Roger Chastel (Roger, Édouard Henri Chastel), né le à Paris et mort le à Saint-Germain-en-LayeArchives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance /420/1897, avec mention marginale du décès, est un peintre français de l'École de Paris dont l'œuvre s'inscrit à la limite de la non figuration.

Biographie 1897-1918 Le père du peintre, Édouard Chastel, né à Paris, d'origines auvergnate et poitevine du côté paternel, brésilienne du côté maternelFl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, , est banquier et collectionneurRepères biographiques, dans Roger Chastel, Musée d'art moderne de la ville de Paris et Manège royal de Saint-Germain-en-Laye, préface de Jean Lescure, 1984, non paginé. La collection familiale compte plusieurs peintures de Camille Pissarro (Roger Chastel, documentation réunie par Nane Bettex-Cailler, Les cahiers d'art-Documents , éditions Pierre Cailler, Genève, 1958, ). Sa mère (Marthe Marchand) est née en Auvergne. Premier enfant d'une famille qui en comptera cinqChastel, Palais de Vendôme, Aix-en-Provence, 1968, préface de Gaëtan Picon, non paginé. Jean, Simone, Éliane et Yvonne succéderont à Roger (Fl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, ). Roger Chastel naît au 32 Boulevard Haussmann dans le 9 mais ses parents vont quelques mois plus tard habiter un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine puis rue Desbordes-Valmore vers 1905Fl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, ; Jean Mistler, Roger Chastel, Collection Les maîtres de demain dirigée par Francis Carco, Paris, Sequana Éditeur, avril 1943, . Roger Chastel passe ses vacances avec ses deux frères et ses deux sœurs dans un village d'Auvergne, berceau de la famille, où il dessine animaux, paysages et portraitsChastel, Palais de Vendôme, Aix-en-Provence, 1968, préface de Gaëtan Picon, non paginé, ou à Benerville, près de Deauville où ses parents possèdent une maison, la villa TimgadFl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, . Avec son frère Jean il se rend fréquemment au Louvre et, dos au tableau, ils s'appliquent à le reproduire de mémoireJean Mistler, Roger Chastel, Collection Les maîtres de demain dirigée par Francis Carco, Paris, Sequana Éditeur, avril 1943, . Dès quinze ans Roger Chastel exprime sa décision d'être peintreRoger Chastel, documentation réunie par Nane Bettex-Cailler, Les cahiers d'art-Documents , éditions Pierre Cailler, Genève, 1958, .

Tout en continuant sa scolarité (collège Gerson en 1906, Lycée Sainte-Croix, Lycée Carnot et Lycée Janson-de-Sailly)Repères biographiques, dans Roger Chastel, Musée d'art moderne de la ville de Paris et Manège royal de Saint-Germain-en-Laye, préface de Jean Lescure, 1984, non paginé, Roger Chastel dessine au Jardin d'acclimatation. Renonçant au baccalauréat, il s'inscrit en 1912 au cours de dessin de l'Académie Julian où il se lie avec le peintre Jean SubervieFl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, , prépare le concours d'entrée à l'École des Beaux-Arts et y fréquente en 1914 l'atelier Fernand Cormon qu'il quitte rapidement pour retourner à l'Académie Julian dans l'atelier de Jean-Paul Laurens. Il dessine simultanément au Louvre. Effectuant son service militaire en 1915, ajourné en août, il est mobilisé en 1916 dans l'artillerie légère, dresse des chevaux canadiens à Caen, est affecté sur le front de Somme, le chemin des Dames, évacué de Verdun et versé dans le service auxiliaire à Vernon, à la réquisition des chevaux.

1919-1944 Démobilisé en 1919, Roger Chastel s'inscrit à l'Académie Ranson (Montparnasse), suit le peintre argentin Araujo lorsque celui-ci fonde sa propre académie rue Bréa. Ayant loué un appartement-atelier rue d'Assas, en face de l'entrée du jardin du LuxembourgFl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, , pour subsister il dessine pour Comœdia, La Rampe où il illustre une complainte de Francis Carco, fait des caricatures pour l'hebdomadaire politique L'Europe nouvelle et des dessins satiriques pour La Gazette du Bon Ton. En 1920 il part rejoindre durant quelques mois son frère Jean à Berlin où il travaille pour différents magazines et crée des costumes pour des revues à grand spectacle. Rentré à Paris, il réalise en 1920 à Benerville, encouragé par le dessinateur Sem qui l'a regardé dessinerJean Mistler, Roger Chastel, Collection Les maîtres de demain dirigée par Francis Carco, Paris, Sequana Éditeur, avril 1943, deux albums satiriques sur les habitués du casino de Deauville, Le Trust des Perles et, en collaboration avec Pierre Mourgue, Eh bien, dansez maintenant !.

Roger Chastel participe à des expositions de groupe, à partir de 1923 au salon d'automne puis au Salon des Tuileries. Il rencontre en 1925 au Bal Nègre Suzanne Fromont, mariée et mère de deux petites filles (Christiane et Mytil), qu'il épousera en 1931Fl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, . Après avoir illustré en 1926 les programmes des Ballets suédois présentés par Jacques Hébertot et des reportages de Marcel Astruc sur les quartiers pittoresques de Paris (Les Halles, La Villette, les Six jours dans l'hebdomadaire Vu, dirigé par Lucien Vogel, il décide de se consacrer exclusivement à la peinture.

Continuant d'exposer dans les Salons parisiens, Roger Chastel s'installe définitivement à Saint-Germain-en-Laye en 1928 dans une maison passablement délabrée du Jean Mistler, Roger Chastel, Collection Les maîtres de demain dirigée par Francis Carco, Paris, Sequana Éditeur, avril 1943, . Il donne alors quelque temps des cours dans une école privée pour jeunes anglaises. Il rencontre en 1930 Paul Guillaumeà qui il montre les trois dernières toiles qu'il a peintes, Anita et son fils, La Femme aux chats, Le Boucher (Chastel, Palais de Vendôme, Aix-en-Provence, 1968, préface de Gaëtan Picon, non paginé) qui le met en relation avec Jeanne Castel. C'est dans sa galerie, rue du Général-Beuret« En 1932, Jeanne Castel avait encore sa galerie rue du Général-Beuré [sic], tout au fond de Vaugirard, quartier peu propice à l'art moderne. », écrit Jean Mistler aux premières lignes de sa monographie sur Chastel publiée en 1943. puis avenue de Messine, qu'il présente en 1930, 1934 et 1935 ses trois premières expositions personnelles. Paul Guillaume accompagne également chez Jean Mistler et sa femme dont Chastel fera le portrait en 1933. Séjournant en 1931 sur la Côte d'azur chez les parents de sa femme, il peint des paysages.

Roger Chastel obtient en 1932 pour Nature morte au coquillage rose le « Grand Prix de Peinture » créé par Jacques Darnetal et doté par Georges Bernheim, exposant la même année à la galerie Georges Bernheim, rue La Boétie, puis à la galerie Speranza, rue des Beaux-Arts, en même temps qu'Yves Alix, Jean Aujame, André Breuillaud, Thérèse Debains, Frédéric Delanglade, André Planson et Maurice Georges Poncelet « Les expositions - Galerie Speranza », L'art et les artistes, octobre 1932, .. La galerie Paul Guillaume l'expose en 1933. Il réalise en 1935 les décors et costumes du ballet La Pantoufle de Vair pour l'Opéra-Comique, sur une musique de son ami Marcel Delannoy, et un panneau, L'Industrie, pour le Pavillon français de l'Exposition universelle de Bruxelles, en 1936 trois panneaux pour l'école primaire de la rue Ampère à Saint-Germain-en-Laye (Animaux domestiques, Animaux exotiques et Animaux polaires) ultérieurement détruits, en 1937 une décoration pour le Pavillon du Tourisme de l'Exposition Internationale de Paris ainsi que les décors et costumes de l'opéra bouffe Philippine de Jean Limozin et Henri Lyon, musique de Marcel Delannoy pour le théâtre des Champs-Élysées.

En 1938, à la place de Pierre Bonnard malade qui le désigne pour le remplacer, Chastel peint Pax Genitrix, allégorie de la Paix de de hauteur sur 8 de largeur, l'un des quatre panneaux offerts par la France à la Société des Nations pour la grande salle des assemblées, à Genève, également décorée par Maurice Denis, Ker-Xavier Roussel et Édouard VuillardRepères biographiques, dans Roger Chastel, Musée d'art moderne de la ville de Paris et Manège royal de Saint-Germain-en-Laye, préface de Jean Lescure, 1984, non paginé. Les quatre toiles, déposées, sont conservées dans la chambre forte des archives de l'ONU (Fl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, ). Il rencontre à cette occasion le poète Jean Lescure avec qui il a de longues discussions l'incitant à reconsidérer ses conceptions et qui lui fera connaître le monde différent des artistes de la revue Messages. Sa peinture traverse alors une phase expressionniste.

Mobilisé le puis démobilisé le Chastel, en passant par l'Anjou, la Charente et le Béarn, gagne la zone libre durant l'Occupation nazie, s'installe à Cannes (-fin 1940) où il retrouve Bonnard et rencontre Matisse, à Ramatuelle (fin 1940-fin 1941) et Grimaud dans le Var (été 1941-1942) puis dans le Lot, à Seuzac, près de Larnagol, à partir du printemps 1943, tandis que la galerie Drouant-David l'expose en 1942, préfacé par Jean LescureExercice de la pureté, troisième cahier de Messages réunissant un texte de Jean Lescure dédié à Éluard et Chastel, des photographies et un texte de Raoul Ubac, paraît durant l'été 1942. Le poème D'une pierre deux soleils (1948-1949), également dédié à Chastel, est publié dans les Treize poèmes de Lescure en 1960. Chastel ou la résolution des contraires est le premier des huit poèmes rassemblés par Lescure en 1961 dans Noires compagnes de mes murs., la galerie Maeght à Cannes, et qu'il illustre en 1943 De la patte à l'aile de Colette (dix-sept dessins rehaussés d'aquarelle reproduits au pochoir).

1945-1955 Roger Chastel rentre le à Saint-Germain. Il illustre en 1945 de quatorze lithographies La Jeune Fille verte de Paul-Jean Toulet et, introduit par Bonnard, expose en à la galerie Maeght des toiles entreprises avant la guerre et achevées dans l'atelier de Maurice Denis que lui a prêté sa femme et des œuvres autour d'un thème élaboré à Seuzac (La famille Roumegous)Roger Chastel, documentation réunie par Nane Bettex-Cailler, Les cahiers d'art-Documents , éditions Pierre Cailler, Genève, 1958, . Sa peinture commence à cette époque à se développer par séries autour de thèmes qui se succèdent lentement. Il est en 1947 désigné comme juré adjoint pour les jugements du Prix de Rome, pose par deux fois sa candidature au poste de chef d'atelier, mais Legueult et Chapelain-Midy sont nommés. Une exposition itinérante organisée par Gaston Diehl lui vaut la visite de jeunes peintres venus d'Algérie, Louis Nallard, Maria Manton, Marcel Fiorini, Marcel Bouqueton, avec qui il se lie durablement. Son ami le poète Jean Lescure lui ayant fait connaître Paul Éluard, Roger Chastel illustre en 1948 de quarante-cinq gravures à l'eau-forte Le Bestiaire de Paul Éluard, tirant une grande partie des gravures sur sa presse avec l'aide de Jean Signovert.

Sa santé compromise, après une période de repos complet de mai à à CarnacIl doit finalement subir l'ablation d'un rein cancéreux (Fl. Quainon, Roger Chastel (1897-1981), D.E.A., Université de Paris X Nanterre, 1994, ), il expose en 1951 à Copenhague et reçoit pour Les Amoureux au bistrot XX le Grand Prix de la première Biennale de São Paulo. En 1953 et 1954 deux tapisseries, Le Concert et Le Quatorze juillet à Toulon, sont exécutées d'après ses cartons par la Manufacture des Gobelins. Chastel réalise en 1955 les décors du ballet Les Noces fantastiques, musique de Marcel Delannoy, pour l'Opéra de Paris, dessinera pour le TNP de Jean Vilar les costumes et décors de La guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux. Quelques étés passés à l'île de Houat, en 1954, 1955 et 1956, vont influencer son œuvre en la tournant vers le paysage.

1956-1981 thumb|180px|right|Signature de Chastel