Le siège de Soissons qui eut lieu du au est un épisode de la guerre franco-prussienne de 1870 qui se termina par la reddition de la ville.

Situation avant le siège C'est le dimanche 4 septembre 1870 que la nouvelle de l'anéantissement de l'armée de Mac-Mahon parvient à Soissons. Le même jour, les troupes du général d'Exéa, commandant de la du d'armée, chargé de défendre Reims battait en retraite et arrivaient à Soissons, d'où elle repartait le lendemain pour rejoindre Paris. Le , le pont de Villeneuve-Saint-Germain, de Saint-Mard, de Missy et de Condé sont détruits et les tunnels de Vauxaillon et de Vierzy sont obstrués. Le , la présence des cuirassiers blancs du commandé par le général Alvensleben est signalé dans l'arrondissement de Soissons. Le pont de Wailly, n'ayant pas été détruit, les Allemands y firent passer leurs troupes.

Les fortifications Située à la jonction d'axes routiers importants et du chemin de fer de Paris à Reims, ainsi que celui de Paris à Laon par Villers-Cotterêts, sa situation stratégique était considérée comme importante. Toutefois les montagnes qui dominaient la ville étant dépourvues d'ouvrages fortifiés, font de celle-ci un véritable fond de cuvette, un vrai nid à obus.

Les fortifications de Soissons se composaient d'une enceinte continue revêtue de 11 bastions. Cette enceinte était casematée en différents endroits, mais pas assez pour abriter la garnison. Elle s'appuyait sur l'Aisne au Nord et au Sud et elle formait un quadrilatère d'environ sur 800 mètres. Le faubourg Saint-Vaast n'était pas compris dans ce quadrilatère, mais formait aussi une enceinte s'appuyant également sur l'Aisne, à l'Est, et revêtue de . Un barrage militaire, construit sur la rivière, près et en amont du pont en pierres, et une dérivation de la Crise, permettait de submerger la plus grande partie des fossés et d'inonder le fond des deux vallées. Une portion seulement des fossés, celle du Sud-Ouest, en raison de sa position plus élevée, ne pouvait être inondée. À l'exception de ce point, la place de Soissons ne pouvait être prise de vive force, mais elle était incapable de résister longtemps à un siège en règle.

À la veille de la guerre, Soissons était considérée comme la clef de Paris mais rien n'avait été fait pour mettre cette place forte dans l'état que comportait l'importance stratégique qu'on lui attribuait.

La garnison Au moment de la déclaration de la guerre, la garnison de Soissons se composait de 3 bataillons du régiment d'infanterie de ligne, sous les ordres du colonel Théodore Eugène Fraboulet de KerléadecColonel Fraboulet de Kerléadec, blessé et décédé le à la bataille de Saint-Privat. Il n'y avait toutefois aucun artilleur ni attelage d'artillerie. Le le RIL quitte Soissons pour rejoindre l'armée du Rhin. Le arrivée des brigades Becquet de Sonnay et Colin de la division du corps d'armée de l'armée du Rhin sous les ordres du général Lafond de Villiers qui rejoignent le le camp de Châlons. Du 2 au la place se trouve absolument sans garnison. Le , en exécution du décret du qui appelait les gardes mobiles sous les drapeaux, le bataillon des mobiles de l'Aisne (arrondissement de Soissons) y prend garnison. Le , arrivée du bataillon des mobiles de l'Aisne (arrondissement de Château-Thierry) Le , arrivée du bataillon des mobiles de l'Aisne (arrondissement de Vervins) À peu près à la cette même date, le bataillon dépôt du régiment d'infanterie de ligne arriva de Laon. Celui-ci était composé de 2 compagnies de 800 hommes chacune avec à peine 10 officiers pour les commander. Elles furent renforcées par des éléments échappés de Sedan qui formèrent 2 compagnies supplémentaires. Le arrivée de la batterie bis du 8e régiment d'artillerie. Le , départ du bataillon des mobiles de l'Aisne pour Villers-Cotterêts puis Paris ou elle combattra. Ce même jour, le gouvernement rappelait les anciens militaires âgés de , qui furent armés de vieux fusils à piston, et créait les gardes nationales rurales. Ceux-ci furent transformés en régiments de marche. Ainsi les 2 bataillons de Soissons formèrent le 17e régiment de marche.

Au début du siège la place était défendue par : 1 section du génie de la division d'Exéa (30 hommes) batterie bis du 8e régiment d'artillerie (115 hommes) Artillerie des mobiles du Nord (230 hommes) batterie d'artillerie des mobiles du Nord batterie d'artillerie des mobiles du Nord batterie d'artillerie des mobiles du Nord Batterie des volontaires soissonnais (50 hommes) Compagnie de dépôt du régiment d'infanterie de ligne bataillon de mobiles de l'Aisne ( bataillon de mobiles de l'Aisne ( On peut ajouter à cet effectif environ 550 hommes : 1 compagnie de sapeurs-pompiers 1 compagnie de gardes nationaux volontaires 15 gendarmes environ 122 pièces d'artillerie dont 51 réellement utilisables.

Ce fut cette troupe improvisée, sous le commandement du lieutenant-colonel de Noue, composée en grande partie d'engagés volontaires à qui tout manquait (armement, équipement, instruction, discipline), et dont les officiers, sous-officiers et caporaux nommés à la hâte sans choix préalable, n'ayant aucune notion du métier de soldat, mais qui étaient d'une bonne volonté à toute épreuve qui furent chargés de défendre cette place forte.

Le siège Ignorant la ville, l'armée allemande continua sa marche vers Paris en cheminant à travers les chemins vicinaux de la région, laissant de côté les obstacles dont elle ne voulait s'emparer que plus tard afin de ne pas ralentir sa marche. Cette marche était d'autant plus rapide que, de Sedan à Paris, le Allemands ne rencontrèrent aucun soldat français, deux villes fortifiées seulement se trouvaient sur leur route, Laon et Soissons.

La place de Laon, commandée par le général Thémérin, n'avait pour toute garnison qu'un bataillon et une batterie d'artillerie de la garde mobile. Toutefois le une forte détonation provenant de la direction de Laon avait été entendue à Soissons. C'était la poudrière qui avait sauté.

Le un parlementaire, un officier de dragons du corps d'armée, se présente à la porte Saint-Martin pour demander la reddition de la place. Le colonel de Noue, commandant de la place, refusa catégoriquement. Les longues colonnes allemandes continuèrent de défiler autour de Soissons en direction de Paris et la ville fut ainsi encerclée.

Le , un groupe de cavaliers allemands tentent une reconnaissance sur la porte de Reims. Ils sont chassés à coup de canon et de fusil. Le même jour un deuxième parlementaire demande la reddition de la place. En réponse à un nouveau refus, les Allemands firent tirer de canons sur la ville à partir des hauteurs de Sainte-Geneviève.

Le , prévenu par un habitant, un peloton de garde nationaux surprend, à Venizel, un détachement d'une vingtaine de Prussiens ; un est tué, les autres sont faits prisonniers.

Le , 42 garde nationaux effectuèrent un coup de main contre des cavaliers allemands accompagnant une soixantaine de chevaux cantonné à Beugneux ; et allemands furent tués, 18 furent faits prisonniers et capturés.

Le , une quarantaine de gardes nationaux et du de ligne font feu sur des cavaliers prussiens au lieu-dit La Chaumière à Venizel. Alerté, un bataillon prussien, bientôt rejoint par de la landwehr, forcent les gardes nationaux à se replier après un dur combat sur la butte de Villeneuve. Les Français perdirent , et et les Prussiens et . À la suite de cet engagement, le grand-duc de Mecklembourg, Frédéric-François II de Mecklembourg-Schwerin, adressait, de Reims, le télégramme suivant au ministère de la guerre à Berlin : . Un parlementaire somma de nouveau le colonel de Noue de lui rendre la place, et devant un nouveau refus, les troupes allemandes prirent leur dispositions pour investir totalement la place, en installant des positions de grand-gardesLa grand-garde ou les grand-gardes étaient les avant-postes, en positionnant des bataillons, principalement, sur le plateau Sainte-Geneviève, à Billy-sur-Aisne et Venizel et en construisant des abris et des travaux de défense. Dès le , les positions prussiennes furent canonnées. Toutefois cela n'empêcha pas les Prussiens d'étendre leur ligne d'investissement et occupèrent la gare, qui avait été abandonnée par les Français, Belleu, la rive gauche de la Crise jusqu'à Vauxbuin et la ferme de Presle.

Le , 200 hommes du de ligne accompagnés de 100 hommes du bataillon des mobiles de l'Aisne, firent une sortie pour chasser les Prussiens du faubourg de Reims et incendier leurs abris. Ne parvenant à débusquer les Allemands, les attaquants rentraient dans la place après avoir perdu 2 morts et 2 blessés tandis que l'ennemi perdait 8 hommes.

Le le feu fut mis dans la fonderie et une partie des maisons du faubourg Saint-Crépin afin de déloger et d'éloigner les Allemands qui étaient trop proches des murs de la ville, tandis que de nombreux soldats échappés de Sedan arrivèrent encore dans la place.

Le , la garnison tente d'occuper le faubourg de Reims et la gare qui fut stoppée par les Prussiens après 2 heures de combat.

Le , le général-lieutenant von Selchow arriva devant Soissons pour conduire le siège, avec des renforts composés de 7 bataillons d'infanterie, 4 escadrons de cavalerie, 2 batteries d'artillerie de campagne et 2 compagnies de pionniers. Il établit son quartier général à la ferme de Carrière-l'Évêque située en arrière de Belleu et sur la hauteur. Il fit étendre et renforcer la ligne d'investissement sur la rive gauche de l'Aisne et en la rapprochant le plus possible des avant-postes français. La ferme de la Maison-Rouge fut occupée ainsi que le cimetière barrant ainsi la route de Compiègne par où les troupes Françaises avaient pu sortir jusqu'alors. La rive droite fut occupée par 2 compagnies de landwehr et un escadron de cuirassiers blancs. L'infanterie se positionna à Crouy, à Clémencin et derrière le remblai du chemin de fer de Laon et la cavalerie à la ferme de la Perrière afin de surveiller les routes de Chauny et de Laon.

Le , un convoi de vivres composé de 18 voitures parvenait à entrer dans la place après que les troupes françaises postées dans Soissons lui ait ouvert le passage à Crouy :

Le , sur ordre du colonel de Noue, le pont de Vailly est détruit.

Le , prévenu de la destruction du pont, un détachement d'une quarantaine de cavaliers allemands entrait dans Vailly et procéda à l'arrestation du maire M. Mennessier et du conseiller général du canton M. Legry qui furent accusés d' prussien. Ils furent emmenés à la Carrière-l'Evêque où le général de Selchow avait son quartier général qui rendit le jugement suivant :

Du au les échauffourées continuent : les assiégés effectuent des combats de harcèlement et de bombardements de postes avancés, tandis que les assiégeants, au nombre de d'infanterie, resserrent leur emprise autour de la place : Sur la rive gauche de l'Aisne, de Venizel à la Crise 3 bataillons et 1 batterie légère au château de Bellevue et à la ferme Sainte-Geneviève, avec le QG à Billy-sur-Aisne. De la rive gauche de la Crise jusqu'à l'Aisne, 3 bataillons et 2 escadrons, avec le QG à Vauxbuin. C'est à cet endroit que le 11, l'instituteur Poulette, l'un des "trois instituteurs de l'Aisne" et de Déquirez et Letoffé de Vauxrezis, sont exécutés par les Prussiens pour avoir résisté. Ces exécutions firent suite à des dénonciations pour lesquelles les délateurs furent jugés par un conseil de guerre à Paris, deux ans plus tard en 1872. Trois furent déportés en Nouvelle Calédonie et l'autre, Poittevin, fusillé au polygone de tir de Vincennes. Sur la rive droite de l'Aisne, 1 bataillon, 1 escadron et 1 batterie, avec le QG à ferme de la Perrière. Une forte barricade, construite par les Allemands, coupait la route de Chauny, en prévision d'une sortie des assiégés vers le Nord.