Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) est un rassemblement de partis politiques nationalistes kanak et indépendantistes de Nouvelle-Calédonie fondé lors du congrès de dissolution du Front indépendantiste du 22 au .

Le FLNKS rassemble de 1989 jusqu'en 2024 quatre partis, l'Union calédonienne (UC) et le Rassemblement démocratique océanien (RDO), le Parti de libération kanak (Palika), l'Union progressiste en Mélanésie (UPM). Mais, suite à des divisions internes causées par les émeutes de 2024, le Palika et l'UPM (déjà unis depuis 1995 dans la coalition de l'Union nationale pour l'indépendance UNI) ont décidé de suspendre leur participation au Front à partir du du FLNKS tenu à Koumac du au . En effet, ils contestent les décisions prises lors de ce congrès, à savoir le fait d'avoir élu Christian Tein à la présidence unitaire du Front, la reconnaissance de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) de Tein - accusée par l'État, les non-indépendantistes et l'UNI d'être responsable des émeutes - comme composante à part entière et sur le terrain et l'intégration dans le Front de sept autres formations indépendantistes : l’Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE, qui avait déjà fait partie du FLNKS de 1984 à 1989) et son parti frère le Parti travailliste (PT), la Dynamique autochtone (DA, ancien LKS), la Dynamik unitaire Sud (DUS), le Mouvement des Océaniens indépendantistes (MOI), la Confédération nationale des travailleurs du Pacifique (CNTP) ainsi que la Nouvelle-Calédonie multiculturelle progressiste (NC-MCP) de la dissidente de L'Éveil océanien Maria Isabella Saliga-LutovikaYann Mainguet, « [DOSSIER FLNKS ou la perspective d’une scission », DNC.nc, 6 septembre 2024, consulté le 8 août 2025]... Le Palika puis l'UPM quittent définitivement le Front mi-.

Roch Wamytan, membre de l'UC, est président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie du jusqu'au .

Historique

Mouvement de la lutte pour l'IKS Le Front de libération nationale kanak et socialiste nait à la suite du Congrès tenu à l'Océanic à Ducos (Nouméa) du au entrainant en premier la dissolution du Front indépendantiste. Le parti est alors dirigé par Jean-Marie Tjibaou. Il se dote d'une charte fixant notamment l'objectif de ce nouveau mouvement : l'« indépendance kanak socialiste » (IKS).

Dans un premier temps, le FLNKS réunit l'Union calédonienne (UC) du député Rock Pidjot et de Jean-Marie Tjibaou, le Parti de libération kanak (Palika) , le Front uni de libération kanak (FULK) de Yann Céléné Uregeï, l'Union progressiste en Mélanésie (UPM) d'Edmond Nékiriaï et d'André Gopoea, le Parti socialiste calédonien (PSC) de Jacques Violette et l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE) de Louis Kotra Uregei.

Le reste de l'année 1984 est marquée par deux événements pour le jeune parti. Tout d'abord, le marque le début de ce qui seront appelés les « Évènements » (l'opposition violente entre partisans et opposants de l'indépendance dans les années 1980) par un boycott du parti des élections territoriales. Par la suite, le a lieu le Premier congrès du FNLKS à La Conception (Mont-Dore). Lors de congrès, il est décidé la constitution d'un gouvernement provisoire de Kanaky, avec à sa tête Jean-Marie Tjibaou, et l'adoption du drapeau « Kanaky » comme emblème.

Le début d'année 1985 est marqué par deux autres congrès : l'un le et l'autre le -. Le se déroule à Nakéty (Canala) et c'est lors de celui-ci que le FLNKS précise son organisation en déclarant les Comités de lutte unitaires comme ses instances de base et rejette la proposition d'indépendance-association d'Edgard Pisani. Le a lieu à Hienghène. Celui-ci modère sa position par rapport à Nakéty. Il se dit « prêt à utiliser l'échéance des élections régionales », et donc à revenir dans les institutions officielles. Entre ces deux congrès il est d'abord décidé une sortie du système scolaire français avec la création des « Écoles populaires kanak » (EPK) avant que le FNLKS ne revienne dessus 3 mois plus tard sur cette décisions, laissant aux parents le libre choix entre EPK et écoles publiques ou privées du système français.

Le reste de l'année 1985 est marquée par une déclaration unilatérale d'indépendance par le FNLKS de la Nouvelle-Calédonie mais celle-ci n'est jamais effective tout comme l'adoption d'une constitution par le parti qui n'est pas appliquée. Malgré cette déclaration, le parti participe tout de même aux élections régionales du après l'adoption du statut Fabius-Pisani. Le FNLKS remporte trois des quatre régions créées, mais reste minoritaire à l'échelle du Territoire, la majorité étant détenue par les non-indépendantistes du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR). Jean-Marie Tjibaou est élu président de la Région Nord, Léopold Jorédié dans celle du Centre et Yeiwéné Yeiwéné dans les Îles Loyauté : ils sont tous les trois issus de l'UC.

Au cours de l'année suivante se tient le , un nouveau congrès se tenant à Wé (Lifou). Durant ce congrès, est adopté une motion établissant que le FNLKS ne doit participer à un référendum d'autodétermination que si le scrutin est réservé au seul peupe kanak. Au cours de ce même congrès, l'UC obtient le maintien de l'organisation dans les institutions régionales, alors que les autres composantes souhaitaient revenir au boycott. Une victoire sur le plan international a lieu pour le front le de la même l'année. En effet, grâce au soutien des États membres du Forum des îles du Pacifique et des Pays non-alignés, le FLNKS obtient le vote par l'Assemblée générale des Nations unies (à la majorité des 3/ de ses membres) de la résolution 41/41 A affirmant « le droit inaliénable du peuple de la Nouvelle-Calédonie à l’autodétermination et à l’indépendance » et inscrivant l'archipel sur la Liste des territoires non autonomes selon l'Organisation des Nations unies.

Les années 1987 et 1988 voient tout d'abord la tenue le , du du FNLKS à la tribu de Goa (Ponerihouen). Il y est décidé de boycotter le référendum d'autodétermination du suivant (avec refus par avance de tout statut qui serait adopté à la suite de cela) ainsi que les Jeux du Pacifique Sud devant avoir lieu du 8 au en Nouvelle-Calédonie, estimant que la nouvelle majorité nationale arrivée au pouvoir en 1986 (RPR-UDF) est trop favorable aux non-indépendantistes et n'a pas respecté les conditions fixées par les indépendantistes. Dans la poursuite d'une défense sur le plan international, Jean-Marie Tjibaou, au nom du FLNKS, dépose le à l'ONU un projet de Constitution pour la « République de Kanaky ». Enfin le , le FLNKS décide le « boycott actif » des institutions et élections créées par le statut Pons II à la suite du rejet de l'indépendance lors du référendum de 1987 (à 98,3 % des suffrages exprimés, mais avec une participation de 59,1 % des inscrits seulement du fait de l'abstention des indépendantistes).

Des accords de Matignon-Oudinot à celui de Nouméa

: Jean-Marie Tjibaou, pour le FLNKS, et Jacques Lafleur, pour le RPCR, signent les accords de Matignon-Oudinot sous l'égide du Premier ministre de l'époque, Michel Rocard, après la catastrophe d'Ouvéa. Les deux camps acceptent d'arrêter leurs affrontements et d'organiser un nouveau référendum d'autodétermination, avec une restriction du corps électoral plus importante que celle de 1987 mais n'allant pas jusqu'à le limiter aux seuls Kanak, pour 1998. : assassinat à Ouvéa de Jean-Marie Tjibaou et de son numéro deux Yeiwéné Yeiwéné par un militant extrémiste du FLNKS qui n'a pas accepté les accords. : lors des premières élections provinciales, marquées par le deuil des morts de Tjibaou et Yeiwéné, le FLNKS remporte deux des trois nouvelles provinces créées par le statut des accords de Matignon : le Nord avec Léopold Jorédié (UC) et les Îles Loyauté avec Richard Kaloï (également UC). Il obtient sur l'ensemble du Territoire 28,65 % des suffrages et 19 des au Congrès, contre 44,46 % et 27 élus au RPCR de Jacques Lafleur qui a pour sa part gagné la Province Sud. : l'USTKE se détache totalement du Front au nom de la séparation entre politique et syndicalisme. 20 - : du FLNKS à Saint-Louis, sans le FULK qui s'est opposé aux accords de Matignon. Les discussions portent essentiellement sur l'assassinat de Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné et sur leurs successions, avec le souci de maintenir l'unité de la coalition. Un poste de vice-président du Front est créé. 7- : le FLNKS devient membre à part entière du Groupe mélanésien Fer de lance. 24- : Convention du FLNKS à Nakéty (Canala) qui élit Paul Néaoutyine (Palika) à sa présidence et Roch Wamytan (UC) à la vice-présidence. : le FULK s'autodissout et se refonde sous le nom de Congrès populaire du peuple kanak (CPPK), qui ne fait plus partie du FLNKS. : lors de son , le FLNKS opte pour une « indépendance négociée » en 1998. : aux élections provinciales, les premières divisions au sein du FLNKS se font sentir. En effet, le président du Front monte une liste baptisée Union nationale pour l'indépendance (UNI), majoritairement Palika, contre la liste officielle FLNKS du président sortant Léopold Jorédié (UC) en Province Nord. : du FLNKS à Nouméa, lors duquel Roch Wamytan (UC) est élu pour remplacer Paul Néaoutyine à la présidence unitaire du Front. : présentation du projet de statut du FLNKS pour 1998 : un État libre et souverain. : le FLNKS pose un « préalable minier » avant toute discussion sur l’avenir institutionnel du pays, en demandant l'obtention du massif minier de Tiébaghi pour alimenter la future usine du Nord de la Société minière du Sud Pacifique (SMSP, propriété de la Province Nord). Nombreux désaccords internes, notamment entre le Palika (qui souhaite à partir de la fin 1997 reprendre les négociations sans préalable, même si lui-même est divisé entre un Palika-Nord mené par Paul Néaoutyine plus favorable au préalable et un Palika-Sud qui, derrière Raphaël Mapou, souhaite reprendre les négociations au plus vite) et le reste du FLNKS. : le FLNKS réuni en congrès, après avoir obtenu satisfaction le pour le « préalable minier », décide de lever ce dernier et de reprendre les négociations avec le RPCR et l'État pour l'avenir institutionnel. Le maintien de Roch Wamytan à la présidence du Front et l'intégration du Rassemblement démocratique océanien (RDO) sont également décidés lors de ce congrès. : en congrès extraordinaire, le FLNKS approuve le projet d'accord de Nouméa. : signature officielle de l'Accord de Nouméa par le RPCR de Jacques Lafleur, le FLNKS de Roch Wamytan et le gouvernement français représenté par le Premier ministre Lionel Jospin.

Une coalition déchirée

: création de la Fédération des Comités de Coordination des indépendantistes (FCCI), un parti dissident du FLNKS fondé par d'anciens membres de l'UC (dont le président de la Province Nord Léopold Jorédié ou l'ancien dirigeant du parti François Burck) et du Palika (Raphaël Mapou) qui avaient décidé depuis de continuer les négociations pour une solution consensuelle à l'avenir institutionnel sans préalable minier. Il appelle à un partenariat privilégié avec le RPCR et crée ainsi avec celui-ci un groupe unique au Congrès. mai- : le FLNKS apparaît divisé aux élections provinciales du dans le Nord (avec 3 listes : une officielle du FLNKS issue de l'UC, une de l'UNI tirée par le Palika et une de l'UPM) et les Îles Loyauté (deux listes : une FLNKS tendance UC, et une Palika). Toutefois, ils forment toujours un groupe uni au Congrès et, pour la composition du Premier Gouvernement de Nouvelle-Calédonie, les deux composantes présenteront une liste "FLNKS" commune. Ce ne sera plus le cas pour les gouvernements suivants.