Le de carabiniers () était une unité d'infanterie de la force terrestre des forces armées belges. Il fusionne en 1992 avec le de grenadiers pour former le régiment de carabiniers Prince Baudouin - Grenadiers.

Historique Origines Durant la révolution belge de 1830, le , un régiment de chasseurs de Bruxelles est formé à partir de volontaires et de conscrits belges de bataillons de chasseurs et de grenadiers de l'armée néerlandaise. Le , le gouvernement provisoire décrète la création du de chasseurs à pied. Ce régiment est intégré à l'Armée de la Meuse lors de la campagne des 10 jours et combat à Herderen, Houthalen, Riemst, Kermt et Kortessem L'arrêté royal du , renomme ce de chasseurs à pied en de chasseurs-carabiniers, puis par l'arrêté du en de carabiniers. En 1868, les anciennes carabines à percussion sont remplacées par des carabines Terssen à chargement par la culasse et équipé de la baïonnette Yagatan. En 1870, participe à l'armée d'observation à la frontière franco-belge. En 1898, les du régiment de carabiniers furent équipées de vélos. En 1911, ces compagnies furent rassemblées pour former un bataillon de cyclistes au sein du régiment. Le , ce bataillon fut détaché du régiment et devint le de carabiniers-cyclistes.

Au début, le regiment est logé dans l'ancien Petit Château de la ville de Bruxelles, caserne dépuis son requisitionnement par les Autrichiens. Il déménage, le dans la nouvelle caserne du Petit-Château juste à côté. Le , il prend ses quartiers à la caserne Prince Baudouin à Schaerbeek, pour y rester jusqu'en 1939.

Première Guerre mondiale Le , le régiment est dédoublé pour former le de carabiniers. Ils forment ensemble la mixte. Le , il prend position autour de Wavre. Le , l'Allemagne envahi la Belgique. Le , des Allemands sont signalés au nord de Gembloux, le régiment y est envoyé et y fait liaison avec le corps de cavalerie français du général Sordet

Les 24, 25 et , il combat pour la première fois lors de sa participation à la première sortie d'Anvers à l'avant-garde de la d'armée. Il reçoit rapidement l'ordre général de se replier sur Anvers.

Du 9 au , il lutte contre les Allemands à Wackerzeel, Werchter et à la ferme Dooremael avec son régiment frère, le carabiniers qui est dissous le , conséquence des pertes élevées.

Le , il participe à des affrontements à Sneppelaer et le à Berlaere. Durant la bataille de l'Yser, le régiment est engagé au Oud-Stuyvenskerke et dans les combats de la boucle de Tervate. Après ces combats, il reste 47 officiers et de troupes, soit la moitié de l'effectif, et 8 compagnies restent sans officiers. Le , à la suite de renforts, il se compose de trois bataillons à quatre compagnies. Du au , il occupe le secteur de Dixmude. Il est en repos à la côte quand le il reçoit le renfort d'un bataillon. Le de la même année, il passe au secteur de Noordschoote-Steenstraete. Du au , les Allemands attaquent lourdement le poste avancé de Drie-Grachten. Le , deux bataillons du régiment prennent part à la bataille de Steenstraete où les Allemands utilisent pour la première fois des gaz asphyxiants.. Du au , il occupe de nouveau le secteur de Dixmude. Du au , il est positionné dans le secteur plus calme de Nieucapelle. Le , il est placé en réserve dans la région de Leysele. Le , le régiment est de nouveau dédoublé et le de carabiniers est reformé. Ils forment ensemble la sous les ordres du général Baltia. Du au , il occupe à nouveau le secteur de Steenstraete. Le il retourne dans le secteur de Nieucapelle. Le , il prend position dans le secteur de Nieuport. Le , il est dans le secteur de Boesinghe. Le , il participe à l'offensive des Flandres. Il combat à Westroosebeke et Rumbeke. Le , jour de l'armistice, le régiment a progressé jusque Heyste.

Le , il défile dans les rues de Bruxelles.

Entre-deux-guerres Le , le roi Albert renomme le régiment en régiment de carabiniers prince Baudouin en mémoire de son frère décédé, le Prince Baudouin.

Seconde guerre mondiale Il effectue la campagne de intégré à la d'infanterie. Il est mobilisé le à la caserne Prince Baudouin à Schaerbeek. Le , il est envoyé sur le canal Albert et y remplace le de chasseurs à pied. Contrairement à ces derniers, il n'est plus logé chez l'habitant à Einthout mais dans les écoles des filles et des garçons, les salles Standaard et Ons Huis, le château Ossenstal et dans des baraquements en bois. À Vorst, il est également logé dans des baraquements en bois mais également dans des fermes. Le , le château Ossenstal est détruit dans un incendie accidentel provoqué par un soldat. Le vers 1h30 du matin, l'alerte est donnée et le régiment rejoint ses positions défensives au sud du canal Albert entre Vorst et Eindhout avec à sa gauche le de grenadiers et à sa droite le de ligne. Les premiers avions ennemis sont aperçus dans la soirée. Le , au lever du jour, la Luftwaffe est de nouveau de la partie, aussi bien le que le de ligne sont attaqués. Le carabiniers quant à lui est épargné. Les ponts de son secteurs sont dynamités vers après avoir vu passer de nombreux réfugiés. À 20h00, tombe l'ordre de battre en retraite. L'état-major craint en effet l'encerclement à la suite de la percée des positions de la d'infanterie et la prise de Tongres par l'armée allemande. À 23 h 00, les dernières colonnes prennent la route pour Westerlo, le formant l'arrière-garde. La retraite est rendue lente et difficile par l'encombrement des routes et l'obligation de circuler tous feux éteints.

Le , à 4h00 du matin, le régiment s'est éloigné du canal de seulement . Le atteint finalement Westerlo fin de matinée avant de quitter la ville vers 13h00 en direction de Hulshout. Mais avant de partir, le régiment reçoit l'ordre de retourner sur ses anciennes positions sur le canal. Le y arrive durant la nuit, sous les bombardements allemands. Le atteint le pont de Kwaadmechelen vers 8h00 le et subit directement le feu ennemi. Le atteint lui Vorst-Laakdal et est également attaqué. L'ordre de l'état-major d'abandonner le canal Albert est décidé ce même jour à 14h30, mais n'atteindra le de carabiniers qu'à 22h30 qui fut le dernier régiment belge en action sur le canal. Les bataillons sont alors envoyés vers Veerle sur la ligne KW.

Le , après une longue marche, il atteint la ligne KW à Wavre-Sainte-Catherine.

Le , le régiment se repose et est placé en seconde ligne.

Le , au lever du jour, le régiment doit creuser de nouvelles positions autour de Duffel. Il se trouve ainsi à l'ouest du secteur Lier-Koningshooikt en seconde ligne par rapport aux autres unités de la qui tiennent la ligne KW. Durant la nuit, tombe l'ordre pour le régiment de décrocher sur le canal Gand-Terneuzen. Le régiment prend ainsi la route de Malines dans la nuit du 16 au 17. Vers 02h00, les colonnes quittent la chaussée Lier-Malines pour atteindre via des routes de campagne la Dyle et la traverser sur un pont temporaire mis en place par le génie pour accélérer la retraite de la ligne KW. L'artillerie étant prioritaire, les carabiniers doivent patienter 4 heures avant que finalement le pont ne ploie sous le poids d'un lourd chargement de munitions. Le régiment est alors redirigé sur Malines. Il y arrive à la hâte vers midi, et y traverse la Dyle juste avant que le génie ne fasse sauter le pont. Il prend alors la direction de Willebroek pour traverser le canal maritime. Dans la soirée, le Grand-Quartier-général décida que la ferait partie de l'avant-garde de la retraite sur la ligne Terneuzen-Gand-Audenarde. Vers 19h00 le régiment prit donc l'autoroute Anvers-Bruxelles à bord de camions et d'autobus vers Breendonk. Seul l'équipement nécessaire est emporté, une grande quantité de matériel et de munitions est abandonnée derrière la berme de l'autoroute.

Le , les carabiniers atteignent la rive ouest du canal Gand-Terneuzen via Zelzate. Le régiment stationne à Kallemansputte en attente d'ordres.

Le 19, la ligne de défense belge prend sa forme définitive sur le canal Gand-Terneuzen. Au nord, la division de cavalerie garde la secteur autour de Terneuzen. Au centre se trouve le d'armée composé des et d'infanterie. La partie sud du canal est couverte par le d'armée formé par les et d'infanterie. Le régiment doit occuper Zelzate avec pour but de rendre difficile à l'ennemi l'approche du canal. Aux alentours de 16h00, les nouvelles positions sont fixées et le régiment doit se rendre sur ses positions sur le canal. Il doit s'étendre sur Zelzate le long des 2 côtés de la route d'Assenede à Wachtebeke. Le était placé au flanc droit du régiment et faisait la liaison avec le de ligne qui se trouvait au sud de Zelzate.

Toute la journée du 20 est consacrée au renforcement des positions et au creusement de tranchées. Le régiment est inquiet de la présence du de ligne, un régiment de dépourvu de canons anti-chars et de mortiers, et craint que l'ennemi n'y concentre ses efforts. Durant la soirée, le génie détruit le pont de Zelzate. Un premier bombardement d'artillerie signale aux carabiniers que les Allemands ne sont plus très loin de la rive est.

Le , l'alarme est donnée vers 11 h 00. L'infanterie allemande se disperse dans Zelzate, l'artillerie allemande entre en action et les carabiniers ripostent avec leurs mortiers. Une patrouille du est envoyée en reconnaissance sur l'autre rive et ramène 4 prisonniers appartenant au d'infanterie allemand. Plus tard dans l'après-midi, l'intensité augmente et l'ennemi tente à partir de 17h00 de traverser le canal à l'aide de canots pneumatiques entre le régiment de carabiniers et les et de ligne. Un duel d'artillerie éclate et les combats durent jusqu'à la nuit tombée.

Durant la nuit du 21 au , le Grand-Quartier général décide d’abandonner la ligne Terneuzen-Gand-Audernarde et d'installer dans les 2 jours une nouvelle position sur le canal Léopold, le canal de dérivation de la Lys et la Lys elle-même. Sur le canal Gand-Terneuzen, le départ sera retardé pour laisser le temps à l'intendance de vider le grand dépôt d'Eeklo. Dans le sous-secteur du de carabiniers, il devient rapidement clair que les , et de ligne ne sont plus en état de tenir leurs positions. Toute la journée, les carabiniers sont soumis à des combats. Vers 18h00, l'ordre formel de retraite atteint les diverses compagnies. Les carabiniers sont ainsi remplacés à la tombée de la nuit par les cavaliers du de guides qui ont pour mission de couvrir la retraite de l'infanterie.

Le régiment quitte Eeklo durant la nuit du 22 au pour traverser la dérivation de la Lys à Veldekens. Le garde le pont de Ravenschoot. Le doit lui protéger le pont de Veldekens. Le est placé sur son flanc droit. Les ponts sur le canal sont minés le jour-même sauf le pont de l'écluse à Balgerhoeke, mais dont les 2 voies d'accès sont minées par le génie, pour éviter une baisse des eaux du canal.

Dans la nuit du 23 au , les derniers soldats belges quittent le canal Gand-Terneuzen. À 3 h 00 passe le dernier train sur le pont d'Eeklo. Les Allemands traversent rapidement le canal Gand-Terneuzen et suivent les Belges jusqu'à leur position suivante le long du canal de dérivation. Durant cette même nuit, le de ligne est retiré de la d'infanterie et envoyé directement sur la Lys en renfort. Au matin du 24, les ponts à Balgerhoeke sont détruits et Eeklo est entièrement aux mains de l'ennemi vers la mi-journée.

Dans la matinée du 25, le régiment reçoit l'ordre de partir pour la Lys. Il y est transféré à la avec les restes de la . Dans l'après-midi, le régiment subit des attaques sporadiques et des bombardements.

Le , le de chasseurs à pied et le de ligne qui sont positionnés respectivement au nord et au sud du régiment subissent une attaque de grande envergure. Les carabiniers finissent par se retrouver entre 2 têtes de pont allemandes qui lancent une attaque sur les flancs du régiment. Celui-ci ne parvient pas à tenir ses positions et vers 21h00, il reçoit l'ordre de décrocher derrière la ligne Stroburg-Maldegem-Oostwinkel.