vignette|Expiation Détail du Monument à Dante dans la ville de Trente par Cesare Zocchi Dans la théologie chrétienne, la substitution pénale est une théorie de l'expiation.
Cette doctrine s'est notamment développée au sein de la tradition réformée......
Elle explique que le Christ, en choisissant de se sacrifier, a été puni (d'où le terme « pénale ») à la place (d'où le terme « substitution ») des pécheurs, satisfaisant ainsi les exigences de justice, de telle façon que Dieu peut pardonner les péchés. Elle constitue ainsi une conception spécifique de la théorie de la substitution À ne pas confondre avec la théologie de la substitution qui n'a rien à voir. Voir cet article résumant brièvement les différentes théorie de l'expiation https://www.gotquestions.org/francais/theories-expiation.html consulté le 1er août 2023, dans laquelle la nature substitutive de la mort de Jésus est interprétée comme une punition substitutive.
Présentation La théorie de la substitution pénale provient de l'idée que le pardon divin doit satisfaire la justice divine, qui implique selon ses défenseurs, que Dieu ne veut ou ne peut pas pardonner simplement le péché sans au préalable exiger une réparation pour ce dernier. Elle affirme que Dieu s'est incarné lui-même en la personne de son Fils, pour endurer la mort, la punition et la malédiction que l'humanité déchue doit subir à titre de peine pour ses péchés.
Les références clés de la Bible sur lesquelles est fondée la théorie de la substitution pénale incluent : Isaïe 53,4-11 : . Romains 3,9 : . Les versets suivants, 10 à 18, forment une argumentation faite exclusivement de citations de l'Ancien Testament pour démontrer que tous les hommes sont pécheurs. Romains 3,23-24 : 2 Corinthiens 5,21 : . 1 Pierre 2,24 : . 1 Pierre 3,18 : .
Luther Dans son commentaire de l’épître aux Galates, Luther développe la thèse de la substitution pénale : « Lui-même [Jésus Christ] est certes innocent, car il est l’agneau de Dieu, immaculé, sans tache, mais parce qu’il porte les péchés du monde, son innocence est chargée de la culpabilité de tous ces péchés. Quels que soient les péchés que moi, que toi, que nous, nous avons commis et commettrons, ils sont aussi bien ceux du Christ que s’il les avait commis. Somme toute, il faut que notre péché devienne le propre péché du Christ, sinon nous périrons pour l’éternité. D’impies sophistes ont obscurci cette vraie connaissance du Christ que nous ont livrée Paul et les Prophètes »In Epistulam sancti Pauli ad Galatas commentarium, vol. XV, Opera Luther, Éd. de Weimar, p.435..
Catholicisme Bossuet reprend à son compte cette théorie de la substitution pénale : « Jésus, l’innocent Jésus, n’a pas joui de cette douceur dans sa passion [...]. Parmi tant de honte et tant de tourments, il ne lui est pas permis de se plaindre, ni même de penser en sa conscience qu’on le traite avec injustice. Il est vrai qu’il est innocent à l’égard des hommes ; mais que lui sert de le reconnaître, puisque son Père, d’où il espérait sa consolation, le regarde lui-même comme un criminel ? C’est Dieu même qui a mis sur Jésus-Christ seul l’iniquité de tous les hommes. »Œuvres oratoires de Bossuet, t. III, Carême des Minimes pour le Vendredi saint..
Le prédicateur jésuite Bourdaloue reprend ce thème sous l’angle de la vengeance de Dieu : « Il fallait que la réprobation sensible de l’homme-Dieu remplît la mesure de la malédiction et de la punition qui est due au péché [...]. Ce n’est point dans le jugement dernier que notre Dieu irrité et offensé se satisfera en Dieu : ce n’est point dans l’enfer qu’il se déclare authentiquement le Dieu des vengeances ; c’est au calvaire : Notre Dieu est le Dieu des vengeances. C’est là que sa justice vindicative agit librement et sans contrainte, n’étant point resserrée, comme elle l’est ailleurs, par la petitesse du sujet à qui elle se fait sentir. Tout ce que les damnés souffriront n’est qu’une demi-vengeance pour lui ; ces grincements de dents, ces gémissements et ces pleurs, ces feux qui ne doivent jamais s’éteindre : tout cela n’est rien ou presque rien en comparaison du sacrifice de Jésus-Christ mourant »Louis Bourdaloue, Œuvres complètes, sur la Passion de Jésus-Christ, Lyon, Guyot, t. X, 1821..
Notes et références
Annexes Articles connexes Expiation Satisfaction (sotériologie)
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