thumb|right|La une du 3 septembre 1910. thumb|right|Une gravure de publiée dans Regeneración, 16 octobre 1915.
est un journal libertaire mexicain, organe de presse officiel du Parti libéral mexicain, fondé le par les frères Flores Magón et, après une interruption, est publié aux États-Unis en 1905.
Jesús Flores Magón s'occupe de la publication (avec Anselmo L. Figueroa, figure centrale du parti) tandis que ses frères Ricardo et Enrique rédigent les articles. L'édition en espagnol de est sous la responsabilité de Ricardo, alors que et Alfred G. Santleben s'occupent de la version en anglais.
Hebdomadaire, est diffusé, à certaines époques, à David Doillon, Ricardo Flores Magón et le magonisme : itinéraire et trajectoire, À contretemps, n°22, janvier 2006, texte intégral..
Aperçu Le journal fut une source majeure en ce qui concerne les comptes rendus et l'analyse de la révolution mexicaine et l'Amérique latine. Le ton était critique et incisif envers les États-Unis et le gouvernement mexicain qui collaboraient dans la répression de la publication.
En , publia les récits de trois épisodes révolutionnaires de 1908, dans lesquels le journaliste mexicain et leader des insurgés Práxedis GuerreroL'Éphéméride anarchiste : Práxedis Guerrero. décrivait des attaques de la PLM sur les positions de Las Vacas (actuellement Ciudad Acuña), Viesca, et Puerto Palomas dans le Chihuahua en vue de déclencher une révolution sociale au Mexique Las Vacas, Viesca, Palomas: original articles by Guerrero.
Éléments historiques En dix-huit années, et avec de multiples interruptions, 381 numéros de ont été publiés, regroupés en quatre périodes par les mêmes éditeurs, seize autres numéros regroupés dans la section dite italienne, ont été en plus publiés à Los Angeles entre juillet et . En 1911, Regeneración a aussi connu une série dissidente, publiée par des membres scissionnistes du PLM. Par ailleurs, du fait de son aura de pionnier, a été réactivé à plusieurs reprises.
Première série (1900-1901) Le , le premier numéro de paraît, avec la devise "", sa publication est hebdomadaire. Les rédacteurs en chef en sont Jesús Flores Magón et Antonio Horcasitas, tandis que Ricardo Flores Magón en est l'administrateur.
Le , modifie la devise portée en manchette en "". Le groupe d'édition de est invité à participer au Congrès libéral qui s'est tenu en 1901 dans la ville de San Luis Potosí à l'invitation de Camilo Arriaga, président du club libéral local. À partir de sa participation au Congrès libéral, Ricardo Flores Magón radicalise sa critique du gouvernement de Porfirio Díaz.
Le , Jesús et Ricardo Flores Magón sont arrêtés à la suite d'un procès en diffamation présumé contre Luis G. Córdoba, un dirigeant politique de Huajuapan de León, Oaxaca, et sont menacés de mort si un autre numéro de l'hebdomadaire paraissait. Bien que l'imprimerie ait été détruite, l'édition de continue dans l'imprimerie de Filomeno Mata. En octobre, la publication de est suspendue, alors que Jésus et Ricardo Flores Magón étaient encore en prison.
Deuxième série (1904-1905) En 1902, les frères Flores Magón et un groupe de libéraux prennent la rédaction du journal satirique d'opposition El hijo del Ahuizote, plusieurs personnes sont arrêtées et le gouvernement émet un ordre interdisant la publication d'articles signés par Ricardo Flores Magón, sous peine d'amendes sévères pour les imprimeurs et de confiscation des presses. Lorsqu'il sort de prison en 1903, avec des militants de l'opposition libérale, ils décident donc de s'exiler aux États-Unis pour reprendre la publication de . Jésus Flores Magón ne participe pas à cette nouvelle série, du fait de différences politiques avec ses frères, de plus en plus influencés par l'anarchisme.
Ils arrivent à San Antonio, Texas, au début de 1904. Le , ils rééditent , 4 pages en grand format, mais en , ils reçoivent un ordre de suspension. En raison du manque de garanties quant à leur sécurité, les rédacteurs en chef se sont installés à Saint Louis, dans le Missouri, et le , le journal réapparaît. En juin, il devient l'organe de la Junte organisatrice du Parti libéral mexicain. En octobre, la police secrète de Porfirio Díaz, avec le soutien du gouvernement américain, détruit l'imprimerie du PLM et la publication du journal est de nouveau interrompue.
Troisième série (1906) En , dans un nouvel atelier, le journal est à nouveau édité. En mars, Enrique et Ricardo Flores Magón se sont installés au Canada en raison de la persécution du gouvernement américain. Librado Rivera et sont laissés responsables de l'édition du journal à Saint Louis, Missouri. Le , le Programme du Parti libéral mexicain est publié dans , à cette occasion le journal est tiré à . Le , le dernier numéro de la série paraît. Seuls 13 numéros ont été publiés au cours de cette troisième période et Regeneración ne connaît pas de nouvelle publication avant 1910.
Pendant la période allant de 1906 à 1910, le Parti libéral mexicain poursuit la réorganisation du mouvement armé, et la réédition de Regeneración est l'une des principales tâches, mais le nouveau journal hebdomadaire qui paraît à Los Angeles, en Californie, le , s'appelle Revolución. À partir du numéro 4, le titre de Revolución adopte une conception typographique et une identité graphique similaires à celle de . D'autres journaux liés au PLM étaient publiés à cette époque : Libertad y Trabajo édité par , également à Los Angeles, en 1908, et Punto Rojo édité par Práxedis G. Guerrero à El Paso, Texas, en 1909.
Quatrième série (1910-1918) alt=« Manifeste au peuple mexicain », Regeneracion du 23 septembre 1911.|vignette|« Manifeste au peuple mexicain », du 23 septembre 1911. Le , est réédité à Los Angeles, en Californie, avec le slogan "Semanario Revolucionario". Le responsable de la publication était Anselmo L. Figueroa. Au cours de cette quatrième série, le journal est publié sans interruption notable jusqu'au , sont ainsi publiés 262 numéros.
Le , commence la révolution mexicaine qui cherche à renverser le régime Diaz. Le PLM s'est alors divisé, un groupe a décidé de soutenir Francisco I. Madero alors que l'autre groupe a affirmé ses principes anarchistes, celui-ci a continué à éditer le journal depuis Los Angeles. Le groupe proche de Ricardo Flores Magón, qui édite aux États-Unis, publie le un « Manifeste aux Mexicains », qui est une réponse aux membres du PLM ayant rejoint les madéristes. Dans ce texte, le PLM appelle à lutter pour la Terre et la Liberté, et propose d'abolir le pouvoir politique et la propriété privée ; son but était l'auto-émancipation et l'autonomie. Dans ce contexte, Regeneración soutient d'autres journaux d’opposition dans ses colonnes comme Vésper des féministes et anarchistes Juana Belén Gutiérrez de Mendoza et Elisa Acuña créé en 1911.
En 1912, en raison de difficultés économiques, réduit son tirage de par semaine. À cette période, les rédacteurs de Regeneración font l'objet de poursuites judiciaires pour avoir prétendument violé les lois américaines sur la neutralité. Le , la rédaction du périodique est reconnue coupable et condamnée à la prison. Les principaux rédacteurs étant en prison, Rafael Romero Palacios prend la direction du journal de juin à . Il est démis de ses fonctions, soupçonné d'avoir détourné des fonds à son profit et à celui de sa compagne. Blas Lara et Antonio P. Araujo prennent alors la direction de l'hebdomadaire jusqu'en 1914, date à laquelle les frères Flores Magón, Librado Rivera et Anselmo L. Figueroa sont libérés et reprennent l'édition du journal. alt=Arrestation de la Junte du PLM (Ricardo Flores Magón, Anselmo L. Figueroa, Librado Rivera, Enrique Flores Magón) en 1913.|gauche|vignette|Arrestation de la Junte du PLM (Ricardo Flores Magón, Anselmo L. Figueroa, Librado Rivera, Enrique Flores Magón) en 1913.Le manque de ressources économiques est alors une constante pour le groupe chargé de maintenir le journal. Par ailleurs, bien que les rédacteurs cherchent à répandre les idées anarchistes, les conditions pour que ces idées influencent la révolution au Mexique ne sont pas réunies. À cette époque, Regeneración avait plus d'influence aux États-Unis, où il était très largement diffusé dans la diaspora des migrants économiques mexicains, qu'au Mexique, où les conditions avaient mené les anciens opposants à rejoindre une des factions actives au Mexique même. En , la publication est à nouveau suspendue.
Le , est de nouveau publié à Los Angeles. À cette époque, en Californie, les membres du comité d'organisation du PLM étaient reconnus comme d'importants propagandistes du mouvement anarchiste, en mesure d'influencer les campagnes antimilitaristes contre l'intervention américaine pendant la Première Guerre mondiale. Les éditeurs ont été persécutés et les autorités ont réussi à suspendre la publication en .alt=Librado Rivera et Enrique Flores Magón, rédacteurs de Regeneración (entre 1910 et 1915, à Los Angeles).|vignette|230x230px|Librado Rivera et Enrique Flores Magón, rédacteurs de (entre 1910 et 1915, à Los Angeles).En , le journal est une nouvelle fois réédité, mais à partir de ce moment les conditions se détériorent de façon définitives. En 1917, Enrique Flores Magón se retire du groupe éditorial. En , Ricardo Flores Magón et Librado Rivera publient un manifeste à l'intention des anarchistes du monde entier, la diffusion de ce manifeste incite le gouvernement américain à les condamner respectivement à de prison, accusés de saboter l'effort de guerre des États-Unis, qui participent alors à la Première Guerre mondiale. , ne connaît plus de publication, son dernier numéro publié date du , publié à seulement.
Ricardo Flores Magón meurt en détention à Leavenworth, Kansas, en 1922. Librado Rivera est libéré en 1923, expulsé vers le Mexique, Il dirige d'autres journaux de tendance anarchiste qui se réclament de l'héritage du PLM : ¡Avante! (1927-1930) et ¡Paso! (1931-1932), entre autres reprennent l'identité typographique de Regeneración. Mais Regeneración n'est plus publié en tant qu'organe du PLM.
Série de Mexico (1911) Lorsque le PLM s'est divisé en 1911 au sujet du soutien à apporter au mouvement madériste, le groupe qui a décidé de soutenir Madero a lancé sa propre version de Regeneración éditée à Mexico. Le groupe de Mexico a également essayé de reconstituer le PLM, en formant la Junte initiatrice de la réorganisation du Parti libéral mexicain, dont Regeneración doit être l'organe de presse.
À partir du , l'édition de Regeneración à Mexico est dirigée par Antonio I. Villarreal et Juan Sarabia, respectivement ancien secrétaire et ancien vice-président de la Junte organisatrice du PLM, et Jésus Flores Magón, ancien rédacteur de la première série de Regeneración. Pour cette publication, la nouvelle devise devient "Independencia, Lealtad y Firmeza". Dans chaque numéro est par ailleurs insérée une note dans laquelle ils se dissocient de la publication de Los Angeles : "Ce journal est complètement dissocié de l'hebdomadaire du même nom publié par la Junte révolutionnaire anarchiste de Los Angeles, Californie."
Une vingtaine de numéros de Regeneración ont été publiés entre août et . Ricardo Flores Magón aurait surnommé ce journal « Degeneración ».
Voltairine de Cleyre Au printemps 1911, Voltairine de Cleyre soutient l'action de Ricardo Flores Magón, « l'anarchiste mexicain le plus important de l'époque », selon Paul Avrich. Elle rassemble des fonds pour aider la Révolution mexicaine et commence à donner des conférences pour expliquer ce qui se passe et l'importance de la solidarité internationale. Elle devient la correspondante et la distributrice du journal à ChicagoChris Crass, Courte biographie de Voltairine de Cleyre, suivi de Traditions américaines et défi anarchiste, traduit par Yves Coleman, lire en ligne..
Postérité