La Revue de Gascogne est une revue savante française consacrée principalement à l'histoire, à l'archéologie, à la philologie et à l'édition de documents concernant la Gascogne. Publiée à Auch sous ce titre de 1864 à 1939, elle constitue la principale publication périodique de la Société historique de Gascogne.

Elle succède directement au Bulletin du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, publié de 1860 à 1863. La continuité est matérialisée par la numérotation : le premier volume intitulé Revue de Gascogne, paru en 1864, porte le numéro V..

La revue constitue pendant plusieurs décennies l'un des principaux lieux de publication de l'érudition historique consacrée à la Gascogne. En 1975, l'historien Charles Higounet souligne l'importance du corpus accumulé et cite parmi ses figures marquantes Philippe Tamizey de Larroque, Jules de Carsalade du Pont, Antoine Degert, Paul La Plagne Barris, Jean-François Bladé et Léonce Couture..

Histoire

Du Comité d'histoire à la Revue de Gascogne

Le périodique trouve son origine dans le Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, créé par ordonnance synodale de l'archevêque d'Auch Antoine de Salinis le 11 octobre 1859..

Le Comité publie à partir de 1860 le Bulletin du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch. Quatre tomes paraissent sous ce titre de 1860 à 1863.

En 1864, le périodique change de titre et devient la Revue de Gascogne : bulletin mensuel du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch. La numérotation n'est pas recommencée : la nouvelle revue débute au tome V, dans la continuité directe des quatre volumes du Bulletin.

Cette histoire explique les différences de datation rencontrées dans les sources : 1859 correspond à la création de l'organisme, 1860 au début de la publication périodique et 1864 à l'apparition du titre Revue de Gascogne.

Le Comité adopte ensuite le nom de Société historique de Gascogne. Le changement institutionnel se traduit dans le sous-titre de la revue, qui devient bulletin de la Société historique de Gascogne.

Première période et Léonce Couture thumb|upright|Léonce Couture, figure majeure de la première période de la Revue de Gascogne. Léonce Couture est l'une des figures dominantes de la première période. Historien, philologue et spécialiste de la littérature méridionale, il participe pendant plusieurs décennies à la rédaction et à l'orientation intellectuelle de la revue.

Sa place institutionnelle est notamment confirmée rétrospectivement par Charles Samaran, qui indique qu'Antoine Degert lui succède « à la tête » de la Revue de Gascogne en 1901..

Sous cette première période, la revue dépasse progressivement son origine ecclésiastique. Elle accueille des recherches d'histoire civile, politique, littéraire et monumentale, des travaux philologiques, des études archéologiques ainsi qu'un nombre important de documents d'archives.

À la fin de l'année 1900, la revue compte 41 volumes en incluant les quatre volumes du Bulletin antérieur à 1864..

Nouvelle série et Antoine Degert

En 1901, la revue inaugure une nouvelle série et recommence sa numérotation au tome I.

La même année, Antoine Degert succède à Léonce Couture à la tête de la publication. Charles Samaran précise en 1932 que Degert conserve cette fonction pendant trente ans.

Historien de l'Église, professeur à l'Institut catholique de Toulouse et auteur de nombreux travaux sur l'histoire ecclésiastique du Midi, Degert publie lui-même régulièrement dans la revue. La bibliographie officielle des sociétés savantes recense, pour les seules années 1903 et 1904, plusieurs de ses études ainsi que des travaux de Jean Lestrade, Adrien Clergeac, Louis Batcave, C. Daugé et d'autres contributeurs..

La bibliographie du ministère de l'Instruction publique témoigne ainsi d'une production qui ne se limite pas à l'histoire ecclésiastique : histoire politique, Révolution française, institutions locales, histoire de l'enseignement, littérature régionale, histoire de l'art et publication de documents y figurent conjointement.

Première Guerre mondiale

La publication est interrompue pendant la Première Guerre mondiale. La notice de la Bibliothèque nationale de France signale une interruption entre 1914 et 1920.

Une chronique publiée en 1920 dans la Revue d'histoire de l'Église de France permet de préciser cette indication : aucune livraison ne paraît de 1915 à 1919 inclus et la publication reprend en janvier 1920..

Dernière période et disparition

Antoine Degert meurt en mars 1931, après avoir dirigé la revue pendant trente ans.

Adrien Clergeac lui succède dans la direction de la revue au cours de la dernière période. Les sources consultées ne permettent pas de fixer avec suffisamment de certitude l'année exacte de cette transition. Il est en revanche explicitement identifié comme directeur de la Revue de Gascogne au moment de sa disparition par l'historien Maurice Bordes..

Clergeac est lui-même un contributeur important de la revue. Ses recherches portent notamment sur l'histoire ecclésiastique, les institutions religieuses gasconnes, les archives pontificales et les diocèses du Sud-Ouest..

La Revue de Gascogne cesse de paraître à la fin de 1939. Sa collection comprend alors 71 volumes publiés sous le titre Revue de Gascogne, auxquels s'ajoutent les quatre volumes du Bulletin qui l'a précédée.

Numérotation

Période Publication Numérotation Observations 1860-1863 Bulletin du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch I-IV Première publication du Comité 1864-1900 Revue de Gascogne V-XLI Continuation de la numérotation du Bulletin 1901-1939 Revue de Gascogne, nouvelle série I-XXXIV Interruption de 1915 à 1919

La revue paraît d'abord comme un bulletin mensuel, puis comme un bulletin bimestriel de la Société historique de Gascogne.

Ligne éditoriale

Une classification définie par la revue

La table générale publiée à la fin du tome XLI en 1900 fournit une description contemporaine particulièrement précise de la structure intellectuelle de la revue.

Les matières des 41 premiers volumes sont réparties en quatre grandes divisions :

histoire générale, civile et politique ; histoire ecclésiastique ; histoire littéraire ; histoire monumentale et artistique.

La dernière catégorie remplace une ancienne rubrique intitulée « Archéologie et art ».

Les éditeurs ne créent pas de section autonome pour les documents inédits. Ceux-ci sont classés dans chacune des quatre grandes divisions en fonction de leur sujet. Cette organisation montre que l'édition de sources n'est pas une activité séparée de la revue, mais une méthode présente dans l'ensemble de ses champs de recherche.

Histoire générale, civile et politique

La revue publie des études relatives aux institutions, aux familles nobles, aux villes et communautés, aux conflits politiques, aux événements militaires et aux transformations sociales de la Gascogne.

Son champ géographique ne se limite pas au département du Gers. Charles Higounet décrit rétrospectivement la collection comme un corpus d'érudition concernant plus largement les départements du Sud-Ouest situés au sud de la Garonne.

Histoire ecclésiastique

L'histoire religieuse occupe une place importante, en cohérence avec les origines du Comité d'histoire et d'archéologie dans la province ecclésiastique d'Auch.

Les évêques et diocèses, abbayes, prieurés, paroisses, institutions religieuses, hagiographie, liturgie et rapports entre Église et pouvoirs civils font l'objet de nombreux travaux.

Cette orientation demeure particulièrement visible sous Antoine Degert et Adrien Clergeac, tous deux spécialistes de l'histoire ecclésiastique.

Histoire littéraire et philologie

L'histoire littéraire constitue l'une des quatre divisions définies par la revue elle-même en 1900.

Les travaux portent notamment sur les écrivains du Sud-Ouest, les correspondances, la littérature en langue française et en gascon, ainsi que sur des questions de philologie romane.

Cette dimension est particulièrement associée à Léonce Couture et explique que la revue soit utilisée au-delà du seul cercle des historiens régionaux.

Archéologie, monuments et arts

La quatrième grande division de la table de 1900, intitulée « histoire monumentale et artistique », regroupe les travaux auparavant classés sous « Archéologie et art ».

Elle comprend notamment des recherches relatives aux édifices religieux et civils, inscriptions, objets archéologiques, monuments, œuvres d'art et patrimoine monumental gascon.

Édition et publication de sources

La publication de documents originaux constitue l'une des caractéristiques durables de la Revue de Gascogne.

Les auteurs éditent ou analysent notamment des chartes, lettres, registres, actes ecclésiastiques, documents administratifs, textes littéraires et textes en langue gasconne.

La table méthodique de 1900 montre que cette activité documentaire traverse toutes les disciplines de la revue : les « documents inédits » sont classés selon leur contenu dans les différentes rubriques historiques, littéraires ou monumentales.

Cette activité est complétée à partir de 1883 par une collection distincte, les Archives historiques de la Gascogne, spécialement consacrée à l'édition de corpus documentaires de plus grande ampleur.

Direction

Les sources secondaires solides permettent d'établir la succession suivante sans attribuer artificiellement des dates qui ne sont pas documentées :

Responsable Période attestée Éléments établis Léonce Couture jusqu'en 1901 Précède Antoine Degert à la tête de la revue Antoine Degert 1901-1931 Prend la tête de la revue en 1901 et la dirige pendant trente ans Adrien Clergeac dernière période, jusqu'en 1939 Attesté comme directeur au moment de la cessation de la revue

La date exacte de prise de fonction de Clergeac n'est pas suffisamment établie par les sources secondaires consultées pour être précisée ici.

Collaborateurs

La revue rassemble pendant plusieurs générations des historiens, archivistes, ecclésiastiques, philologues et érudits locaux ou nationaux.

Dans son compte rendu des tables générales publié en 1975, Charles Higounet cite particulièrement six figures représentatives de l'importance intellectuelle de la collection :

Collaborateur Principaux domaines Léonce Couture Histoire, philologie, histoire littéraire Jean-François Bladé Histoire et culture gasconnes Philippe Tamizey de Larroque Histoire, correspondances, histoire littéraire Jules de Carsalade du Pont Histoire et édition de sources Antoine Degert Histoire ecclésiastique Paul La Plagne Barris Histoire, archéologie, sigillographie

La bibliographie officielle des sociétés savantes montre cependant que le réseau de contributeurs est beaucoup plus vaste. Pour les seules années 1903-1904, elle recense notamment des contributions d'Adrien Clergeac, Jean Lestrade, Louis Batcave, C. Daugé, J.-B. Gabarra et de nombreux autres auteurs.

Il serait donc trompeur d'assimiler la sélection de Charles Higounet à une liste exhaustive ou à un classement quantitatif des auteurs.

Tables et instruments de recherche

L'ampleur de la collection pose très tôt le problème de son indexation.

Table de 1900

À la fin de la première série, en 1900, le responsable de la table générale envisage initialement quatre index : une table méthodique des matières, une table alphabétique des noms de lieux, une des noms de personnes et une des auteurs d'articles ou d'ouvrages analysés.

Pour des raisons de place, de temps et de coût, seule la table méthodique est alors publiée.

Cette table est néanmoins particulièrement développée et couvre les 41 volumes publiés de 1860 à 1900.

Tables de Noël Lalaguë

Une table plus complète est publiée à Auch en 1904 sous le nom de Noël Lalaguë. Elle couvre les tomes I à XLI, soit l'ensemble de la première période de 1860 à 1900, et compte 72 pages.