Yvias (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.) est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne. Yvias appartient au pays historique du Goëlo.

Géographie Situation

Yvias est dans la partie nord-ouest du département des Côtes-d'Armor, et proche de la Manche, sans être une commune littorale ; elle fait partie de la Ceinture dorée.

Relief et géologie Les orthophyresOrthophyres : on désigne traditionnellement sous ce nom d'anciennes roches volcaniques acides (rhyolites et trachytes) d'âge carbonifère. dominent d'Yvias à Pléhédel..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Leff..

Le Leff, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Leslay et se jette dans le Trieux en limite de Quemper-Guézennec et de Plourivo, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques du Leff sont données par la station hydrologique située sur la commune de Quemper-Guézennec. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:05 TU à partir des 618 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1973 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'YviasLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanleff à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Yvias est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paimpol, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (91,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,2 %), zones agricoles hétérogènes (27,1 %), forêts (8,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ecclesia de Yvias en 1202 et en 1211, Ivias en 1206, Parochia de Iviaz en 1220, Yvias en 1229 et en 1266, Yvias vers 1330 et Yvyas en 1536..

Le toponyme serait un dérivé en -as d'un radical *owi- (mouton), auquel se rattachent le vieil irlandais oi (mouton), le gallois ewig (biche) mais aussi le vieux breton ousor (berger)Bernard Tanguy : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor ; ArMen-Le Chasse-Marée ; 1992..

Autres hypothèses : le nom « Yvias » proviendrait de saint Ivy, saint breton qui pourrait avoir fondé la paroisse ou d'un chevalier nommé Guillaume d'Yvias ou Ivias originaire, semble-t-il, de la paroisse d'Yvias, qui aurait possédé des biens à Pléhérel de 1240 à 1264.

Les noms bretons de la commune sont Eviaz ['evjaz] et Iviaz.

Histoire Préhistoire et Antiquité

Le tumulus de Tossen-ar-Run indique un peuplement entre à avant notre ère.

Pendant la Gaule, puis à l'époque gallo-romaine, la région faisait partie du territoire des Osismesname="galliou">Patrick Galliou, Les Osismes, peuple de l'Occident gaulois, éditions Coop Breizh, 2014..

Moyen Âge La paroisse d'Yvias serait issue du démembrement de la paroisse de l'Armorique primitive de Plourivo. Son nom (ecclesiam de Yvias) apparaît pour la première fois en 1202 dans la charte de fondation de l'abbaye de Beauport et celui de la paroisse (parrochia de Iviaz) en 1234 dans une donation. Yvias fut un prieuré-cure de l'abbaye de Beauport..

Sous l’Ancien Régime, la paroisse d'Yvias et sa trève, Kerfot, appartenaient à l’évêché de Saint-Brieuc et au comté du Goëlo.

Onze nobles sont cités à Yvias lors de la réformation de 1427 ; douze lors de la montre tenue à Pempoul [Paimpol] en 1469, ainsi qu'à celle de 1480 tenue à Saint-Brieuc..

En 1500, Damnoët appartenait au sieur du Pont-Quellenec, le Château-Carrec, au sieur de Guemené, le Porzou-Herbrezellec, à Yves le Roux et Tranellang, à François de Kerlan,

Temps modernes Le orédicateur Julien Maunoir prêcha une mission à Yvias ; la chapelle du Calvaire a probablement été construite en cette occasion..

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Yvias en 1778 :

En 1783-1784 l'affaire dite de la « Clique des voleurs de Kerfot » (une douzaine de voleurs ayant de nombreux liens familiaux et habitant à Kerfot, alors en Yvias) défraya la chronique : ils auraient commis de nombreux vols, notamment dans les églises de Ploezal, de Saint-Mayeux, de Notre-Dame-du-Roncier en Josselin, etc.. et lors des foires de nombreuses localités ; trois d'entre eux (François Le Compère, Guillaume André, dit Nevez, et Jean Lescop fils) furent condamné aux galères à perpétuité après avoir été marqués de la lettre "V" et leurs biens confisqués.

Révolution française Le cahier de doléances d'Yvias, rédigé lors de la réunion préparatoire aux États généraux le en présence de 24 parossiens dans la sacristie de l'église. (qui était aussi celui de Kerfot) demande « moins de tribunaux, mais royaux (..) et des juges intègres » et la liberté de choisir son moulin car celui du seigneur prélève des taxes élevées (banalités)..

Entre 1790, date de création de la commune, et jusqu’à l’an X, Yvias est chef-lieu de canton. François Le Calvez, vicaire d'Yvias, fut en 1790 membre du conseil général du district de Pontrieux.

Pendant la Terreur quatre prêtres réfractaires d'Yvias émigrèrent à Jersey ou en Angleterre : Calvez et Guéroy (tous les deux curés), ainsi que Corre et Derrien, autres prêtres. Le Sec'h, prêtre de Plourivo, devint recteur constitutionnel d'Yvias..

Au printemps 1794, « chaque nuit, dans toute la région paimpolaise, à Plouézec, à Lanloup, à Yvias, à Ploubazlanec, des paysans en bande, tète nue, disant leur chapelet ou récitant les litanies, visitent les chapelles dispersées dans les campagnes »..

Le Vers 1815 l'abbé Richard, alors recteur d'Yvias, « réunissait chez lui in certain nombre de cloarecs [étudiants] qui faisaient leurs humanités en trois ou quatre ans ». Félicité de La Mennais songea même à en faire un séminaire, mais celui-ci fut ouvert finalement à Tréguier..

En 1835 une parcelle d'un bras de saint Josse, conservé comme relique dans l'église Sainte-Sauve de Montreuil, fut détachée et offerte à l'église Saint-Judoce d'Yvias..

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Yvias en 1853 :

La loi du érige la section de Kerfot en commune distincte de celle d'Yvias dont elle dépendait jusque-là, mettant fin à des dizaines d'années de polémiques entre Yvias, qui s'y opposait, et Kerfot, qui le demadait à travers maintes pétions et démarches.. Kerfot était déjà devenu une paroisse indépendante de celle de Yvias en 1850.

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 qu'Yvias possède une école de garçons ayant 61 élèves et une de filles en ayznt 51, que « le côté ouest de la commune est montagneux et stérile ; mais les autres parties sont très bien cultivées et produisent d'excellents lins » et que « l'église paroissiale, dédiée à saint Judoce (..) tombe en ruine, et doit être prochainement reconstruite ; la fête de son patron se célèbre le 13 juillet ». Il indique aussi l'existence de deux chapelles, du Calvaire et de Saint-Judoce et précise que du grès rose affleure au nord et du schiste talqueux au sud..

Pierre Le ChapelainPierre Le Chapelain, né le à Yvias, décédé le à Kerfot fut zouave pontifical entre 1867 et 1869..

L'ancienne église d'Yvias est démolie en 1865 et remplacée par une nouvelle église, aussi dédiée à saint Judoce, dont la première pierre est bénie le et l'église consacrée le ; sa flèche est construite entre 1895 et 1897.

Selon un article d'Amédée Guillotin de Corson publié en 1889 « Le pardon de la chapelle du Calvaire a lieu le dimanche de la Passion ; pendant la nuit qui précède de jour la chapelle est visitée par de nombreux pèlerins, mais surtout par les enfants le jour de son pardon »..

Le La Belle Époque

En juillet 1899 la loge de Chauvel, un sabotier de Lan-Baston, fut détruite par le feu, y compris les outils et les 27 paires de sabots qu'elle renfermait..

Un établissement de facteur-receveur ouvre le à Yvias, la commune ne dépendant plus de Paimpol pour la distribution du courrier..

Des marins d'Yvias étaient terre-neuvas : par exemple trois d'entre eux (Eugène Hervé, Jean-Pierre Perron et Alexis Mariette) font partie des victimes de la disparition de la goélette Boer au cours de l'hiver 1904-1905..

L'inventaire des biens d'église se déroula à Yvias le .. Une lettre de protestation, signée par le recteur Biler, le vicaire Bastard et trois paroissiens, fut lue oar le recteur devant le délégué du gouvernement chargé de procéder à l'inventaire.