, qui pourrait se traduire en français par la , est une organisation politique japonaise d'extrême droite cherchant à rétablir le régime impérial et à effacer toute trace des abus commis durant cette période.

Le groupe a été créé en 1997 et compte environ . À travers ses adhérents, il exerce une influence importante au sein des pouvoirs exécutif et législatif.

Fondation Nippon Kaigi a été fondée en 1997 par la fusion de deux mouvements révisionnistes. Daiki Shibuichi, Japan's History Textbook Controversy - Social Movements and Governments in East Asia, 1982-2006, , , . : La , fondée en 1981, qui comprenait beaucoup de vétérans de l'armée et de la marine impériale et publia sa propre proposition de réforme constitutionnelle en 1994. La fondée en 1974, qui comprenait des groupes shinto et des nouvelles religions (Shinshūkyō).

Objectifs

Le groupe décrit ses objectifs comme étant de « changer la conscience nationale d'après-guerre basée sur la vision de l'histoire du Tribunal de Tokyo comme un problème fondamental » et de « réviser la Constitution actuelle ». Il voit sa mission dans la promotion de l'éducation patriotique, la révision de la Constitution du Japon et le soutien aux visites officielles au sanctuaire de Yasukuni-jinja et dans une interprétation nationaliste du shintoïsme d'État.

Nippon Kaigi soutient la révision de la Constitution japonaise, en particulier l'article 9 qui interdit une armée permanente.

Positionnement à l'extrême droite vignette|gauche|Le sanctuaire Yasukuni, rendant hommage aux Japonais « ayant donné leur vie au nom de l'empereur du Japon ».|alt=Bâtiment principal du sanctuaire de Yasukuni.

Nippon Kaigi est positionné à l'extrême droite par de nombreux chercheurs dont Rémi ScoccimarroAtlas du Japon. L'ère de la croissance fragile. De Rémi Scoccimarro, éditions Autrement, Paris, 2018, Thierry GuthmannDynamiques de l’extrême-droite au XXIe siècle : La Conférence du Japon, Japon Pluriel, 2017, Yoshio SugimotoAn Introduction to Japanese Society (Ed. 2000), Cambridge University Press, p. 242: "... Parts of the Japanese establishment have ties with a large far-right voluntary organization, Nippon Kaigi (Japan Conference), whose ranks include grassroots members across the nation as well as national and local ...", Michael AppleGlobal Crises, Social Justice, and Education, Routledge, 2009, p. 69 : "the largest far-right advocacy group".

L'organisation prône le retour aux fondamentaux de l'empire du Japon, une éducation patriotique, la révision des livres scolaires et de la Constitution, notamment l'article 9 qui impose la Abe Cabinet - An Ideological Breakdown, The Asia-Pacific Journal: Japan Focus sur www.japanfocus.org, 28 janvier 2013 Jennifer Ellen Robertson, Politics and Pitfalls of Japan Ethnography, Routledge Chapman & Hall, , page 66 N. Onishi, Japan Rightists Fan Fury Over North Korea Abductions, New York Times sur web.archive.org, 17 décembre 2006 . L'organisation souhaite aussi inclure dans la Constitution une « clause d'urgence » qui permettrait de ne pas devoir suivre la Constitution lors de situations exceptionnelles comme une catastrophe naturelleConservative group behind pro-constitutional amendment petition collecting, The Mainichi 4 mai 2016. Le mouvement encourage également les visites officielles au controversé sanctuaire Yasukuni Mark R. Mullins, The Neo-Nationalist Response to the Aum Crisis, Japanese Journal of Religious Studies sur web.archive.org, 110-112, 2012 about Nippon Kaigi Rightist ministers make up 80% of Abe Cabinet, Japan Press Weekly, 5 janvier 2012 Daiki Shibuichi, Japan's History Textbook Controversy, Electronic Journal of Contemporary Japanese Studies, Discussion Paper 4 sur web.archive.org, 2008.

Shintoisme La restauration de la monarchie et du statut quasi divin de l'empereur du Japon constitue une autre mission importante de ce lobby au confluent de mouvements Shinto radicaux. , un des trois conseillers internes à Nippon Kaigi en 2018, est un grand prêtre dirigeant des sanctuaires shinto, appartenant à la famille impériale..

Révisionnisme Hideaki Kase, un membre influent, par ailleurs président d'un autre groupe révisionniste, la Société pour la dissémination de faits historiques, résume ainsi l'engagement de Nippon Kaigi :

Toshiaki Koga, membre de Nippon Kaigi et de l'assemblée métropolitaine de Tokyo, soutient Soyokaze, un groupe de femmes qui cherche à faire disparaître un mémorial à Tokyo sur les violences commises contre les Coréens après le tremblement de terre de Tokyo en 1923Narusawa Muneo, Behind Tokyo Governor Koike’s Refusal to Send a Eulogy to the ‘Memorial Service for Korean Victims of the Great Kanto Earthquake’: a Rightist Women’s Group and Nippon Kaigi], Shukan Kinyobi ( septembre 2017) p. 16-17, tr. par Satoko Oka Norimatsu, in Two Faces of the Hate Korean Campaign in Japan, Japan Focus, ..

En parallèle avec la promotion de ses vues révisionnistes, l'organisation met fortement en avant certaines dimensions d'épisodes réels de l'histoire du pour renforcer un discours selon lequel le Japon est une victime de l'histoire , , , . Muneo Narusawa, « Abe Shinzo: Japan's New Prime Minister a Far-Right Denier of History », The Asia-Pacific Journal, , , ..

Selon un rapport de du service de recherche du Congrès américain, Nippon Kaigi estime que , que , et que . Tea Party Politics in Japan, The New York Times, .. Le groupe défend vigoureusement les revendications japonaises sur les îles Senkaku., et nie le fait que le Japon ait contraint des femmes de réconfort à l'esclavage sexuel pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sexisme, antiféminisme, homophobie, LGBTphobie Par ailleurs, Nippon Kaigi combat également le féminisme, les droits LGBT et la loi de 1999 sur l'égalité des sexesPolitics and pitfalls of Japan Ethnography, page 66, Routledge, 18 juin 2009, édité par Jennifer Robertson.

Organisation Nippon Kaigi revendique , répartis en régionales (préfectures), et environ locaux Pushed by conservatives, 19 assemblies pass statements urging constitutional revision , Asahi Shimbun, .

Le site de l'organisation liste les membres en fonction de leur ancienneté dans une structure pilotée par un président secondé par des vice-présidents assistés de conseillers.

Parmi les branches régionales, Nippon Kaigi Hiroshima (Japan Congress Hiroshima) compte 750 résidents de la ville. Son directeur exécutif, Masanari Tade, est le fils d'une victime du bombardement atomique d'HiroshimaAsahi Shimbun, le 6 août 2009.

La branche Tokyo Nakano, dirigée par Keiichiro Uchino (président d'un cabinet d'avocats , consulté le 24 novembre 2014), a organisé en une fête en l'honneur du gouvernement de Shinzō Abe, au cours de laquelle le drapeau impérial (au soleil levant avec les faisceaux) fut levé, l'hymne Kimi ga yo chanté, et l'engagement de rompre avec le régime d'après-guerre renouvelé , Nippon Kaigi, le 5 octobre 2013.

Des membres influents

Parmi les membres, anciens membres et affiliés figurent de nombreux parlementaires et ministres, ainsi que quelques premiers ministres dont Tarō Asō et Shinzō Abe. Trois cents des de la Diète y sont affiliés en ; on y compte également des élus de l'opposition. Le président du lobby, Toru Miyoshi, n'est autre que l'ancien juge en chef de la Cour suprême du Japon.

Quinze des dix-huit membres du Cabinet de Shinzō Abe, dont le Premier ministre lui-même, sont Muneo Narusawa, Abe Shinzo: Japan’s New Prime Minister a Far-Right Denier of History, The Asia-Pacific Journal, , , .The Economist of Britain, , cité dans William L. Brooks, « Will history again trip up Prime Minister Shinzo Abe? », Asahi shinbun, . Abe’s reshuffle promotes right-wingers, Korea Joongang Daily, .. Le secrétaire général de ce Groupe est le ministre de l'Éducation Hakubun Shimomura, qui milite ouvertement pour une éducation patriotique, une révision des textes scolaires, et contre une .

Le Premier ministre Shigeru Ishiba et ses prédécesseurs Yoshihide Suga et Fumio Kishida sont membres de cette organisation... Parmi les 19 membres du premier gouvernement Ishiba, 13 sont membres de Nippon Kaigi.

Rejet des Dans ce pays où les dynasties politiques traversent souvent les siècles, certaines figures influentes du lobby font partie de familles directement concernées par les crimes de guerre de l'Empire, ce qui éclaire parfois leur motivation à réécrire une histoire qui rejoint celle de leurs proches.

Le grand-père maternel de Shinzō Abe, Nobusuke Kishi, fut également Premier ministre (de 1957 à 1960), mais auparavant emprisonné comme suspect de crime de guerre de classe A de 1945 à 1948. Dans son livre intitulé Utsukushii Kuni e (Vers un magnifique pays), Abe écrit : Formed in childhood, roots of Abe's conservatism go deep, Japan Times, 26 décembre 2012. Le frère de Shinzō Abe, Nobuo Kishi, est lui aussi membre du groupe Nippon Kaigi à la Diète.

, mais il refuse toujours de fournir des excuses aux survivantsIto, Masami, Pair seek POW apology from Aso, Japan Times, 20 juin 2009, ..

Le ministre des Affaires étrangères, Hirofumi Nakasone, dirige une commission pour envisager « des mesures concrètes pour restaurer l'honneur du Japon au sujet des femmes de réconfort », alors même que son père, l'ancien Premier ministre Yasuhiro Nakasone, à l'époque un lieutenant dans l'armée de l'air impériale, avait été félicité par la hiérarchie pour avoir organisé en 1942 une « station de réconfort en Indonésie »Comfort women and Japan's war on truth, The New York Times, 15-16 nov. 2014.

Affaire Moritomo Gakuen : trafic d'influence L'appartenance à la Nippon Kaigi est le point commun qui relie toutes les parties impliquées dans l'affaire Moritomo Gakuen, une histoire de trafic d'influence qui a fragilisé le premier ministre Shinzo Abe en 2017 et 2018P. Mesmer, Au Japon, le premier ministre fragilisé, Le Monde (14 mars 2018). G. Shimada, K. Moriyasu, Is Abe in trouble? A Q&A on the nationalist school scandal, Nikkei (17 mars 2017).

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Membres du Nippon Kaigi Révisionnisme au Japon Nationalisme japonais Moritomo Gakuen

Bibliographie Glenn D Hook et Gavan McCormack, Japan's Contested Constitution: Documents and Analysis, Londres/New York, Routledge, 2001. Naoko Shimazu, Nationalisms in Japan, Londres/New York, Routledge, 2006. Thierry Guthmann, Nippon kaigi Ou la vitalité du nationalisme politique dans le Japon contemporain Mouvement et groupe de pression politique d’extrême droite au Japon., éditions Les Indes Savantes, collection « Études Asie », Thème : Histoire - géographie - archéologie, , 240 pages . Arnaud Nanta, “Guthmann Thierry, Nippon kaigi ou la vitalité du nationalisme politique japonais dans le Japon contemporain”, Ebisu 61 (2024). DOI: https://doi.org/10.4000/13142 Denis Andro: "Thierry Guthmann: Nippon Kaigi ou la vitalité du nationalisme politique dans le Japon contemporain", Dissidences https://dissidences.hypotheses.org/15147 (2022)

Lien externe

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