Le DF-21, ou Dong Feng-21 (du , signifiant ), est un missile balistique à portée intermédiaire développé par la Chine. Désigné CSS-5 par le département de la défense américain (DoD), il est porteur de l'arme nucléaire et entra en service en 1991.

Développement Le développement commença à la fin des années 1960 et fut terminé entre 1985 et 1986, mais le missile ne fut pas déployé avant 1991. Il fut conçu à partir du missile JL-1, lancé depuis les sous-marins, et fut le premier missile à carburant solide basé à terre des Chinois. En 2008, le département de la défense des États-Unis a estimé les disponibilités de l'armée chinoise à environ 60 ou 80 missiles, ainsi que 60 lanceurs..

Caractéristiques Le DF-21 est un missile balistique à portée intermédiaire, appartenant à la grande famille des missiles Dong Feng et conçu par la China Changfeng Mechanics and Electronics Technology Academy. Propulsé par des moteurs-fusées à carburant solide, il est doté de deux étages et d'une charge militaire unique.

Bien que le lanceur soit mobile, un lancement nécessite tout de même beaucoup de véhicules de soutien et une aire de lancement spécialement préparée, afin de prévenir les dommages causés par le souffle produit par le moteur du missile. En effet, le missile est lancé selon un procédé de .Le moteur-fusée est allumé directement dans le tube de lancement, par opposition à un lancement froid, ou le missile est d'abord éjecté du tube avant d'allumer son moteur principal..

Les dernières versions du DF-21, conçu à l'origine comme une arme stratégique, ont été étudiées pour pouvoir accomplir à la fois des missions nucléaires et conventionnelles. En parallèle à sa tête nucléaire de , il est supposé que le missile soit également parfois doté de charges militaires classiques hautement explosives (HE) ou à sous-munitions. Le DF-21D, dernière version en date du missile est présentée comme étant le premier missile antinavire balistique (ASBM - Anti-Ship Ballistic Missile en anglais). Il existe également une variante du missile destinée à détruire les satellites ou les missiles en vol.

Versions

DF-21 (CSS-5 Mod-1) La version de base du DF-21 avait une portée de plus de et une charge utile de . Le missile pouvait emporter une ogive nucléaire unique d'une puissance de , avec une erreur circulaire probable d'environ 300 à .

Cette version n'est jamais entrée en service opérationnel.

DF-21A (CSS-5 Mod-2) Le DF-21A fut mis en service en 1996 et avait une précision améliorée, avec une erreur circulaire probable ramenée à environ 100 ~ . Cette précision était due principalement à un guidage GPS et à un guidage terminal confié à un radar actif installé dans le nez modifié du missile.

La portée de cette version était similaire à celle de la première : .

DF-21C (CSS-5 Mod-3) Révélée en 2006, la version DF-21C serait une modification du DF-21. Sa désignation réelle demeure inconnue, mais il serait possible qu'elle soit assimilée à une variante du missile DF-25.

Sa portée maximale serait d'environ .. Sa précision serait bien meilleure que sur les modèles précédents, grâce à l'emploi d'un système de guidage par GPS. Une ECP d'environ 30 à lui permettrait par exemple d'être employé pour des attaques de grande précision.

En 2010, le DF-21C était en cours de déploiement au centre de la Chine occidentale.

DF-21D (CSS-5 Mod-4) right|thumb|300px|DF-21D thumb|300px|Portée des différents missiles balistiques chinois, dont les DF-21A et DF-21B, en rouge. La Chine a déclaré avoir développé et testé son premier missile antinavire semi-balistique (manœuvrable, donc non purement balistique), désigné DF-21D qui, selon les services de renseignement américains, aurait une portée maximale de plus de . D'après ces mêmes services, le missile n'était toujours pas en service en 2009. Il est supposé que le système de guidage soit en évolution constante, car de nouveaux satellites sont mis en orbite régulièrement..

Le département de la défense des États-Unis détermina en 2010 que la Chine avait développé et atteint le stade de la capacité opérationnelle initiale. d'un missile hypersonique. basé à terre dérivé du DF-21, équipé d'une charge militaire conventionnelle..

Il s'agirait alors du premier missile balistique à longue portée et basé à terre capable d'engager un porte-avions et son groupe de soutien en mouvement.... Il combinerait des capacités de manœuvres (semi-balistiques) et un système de guidage terminal. Ce missile aurait été testé entre 2005 et 2006, et le lancement des satellites Jianbing-5/YaoGan-1 et Jianbing-6/YaoGan-2 permettrait aux Chinois d'obtenir des informations sur les cibles, grâce à l'emploi de radars à synthèse d'ouverture et de systèmes d'imagerie classiques.

En , l'Institut naval des États-Unis () détermina que sa charge militaire serait suffisante pour détruire un porte-avions en un seul coup, et qu'il n'y avait . s'il fonctionnait comme cela était supposé.

La marine américaine répondit à cette menace en changeant ses objectifs : elle mit de côté son idée de force de blocage de proximité, employant des navires de la opérant en eaux peu profondes, pour revenir à la construction de navires océaniques dotés du système de combat Aegis. Les États-Unis ont également affecté la plupart de ses navires dotés de défense contre les missiles balistiques vers le Pacifique, étendu le programme de défense antimissile à tous les destroyers et augmenté sa dotation en missiles anti-missiles RIM-161 Standard Missile 3.. Le pays a également déployé et optimisé un large réseau de surveillance et de poursuite des missiles balistiques, afin de détecter le plus tôt possible une attaque et permettre ainsi aux navires visés de s'éloigner le plus possible de la zone visée, alors que le missile est en vol..

L'emploi d'un tel missile a été décrit par certains experts militaires comme pouvant potentiellement mener à un échange nucléaire, des courses à l'armement locales avec l'Inde et le Japon, ainsi que la disparition pure et simple du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, conclu entre les États-Unis et la Russie, mais dont la Chine ne fait pas partie... D'autres ont également suggéré que la Chine pourrait être en train de développer un DF-21D , emportant alors plusieurs missiles indépendants.. Les Chinois seraient également en train de développer un radar trans-horizon permettant de localiser des cibles pour ce missile.

Une série de satellites a été lancée depuis 2009, afin d'apporter du soutien au programme ASBM (Anti-Ship Ballistic Missile en anglais) : Yaogan 7 : satellite électro-optique (), Yaogan 8 : satellite à radar à synthèse d'ouverture (), Yaogan 9 : constellation Naval Ocean Surveillance System (NOSS), constituée de 3 satellites en formation ()., Yaogan 16 : constellation Naval Ocean Surveillance System (NOSS) ().

Un test du missile aurait été effectué contre une cible dans le désert de Gobi en , avec des résultats très probants...

Un rapport d'analyse russe sur le DF-21D a conclu que la seule façon efficace de contrer ce missile viendrait de l'emploi de contremesures électroniques. les interceptions classiques d'objectifs à très grande vitesse avaient déjà été possibles par le passé, le rapport russe citant d'ailleurs l'opération de 2008, visant à détruire le satellite USA-193 présentant des défauts de fonctionnement à l'aide d'un missile RIM-161 Standard Missile 3 lancé à partir du croiseur . Cependant, lors de cette attaque le navire de guerre avait déjà une connaissance importante de sa cible, dont elle connaissait l'existence et dont elle pouvait largement anticiper tous les mouvements. Lors d'une attaque imprévue de la part d'un missile DF-21D, la seule chance de survie de la flotte américaine serait l'emploi de contremesures performantes..

Mais des personnalités mettent en doute les performances du système comme le Chef d'état-major de la Marine nationale française Christophe Prazuck qui estime, en 2018, que et qu'il est un des . La ..

L'apparition du DF-21D a fait dire à certains analystes militaires que les missiles ont rendu obsolète l'emploi de ces navires au sein de l'armée américaine, car ils sont désormais trop vulnérables face à cette nouvelle arme et leur prix ne mérite pas de prendre de risques inconsidérés. Les dirigeants de l'United States Navy et de l'United States Air Force, cependant, ne voient pas en cette arme une arme décisive, au point de rendre inutile d'entrée de jeu tous les porte-avions de l'inventaire américain. Premièrement, des incertitudes demeurent quant à sa réelle mise en service. Les publications chinoises affirmaient que le missile avait été déployé en 2010, alors que les officiels américains avaient rapporté qu'il avait atteint sa capacité opérationnelle initiale cette même année. Ajoutons à cela qu'un déploiement ne signifie pas forcément que le missile est prêt au combat. D'ailleurs, en juillet 2011, l'agence Xinhua News Agency rapporta que le DF-21D était , et donc loin d'être opérationnel. Deuxièmement, le missile pourrait ne pas être capable de détruire sa cible à lui-seul. La charge militaire serait apparemment suffisante pour infliger de lourds dommages aux porte-avions, afin de les neutraliser et de les empêcher de mener des opérations aériennes, mais les autres missiles sont habituellement destinés à détruire le navire, plutôt que l'écarter du combat... Le troisième point important concerne le problème de la localisation des cibles. Le DF-21D a une portée estimée à une valeur entre , donc un groupe aéronaval devrait d'abord être localisé par le biais d'autres moyens de détection avant le lancement effectif du missile. Les radars trans-horizon seraient alors capables d'assumer ce rôle, mais leur précision relative pourrait toutefois laisser apparaître des différences de plusieurs kilomètres entre la zone estimée par le radar et la position réelle de la cible. La localisation des cibles serait alors effectuée grâce à des satellites de reconnaissance chinois. Des sous-marins et des avions de reconnaissance pourraient également endosser ce rôle, mais ils se trouveraient alors vulnérables face aux défenses ennemies. Enfin, il se pourrait que le missile ait certaines difficultés à atteindre sa cible. En effet, afin de toucher des navires en déplacement à , le DF-21D est doté d'un radar et de capteurs optiques, qui sont censés le rendre précis, mais il n'a encore jamais été testé contre une cible mouvante, seul face aux éléments et soumis aux contremesures. La longue chaîne d'événements (Kill chain) nécessaire à la réussite de la mission d'un tel missile, nécessite de calculer et de mettre à jour en permanence les données concernant le porte-avions, préparer le lancement, intégrer les données au missile, puis finalement le lancer. Le nombre d'entraînements effectués dans ce but demeure inconnu, les Chinois s'appliquant bien évidemment à garder une telle information secrète, mais la doctrine militaire américaine AirSea Battle, visant à combiner les forces aériennes et navales afin de contrer les menaces asymétriques, viserait tout particulièrement à briser cette fameuse Kill chain.. D'autres analystes américains pensent que le DF-21D ne peut pas voler plus vite que Mach 5..