François Cuzin, né le à Dolomieu (Isère) et mort le à Signes (Var), est un enseignant et résistant français de la Seconde Guerre mondiale.
Biographie François Cuzin fait ses études secondaires au lycée Ampère à Lyon puis au lycée Lakanal à Paris. Reçu premier au concours de l'École normale supérieure (ENS), il sort deuxième de sa promotion (L 1936). et obtient la troisième place à l'agrégation de philosophie en 1943 (dans les faits, il est classé deuxième, mais Tran Duc Thao classé premier ex aequo est placé hors rang en raison de sa nationalité vietnamienne). Il adhère aux Jeunesses communistes puis s'en éloigne lors du pacte germano-soviétique. Il participe à la manifestation du 11 novembre 1940 et, avec d’autres normaliens, dont Jean-Toussaint Desanti, confectionne des tracts hostiles au régime de Vichy. Le , il écrit une lettre au directeur de l'ENS, Jérôme Carcopino, normalien lui-aussi, qui vient d'être nommé secrétaire d'État à l'Éducation nationale, pour protester contre l'interdiction faite aux étudiants juifs de se présenter au concours de l'écoleMarc-Olivier Baruch, Colette Brull et Jacques Ullmann, Quand l'État français était antisémite, le statut des Juifs et l'exclusion, 2007, en ligne. En 1941 à Paris, il est mis en relation par Maurice Merleau-Ponty, qui a été son répétiteur à l'ENS, avec Jean-Paul Sartre et Jean-Toussaint Desanti, camarade de khâgne. Il entre dans leur petit groupe de résistance, qui publie Sous la Botte et va devenir "Socialisme et Liberté"David Drake, Sartre et le Parti communiste français après la libération, note 32, Sens [public], 2006 Annuaire de l'Association de secours des anciens de l'École normale supérieure, 2004.
François Cuzin a son premier poste d'enseignement en 1941 au lycée de Toulon. Il entre dans le mouvement Franc-Tireur et y participe aux travaux de la commission de réflexion sur la presseJean-Marie Guillon, La résistance dans le Var, dans Toulon, le Var, Histoire, 2004.
Nommé à la rentrée 1942 à Digne au lycée GassendiAujourd'hui collège Pierre Gassendi, il devient le chef départemental de Franc-Tireur, sous le pseudo ÉtienneV. le colloque de Toulon, 2004.. Il participe à la direction des Mouvements unis de la Résistance (MUR) et de l'Armée secrète (AS), et est chargé du service de renseignements des MUR, en liaison avec Franck Arnal, son chef régional à ToulonId.. Il participe à Lyon au Comité national des intellectuels de la zone sud et est nommé membre du Comité départemental de libération (CDL) des Basses-AlpesAujourd'hui Alpes de Haute-Provence. En , il met en place le Comité de libération de DigneG. Gardien.
C'est en venant à une réunion du CDL qu'il tombe le dans un guet-apens monté par les Allemands à Oraison. Conduit au siège de la Gestapo à Marseille, il y est torturé. Transporté au « Vallon des Fusillés » à Signes dans le Var, il est abattu le avec vingt huit de ses camarades, sans avoir pu laisser d’œuvre littéraire véritableStéphane Israël, historien de l'ENS, Les normaliens dans la tourmente (1939-1945), Éditions Rue d'Ulm, Paris, en ligne .
René Char, aux côtés duquel François Cuzin a combattu, évoque dans un article du journal Le Monde en date du , soit vingt-cinq ans après sa disparition, celui qui, pour le poète, "fut, par nature et par sentiment, la Résistance même".
François Cuzin, né à Dolomieu dans la maison de son oncle le mathématicien Élie Cartan, y repose dans la sépulture familiale. Il était le cousin-germain du mathématicien Henri Cartan et du physicien Louis Cartan, exécuté lui aussi par les Allemands.
Décoration
à titre posthume ()
Écrits Situation du Surréalisme, 19 p., Revue de la renaissance française, , Notes sur la mort d'autrui, posthume, Revue de métaphysique et de morale, , octobre-
Lieux mémoriaux Oraison (Alpes de Haute-Provence), stèle à l'entrée du village. Signes (Var), nom gravé sur la plaque nominale de la nécropole nationale. Toulon, avenue François Cuzin. Digne, avenue François Cuzin. Paris, Panthéon, nom gravé dans la liste des écrivains morts pour la France. Paris, Sorbonne, salle François Cuzin (1971), à l'initiative de Vladimir Jankélévitch et de Jean Guéhenno, et bibliothèque de philosophie de niveau recherche (accessible à partir du niveau L 3), intégrée au Service commun de la documentation de l'université Panthéon-Sorbonne..
Notes et références
Voir aussi
Sources Notice sur Jean-Toussain Desanti, Annuaire de l'Association de secours des anciens de l'École normale supérieure, 2004 Été 1944 : la Résistance et la Libération dans les Basses-Alpes, "Quelques chefs résistants dans les Basses-Alpes", Archi'classe, , G. Gardien, "François Cuzin, martyr de la Résistance", www.dolomieu.fr/histoire/cuzin.htm Colloque Des intellectuels dans la résistance : François Cuzin, Jean Cavaillès, Toulon, .
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