Simone Séailles, alias Violette, née le à Paris et morte le à Terezin (Tchécoslovaquie), fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent du Special Operations Executive (SOE), morte en déportationArrêté du 8 décembre 2010 portant apposition de la mention « Mort en déportation » (sur les actes et jugements déclaratifs de décès).
Biographie Simone Séailles fait ses études primaires à Antony, ses études secondaires au lycée Fénelon à Paris, puis intègre l'ESPCI Paris., dont elle sort diplômée de la 57ème promotion en 1941.
C'est sans informer leurs parents que les enfants Séailles, à l'exception de Violette, entrent dans la Résistance.
Début , voulant gagner l’Angleterre, son frère Pierre tente de passer la ligne de démarcation. Il est arrêté par les gendarmes à Montrésor, et conduit en détention à Périgueux. Là, il fait la connaissance d’officiers du SOE, en particulier de Michael Trotobas. Ils sont bientôt transférés à Mauzac (Dordogne). Onze agents du SOE (Special Operations Executive), dont Michael Trotobas, réussissent à s’en évader dans la nuit du 15 au .
Simone dans le même temps fait la connaissance du capitaine Michel Trotobas au 86 rue d'Assas à Paris, et devient son agent de liaison dans son réseau « Sylvestre ». Elle y est connue sous le nom de Violette. Agent de liaison entre le Nord et la capitale et chargée de trouver des fonds.
Fin 1942, Simone recrute une ancienne camarade de lycée et camarade de promotion à l'ESPCI, Nathalie Altovsky, qui secondera son frère Pierre dans plusieurs missions. Elle sera entre autres chargée d'entrer en contact avec un gardien du camp de Mauzac pour tenter de faire évader ses compagnons prisonniers. Puis elles s'occuperont toutes les deux de collecter des fonds pour la Résistance et pour Londres. Les deux femmes dorment ici et là tantôt dans de luxueux studios, tantôt dans un taudis, ou un hôtel de passe. Nathalie assistera impuissante à l'arrestation de SimoneLe Petit Challaisien, juin 2010, journal de la commune de Challex, dans une réception de remise du Diplôme d'honneur des anciens combattants par le maire à Madame Nathalie Altovsky le 8 mai 2010.. En , le capitaine Michel installe son PC à Lille au café de Madame Mado Thiroux.
Le , elle est arrêtée par la Gestapo dans un café de l'avenue Wagram à Paris, puis déportée le de la Gare de l'Est à Paris à destination de la prison de la Gestapo à Neue Bremm en Allemagne, puis toujours en 1944 au camp satellite de Ravensbrück à Neubrandenbourg sous le matricule 47182-KL. C'est là que, présente depuis seulement quelques semaines, elle fait circuler une pétition que plusieurs co-détenues signèrent pour demander que les déportées politiques ne soient pas contraintes au travail. Elle remit personnellement celle-ci au commandant du camp, ce qui lui valut huit jours sans pain, et la menace d'être pendue si elle ne cessait pas sa rébellion. Elle dut bien se résigner mais, grâce à son action, ses compagnes avaient retrouvé le sens de la dignitéTémoignage de Simone Le Port, une codétenue..
Le camp est libéré par la Croix-Rouge le et par l'Armée soviétique le ; elle décède lors de son internement à l'hôpital du camp de concentration de Theresienstadt, commune de Terezin.
Ses cendres seront rapatriées de Tchécoslovaquie le à Antony et furent déposées dans le caveau de famille.
Famille Elle est la fille de Jean Charles Séailles (1883-1967) et de Spéranza CaloAbréviation de Elpis Calogeropoulou (Constantinople, - Paris, ), cantatrice mezzo-soprano, fille d’un peintre réputé de Constantinople, mariés en , et installés à AntonyAdresse à Antony : 22 rue de Verrières (qui devint ensuite 54 avenue du Bois de Verrières). La propriété a été détruite en 1971. avant le printemps 1918. Son grand-père paternel, Gabriel Séailles (1852-1923), était professeur de philosophie en Sorbonne, et sa grand-mère paternelle, Octavie Charles Paul Séailles (1855-1944), était artiste peintre.
Elle est la deuxième des quatre enfants : Jean Séailles (1915-2010). Il s'engagea dans la résistance, avec son épouse Krino : connu sous le pseudo « commandant Grégoire », il organisa le maquis de Saint-Mars-du-Désert (Mayenne), tout en étant adjoint du chef du réseau Aristide du SOE et chef départemental des FFI. Pierre Séailles (1919-2007), agent du SOE. Violette Séailles (1926-1966).
Distinction à titre posthume (décret du ).
Hommages La municipalité d'Antony a donné son nom à une rue de la ville.
Iconographie 1947 : sculpture de profil pour orner son caveau par Jan & Joël Martel division D 585 Cimetière d'Antony. 1947 : Terre cuite figurant son portrait de profil de forme rectangulaire 25 x 15cm par Joël Martel, signé en creux et titré SIMONE SEAILLES à la partie inférieure; vente Christie's lot n°46, Londres.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Danièle Lheureux, De Sylvestre-Farmer à Libre Résistance, collection de L'ombre et la Lumière, ed. Nord Avril, 176.p. . La Résistance armée. Histoire du Maquis de Saint-Mars-du-Désert. Vue d'ensemble de l'action des FFI sur la limite nord Sarthe-Mayenne. Suivie de la liste chronologique des coups de main et de la liste des membres de la Résistance, Rennes, Le Patriote de l'Ouest (Les Cahiers de la Résistance de l'Ouest), sans date, 30 p.+photos. Rebelles et résistants. Histoire du maquis de Saint-Mars du Désert, Bonneuil-sur-Marne, Impr. Reprographica, 2006, 149 p. Marie Rameau, Des femmes en Résistance, 1939-1945, Autrement, 2008. Parmi les femmes résistantes, des codétenues de Simone Séailles : Simone Le Port, Suzanne Bouvard (depuis épouse Latapie), matricule 47329, et sa cousine Annick Philouze, arrêtées ensemble et ont rencontré Simone à Neubrandenbourg, Yvette Coutant, Micheline Voiturier. Stéphanie Trouillard et Claire Paccalin, Nous rentrerons ensemble : Suzanne et Simone, une amitié à Ravensbrück, un webdocumentaire disponible sur France 24.com
Liens externes
Mémoire vive de la Résistance. Fiche Pierre Séailles, avec photographie : voir le site Special Forces Roll of Honour. Libre Résistance, bulletin d’information et de liaison, anciens des Réseaux de la Section F du S.O.E. (Special Operations Executive), Amicale BUCK, numéro 20, 2007 ; et correctif dans numéro 21, 2007. Site consacré à Spéranza Calo-Séailles, mère de Pierre Séailles, consulté le , source de la section Famille. La Lettre de la Fondation de la Résistance, numéro 52, , voir page 13.
Catégorie:Naissance en novembre 1917 Catégorie:Naissance dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Élève du lycée Fénelon (Paris) Catégorie:Élève de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris Catégorie:Résistante française Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Survivant de Ravensbrück Catégorie:Special Operations Executive Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française Catégorie:Décès en mai 1945 Catégorie:Décès à Theresienstadt Catégorie:Décès en Tchécoslovaquie Catégorie:Décès à 27 ans