Le Parti conservateur (, littéralement « Droite ») est un parti politique norvégien, d'orientation libérale-conservatrice. Fondé en 1884, il est membre associé du Parti populaire européen (PPE).
La présidente du parti est Ine Marie Eriksen Søreide depuis 2026.
Lors des élections législatives de 2013, les électeurs mettent fin à huit ans de domination du Parti travailliste. Une coalition du Parti conservateur et du Parti du progrès (FrP) prend le pouvoir en promettant de réductions d'impôts, des services publics plus efficaces et des règles plus strictes en matière d'immigration, avec l'appui du Parti libéral et du Parti démocrate-chrétien. Après avoir remporté les élections, Solberg déclare que sa victoire constitue . Le parti prône le libéralisme économique, la réduction des taxes et se définit comme un « parti conservateur du progrès ». Il est historiquement le parti le plus en faveur de l'Union européenne (UE) en Norvège, en faisant campagne en faveur de l'adhésion à l'UE pendant les campagnes référendaires de 1972 et 1994. Le parti soutient généralement la semi-privatisation grâce à des services privés financés par l'État et des mesures plus strictes pour maintenir l'ordre.
Le Parti conservateur est le deuxième plus ancien parti politique en Norvège après le Parti libéral. Dans l'ère de l'entre-deux-guerres, l'un des principaux objectifs du parti est de parvenir à une alliance de centre droit contre le mouvement prolétarien. Dans la période de l'après-guerre, le parti participe à cinq gouvernements : deux pendant les années 1960 (gouvernements de John Lyng et du centriste Per Borten), un dans les années 1980, le parti dirigeant à cette époque le gouvernement minoritaire de Kåre Willoch, ainsi que par la suite, deux gouvernements de coalition (second gouvernement de Willoch et gouvernement de Jan Peder Syse). Le parti revient aux affaires sous le chrétien-démocrate Kjell Magne Bondevik en 2001, avant de devenir le premier parti de coalition sous Erna Solberg en 2013.
Histoire Le Parti conservateur norvégien (« Høyre ») a été fondé en 1884 après la mise en œuvre du parlementarisme en Norvège. Le juriste Emil Stang a été élu premier président du parti. Stang a mis l'accent sur les principes fondamentaux de Høyre. Le groupe devait être un parti social, militant en faveur de réformes, dans le cadre constitutionnel et de la démocratie parlementaire. Les scores électoraux de Høyre ont varié. En 1981, Høyre a obtenu 31,7 %. C’était le meilleur résultat pour le parti depuis 1924. Le score électoral du parti en 1993 était de 17 %. Aux élections législatives de 1997 le parti a obtenu son pire score depuis 1945, avec seulement 14,3 % des voix. Høyre a depuis lors vu une augmentation du soutien populaire et a obtenu 21,3 % lors des élections locales de 1999 et 21,2 % lors des élections législatives de 2001.
Au fil des ans, Høyre a soutenu une politique qui vise à stimuler la croissance afin d’éviter le chômage et augmenter la force économique pour résoudre les divers problèmes de la société norvégienne.
Début des années 1900 Au début du , Høyre a pris l’initiative de construire un réseau de communications moderne en Norvège. Après les dégâts causés par la Première Guerre mondiale, il était important pour Høyre travailler à la reconstruction du pays. En ce qui concerne la politique économique, Høyre a voté en 1923 la création du fonds de retraite norvégien. Høyre était le principal parti d'opposition en Norvège pendant l'après-guerre. Høyre s'est battu contre le Parti travailliste car ce dernier était en faveur de l’interventionnisme d'état dans l'économie. À l'inverse, Høyre voulait réduire le contrôle de l'état sur l'économie, encourageant le secteur privé.
Høyre a participé activement à l'édification du modèle scandinave d'équité sociale. Il a, à plusieurs reprises, pris des initiatives pour corriger les injustices dans les règlements de sécurité sociale. En outre, Høyre a préconisé que l’activité de l’État doit se concentrer sur ses problèmes fondamentaux et leurs solutions.
Années d'après-guerre Pendant les années d'après-guerre, Høyre a consolidé sa position en tant que parti national grâce à ces branches locales aux quatre coins de la Norvège. La coopération entre partis non-socialistes (c'est-à-dire les partis à droite du Parti travailliste, partis dits « bourgeois ») a toujours été un des principaux objectifs de Høyre, pour présenter une alternative crédible au socialisme. Høyre a conduit plusieurs gouvernements de coalition. Le parti démocrate chrétien était l’un des partenaires de coalition de Høyre de 1983-1986 et de 1989-1990.
Aux élections législatives de 1993, il était impossible pour Høyre de présenter une alternative crédible de gouvernement non-socialiste parce que les partis de la précédente coalition de droite ont eu un désaccord sur l'adhésion de la Norvège à l'Union Européenne. Høyres avait fait campagne en faveur de l'adhésion, alors que les chrétiens-démocrates et le Parti libéral ont fait campagne fortement contre l’adhésion de la Norvège à l'Union européenne.
Avant les élections législatives de 1997, les travaillistes avaient indiqué qu'ils ne gouverneraient pas s'ils réalisaient un score de 36,9 % des voix au moins. Ayant recueilli 35 %, ils laissent le gouverner. Le Parti du centre, le Parti libéral et le Parti populaire chrétien ont ainsi formé un gouvernement minoritaire avec le soutien sans participation du Parti conservateur.
Aujourd'hui Lors des élections législatives de septembre 2001, Høyre a obtenu 21,2 % des suffrages. Après une série de discussions et de concertation, Høyre réussit une fois de plus à participer à un gouvernement de coalition, cette fois avec le Parti démocrate chrétien (KrF) et le Parti libéral (V). Le pourcentage total obtenu pour ces trois partis à la dernière élection générale était de 37,5 %. Høyre, étant le plus grand parti dans la coalition gouvernementale, grâce à ses 38 parlementaire au Storting, prend la direction de 10 des 19 ministères du gouvernement. Les trois principales priorités de Høyre pendant cette période sont l'amélioration de la qualité du système éducatif public, la baisse des impôts et l'amélioration des services publics en général. Lors des élections législatives de septembre 2005, il réalise le plus faible score de son histoire avec seulement 14,1 % des suffrages exprimés, passant derrière le Parti du progrès (FrP). Il entame une remontée lors du scrutin parlementaire de septembre 2009, où il obtient 17,2 % des voix.
Finalement, lors des législatives de septembre 2013, il retrouve son rang de deuxième force du pays, derrière le Parti travailliste norvégien (AP), avec un résultat en forte hausse, 26,8 % des voix, et Erna Solberg devient Première ministre d'un gouvernement de coalition de 2013 à 2021, après avoir été reconduite durant les élections législatives de 2017.
En , le Parti conservateur est soumis à une pression intense à la suite de la révélation que le mari d'Erna Solberg a procédé à des opérations financières relevant possiblement du délit d'initié alors qu'elle était Première ministre. À la suite de la défaite historique des conservateur aux élections législatives de 2025, Erna Solberg quitte la direction du parti en . au profit d'Ine Marie Eriksen Søreide.
Idéologie Høyre est un parti classé à droite sur l'échiquier politique norvégien. Issu du conservatisme, il défend également des thèses libérales et fait partie des formations favorables à l'adhésion de la Norvège à l'Union européenne.
Høyre est considéré comme un parti réformiste, suivant sa tradition politique modérément conservatrice, adhérant à la pensée d’Edmund Burke. Le parti s’engage à défendre les politiques économiques libérales de marché libre, ainsi que les réductions d'impôts, avec relativement peu d'interventionnisme d'état dans l'économie. Il soutient, toutefois, le maintien de l'État-providence norvégien.
Le parti est aussi le seul dans le Storting qui propose une réduction des dépenses publiques. Le parti est souvent associé à la bourgeoisie et a été historiquement attaqué par la gauche pour avoir défendu les franges les plus riches de la société.
Socialement, le Parti conservateur a des prises de positions assez libérales, le parti a voté en 2008 une loi qui ouvre le droit au mariage aux couples de mêmes sexe, ainsi que le droit à l'adoption aux couples gais et lesbiens.
Il est également en faveur de l’adhésion de la Norvège à l'Union européenne, bien qu’affirmant que ce n’est pas une priorité, ni réaliste à court terme, comme les Norvégiens ont rejeté l’adhésion aux deux référendums et les sondages d’opinion montrent que deux-tiers des Norvégiens s’opposent à l’adhésion.
Plateforme politique La plate-forme politique du Parti conservateur souligne entre autres les questions suivantes :
Assurer des conditions et un cadre stable et favorable pour les entreprises Soutenir les innovations dans les entreprises Moins de taxes et de frais pour les entreprises Une augmentation des investissements dans les transports Une augmentation des investissements dans la recherche Mettre davantage l’accent sur la connaissance et l’apprentissage à l’école Une défense solide et efficace La mise en application efficace de la Loi et de l’ordre Accroître l’engagement en faveur de la qualité et de la compétence dans les services publics de soins Réduire les interventions du gouvernement dans la vie et le travail des entreprises privées Promouvoir le respect, l'ouverture et la tolérance en Norvège Protéger le climat et l'environnement Définir les limites des politiques et de définir comme priorité les tâches essentielles auquel l'état doit faire face
Nombre d'adhérents Le parti compte à jour de cotisation en 2012. Le comité central du Parti conservateur se réunit sept fois par an pour discuter de questions importantes telles que le travail organisationnel, les programmes, le budget, les résultats électoraux, les enquêtes d'opinion, ainsi que la ligne politique du parti.
Listes des présidents du parti 200px|thumbnail|right|Kåre Willoch, Premier ministre de Norvège de 1981 à 1986. 200px|thumbnail|right|Jan Peder Syse, Premier ministre de Norvège de 1989 à 1990. 200px|thumb|Erna Solberg, Première ministre de Norvège de 2013 à 2021, et présidente du Parti conservateur de 2004 à 2026. La présidence du parti est adjointe de deux vice-présidents, actuellement Jan Tore Sanner et Tina Bru. Emil Stang, 1884-1889 Christian Homann Schweigaard, 1889-1891 Emil Stang, 1891-1893 Christian Homann Schweigaard, 1893-1896 Emil Stang, 1896-1899 Francis Hagerup, 1899-1902 Ole Larsen Skattebøl, 1902-1905 Edm. Harbitz, 1905-1907 Fredrik Stang, 1907-1911 Jens Bratlie, 1911-1919 Otto Bahr Halvorsen, 1919-1923 Ivar Lykke, 1923-1926 Carl Joachim Hambro, 1926-1934 Johan H. Andresen, 1934-1937 Ole Ludvig Bærøe, 1937-1940 Arthur Nordlie, 1945-1950 Carl Joachim Hambro, 1950-1954 Alv Kjøs, 1954-1962 Sjur Lindebrække, 1962-1970 Kåre Willoch, 1970-1974 Erling Norvik, 1974-1980 Jo Benkow, 1980-1984 Erling Norvik, 1984-1986 Rolf Presthus, 1986-1988 Kaci Kullmann Five, 1988 Jan Peder Syse, 1988-1991 Kaci Kullmann Five, 1991-1994 Jan Petersen, 1994-2004 Erna Solberg, 2004-2026 Ine Marie Eriksen Søreide, depuis 2026
Résultats électoraux
Élections législatives thumbnail|Répartition des sièges au parlement norvégien après les élections de 2013. thumb|Score électoraux de Høyres de 1945 à 2009. DateSuffrages SiègesVoix%1906 32,81909 41,51912 33,21915 29,01918 30,41921 33,31924 32,51927 24,01930 27,41933 20,21936 21,31945 17,31949 18,31953 18,61957 18,91961 20,01965 21,11969 19,61973 17,41977 24,81981 31,71985 30,41989 22,21993 17,01997 14,32001 21,22005 14,12009 17,22013 26,82017 25,02021 20,42025 14,7
Élections locales