Tréméven () est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne. Tréméven appartient au pays historique du Goëlo.
Géographie
Communes limitrophes vignette|left|Carte de Tréméven et des communes avoisinantes.
Relief
Les altitudes au sein du finage communal sont comprises entre 87 mètres pour le point le plus haut, situé au niveau de l'ancien donjon de Coëtmen, dans la partie sud-ouest de la commune, et 20 mètres pour le point le plus bas, situé dans l'angle nord-ouest du territoire communal, à la confluence entre le Leff et le ruisseau de Kerguidoué. Le bourg est à 52 mètres d'altitude.
La dolérite et l'amphibolite sont exploitées dans la carrière Rault de Coatmen. L'exploitant de cette carrière demande en 2020 l'autorisation d'agrandir le périmètre de sa carrière (une extension de 15,8 ha) et le prolongement pour 30 ans de l'autorisation d'exploitation.. Une association Sauvons le Leff s'y oppose.. Le la préfecture des Côtes-d'Armor a signé un arrêté de mise en demeure concernant la gestion des déchets de la carrière et notamment le terril dont les eaux de ruissellement s'écoulent dans le Leff..
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Tréméven est limité à l'ouest par le cours d'eau Leff, affluent de rive droite du Trieux, qui sépare la commune de sa voisine Trévérec et à l'est ainsi qu'au nord par le ruisseau de Kerguidoué, affluent de rive droite du Leff, qui sépare Tréméven de Pludual, Pléhédel et Lanleff..
Le Leff, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Leslay et se jette dans le Trieux en limite de Quemper-Guézennec et de Plourivo, après avoir traversé ..
Le Kerguidoué, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Lantic et se jette dans le Leff sur la commune, après avoir traversé ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TrémévenLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanleff à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Paysages et habitat
Le paysage agraire traditionnel est celui du bocage avec un habitat dispersé d'écarts formés de hameaux (dénommés localement "villages") et fermes isolées.
Transports
Tréméven n'était desservi traditionnellement que par des routes secondaires jusqu'à l'aménagement en route à 4 voies de type voie express de la D 7 (axe routier Saint-Brieuc-Paimpol via Lanvollon) qui traverse selon un tracé sud-nord la partie orientale de la commune.
Urbanisme Typologie Au , Tréméven est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paimpol, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (87,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (60,9 %), zones agricoles hétérogènes (21,5 %), forêts (13,2 %), mines, décharges et chantiers (4,3 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Tremeven en 1427, 1480, 1514, 1536 et en 1543..
Son nom vient de l'ancien breton trev qui veut dire village et de Saint Meven ou Méen (saint du , disciple de saint Samson). En breton, le nom de la commune est Tremeven.
Histoire Préhistoire et Antiquité
Un dépôt de haches à douilles a été trouvé en 1836 à Tréméven. Des monnaies gallo-romaines aux effigies d'Adrien et d'Antonin le Pieux ont été découvertes dans la commune en 1827.. Une cachette de fondeur d'époque gallo-romaine fut découverte en 1913 par des carriers : elle contenait des poteries, des grains de colliers, des fusaïoles, des débris de vases dont le bronze avait été enlevé car cette cachette avait été pillée antérieurement..
Coatmen Après un diagnostic archéologiquehttp://bibliotheque-numerique-sra-bretagne.huma-num.fr/files/original/5bcbf496aae76d06c0b27bae71f399341169dda7.pdf, depuis à Coatmen., des fouilles de l'institut national de recherches archéologiques préventives ont exhumé une nécropole de l'âge du bronze ainsi qu'un domaine d'occupation de plus de 2000 anshttps://www.ouest-france.fr/sciences/archeologie/une-necropole-datant-de-la-prehistoire-a-ete-exhumee-juste-a-cote-dune-carriere-de-gneiss-breton-c9643c06-7047-11ef-bf8c-5742d8eb2cd3.
Moyen-Âge Sous l'Ancien Régime, Tréméven était une paroisse appartenant à l'évêché de Saint-Brieuc et au comté du Goëlo.
La famille de Coëtmen est originaire de Tréméven où elle possédait le château éponyme, dit aussi Coatmen ; elle possédait aussi le château de Tonquédec. Elle était fondatrice de l'église primitive de Tréméven.
Temps modernes vignette|Carte de Cassini de Tréméven et des paroisses avoisinantes (1790). Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759 la paroisse de Tréméven doit fournir 11 hommes et payer 72 livres pour la défense des côtes de Bretagne..
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Tréméven en 1778 :
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Tréméven en 1845 :
XXe siècle
Belle Époque
vignette|Liste des marins de Tréméven partant aux campagnes de pêche au large de l'Islande et de Terre-Neuve en 1901 (Journal L'Ouest-Éclair du ). De nombreux marins de Tréméven participaient aux campagnes de pêche au large de l'Islande ou de Terre-Neuve, le plus souvent au départ de Paimpol. Les victimes étaient nombreuses : par exemple le journal L'Ouest-Éclair du relate la disparition en mer du maître au cabotage Phippe, originaire de Tréméven, au large de l'Islande, alors qu'il se trouvait sur la goëletteJulia..
Le pardon de Sainte-Radegonde (sainte Radegonde était la patronne de Tréméven) était alors très fréquenté : « (...) pardon très réputé qui tous les ans attire une foule énorme de pèlerins et de touristes. Dès samedi soir commencera la fête avec une procession, un feu de joie et des illuminations. Le dimanche, après les exercices religieux et la procession, les pèlerins et les touristes iront visiter la vallée du Leff, la tour de Coatmen, la chapelle Saint-Jacques, beau monument d'une architecture remarquable, etc.. ».
Première Guerre mondiale L'ancien maire de Tréméven, Emmanuel de RougéEmmanuel Léon Joseph de Rougé, né le à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais), mort le à Paris, comte de Rougé., né en 1876, s'était délivré des certificats de complaisance pour échapper à ses obligations militaires, un premier pour une ankylose imaginaire de l'épaule en 1900, puis un autre certifiant qu'il avait 6 enfants (il n'en avait que 3) ; il passa en conseil de guerre en ; il fut condamné à 3 ans de prison et francs d'amende.. Mais en un conseil de guerre le réhabilita complètement : « M. de Rougé s'engagea immédiatement dans un corps de volontaires éclaireurs, rechercha toutes les missions dangereuses, fut cité à l'ordre du jour, décoré de la Croix de Guerre et reçut les félicitations du général de brigade, du général de division et du général d'armée »..
Le monument aux morts de Tréméven porte les noms de 21 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; trois étaient des marins : Yves Hélary, mort en mer le , Louis Calvez second maître mécanicien, mort des suites de ses blessures à Tréméven et Joseph Moignet, canonnier-marin, tué à l'ennemi à La Panne (Belgique) le et dernier mort de la guerre pour la commune ; tous les autres sont des soldats morts sur le sol français..
Désiré Tartivel, tirailleur au 5e régiment de tirailleurs marocains est mort à L'Arba de Tissa, en Taounate (Maroc) le Il est mort probablement lors des révoltes survenues en 1919 dans l'Anti-Atlas marocain contre le protectorat français. il a été décoré de la médaille militaire et de la croix de guerre.
Entre-deux-guerres
Seconde Guerre mondiale Le monument aux morts de Tréméven porte les noms de 7 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles : Paul Pierre, second maître, est mort lors du naufrage du torpilleur Siroco lors de la Débâcle le ; André Vincent, sous-lieutenant au 159e régiment d'infanterie alpine, a été tué à l'ennemi, également lors de la Débâcle, le , à Armentières-sur-Ourcq (Aisne) ; Louis Hervé est mort le à Évreux (Eure) ; Pierre Amp est disparu en mer lors du naufrage de la corvette Mimosa des Forces navales françaises libres au large de Terre-Neuve le ; Pierre Hervé (frère de Louis Hervé), marin, est mort le à Casablanca (Maroc) ; Jean Amp, quartier-maître dans le régiment blindé de fusiliers marins, est mort des suites de ses blessures le à Paris.
Guerre d'Indochine Un soldat (Marcel Adelin) originaire de Tréméven est mort pour la France durant la guerre d'Indochine.
Politique et administration Administration municipale Élections de 2026