L'église Saint-Maximin est une église catholique paroissiale située à Saint-Maximin (Oise), en France. C'est un édifice d'une grande complexité, qui a été édifié en plusieurs étapes, et connu quelques remaniements. Ses parties les plus anciennes remontent au dernier quart du . Ce sont le portail occidental de la nef, à la décoration rudimentaire, et le clocher à deux étages de baies, qui est tout à fait représentatif de son époque. La plupart des baies du premier étage ont malheureusement disparu, et celles du second étage ont été refaites au . La flèche en pierre a été ajoutée vers le milieu du . La nef, dont les grandes arcades ont été percées à la même époque, est sans caractère, et la base du clocher et les parties orientales ont perdu une partie de leur authenticité lors d'une restauration au . La voûte d'arêtes sous le clocher date toutefois d'origine, ainsi qu'un tailloir archaïque gravé de lignes brisées. La partie la plus intéressante à l'intérieur de l'église est le petit chœur des années 1170, dont les chapiteaux aux motifs simples rappellent encore la période romane tardive. L'église Saint-Maximin a été inscrite aux monuments historiques en 1926.. Elle est affiliée à la paroisse bienheureux Frédéric Ozanam du Creillois-Centre.

Localisation thumb|left|Le chevet de l'église.

L'église Saint-Maximin est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au sud de l'agglomération de Creil, sur la commune de Saint-Maximin (Oise). Elle est implantée en dehors du centre actuel de la commune, dans le secteur du village situé à l'est de la voie ferrée, au carrefour rue Pierre-Dewæle / rue des Fontaines, place de l'Église. L'église est orientée irrégulièrement vers le sud-est du côté du chevet, qui donne sur la rue Pierre-Dewæle. L'élévation méridionale (en fait tournée vers le sud-ouest) est aligné sur la rue des Fontaines. La place de l'Église est le parvis devant la façade. Elle est délimitée au nord-est par la rue du Jeu-d'Arc, qui débute ici. La courte rue de la Paix la relie à la rue Pierre-Dewæle. On peut ainsi faire le tour extérieur de l'édifice, et il est entièrement dégagé d'autres constructions. La situation est agréable, avec des arbres bordant le parvis, et un jardin traditionnel est aménagé au nord de l'église, dans l'angle entre nef et sacristie. Une grande pelouse se situe devant l'élévation méridionale, dans l'angle des rues Pierre-Dewæle et des Fontaines, et une belle perspective s'offre ainsi sur l'église depuis ce côté.

Historique

La paroisse remonte au moins à la fin du , époque de la construction de l'église romane dont subsistent le portail et le clocher. Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépend du doyenné et de l'archidiaconé de Clermont, du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est le prieuré clunisien de Saint-Leu-d'Esserent.. Faute de publications, il n'est pas possible de retracer ici l'histoire de la paroisse. Louis Graves signale seulement que le hameau de Vineuil en fait partie à une certaine époque ; il est ensuite intégré dans la paroisse de Saint-Firmin. Les différentes campagnes de construction peuvent être déterminées grâce à l'analyse archéologique et la comparaison avec d'autres églises. Dominique Vermand, qui a étudié la plupart des églises du département, a ainsi pu dater les différentes parties de l'église. L'église romane de la fin du doit se composer d'une nef unique ; d'un transept ; d'un clocher se dressant au-dessus de la croisée du transept ; et d'un chœur. C'est au cours des années 1170 que le chœur roman, dont l'on ignore tout, est remplacé par le chœur gothique primitif actuel. La nef est est pourvue d'un unique bas-côté au sud, à cette époque ou à un autre moment de la période gothique. Vers la fin du ou au début du , une chapelle lui est ajoutée au sud. Un siècle plus tard, au milieu de la guerre de Cent Ans, une seconde chapelle est ajoutée en face, au nord : c'est l'un des rares témoignages de l'architecture de cette époque dans la région. Une fois la paix revenue, un collatéral de deux travées est édifiée à l'ouest de la chapelle du sud, au dernier tiers du . Il remplace la dernière travée du bas-côté, ainsi que l'ancien croisillon sud de la période romane. Finalement, la nef et le bas-côté sont en grande partie rebâtis à l'époque moderne, au ou au . Le croisillon nord ou la travée qui l'a remplacé ont déjà disparu à ce moment, car l'arcade au nord de la base du clocher n'est plus visible que depuis l'intérieur. Vers 1825, Louis Graves trouve l'église très dégradée. Elle bénéficie d'une restauration au cours du , mais celle-ci est très radicale, et fait perdre à l'intérieur de l'église une partie de son authenticité... L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . Elle dépend toujours du diocèse de Beauvais. Saint-Maximin n'est plus une paroisse indépendante, et est affilié à la paroisse du Creillois-Centre « bienheureux Frédéric Ozanam ». Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Maximin tous les samedis à 18 h 30. ; il y a également des messes en semaine.

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

L'église se compose d'une nef de quatre travées accompagné d'un unique bas-côté au sud ; d'une base de clocher servant de première travée au chœur, d'une seconde travée du chœur se terminant par un chevet plat ; d'une chapelle latérale nord d'une seule travée ; d'une chapelle latérale sud d'une seule travée également à l'origine, puis prolongée vers l'ouest par un collatéral de deux travées supplémentaires. L'une de ces travées borde la base du clocher ; l'autre se substitue à la dernière travée du bas-côté de la nef. Celle-ci et le bas-côté ne sont pas voûtés. La base du clocher est voûtée d'arêtes. Les autres travées sont voûtées d'ogives. L'église est complétée par deux constructions annexes : une grande sacristie au nord de la chapelle, et un porche bâti en dur devant le portail occidental. Ce portail constitue l'unique accès à l'église. Depuis l'extérieur, les parties orientales paraissent assez homogènes, ce qui n'est en réalité pas le cas : chacune des parties de l'église date d'une période différente. Au sud, le collatéral et la chapelle latérale sud présentent une succession de trois pignons, et sont recouverts par des toits en bâtière indépendants. Au chevet, le chœur possède un pignon, qui est flanqué des deux rampants orientaux des chapelles. Au nord, la chapelle latérale possède également un pignon, à l'instar de son homologue au sud.

Intérieur Nef, bas-côté et base du clocher thumb|Nef et grandes arcades. thumb|Nef, vue vers l'ouest. thumb|Voûte d'arêtes sous le clocher.

La nef et le bas-côté sont considérés comme modernes par Louis Graves, ce qui l'auteur déduit sans doute des fenêtres et du parement extérieur. Il ne fait cependant pas de doute que le portail soit roman, et Eugène Müller date les grandes arcades vers le bas-côté du .. Il convient de fixer une limite aux alentours de 1130, quand les arcades en tiers-point apparaissent pour la première fois dans la région, dans le transept de Rieux et la nef de Villers-Saint-Paul ; .. Ces arcades sont au nombre de quatre, et elles sont susceptibles d'avoir été percées dans le mur méridional de la nef après coup : elles ne sont pas moulurées et seulement chanfreinées, et elles sont dépourvues de colonnettes à chapiteaux, ce qui n'est pas usuel dans la région à partir du second quart du . Les arcades retombent néanmoins sur des tailloirs, et les piliers, soigneusement appareillés, résultent visiblement d'une reprise en sous-œuvre. Au début de la période romane et jusqu'au début du , des arcades retombant sur des tailloirs sans chapiteaux ni colonnettes sont courants, et l'on en trouve par exemple à Cinqueux et Rhuis, où elles sont bien sûr en plein cintre. Le profil des tailloirs comporte une plate-bande, un chanfrein et un quart-de-rond, ce qui est assez peu spécifique.

La nef elle-même est dénuée de caractère. C'est une simple salle rectangulaire, qui prend le jour par quatre grandes fenêtres en plein cintre du côté nord, et qui est recouverte par un plafond plat en bois. La dernière poutre prend appui sur un corbeau côté sud. La tribune en bois à l'extrémité occidentale de la nef séduit par sa balustrade ajourée, mais n'est plus utilisable. Au-dessus, l'on aperçoit une baie en plein cintre bouchée, qui est nettement plus petite que celles du nord. Le bas-côté fait honneur à son nom, et son toit descend effectivement très bas au sud, comme à Auger-Saint-Vincent, Ormoy-Villers, Rocquemont et Saint-Vaast-de-Longmont, où les arcades ont également été percées après coup. Le mur gouttereau du bas-côté est loin d'atteindre la hauteur, déjà modeste, de celui de la nef, et le plafond est simplement le revers lambrissé et plâtré du toit en appentis. L'éclairage du bas-côté par une lucarne est une conséquence de la faible hauteur du mur gouttereau, et est une particularité qui se trouve également à Rocquemont. Une deuxième fenêtre, petite et étroite, éclaire le bas-côté depuis l'ouest. La travée qui correspond à la quatrième grande arcade a été remplacée par l'une des deux travées du collatéral du . Le bas-côté d'Auger-Saint-Vincent a connu une transformation analogue au siècle suivant.

Le mur oriental de la nef est enduit et peint en faux appareil, ce qui défend toute datation. Il est ajouré d'une grande arcade en plein cintre, qui n'est même pas chanfreinée, et dont les claveaux sont seulement simulés par des traits. En entrant dans la base du clocher par l'arcade, l'on s'aperçoit que celle-ci est dédoublée par une seconde arcade, qui est légèrement plus élevée. Son épaisseur est réduite, alors que les trois autres arcades au nord, à l'est et au sud de la base du clocher sont très épaisses. Ces quatre arcades devraient dater de la fin du , mais elles sont également enduites et peintes en faux appareil depuis la restauration du , et pratiquement rien ne prouve leur caractère roman. L'arcade du sud retombe toutefois sur une imposte ou tailloir archaïque à l'ouest, qui permet une datation approximative. Le tailloir comporte une plate-bande et un chanfrein, qui sont gravés de lignes brisées, délimitant des triangles excavées. De tels tailloirs existent aussi à Cinqueux, Saint-Pierre de Pontpoint, Rhuis, et sous les clochers-porche d'Estrées-Saint-Denis et Morienval. L'exemple le plus ancien connu en Île-de-France se trouverait dans la collégiale Notre-Dame de Melun, fondée dans les années 1020-1031 par le roi Robert le Pieux (dans le bas-côté sud de près du transept). De différentes hypothèses ont été évoquées pour expliquer les origines du décor géométrique, mais la découverte d'une stèle mérovingienne gravée d'étoiles selon le même schéma dans l'église de Rhuis donne à penser qu'il s'agit bien d'une persistance d'influences mérovingiennes ; .. La voûte d'arêtes peut également remonter au , mais elle a subi le même traitement que les arcades, et il est impossible de voir comment elle a été appareillée. Les arêtes se fondent dans les angles entre les quatre arcades, qui sont directement contigües. Les voûtes d'arêtes sous les clochers romans sont rares dans la région, car la plupart ont été remplacées par des voûtes d'ogives, et plusieurs bases de cocher possèdent des voûtes en berceau. Dans les environs, les églises de Bruyères-sur-Oise, Chamant et Rhuis conservent également des bases de clocher voûtées d'arêtes.

Chœur thumb|upright|Chœur, vue vers l'est.