thumb|Agriculture familiale thumb|Cultures en terrasses près d'Ambalandingana L'agriculture à Madagascar emploie 78% de la population active et constitue une composante essentielle de l’économie malgache en contribuant à hauteur de 26,3% au PIB (43 % si l’on y intègre l’agroalimentaire)Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt - Politiques agricoles à travers le monde - Fiche pays - Madagascar, 2015. Les populations rurales pratiquent une agriculture essentiellement vivrière où le riz joue un rôle prépondérant. Il existe également des cultures de rente (litchis, vanille, épices, …) procurant des produits d’exportation.
L’agriculture souffre de handicaps importants (érosion, épuisement des sols, aléas climatiques, manque d’infrastructures…) induisant une faible productivité. L’insécurité alimentaire affecte une partie importante de la population : c’est le cas de 35 % des populations rurales et des populations urbaines les plus pauvres. Le gouvernement souhaite développer la production afin de satisfaire les besoins du pays ainsi que ceux des îles voisines.
vignette|Les fèves comestibles de cacaoyer à partir desquelles sont fabriquées le cacao, le produit de base du chocolat, Ambanja, Madagascar.
Production Madagascar a produit, en 2023:
5,1 millions de tonnes de riz; 3,2 millions de tonnes de canne à sucre; 2,5 millions de tonnes de manioc; 1,3 million de tonnes de patate douce; 388 000 tonnes de légumes; 402 000 tonnes de banane; 307 000 tonnes de mangue (y compris mangoustan et goyave); 257 000 tonnes de pomme de terre; 230 000 tonnes de taro; 215 000 tonnes de maïs; 87 000 tonnes d'ananas; 91 000 tonnes de haricot; 83 000 tonnes d'orange; 20 000 tonnes de noix de coco;
En plus de petites productions d'autres produits agricoles, comme café (57 000 tonnes), clou de girofle (23 000 tonnes), cacao (11 000 tonnes), noix de cajou (7 mille tonnes) et vanille (3 mille tonnes) Production de Madagascar en 2018, par la FAO .
Histoire
Vers 1900, la densité de la population malgache est faible (4 hab/km²) et très inégalement répartie sur le territoire. Une campagne de lutte contre les maladies infectieuses est mise en place pour faire baisser la mortalité. Comme ailleurs en Afrique la transition démographique s'effectue entre 1950 et 2000, période où la population a été multipliée par trois. Mais cela ne résout pas les vides démographiques dans certaines régions du pays, et donc les ressources humaines nécessaires à l'exploitation des terres. À l'inverse la pression démographique est forte dans les hauts plateaux centraux et à l'est. La taille des exploitations a diminué en moyenne sur ces territoires tandis que plus de la moitié des surfaces agricoles (2,6 millions d'hectares contre 2,1 millions en 2005) sont peu cultivées ou à l'abandon. Un plan de migration interne est envisagé mais cela nécessite des infrastructures et des incitations. Pour résoudre l'impasse démo-économique, la formation est aussi un levier important. La population rurale reste importante (14 millions d'habitants sur 17 millions en 2005). Pour employer cette main d'œuvre dans les campagnes, des tentatives d'intensification des cultures en particulier du riz (système de riziculture intensive SRI) n'ont pas eu les effets escomptés (moins de 1% des surfaces)Restructurations agricoles au sud et à l'est, www.cairn.info, février 2008 (consulté le 7 octobre 2018).
Depuis son indépendance, Madagascar a entrepris plusieurs plans gouvernementaux visant à transformer son économie agricole : politique centralisée dans les années 1960, puis socialisme économique dans les années 1970-1980, pour enfin se diriger vers le libéralisme économique des années 1990.
Lors de son accession à la présidence du pays en 2002, l'homme d'affaires Marc Ravalomanana ayant fait fortune avec son groupe agroalimenatire Tiko se lance dans une politique de favorisation de ses entreprises dans la conduite des affaires du paysFabienne Pompey, Marc Ravalomanana gère Madagascar comme son entreprise et engrange des succès économiques, www.lemonde.fr, 20 juillet 2005 (consulté le 6 octobre 2018). En 2003, le Syndicat des industries malgaches (SIM) dénonce la détaxation sur les importations de matières premières qui bénéficie principalement aux sociétés de production agroalimentaire de l'empire Tiko et au détriment des producteurs locaux. Les produits de première nécessité passent tous sous les marques du groupe Tiko. Le riz de première qualité malgache est exporté, et la population est nourrie avec un riz pakistanais bas de gammePourquoi Ravalomanana a perdu, www.france24.com, 17 mars 2009 (consulté le 6 octobre 2018)Mathieu Pellerin, Madagascar : un conflit d’entrepreneurs ?, www.politique-africaine.com, mars 2009 (consulté le 6 octobre 2018).
vignette|Carottes et pommes de terre, vendus au bord de la route, à Imerinafovoany, Madagascar.
En 2003, le président Ravalomanana déclare : « Il n'est pas du tout normal que nous importions du riz. La production devra être doublée d'ici un an »Agnès Rougier, Pour lutter contre l’érosion, les cultures SCV, www.rfi.fr, 12 mars 2008 (consulté le 16 octobre 2018). À partir de 2004, la grande Île se lance dans un programme de réforme agraire visant à sécuriser les droits des paysans et à se préparer à l'alignement du prix de son riz avec les prix internationaux. La taille moyenne des exploitations passe de 1,2 hectare en 1985 à 0,86 hectare en 2005, une réduction contraire aux objectifs fixés. La production malgache de riz est elle passée de 2,8 millions de tonnes en 2003 à 3,7 millions de tonnes en 2007. La Banque mondiale finance alors un projet de semences améliorées avec un investissement de $40 millions, espérant réellement doubler ce coup-ci la production de riz en 1 anRisham Badroudine, Madagascar suspend l’exportation de riz, www.temoignages.re, 5 juin 2008 (consulté le 16 octobre 2018).
Le , Madagascar signe un accord de partenariat économique avec les états de l'Est austral africain et s'engage à ne pas produire de coton, de cacao, de café et de sucreMadagascar: Contexte agricole et relations internationales, www.agropolis.com, juin 2009 (consulté le 7 octobre 2018). En 2008, le gouvernement malgache cède à la société sud-coréenne Daewoo 1,3 million de terres cultivables de l'île (équivalent à la moitié de la Belgique) pour une durée de 99 ans. Daewoo compte y produire de l'huile de palme et du maïs à moindre coûtLa Corée du Sud relance la course aux terres agricoles, www.lemonde.fr, 20 novembre 2008 (consulté le 8 octobre 2018).
Depuis les années 2000, et pour répondre aux besoins alimentaires liés aux fortes poussées démographiques dans les grandes villes du pays, une forme d'agriculture urbaine s'est développée. Depuis 2011, la mairie d'Antananarivo développe un programme visant à développer l'agriculture urbaine dans les écoles publiques de la villeMadagascar: l'agriculture urbaine pour nourrir les habitants d'Antananarivo?, www.rfi.fr, 24 septembre 2017 (consulté le 8 octobre 2018).
Partenariats internationaux En , Madagascar renforce son partenariat avec le Maroc dans le domaine agricole, notamment avec la création et le développement d'une assurance agricole à MadagascarSophia Maazouz, Renforcement du partenariat entre le Maroc et Madagascar notamment dans secteur agricole, www.agrimaroc.ma, 22 novembre 2016 (consulté le 8 octobre 2018).
Depuis 2019, Madagascar et la Chine ont un accord de coopération dans les domaines de la riziculture, de l’élevage et de l’agribusiness.
Caractéristiques Les terres potentiellement cultivables représentent 36 millions d’ha, mais 3 millions d’ha sont exploités. Le nombre d’exploitations est de l’ordre de 2,4 millions. Il s’agit pour la plupart d’exploitations familiales de petite taille ( de moyenne) et très morcelées.
L’utilisation d’intrants et la mécanisation sont peu développées. Les rendements des cultures demeurent très faibles.
Cependant à partir de 2005 un vaste programme de distribution de certificats fonciers a été mis en œuvre. Ce sont les communes qui s'en chargent. Le but est d'éviter les conflits et de sécuriser le foncier pour permettre aux agriculteurs d'investir et d'augmenter les rendements.
Productions principales Cultures vivrières Riz thumb|Rizière près de Morondava thumb|Plantation du riz en pays Zafimanary Le riz occupe une place de premier plan à Madagascar. Il constitue l'aliment de base de la population malgache, l'une des plus grosses consommatrices de riz dans le monde : de riz cargo (riz décortiqué) par habitant et par an selon la FAO. Le riz constitue même le moteur du développement économique du pays. Il contribue à hauteur de 12 % au PIB national et de 43 % au PIB agricole.
Le riz est cultivé par 85 % des agriculteurs et constitue la principale source de revenus des familles dans 45 % des communes malgaches. La culture du riz est majoritaire (87 % des exploitations, 60 % des surfaces cultivés), mais selon une enquête de 2004, 45 % des récoltes de paddy vont directement à l'autoconsommation, 18% aux stocks, et 37% à la vente.
La production de riz s’est développée, mais n’a pu suivre la croissance démographique. Aussi, d’exportateur jusqu’aux années 1970, Madagascar est-il devenu un pays importateur. En 2014, la production de riz paddy s’est élevée à 3,6 millions de tonnes. Elle n’a pas couvert tout à fait les besoins du pays ; il a fallu importer . Du point de vue technique, la riziculture malgache est peu performante. Les rendements sont de par ha environ, très inférieurs à ceux qu’on observe dans les pays asiatiques. Un système de riziculture intensive a été mis en place mais demeure un échec, inadapté aux réalités socio-économiques des habitants de l'Île.
La plus grande partie de la production nationale (60 % environ) est autoconsommée. En , les autorités malgaches annoncent une baisse de 80 % de la production rizicole malgache, 20 % seulement ayant pu être récoltéesAgriculture: Madagascar, un géant aux pieds d'argile, www.lactualite.mg, 13 novembre 2017 (consulté le 6 octobre 2018).
En 2025, est lancé le programme "Riz hybride" à base de riz importé de Chine afin d'augmenter la productivité et de faire baisser les importations de cette denrée.
Manioc vignette|136x136px|Manioc vignette|Plantation de manioc à Wailua, Maui, Hawaii. Le manioc est, après le riz, le deuxième aliment de base de la population malgache. Sa culture occupe une superficie de et sa production est de l'ordre de 2,9 millions de tonnes. Comme le riz, 60 % de la production du manioc est réservé à la consommation domestique.
Autres cultures vivrières vignette|138x138px|Coupe transversale d'un tubercule de Manihot esculenta Le maïs, le haricot et la patate douce sont les autres cultures vivrières importantes du pays.
Cultures de rente Litchi vignette|Litchi |alt=#WPWP et #WPWPMDG Avec une production annuelle de l'ordre de , Madagascar est le troisième pays producteur dans le monde après la Chine et l'Inde. Le litchi est produit principalement sur la côte est et le sud-est de l'Île. à sont exportés en frais chaque année vers l'Union européenne durant la période de Noël.
Vanille Madagascar occupe le deuxième rang mondial après l'Indonésie des pays producteurs de vanille. Mais cette production est en forte décroissance : de en 2004, elle est passée à en 2010 et à en 2013. En cause, des pratiques culturales inadéquates et une accentuation des aléas climatiques provoquant une mauvaise floraison. La vanille est exportée principalement vers l'Europe et le Japon.vignette|#wpwp et #wpwpmdgEn 2017, Madagascar retrouve une place de leader en assurant 80% de la production mondiale de vanille, une culture qui contribue à hauteur de 5% du PIB grâce à des prix atteignant 600 euros le kiloMadagascar : la vanille se paie à prix d'or, www.francetvinfo.fr, 23 août 2017 (consulté le 8 octobre 2018).
Épices