La guerre civile yéménite est un conflit armé qui oppose depuis l'été 2014 d'une part les forces armées sous le commandement du président d'Abdrabbo Mansour Hadi et, d'autre part, les rebelles chiites Houthis ainsi que, jusqu'en 2017, les forces fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh..... Cette guerre civile fait suite à la révolution yéménite ayant renversé Saleh et conduit Hadi au pouvoir en 2012. Le conflit s'est internationalisé en avec l'intervention d'une coalition internationale menée par l'Arabie saoudite... contre les Houthis qui sont soutenus par l'Iran..
Il est une des conséquences de la guerre du Saada commencée au nord-ouest du pays en 2004 en raison du sentiment de marginalisation des tribus du nord qui se sentent délaissées par le pouvoir central, après l'unification du pays en 1990.
Débordé en par le mouvement venu de l'extrême nord ouest du pays, et par certains éléments de l'armée, le président Abdrabbo Mansour Hadi, est contraint à la démission en , lorsque les houthistes s'emparent du palais présidentiel. Il se réfugie en février à Aden, port stratégique du sud du pays, puis en Arabie saoudite, après le début de l'intervention saoudienne en mars de la même année..
En , le gouvernement revendique le contrôle d'entre 70. et 85 % du territoire..
En , Ali Abdallah Saleh est assassiné par ses anciens alliés Houthis, après avoir rompu avec eux pour rejoindre le camp loyaliste. Son neveu Tarek Saleh, ayant survécu aux combats, dirige désormais les pro-Saleh aux côtés de la coalition.
Bien que les conséquences humanitaires de cette guerre soient désastreuses (engendrant une famine en passe de devenir la plus grave que l'humanité ait connue depuis un siècle selon les Nations unies.), la couverture médiatique internationale a été très faible jusqu'en 2018, puis le conflit a gagné en visibilité...
En 2019, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires du secrétariat des Nations unies estime le nombre de morts du conflit à , étant décédés dans les combats et autres actes de violence et de malnutrition et/ou de maladies qui leur sont liées.. Fin 2021, l'ONU fait désormais état de . Ces chiffres font toujours l'objet de débats et sont parfois considérés comme sous-estimés.
Contexte
Cette confrontation est un développement de la guerre du Saada qui a débuté le lorsque des rebelles zaïdistes ont lancé une insurrection contre le gouvernement yéménite. Aussi appelés Houthistes, du nom du chef de leur clan Hussein Badreddine al-Houthi, ils se plaignent d’avoir été marginalisés par le gouvernement sur le plan politique, économique et religieux, et demandent plus de considérations..
En , des heurts éclatent entre les forces gouvernementales et des sympathisants de l'ancien président Ali Abdallah Saleh près de la mosquée al-Saleh..
Les racines du conflit sont loin d'être essentiellement confessionnelles. Selon le journal Le Monde, le facteur religieux est assez récent et est seulement monté en puissance quand l'ex-président Saleh a . Auparavant, zaïdistes et sunnites coexistaient pacifiquement et les différences religieuses n'étaient pas un phénomène déterminant. La rébellion houthiste serait avant tout, à l'origine, un mouvement tribal et régional opposée au pouvoir central.
Chronologie Avancée des Houthis au nord (2014-2015) Après des manifestations Houthis, contre la fin des subventions sur le pétrole. et la prise d'Amran, l'insurrection houthiste se dirige vers Sanaa.
Entre le 16 et le , au moins meurent à Sanaa dans le cadre du conflit.. Le , le gouvernement yéménite et les rebelles Houthis signent un accord visant à mettre fin à la crise politique alors que les rebelles avancent vers la capitale ; le Premier ministre Mohamed Basindawa démissionne, et conformément à l'accord, les rebelles nommeraient un nouveau Premier ministre dans les trois jours.. Les combats ont fait ..
Le , au moins sont tuées dans des combats dans la capitale..
Le , des sources sécuritaires annoncent que les rebelles Houthis attaquent la maison du chef des services de renseignement à Sanaa. Ceci prouve la fragilité de l'accord de partage du pouvoir, qui ne suffit pas à faire cesser les combats dans la capitale..
Le , Ahmed Awad ben Moubarak est nommé Premier ministre.. Le , sous la pression des rebelles, il présente sa démission..
Le , Khaled Bahah, ambassadeur du Yémen à l'ONU, est nommé Premier ministre..
Le , des affrontements entre tribus sunnites et rebelles chiites près d'Ibb font de nombreuses victimes. Au moins quarante personnes sont tuées durant les deux jours de combats. Les combattants sunnites visent à empêcher les rebelles chiites d'acheminer des renforts à Ibb, ville majoritairement sunnite, dont ils prennent le contrôle..
En , les Houthis prennent al-Baïda, Hodeïda, Ibb et Dhamar..
Le , le Conseil de sécurité de l'ONU sanctionne l'ex-président Ali Abdallah Saleh ainsi que des chefs des Houthis..
Les 19 et , les rebelles Houthis prennent le palais présidentiel... Le lendemain, un accord est signé avec les Houthis sur l'amendement du projet de Constitution et sur la représentation des Houthis et des autres factions dans le gouvernement. Le conseiller du président, Ahmed Awad ben Moubarak, doit également être libéré..
Le , Abdrabbo Mansour Hadi présente sa démission. après que les Houthis eurent réclamé qu'un de leurs membres soit nommé comme vice-président.. La démission du président est rejetée par le Parlement.. En signe de protestation contre cette démission, le port et l'aéroport d'Aden, sont fermés.. Les Houthis proposent alors de mettre en place un Conseil présidentiel composé de l'armée, des forces de sécurité, des comités populaires et des ..
Les 23 et , les Houthis dispersent des milliers de manifestants..
Le , les Houthis donnent un ultimatum de trois jours aux forces politiques pour trouver un accord, faute de quoi ils se chargeraient de la transition.. Le , l'ultimatum expire...
Cependant, le , par une déclaration constitutionnelle, les Houthis, lors d'une réunion au cours de laquelle participent des personnalités comme les ministres de la Défense et de l'Intérieur du gouvernement démissionnaire, annoncent l'instauration de ce Conseil présidentiel, chargé de diriger la transition pour une durée de deux ans, contre un an comme initialement prévu.. Mohammed Ali al-Houthi, cousin de Abdul-Malik al-Houthi, prend le pouvoir en tant que président du Comité révolutionnaire. Aussi, les Houthis annoncent la dissolution de la Chambre des députés et le remplacement par un Conseil national de , chargé de nommer les membres du Conseil présidentiel, qui à son tour nomme un nouveau gouvernement.. Enfin, ils prévoient d'élargir le Conseil consultatif et de le rebaptiser Conseil populaire de transition..
Le coup d'État est dénoncé par le Conseil de coopération du Golfe. et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon demande le retour du président Hadi.
Le , de nombreux pays évacuent leurs ambassades à Sanaa.. De leur côté, les Houthis se disent à rendre les véhicules appartenant aux Américains..
Le , le Conseil de sécurité des Nations unies demande aux Houthis de quitter le pouvoir., appel rejeté par les miliciens le lendemain ..
Le , la Résistance populaire prit le contrôle des sièges de la télévision et des renseignements aux Houthis..
Le , un accord est trouvé pour conserver la Chambre des députés et de lui adjoindre une nouvelle chambre.. Les Houthis déclarent qu'il s'agit d'une ..
Le , après la signature d'un accord aéronautique le ., un premier avion iranien atterrit à Sanaa, une première depuis 1990.. Hadi déclare que l'accord est et que les responsables vont .. De son côté le président iranien, Hassan Rohani salue la prise de pouvoir des Houthis, en déclarant soutenir .. De son côté, Ali Akbar Nategh-Nuri, ancien président du Parlement de l'Iran, déclare que le coup d'État serait .. Une délégation Houthie doit également se rendre en Iran pour signer des accords économiques et politiques..
Le , les Houthis prennent le siège du Dialogue national..
Le , les Houthis dispersent une manifestation à Sanaa exigeant leur départ du pouvoir..
Le , les partis politiques opposés aux Houthis forment le Bloc du salut national..
Le , l'assignation à résidence du Premier ministre Khaled Bahah est levée par les Houthis. Celui-ci refuse de revenir sur sa démission et part pour le Hadramaout.. Cette décision concerne tous les membres du gouvernement démissionnaires qui étaient encore détenus et Bahah parle d'..
Le , un site médiatique proche des Houthis a confirmé que des dizaines de soldats saoudiens avaient été tués dans des affrontements entre deux camps dans la ville de Najran, dans le sud-ouest de l'Arabie Saoudite..
Avancée des Houthis au sud et début de l'intervention de la coalition sunnite ()
vignette|gauche|Situation à Aden après l'offensive rebelle.
Le , Hadi, dont la démission a été refusée par le Parlement et qui était en résidence surveillée à Sanaa, prend la fuite vers Aden, ville du sud du pays. et devenue par la suite capitale de facto.. Le jour-même, il déclare, après avoir renoncé à démissionner, qu'il demeure le président en exercice, et que les actions des Houthis étaient ...
Le , dans une lettre adressée au Parlement, Hadi renonce officiellement à démissionner. Le jour-même, il demande aux membres du gouvernement démissionnaire de le rejoindre à Aden.. En réaction, les Houthis le qualifient de et promettent de le juger..
Le , l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït déplacent leurs ambassades à Aden..
Le , Hadi limoge le chef des forces spéciales et en nomme un autre... Hadi est également convié au sommet de la Ligue arabe qui se tiendra les 28 et en Égypte, l'organisation lui exprime ainsi un soutien à sa légitimité.
Le , la proclamation d'Aden comme capitale est confirmée par Hadi et annonce avoir fui Sanaa en passant par un tunnel situé dans sa résidence.. Abdel Hafedh al-Sakkaf, ancien commandant des Forces spéciales, rejette son limogeage.
Le , le ministre de la Défense, Mahmoud al-Soubeihi, pourtant nommé président de la commission de sécurité par les Houthis.., fuit Sanaa et se dirige vers Aden..
Le , lors de la bataille de l'aéroport d'Aden, l'aéroport d'Aden est fermé après des affrontements entre les unités du général al-Sakkaf et les comités de résistance populaire, loyaux au président Hadi.. Les forces spéciales du général al-Sakkaf tentent sans succès de prendre la ville et attaquent le palais présidentiel..
Le , un double attentat suicide visant des mosquées chiites à Sanaa, en représailles à l'avancée des Houthis, fait .
Le , lors d'une allocution télévisée, Hadi déclare que et que .. Il condamne également les attentats contre des mosquées chiites survenues la veille et revendiqués par l'État islamique..
Le , les Houthis prennent le contrôle de l'aéroport de Taëz.. Le lendemain, ils entrent dans la ville....
Le , l'aéroport d'Aden est conquis par la blindée, alliée aux rebelles Houthis. Le jour-même, après la prise du gouvernorat de Lahij par les rebelles, le ministre de la Défense loyaliste, Mahmoud al-Soubeihi est capturé par les Houthis qui, au même moment promettent pour la capture du président Hadi.. Le lendemain au matin, après le déclenchement de l'intervention saoudienne, cette brigade quitte le site qui est de nouveau sous le contrôle des forces pro-Hadi..
À partir du , la force aérienne royale saoudienne, avec l'appui de plusieurs pays sunnites dont l'Égypte, le Soudan, le Maroc et les membres du Conseil de coopération du Golfe excepté Oman, effectuent des frappes aériennes sur de nombreuses positions Houthis dans l'ouest du pays, dont l'aéroport international El Rahaba et le palais présidentiel de Sanaa.. L'ambassadeur saoudien à Washington précise que .. Les États-Unis déclarent également fournir un soutien en logistique et en renseignement aux opérations..