La conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (ou Conférence Stockholm + 50), qui s'est tenue du au - soit un demi siècle après la Conférence de Stockholm - au Bourget en France, est à la fois la conférence des parties (d'où le nom COP 21) à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et la des parties siégeant en tant que réunion des parties au protocole de Kyoto (CMP 11).. Chaque année, les participants de cette conférence se réunissent pour décider des mesures à mettre en place, dans le but de limiter le réchauffement climatique.

Ce sommet international se tient au parc des expositions de Paris-Le Bourget et réunit . La conférence, qui devait se terminer le , est finalement prolongée jusqu'au lendemain.. Un accord international sur le climat, applicable à tous les pays, est validé par tous les pays participants., fixant comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre et d’ici à 2100. La conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques était une contribution importante pour le démocratie écologique, et l'histoire de l'écologie.

Histoire des COP et négociations sur le climat

vignette|gauche|Évolution des émissions de par pays et par habitant entre 1990 et 2012.

La conférence de Stockholm a lieu du 5 au .. Il s’agit du premier colloque mondial élevant la question de l’environnement au rang de problème international d’importance majeure., ainsi que de la première occurrence de droit international contraignant dans le domaine de l’environnement. La conférence de Stockholm donne notamment lieu à une déclaration de vingt-six principes., à un plan d'action comprenant cent neuf recommandations, et à la création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Pour Jacques-André HertigJacques-André Hertig, Études d’impact sur l’environnement, , Presses polytechniques et universitaires romandes, ., c’est à Stockholm que . Il cite Clark et Timberlake Clark, R., et Timberlake, L., Stockholm plus ten — Promises, promises ? The decade since the 1972 UN Environmental Conference, Earthscan, Londres. qui rapportent qu’avant Stockholm, on ne comptabilisait pas plus de dix ministères de l’Environnement, alors qu’en 1982 on répertoriait cent dix ministères ou secrétariats d’État consacrés aux questions d'environnement.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), créé en 1988, a pour vocation d’évaluer d'un point de vue scientifique l'influence de l'Homme dans le changement climatique, mais aussi d'en mesurer les risques et de proposer des stratégies d’adaptation et d’atténuation.

La conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (CNUED)., créée en 1992 et également appelée Sommet de la Terre ou Conférence de Rio, rassemble à Rio de Janeiro pour débattre de l’avenir de la planète. C’est lors de ce premier Sommet de la Terre que le concept de développement durable fait consensus pour décrire un processus d’évolution permettant de répondre aux besoins du présent sans hypothéquer ceux du futur. 170 des États présents à Rio ont adopté l’Agenda 21, aussi appelé . Il s’agit d’un programme d’action de quarante chapitres appelé à être mis en œuvre sous la forme de près de touchant à tous les domaines où l’action humaine influence l’évolution de l’environnement. Il est adopté par d’État lors de la Conférence de Rio. Le Sommet de la Terre instaure également un cadre annuel de réunions internationales au travers de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

vignette|Émissions 1990-2007 de issues des combustibles fossiles, selon le protocole de Kyoto. vignette|gauche|Dix indicateurs du réchauffement climatique. Le protocole de Kyoto. (1997) est un accord international signé lors de la COP3 à Kyoto en . Il met en place des objectifs contraignants et des délais visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans la plupart des pays, dont les pays industrialisés. Cet accord est bâti sur la CCNUCC dont les pays membres décident de se doter d’un protocole plus strict. Les objectifs obligatoires prévus par le protocole de Kyoto pour les pays varient de -8 % à +10 % d’émission de gaz à effet de serre par rapport aux émissions individuelles des pays en 1990. L’accord permet une certaine flexibilité aux pays concernant les manières d’atteindre l’objectif fixé par le protocole (augmentation des forêts, financement de projets à l’étranger, etc.). L’entrée en vigueur du protocole de Kyoto n’a eu lieu qu’en .

Les accords de Bonn et de Marrakech (2001) sont les fruits des négociations menées lors de la COP6 bis à Bonn en et de la COP7 à Marrakech en Les accords de Bonn et Marrakech, ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.. Ils s’intéressent notamment aux questions relatives aux obligations des pays développés ainsi qu’aux aides à mettre en place à destination des pays en voie de développement. Ce sont ces accords qui déterminent les modalités d’application du protocole de Kyoto, ouvrant la voie à sa ratification et à sa mise en œuvre. vignette|Hall des négociations de la COP21 au Bourget. En , 55 pays représentant au moins 55 % des émissions de dioxyde de carbone () en 1990 ont ratifié le protocole de Kyoto. L’entrée en vigueur de celui-ci signifie pour 30 pays industrialisés l’obligation d’atteindre les objectifs de réduction ou de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Elle permet également la concrétisation légale du marché international du commerce de carbone et la mise en œuvre opérationnelle du mécanisme de développement propre (MDP).

L’accord de Copenhague (COP15, 2009) est un texte de 3 pages qui réunit des orientations communes à l’échelle internationale concernant la façon de traiter le changement climatique (réduction des émissions de gaz à effet de serre, limitation du réchauffement climatique à , financement de trente milliards de dollars sur 2010-2012). Expliquant l'échec de Copenhague par l'absence de gouvernance mondiale, l'économiste du développement Thomas Sterner est plus optimiste concernant les objectifs plus restreints et cherchant plus de consensus de la COP21, même en restant réservé..

Les accords de Durban (2011) visent en point de mire l’adoption d’un accord universel en 2015. Est alors lancé un processus de travail ayant pour objectif de définir un nouveau protocole ayant force de loi dont l’adoption en 2015 devrait permettre sa mise en œuvre dès 2020. Ces accords débutent également un travail visant à combler le existant entre les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par les États et l’objectif d’un réchauffement climatique maintenu sous la barre des .

La COP20 de Lima (2014) met encore davantage au premier plan la nécessité d'efforts supplémentaires pour parvenir aux objectifs de maintien du réchauffement climatique sous la barre des d'ici à 2100. Elle débouche sur la rédaction d'un document préparatoire au futur accord de la COP21 de Paris et à l’adoption d’un texte de trente-sept pages..

Au fur et à mesure des Conférences des Parties, le sigle français CdP a été délaissé au profit de l'anglais COP.

Objectifs Le cinquième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)., paru en 2014, prévoit une hausse des températures de d’ici 2100.

Selon le comité organisateur, l'objectif de cette conférence est . À cet effet, l'accord, censé entrer en vigueur en 2020, devra à la fois traiter de l'atténuation — la baisse des émissions de gaz à effet de serre — et de l'adaptation des sociétés aux dérèglements climatiques existants et à venir. Il s'agira de trouver un équilibre entre les besoins et les capacités de chaque pays. La répartition de l'effort entre les émetteurs historiques et les économies émergentes est l'un des points sensibles de la négociation.

Pour préparer cet accord, chaque pays doit préparer et publier en amont de la COP21 une contribution qui présente un plan de travail concret à même de permettre à l’État concerné de faire sa part au sein de l’effort universel.

La COP21 doit également permettre aux pays développés de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, en partie via le Fonds vert pour le climat, afin d’aider les pays en voie de développement à lutter contre le dérèglement climatique.

En amont de cette conférence, une assemblée se tient pour discuter des enjeux climatiques en Méditerranée à Marseille lors de la MedCop21 les 4 et .

Préparation de la COP21 Engagements des États vignette|gauche|Les chefs d'État et de gouvernement à l'ouverture de la COP21. vignette|Rencontre entre le gouverneur de Californie Jerry Brown et le secrétaire d'État américain John Kerry à la COP 21. vignette|Pavillon du Mexique. vignette|gauche|Pavillon de l'Inde. vignette|gauche|Pavillon de l'Allemagne. vignette|Pavillon des États-Unis. vignette|gauche|Conférence de presse au pavillon de la Chine. vignette|Des délégués durant la conférence. Dans le cadre de la préparation de la COP21 et conformément à ce que prévoyaient les COP19 de Varsovie et COP20 de Lima, chaque pays doit rendre publique une contribution déterminée au niveau national (en anglais, « Intended Nationally Determined Contribution » (INDC)). Ces contributions traduisent à ce stade des intentions, et non des engagements.

Le premier objectif commun à l'ensemble de ces contributions est d’aller plus loin que l'engagement actuel des États. Le deuxième est de prendre en compte les spécificités et contraintes nationales de chaque pays, et de présenter ces dernières dans le cadre d’un projet ambitieux. Le troisième est celui de la transparence : chaque contribution est publiée dès sa soumission sur le site de la CCNUCC.

Enfin, toutes les contributions visent à la fois à atténuer les émissions de gaz à effet de serre en prévoyant de faire évoluer l'économie nationale, et à adapter les conditions de vie des personnes aux changements climatiques effectifs ou anticipés.

Les États participants à la COP21 présentent des contributions très variées à la fois dans leur contenu et dans le moment de publication. Si les pays développés étaient invités à remettre leur contribution à l’ONU avant le , les pays en développement ont jusqu’à l'automne pour soumettre les leurs.

Au total, 184 pays représentant la quasi-totalité des émissions mondiales de gaz à effet de serre avaient soumis leurs plans d'action climat aux Nations unies avant l'ouverture de la COP21 ; sur les 196 parties signataires à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), il en manquait seulement treize : deux pays en état de guerre civile (Libye et Syrie), trois pays pétroliers (Venezuela, Ouzbékistan et Brunei), la Corée du Nord, le Panama, le Nicaragua, le Népal, le Timor oriental, Saint-Christophe-et-Niévès, Niue et les TongaDouze pays manquent à l'appel, Les Échos, 19 novembre 2015.. Quatre de ces retardataires ont déposé une contribution en : Brunei, Tonga, Venezuela et Saint-Christophe-et-Niévès INDCs as communicated by Parties, UNFCC. ; le Népal a déposé sa contribution en ; le Panama a déposé sa contribution en ; au total, ce sont donc 190 pays qui ont contribué (162 contributions, dont celle de l'Union européenne qui est commune à 28 pays), et il ne manque que 7 pays (Libye, Syrie, Ouzbékistan, Corée du Nord, Nicaragua, Niue, Timor oriental).

Voici quelques exemples de pays qui ont soumis leurs contributions. : : la Suisse présente sa contribution officielle en premier. Elle annonce vouloir réduire de 50 % ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030, par une réduction de 30 % des émissions sur son territoire national et de 20 % grâce à des projets de compensation à l’étranger ;