la présence allemande était moins forte en France qu’en Belgique ou dans les Pays-Bas où les possibilités de dissimuler les Juifs étaient plus faibles. Il cite l’exemple italien où les déportations de citoyens juifs représentent 16 %.
Concernant les Juifs étrangers de zone libre, Paxton indique que Vichy en livra aux Allemands, à la différence des autres pays de l’Europe de l’Ouest et de la plupart de ceux de l’Est. Une tentative d’explication de cette mesure peut se trouver dans une réaction à l’importance de l’immigration des années 1930, période où la France accueillit davantage de réfugiés que les États-Unis .