thumb|L'observatoire du haut Peissenberg.
L'observatoire météorologique du haut Peissenberg est la plus ancienne station météorologique de montagne du monde. L'observatoire est situé à d'altitude, sur le haut Peissenberg, à environ de la lisière des Alpes, et environ au sud-ouest de Munich en Bavière. Il fait partie du Deutscher Wetterdienst (service météorologique d'Allemagne - DWD), fait des recherches sur l'ozone, des mesures d'aérosols et de gaz traces, de la météorologie radar et effectue des observations météorologiques. Avec la station de recherches sur l'environnement du Schneefernerhaus sur la Zugspitze, il constitue la seule du programme Global Atmosphere Watch (GAW) en Allemagne. Dans le cadre de ce programme de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dépendant de l'ONU, il y a dans le monde 24 qui saisissent des données sur la chimie de l'atmosphère et la météorologie. Ceci permet des conclusions sur, par exemple, les changements de composition chimique de l'atmosphère, l'effet de serre, le trou dans la couche d'ozone, et les modifications climatiques qui peuvent en résulter (Cf. réchauffement climatique). Le haut Peissenberg est la seule station météorologique restante dans le « réseau de mesures de Mannheim » de la , une société météorologique siégeant à Mannheim, et dans laquelle depuis le jusqu'à maintenant, il a été procédé à des observations météorologiques pratiquement sans interruption.
Importance
thumb|L'observatoire
En raison de son histoire de plus de 230 ans, l'observatoire est très important pour la recherche en météorologie et en climatologie. À partir des suites de mesures de la station, on a pu tirer d'innombrables connaissances importantes sur l'atmosphère terrestre. Au cours des derniers 200 ans, les mesures ont été exploitées de diverses manières et utilisées dans des publications de scientifiques du monde entier. Au début des années 1960, les suites de mesures du haut Peissenberg ont été retravaillées par de nombreux scientifiques, dans la mesure où l'OMM et l'UNESCO avaient besoin de longues suites de mesures pour résoudre des questions sur les changements climatiques. Les séries de mesures du haut Peissenberg comptent parmi les plus longues et les plus homogènes en Europe, et est affranchie de variations locales dues par exemple à l'urbanisation, comme le sont celles de Bâle ou de Prague.
La station météorologique du haut Peissenberg, après la fermeture de la , et l'abandon corrélatif de la station météorologique du Saint-Gothard, a été pendant environ un siècle la seule station météorologique de montagne du monde. Les paramètres météorologiques, en particulier la température, évoluent au haut Peissenberg parallèlement au développement global, et en particulier à d'autres longues séries de mesures comme celles de Vienne et de Bâle. La situation de la station s'est montrée particulièrement avantageuse, parce que les résultats de mesure ne sont pas influencés par des modifications locales de l'urbanisation, contrairement aux stations proches des villes. L'implantation de la station est aussi avantageuse parce que la montagne isolée, à presque d'altitude, détachée des Alpes, sort pendant la nuit de l'air froid proche du sol, et est ainsi affranchie des effets à petite échelle.
Pour continuer les longues séries de mesures du haut Peissenberg, les observations climatiques des instruments météorologiques continuent à être faites aux « heures de Mannheim, » c'est-à-dire à 7h, 14h et 21h, bien que depuis le , sur le DWD (réseau allemand), toutes les observations soient faites électroniquement toutes les heures, et saisies par ordinateur. Ces mesures horaires servent à calculer les valeurs moyennes. Précédemment, c'étaient les heures de Mannheim qui avaient servi aux observateurs et pour le calcul des moyennes.
Situation
Le haut Peissenberg est situé au milieu du paysage de moraines du Pfaffenwinkel, entre les communes de Weilheim et Schongau, à environ au sud-ouest de Munich, et environ de la limite des Alpes, dans le domaine entre les couches pliées et non pliées du tertiaire des Préalpes. Il offre un horizon de vue libre de tous côtés, avec un panorama des Alpes sur une largeur de , des Alpes de Berchtesgaden aux Alpes suisses. La montagne est considérée comme le rehaussement notable le plus éloigné sur le haut-plateau souabe-bavarois. Le haut Peissenberg a d'altitude, et domine la région environnante de . Son pied est entouré au sud, à l'est et au nord par la commune de Hohenpeissenberg.
La situation du haut Peissenberg et de la station qui s'y trouve entraîne qu'en hiver, il se produit un renversement des températures par une couche d'inversion. En hiver se forment dans la vallée des lacs d'air froid, qui peuvent se trouver substantiellement plus froids que dans le domaine du sommet du haut Peissenberg. Ainsi, la température moyenne sur le haut Peissenberg, en décembre et janvier, est supérieure à celles des stations situées à plus basse altitude. Par contre, en été, il peut faire de plus froid, conformément à la situation en altitude. Les rapports de température présentent au cours de l'année - malgré l'altitude relativement faible de la montagne - les caractères du climat montagnard.
Histoire
thumb|Station météorologique vers 1900 thumb|Monastère et observatoire, 2003
À la fin du , quand on a commencé les observations, l'observatoire appartenait au monastère de Rottenbuch, et était exploité par les chanoines réguliers de saint Augustin. En 1803, après la sécularisation du monastère, il a été administré par l'académie bavaroise des sciences à Munich ; en 1838 il a été placé scientifiquement sous l'observatoire astronomique de l'université Louis-et-Maximilien de Munich à Bogenhausen. En 1879, il a été intégré comme station la plus élevée dans le service météorologique bavarois nouvellement créé. En 1940, il a été déplacé dans le nouveau bâtiment de l'institut de recherche sur les communications radio aéronautiques sur l'arête ouest du haut Peissenberg. Le , la station météorologique est transformée en observatoire et compte formellement comme installation de recherche du service météorologique de la zone d'occupation américaine en Allemagne. Depuis 1952, elle fait partie du nouveau service météorologique allemand.
Premières mesures
Dès 1758 et 1759, les premières observations météorologiques ont été faites sur le haut Peissenberg par le moine de Rottenbuch Wittner, qui a envoyé les données d'observation de à au premier secrétaire Johann Georg von Lori, de l'académie bavaroise des sciences récemment fondée.
Planification de la station astronomique
Les plans pour une station astronomique destinée aux chercheurs de la nature, sur le haut Peissenberg remontent à 1772. La suggestion a été faite par le conseiller secret , confident du prince-électeur Max III Joseph de Bavière. Il était compétent pour toutes les questions de formation de l'époque, et fondateur de l'académide bavaroise des sciences à Munich. Lori pensait que le haut Peissenberg, avec sa situation exposée à l'avant des Alpes était idéal pour des observations astronomiques. Le prince-électeur approuva la proposition de Lori et ordonna de bâtir une station astronomique sur le haut Peissenberg par la fondation Rottenbuch, avc l'aide de la fondation Polling
Sur le toit du presbytère, relié à l'église de pèlerinage, on éleva une plate-forme comme base pour l'observation. De là, on pouvait voir tout le périmètre du ciel. mais l'initiateur de la station astronomique, , n'a pas pu dégager de moyens financiers auprès du cabinet du prince-électeur à Munich, si bien qu'il n'a pas pu mener à bien ses souhaits d'ériger une station astronomique académique sur le haut Peissenberg.
Station de la
thumb|Vue du presbytère avec son jardin par devant, où se trouvait le pluviomètre. En arrière-plan la maison du professeur. - Vue d'avant 1900
Le savant chapelain de la cour de Charles Théodore de Bavière, Johann Jakob Hemmer, spécialiste de l'électricité et de la météorologie, associa pendant les années 1779 et 1780 à l'académie de Mannheim une troisième classe, la . Celle-ci devait travailler des observations de divers pays, au moyen d'un réseau de stations largement ramifié.
Ce réseau comprenait 39 stations, situées en Europe, Groenland et Amérique du Nord. 14 d'entre elles se trouvaient en Allemagne, deux étaient des stations de montagne : le Saint-Gothard et le haut Peissenberg. Ces stations étaient toutes équipées des mêmes appareils, et conduisaient un programme d'observations unifié. On choisit pour les mesures les heures de 7h, 14h et 21h de temps local, heures devenues connues sous le nom d'heures de Mannheim.
Le prince-électeur Karl Theodor a souhaité, sur la proposition de son secrétaire de cabinet qu'il soit créé auprès de l'académie des sciences de Munich aussi une section de météorologie. Cette section, avec ses propres stations d'observation au sein de la Bavière, devait être incluse dans la société de Mannheim, afin de pouvoir coordonner et publier les résultats. La station d'observation astronomique du haut Peissenberg devait être directement intégrée dans le réseau d'observation de Mannheim. Le réseau bavarois comprenait 21 stations et se trouvait exclusivement dans les monastères bavarois.
Le programme de mesures de la station du haut Peissenberg comprenait la température de l'air, la pression atmosphérique, son humidité, les précipitations, la vitesse et la direction du vent, la nébulosité, les météores comme par exemple le brouillard ou l'orage, la déclinaison magnétique terrestre et l'inclinaison magnétique, l'électricité atmosphérique et la phénologie. En plus, on avait l'observation du magnétisme terrestre et de l'électricité atmosphérique. Les instruments nécessaires à ces observations supplémentaires, qui ne faisaient pas partie de l'équipement de base de la , ont été achetés par le monastère de Rottenbuch au titre d'opérateur de l'observatoire météorologique. Ainsi, l'observatoire était particulièrement bien équipé. En outre, il y avait des observations astronomiques, sur lesquelles on ne connaît plus rien. Les données de mesure ont été publiées dans les (Éphémérides de Mannheim), dont on a douze volumes pour les années 1781 à 1792.
En automne 1780, le conseiller spirituel Hemmer vient personnellement à Rottenbuch, pour installer au nom du prince-électeur Karl Theodor la station de mesure sur le haut Peissenberg. Il donne aussi à Cejatan Fischer les instructions nécessaires pour le fonctionnement de la station. Chacun des instruments, qui avait été vérifié précédemment à Mannheim, est installé. Sur les indications du prieur Ambrosius Mösner, Hemmer installe sur le bâtiment du monastère de Rottenbuch et sur le haut Peissenberg les premiers paratonnerres, qui s'avèrèrent par la suite utiles, comme on le lit dans un manuscrit du chanoine régulier Primus Koch des années 1781 et 1782 : Récemment, un lourd nuage de tonnerre passa au-dessus de notre monastère, et beaucoup des conducteurs de travaux et de serviteurs du monastère ont vu la matière électrique passer autour des toits, sur le haut Peissenberg, la foudre avait frappé sept fois dans les dernières 12 années (avant 1781) sur l'église ou le bâtiment de l'hospice