Les Championnats panaméricains de cyclisme sont les championnats continentaux annuels de cyclisme sur route et sur piste pour les pays membres de la Confédération panaméricaine de cyclisme.
Pour la quatrième fois en neuf ans et la cinquième depuis que les championnats existent, la Colombie accueille l'évènement. Les compétitions se disputent du 28 juillet au 5 août, à Duitama, dans le département de Boyacá, sous le patronage des aciéries . La a remplacé au pied levé la ville de Bucaramanga, désignée, dans un premier temps, siège de ces dixièmes championnats. La capitale du département de Santander, ayant dû renoncer, Duitama, pourtant dénuée de vélodrome, s'est proposée.
La compétitivité des championnats est, cependant, mis en doute avec l'absence de sélections comme celles des États-Unis et du Canada, prétextant la sécurité de leurs athlètes pour décliner leur présence, ou de celle du Brésil, arguant un déficit de préparation et un problème budgétaire pour ne pas se déplacer. Les observateurs pronostiquent un duel entre les délégations cubaine, vainqueur de l'édition précédente, et du pays hôte, dauphine des Antillais, deux ans auparavant, pour l'obtention du titre général.
Les cinq premiers jours de compétitions sont consacrés à la piste. Puis après une journée de repos, le jeudi , les trois dernières journées sont destinées aux épreuves sur route.
Le 27 juillet, les cérémonies d'ouverture ont lieu sur la place principale de la ville en la présence de onze des douze délégations (le Costa-Rica arrivant plus tard, n'ayant que des compétiteurs pour les épreuves sur route masculines), puis l'inauguration du vélodrome s'effectue devant un parterre d'anciennes gloires locales comme Efraín Forero, Martín Emilio Rodríguez ou bien encore Álvaro Pachón. Le vélodrome ayant obtenu l'homologation de l'UCI et se situant à d'altitudes, il semble favorable pour la chasse aux records.
Podiums Cyclisme sur piste Compétitions masculines Kilomètre Mario Pons Alexis Marcel José Julián VelásquezVitesse individuelle Marcelo Arrué Mario Pons José María LovitoPoursuite individuelle Eduardo Graciano Manuel Youshimatz Noel de la CruzPoursuite par équipes Rigoberto RieloNoel de la CruzAlexis Marcel Gustavo YustiJorge Iván CasasFernando Sierra Miguel DroguettIván HenríquezFreddy AqueaOscar OrtizCourse aux points Manuel Youshimatz Miguel Droguett Compétitions fémininesVitesse individuelle Gabriela Riquelme Yacel Ojeda Janeth BurgosPoursuite individuelle Adriana Muriel Tatiana Fernández Odalys Tomps Course aux points Odalys Tomps Isabel León Gabriela Riquelme
Cyclisme sur route Compétitions masculines éliteCourse en ligne Ruber Marín Alexander ErnstContre-la-montre par équipesHéctor Iván PalacioJuan de Dios FajardoRuber MarínOsmany AlvarezIsrael TorresEduardo CruzEliécer ValdésHéctor PérezJuan Ramón CamachoJesús VázquezGuillermo Gutiérrez Compétitions fémininesCourse en ligne Adriana Muriel Isabel León Odalys Tomps Contre-la-montre par équipesTatiana FernándezYacel OjedaIdalmis EchavarríaOdalys TompsAdriana MurielRosa Emma RodríguezRosa María AponteLucila RodríguezIsabel LeónAdriana TorresMirna PérezAydil López
Le vélodrome Alfonso Salamanca Llach La première compétition de vitesse de ces championnats a été la construction en un temps record du vélodrome. Moins de deux ans séparent, en effet, le désistement de Bucaramanga et le début des compétitions. Les différents acteurs publics de la région ainsi que les entreprises départementales comme la Licorera de Boyacá et la Lotería de Boyacá ont été sollicités pour le financement de cet équipement sportif. Dans le scepticisme ambiant, la course contre-la-montre a été en grande partie gagnée. Même si les gradins sont en bois et la piste d'échauffement, tout comme les dernières plantations d'arbres, ont été terminées en même temps que les premiers compétiteurs arrivaient. La grande prouesse a été l'électrification de l'enceinte, réalisée en seulement six jours. Au moment de l'ouverture des compétitions, il manque cependant, des ingénieurs du son, des cabines ou un chronométrage électronique. Le coût total de l'ensemble de l'installation sportive est évalué à cent-seize millions de pesos. L'éclairage, à lui seul, concourt à hauteur de cent millions . La piste a été homologuée, le , par un commissaire international de l'Union cycliste internationale .
Déroulement des championnats Les compétitions sur piste 28 juillet : première journée de compétitions La première journée des championnats panaméricains a vu l'Équateur prendre la tête du tableau des médailles, grâce à son unique représentant masculin des disciplines de la piste, présent à Duitama. Durant cette première session, les spectateurs ont pu assister à l'épreuve du kilomètre, seul finale du jour, et aux qualifications de la poursuite et de la vitesse. Malgré l'absence de confrontations directes, dans le programme de cette première session, le nombreux public, peu habitué aux compétitions de cyclisme sur piste, a été enthousiaste.
En poursuite individuelle, le Mexicain Eduardo Graciano réussit le meilleur temps en . Il devance le Colombien Alberny de Jesús Vargas de six dixièmes, son compatriote Manuel Youshimatz d'une seconde et le deuxième Colombien inscrit dans l'épreuve Jairo Giraldo, quatrième, de plus de deux secondes.
Les qualifications de la vitesse individuelle ont vu la domination des représentants des pays du cône Sud. Ainsi le meilleur temps sur le lancés hommes est à mettre à l'actif de Marcelo Arrué. Le Chilien est le seul à être descendu sous les onze secondes. Il devance l'Argentin José María Lovito et l'Équatorien Mario Pons. Le premier compétiteur du pays hôte, John Jaime González finit cinquième. Chez les féminines, l'Argentine Gabriela Riquelme descend sous les treize secondes pour effectuer ses deux cents mètres. Elle devance la locale Janeth Burgos.
Le premier titre décerné des championnats est celui de l'épreuve du kilomètre. Il est revenu au spécialiste des disciplines de vitesse, Mario Pons. Avec un temps de , il devance de plus d'une seconde le Cubain Alexis Marcel et l'amphitryon José Julián Velásquez. Ce dernier prive Cuba d'une deuxième médaille, en terminant trois dixièmes plus vite ses mille mètres que le deuxième Caraïbéen, Gil Cordovés, finalement quatrième.
Le résumé de la première journée est tiré principalement de la couverture de l'évènement faite par le journal El Tiempo. Édition papier du quotidien, datée du 29 juillet 1990, cf l'article .
29 juillet : deuxième journée La session dominicale commence à 16 heures. Aucune finale n'est programmée. Seuls des tours de qualifications des tournois de vitesse et de poursuite ponctuent la journée. En vitesse individuelle, le menu offre, chez les hommes, les seizièmes de finale, et leurs repêchages ainsi que les huitièmes de finale féminines. En poursuite individuelle, ce sont les quarts de finale masculines et les séries qualificatives chez les femmes qui sont proposés au public.
Sur la distance de trois mille mètres, la Cubaine Tatiana Fernández réalise un temps de , nouveau record panaméricain. La concurrente suivante à s'élancer est la Colombienne Adriana Muriel. Celle-ci ôte près de deux secondes au temps de la Cubaine, en réalisant . Ainsi, Fernández a gardé en sa possession la marque continentale moins de cinq minutes. Pour la délégation locale, ses résultats permettent d'espérer une médaille d'or dans cette discipline pour le mardi suivant.
Espoir identique en poursuite hommes avec le champion national, Alberny de Jesús Vargas. Ce dernier réussit le meilleur temps, en étant le seul compétiteur à descendre sous les , au terme de son effort. En , il devance le Cubain Noel de la Cruz, , et les vainqueurs des autres quarts, les Mexicains Manuel Youshimatz et Eduardo Graciano. Ce dernier termine, cependant, en roue libre, en ayant rejoint son adversaire, le Vénézuélien Laureano Peláez.
Par contre, les observateurs colombiens sont beaucoup plus circonspects quant aux chances de médailles d'or de leurs compatriotes dans les épreuves de vitesse. Même si les trois Colombiens se qualifient pour les huitièmes de finale, seul John Jaime González, meilleur temps des seizièmes, n'a pas besoin des repêchages pour passer au tour suivant. Chez les féminines, Janeth Burgos, meilleur temps des huitièmes, et Jenny Herrera sont rejointes en quarts de finale, par la troisième locale (Angelica Maya) à l'issue, seulement, des repêchages.
Le résumé de la première journée est tiré principalement de la couverture de l'évènement faite par le journal El Tiempo. Édition papier du quotidien, datée du 30 juillet 1990, cf l'article , p.1D.
30 juillet : troisième journée Les premières compétitions permettaient au pays hôte d'espérer de bons résultats les jours suivants mais la soirée du lundi a quelque peu déçu le public présent au de Duitama. Au programme de cette nouvelle journée de compétitions, les poursuites individuelles masculine et féminine.Chez les hommes, meilleur temps des quarts de finale, le dernier représentant colombien dans la compétition, Alberny de Jesús Vargas est potentiellement un finaliste de l'épreuve, lorsqu'il se présente face à Eduardo Graciano en demi-finale. Pourtant, Graciano, bien que non spécialiste de la discipline, prend l'avantage dès le début et augmente de manière régulière son avance, au point de rejoindre son adversaire. Il l'écarte ainsi de la finale et, en le disqualifiant, le prive de la médaille de bronze. En le comparant aux grands anciens Martín Emilio Rodríguez et autre Balbino Jaramillo, en l'adoubant héritier de ces très bons poursuiteurs, lui pronostiquant le titre , les médias et son entourage lui ont mis une pression que Vargas, coureur encore très jeune, n'a pas supporté . Pour le titre, Eduardo Graciano se trouve opposé à Manuel Youshimatz. À la surprise générale, Graciano défait Youshimatz pour obtenir la médaille d'or. En effet, Graciano n'a débuté sur la piste qu'au mois d'avril précédent. D'ailleurs, il se présentait à ces championnats avec l'intention de disputer la course aux points et non la poursuite . Toutefois, son sacre se fait en l'absence du Colombien Julio César Ortegón, accidenté, et valant sur la distance, selon le directeur technique national Hugo Cuartas .
Les résultats des quarts de finale de la compétition féminine proposent, pour les demi-finales du lendemain, deux duels Cuba-Colombie. Les Caraïbéennes Tatiana Fernández et Odalys Tomps affronteront la tenante du titre Martha Ligia Maya et sa coéquipière Adriana Muriel. Les deux Colombiennes se sont qualifiées tranquillement pour le tour suivant. Elles n'ont, en effet, pas disputé leur manche qualificative. L'Équatorienne Filomena Cassierra, tombée la veille, déclare forfait, tandis que Gabriela Riquelme, spécialiste de la vitesse, préfère se ménager en vue de sa discipline de prédilection et, elle aussi, ne se présente pas au départ des quarts.
Les manches qualificatives de la vitesse individuelle sont également au programme. La compétition masculine voient les représentants locaux montrer leur limite. Tandis que les trois Cubains se qualifient pour les quarts de finale , du trio de compétiteurs colombiens engagé, seul John Jaime González parvient à ce stade. Et encore grâce au sacrifice de son coéquipier José Julián Velásquez, qui lui a permis de prendre le meilleur sur l'Argentin Gustavo Farís. Cependant en quarts, González est irrémédiablement battu par le Caraibéen Víctor Medina. Mario Pons rejoint Medina en demi-finales, en battant en deux manches Gustavo Farís. Marcelo Arrué et José María Lovito les accompagnent.
En vitesse individuelle féminine, la championne de Colombie Janeth Burgos parvient à se qualifier en demi-finales, en disposant de sa compatriote Rosa Angélica Maya. Elle y retrouve la favorite, l'Argentine Gabriela Riquelme, la Cubaine Yacel Ojeda et la Mexicaine Isabel León.