(prononcé , désignation provisoire ), d'abord surnommé officieusement Ultima Thulé, est un petit corps du système solaire binaire à contact de , située à du Soleil. C'est un objet classique de la ceinture de Kuiper..

Arrokoth est survolé par la sonde spatiale New Horizons le , devenant le plus lointain objet exploré par l’humanité..

Histoire Découverte vignette|gauche|200px|Photo de la découverte, sur des images prises à dix minutes d'intervalle par le télescope Hubble. Le , est découvert par la caméra à large champ (WFC3) du télescope spatial Hubble lors d'un relevé préliminaire pour trouver un objet de la ceinture de Kuiper adapté au trajet de la sonde . La découverte a nécessité l'exploitation du télescope spatial Hubble, car avec une magnitude apparente d', l'objet ne peut être détecté que par les plus puissants télescopes. Le télescope spatial est également capable de réaliser des calculs astrométriques très précis et donc de déterminer une orbite fiable...

Bien qu’ moins intéressant scientifiquement que , c'est la cible choisie par l'agence spatiale. car la plus facilement atteignable., nécessitant moins de corrections de trajectoire donc de propergol.

Désignation Lorsque a été observé pour la première fois., il a reçu la désignation temporaire (attribuée par les découvreurs) 1110113Y, rapidement abrégé en « 11 », pour simplification. Son existence en tant que cible potentielle de la sonde a été annoncée par la NASA en .. et dès lors il a été officieusement désigné PT1 pour « ». Sa désignation provisoire officielle, a été attribuée en par le Centre des planètes mineures (MPC), après la détermination de caractéristiques orbitales suffisantes. Grâce à d'autres observations permettant la détermination de son orbite, le MPC lui a attribué officiellement le numéro permanent de planète mineure 486958, qui fut publié dans le du ..

La désignation provisoire indique qu'il s'agit du ((« U » = 20) + (« 69 » × 25)) découvert entre les et (« 2014 », « M »). Un nom propre à l'objet étant choisi ultérieurement..

Le est annoncé le surnom officieux attribué à cet objet : Ultima Thulé, d'après l'île légendaire de Thulé. Cependant, ce surnom est sujet à débat, car la référence à Thulé a déjà été faite par les nazis avec la Société Thulé...

Le , l'objet est officiellement baptisé Arrokoth, ce qui signifie « ciel » dans la culture des Powhatans, peuple du Maryland, là où il a été découvert. La citation de nommage est la suivante :

Occultations stellaires En et , a occulté trois étoiles de son arrière plan.. L'équipe du projet a formé une équipe spécialisée « » (les traqueurs d'objets transneptuniens) pour observer ces occultations stellaires depuis l'Amérique du Sud, l'Afrique et l'Océan Pacifique....

vignette|gauche|400px|Bandes d'observations prédites depuis le sol terrestre des occultations stellaires de de 2017. Le , deux équipes de scientifiques de la NASA ont tenté de détecter l'ombre de depuis l'Argentine et l'Afrique du Sud.. Quand ils ont constaté qu'aucun de leurs télescopes n'avait observé l'ombre de l'objet, l'hypothèse que pourrait ne pas être aussi grand ou aussi sombre que prévu a été émise, ainsi que l'hypothèse qu'il puisse être très réfléchissant ou même qu'il soit constitué d'un amas... Mais des données supplémentaires prises avec le télescope spatial Hubble en juin et ont révélé que les télescopes mobiles avaient été placés au mauvais endroit, et que ces spéculations étaient donc fausses...

vignette|droite|200px|L'ombre de fait apparaître la probabilité d'une forme binaire, comme on peut le voir lors de l'occultation stellaire survenue en Argentine le . Les cercles rouges les mieux ajustés révèlent la possibilité pour MU69 d'être formé d'un double lobe - ou d'un binaire. Le , le télescope aéroporté de l'observatoire stratosphérique pour l'astronomie infrarouge (SOFIA) de la NASA a été placé près de la ligne centrale prévue pour la deuxième occultation alors qu'il survolait l'océan Pacifique depuis Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Le but principal de ces observations était la recherche de la présence de matières dangereuses comme des anneaux ou de la poussière près de qui pourraient menacer la sonde pendant son survol en . Les données ont été recueillies avec succès, mais l'ombre centrale a été manquée. Les données collectées par SOFIA seront toujours utiles pour émettre des contraintes sur la présence de poussière près de ... Les résultats détaillés de la recherche de matières dangereuses ont été présentés lors de la de la Division des sciences planétaires de l'AAS, le ..

Le , le télescope spatial Hubble a été utilisé pour vérifier la présence de débris autour de , fixant les contraintes sur la présence d'anneaux et de débris au sein de la sphère de Hill de à des distances allant jusqu'à du corps principal.. Pour la troisième et dernière occultation, les membres de l'équipe ont mis en place une autre « ligne de clôture » de télescopes mobiles disposés le long de la ligne terrestre prédite pour le passage de l'ombre de l'occultation dans le sud de l'Argentine (provinces de Chubut et de Santa Cruz), ou pour pouvoir déterminer dans le cas le plus favorable, la taille de .. L'espacement moyen entre 2 de ces télescopes était aussi réduit que .. L'exploitation des dernières observations de Hubble a permis de déterminer la position de avec une précision bien meilleure qu'avec les données collectée lors de l'occultation du , et cette fois l'ombre de a été observée avec succès par au moins cinq des télescopes mobiles. Combiné avec les observations de SOFIA, ceci permettra l'établissement de bonnes contraintes sur la possibilité d'existence de débris près de .

Les premiers résultats de l'occultation du montrent que l'astéroïde a une forme très irrégulière (de type « ellipsoïde de révolution allongé »), voire celle d'un binaire proche ou d'un binaire en contact.. Selon le nombre et la durée des cordes observées, posséderait deux « lobes », avec des diamètres de et , respectivement.

Deux occultations pour étaient possibles en , la première n'a pas été utilisée étant située au sud des océans Atlantique et Indien, mais la deuxième ayant pu être observée au Sénégal et en Colombie, a permis de révéler un peu mieux la forme de l'objet..

Exploration Désigné par PT1 (pour l'anglais , « cible potentielle ») par l'équipe de la sonde spatiale New Horizons et par 1110113Y par celle du télescope spatial Hubble, le petit corps est sélectionné en pour être une cible de la sonde New Horizons. Après quatre changements de cap en octobre puis ., la sonde est en en route vers ...

Après le survol réussi de Pluton, la sonde spatiale est programmée pour un survol de le à , à une distance de du Soleil dans la constellation du Sagittaire..... est le premier objet à avoir été découvert après le lancement de la sonde spatiale qui doit l'approcher. Des photos prises par la sonde le montrent déjà l'objet qui se trouve précisément à l'endroit calculé (alors qu'il est encore à plus de ).. passe à un peu plus de de , soit trois fois moins que la distance minimum auprès de Pluton, la sonde doit effectuer des mesures de température, rechercher la présence d'une atmosphère, d'une activité géologique, de lunes et d'anneaux., et renvoyer des images d'une résolution allant jusqu'à (contre pour Pluton).. Les données recueillies devraient mettre environ à être renvoyées vers la Terre ; le travail d’archivage et d’analyse devant prendre une année supplémentaire.. Les premières données collectées (après les photos publiées en janvier) sont révélées en .

Caractéristiques Données acquises avant le survol par New Horizons D'après sa luminosité et sa distance, il a été possible de faire une première estimation du diamètre de de . Les observations de ont conclu que l'objet ne mesure pas plus de et est très allongé. est peut-être un astéroïde binaire rapproché ou un binaire en contact. Lors d'une occultation stellaire observée le , une forme à deux lobes a été révélée, avec des diamètres de , respectivement. Cela signifie que est probablement un binaire primitif de la ceinture de Kuiper..

Sa période de révolution est légèrement supérieure à et le corps présente une faible inclinaison et une faible excentricité par rapport aux autres objets de la ceinture de Kuiper.. Ces propriétés orbitales signifient qu'il s'agit d'un objet classique de la ceinture de Kuiper, un cubewano froid qui est peu susceptible d'avoir subi des perturbations significatives. Les observations faites en mai et ainsi qu'en juillet et ont grandement réduit les incertitudes sur son orbite.

a un spectre rouge, ce qui en fait le plus petit objet de la ceinture de Kuiper dont on a pu mesurer la couleur..

Entre le et le , le télescope spatial Hubble a bouclé terrestres à observer , dans le but de déterminer sa période de rotation et de réduire davantage l'incertitude sur son orbite.. Les premiers résultats montrent que la luminosité de varie de moins de 20 % lorsqu'il tourne.. Ces mesures impliquent des contraintes significatives sur le ratio des axes de qui est inférieur à 1.14, en supposant un plan de vue équatoriale. En tenant compte de sa forme très irrégulière, la petite amplitude relevée implique que son pôle est pointé vers la Terre. Cela signifie que la séquence du survol de ne suivra pas un protocole particulièrement compliqué pour photographier l'objet sur son plus grand-axe, ce qui simplifie considérablement l'ingénierie du survol. La faible amplitude rend difficile un relevé précis de la période de rotation au moment du survol. L'existence de satellites éloignés de a été exclue jusqu'à une profondeur de champ de plus de 29 °..

Le , Mark Buie annoncent lors du congrès d'automne de l'Union américaine de géophysique que l'objet pourrait être doté d'une petite lune., ce qui sera ensuite démenti..

Résultats du survol L'analyse des données acquises lors du survol d'Arrokoth par New Horizons le , trois ans et demi après son survol réussi de Pluton, est publiée le sous la forme de trois articles dans Science. : les images stéréoscopiques prises par New Horizons ont permis de dresser une carte géomorphologique d'Arrokoth, d'en établir plusieurs caractéristiques géologiques et géophysiques, et de dater sa surface par dénombrement des cratères d'impact. La période de rotation d'Arrokoth est de , avec son pôle de rotation pointant vers l'ascension droite , déclinaison = , équinoxe J2000. L'objet se compose de deux lobes à peu près ellipsoïdaux avec des dimensions hors-tout de . Les dimensions maximales des deux lobes sont de et , avec des incertitudes de . Le volume total est celui d'une sphère de diamètre et le rapport des volumes des deux lobes est de . La densité globale est supérieure à si le col n'est pas en tension. En supposant une densité globale de comme celle des comètes, la gravité moyenne de la surface est d'environ et la résistance à la compression du cou doit être supérieure à . Les deux lobes sont alignés, l'axe d'inertie maximal du grand lobe faisant un angle de moins de avec celui du petit lobe, et les plans équatoriaux des deux lobes coïncident presque. Les reliefs ne dépassent pas ~. La surface du petit lobe montre des zones de différents albédos, souvent avec des marges sinueuses et sans signature topographique détectable, tandis que la surface du grand lobe est dominée par des groupes de collines basses et sombres sur un terrain plus clair et plus lisse. La surface du grand lobe est divisée en sous-unités distinctes, qui correspondent peut-être à des corps plus petits qui se sont accolés antérieurement. Environ 40 cratères d'impact ont été identifiés, le plus grand d'un diamètre d'environ et les autres de moins de . La densité de cratères indique que la surface d'Arrokoth est vieille de plus de . ;