, né le au château de Versailles sous le nom de Louis-Auguste de France et mort guillotiné le à Paris, est roi de France et de Navarre du au , puis roi des Français du au .

Fils du dauphin Louis de France et de Marie-Josèphe de Saxe, il devient dauphin à la mort de son père en 1765. Il épouse, à l'âge de seize ans, le . à Versailles, en la paroisse Notre-Dame en la chapelle du roi, Marie-Antoinette Joseph Jeanne d'Autriche, archiduchesse, fille de François , empereur des Romains, grand-duc de Toscane, et de Marie-Thérèse Valpurge Amélie Christine, impératrice douairière des Romains, reine de Hongrie et de Bohême. Le mariage fut fait en présence du roi de France et de Navarre, de Louis Stanislas Xavier de France, comte de Provence, de Charles Philippe de France, comte d'Artois, de Marie Adélaïde Clotilde Xavière de France, de Marie Adélaïde de France, de Victoire Louise Marie Thérèse de France, de Sophie Philippine Elisabeth Justine de France, de Louis Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, et de Louis Philippe Joseph d'Orléans, duc de Chartres. Louis XVI monte sur le trône en 1774, à dix-neuf ans, à la mort de son grand-père le roi .

Héritant d'un royaume au bord de la banqueroute, il lance plusieurs réformes financières, notamment portées par les ministres Turgot, Calonne et Necker, comme le projet d'un impôt direct égalitaire, mais qui échouent toutes face au blocage des parlements, du clergé, de la noblesse et de la cour. Le roi de France fait évoluer le droit des personnes (abolition de la torture, du servage) et il remporte une grande victoire militaire face à la Grande-Bretagne, à travers son soutien actif aux indépendantistes américains dans le cadre de la révolution américaine. Mais l'intervention française en faveur des insurgés des Treize Colonies, futurs fondateurs des États-Unis, achève de ruiner le royaume de France.

est principalement connu pour son rôle dans la Révolution française. Celle-ci commence en 1789 après la convocation des états généraux pour refinancer le royaume. Les députés du tiers état, qui revendiquent le soutien du peuple, se proclament « Assemblée nationale » et mettent de facto un terme à la monarchie absolue de droit divin. Dans un premier temps, le roi doit quitter le château de Versailles pour s'installer au palais des Tuileries à Paris. Il accepte de devenir un monarque constitutionnel. Avant la déclaration de guerre de la France à l'Autriche et avant la promulgation de la Constitution de 1791 qui fait de lui le dernier roi de France de la période dite de l'Ancien Régime, la famille royale quitte la capitale pour rejoindre Montmédy et est arrêtée à Varennes. L'échec de cette fuite a un retentissement important dans l'opinion publique, jusque-là peu hostile au souverain, et marque une fracture entre conventionnels.

Devenu roi constitutionnel, nomme et gouverne avec plusieurs ministères, feuillant puis girondin. Il contribue activement au déclenchement d'une guerre entre les monarchies absolues et les révolutionnaires, en . La progression des armées étrangères et monarchistes vers Paris provoque, lors de la journée du , son renversement par les sections républicaines, puis l’abolition de la monarchie le mois suivant. Désormais appelé civilement « Louis Capet » par les révolutionnaires, il est emprisonné puis jugé coupable d'intelligence avec l'ennemi. Il est finalement condamné à mort et guillotiné sur la place de la Révolution à Paris le . Marie-Antoinette puis Madame Élisabeth, sœur de , sont guillotinées à leur tour.

Néanmoins, la royauté ne disparaît pas avec lui : après qu'ils se sont exilés, ses deux frères cadets règnent sur la France sous les noms de et , entre 1814 et 1830, pendant la Restauration, après la chute de Napoléon et de son Premier Empire. Le fils de , emprisonné à la prison du Temple, avait été reconnu roi de France sous le nom de « » par les monarchistes, avant de mourir de tuberculose dans sa geôle en 1795, sans avoir jamais régné.

Après l'avoir d'abord considéré soit comme un traître à la patrie soit comme un martyr, les historiens français adoptent globalement maintenant une vue nuancée de la personnalité et du rôle du roi , en s'accordant généralement sur le fait que son caractère n'était pas à la hauteur des circonstances exceptionnelles de la période révolutionnaire.

Naissance, ondoiement et baptême Louis-Auguste de France naît au château de Versailles le à du matin..

Il est le cinquième enfant et troisième fils du dauphin Louis de France (1729-1765), le quatrième avec sa seconde épouse Marie-Josèphe de Saxe. De l'union de ce couple sont nés au total huit enfants : Marie-Zéphyrine de France (1750-1755) ; Louis de France (1751-1761), duc de Bourgogne ; Xavier de France (1753-1754), duc d'Aquitaine ; Louis-Auguste de France, duc de Berry, futur ; Louis Stanislas Xavier de France (1755-1824), comte de Provence, qui devient roi sous le nom de en 1814 (reconnu comme tel dès la mort de en 1795 par certaines puissances européennes) ; Charles Philippe de France (1757-1836), comte d'Artois, qui devient roi sous le nom de à la mort du précédent ; Clotilde de France (1759-1802), reine de Sardaigne de 1796 à 1802 par son mariage avec le roi ; Élisabeth de France (1764-1794), elle partage jusqu'aux derniers instants le sort de la famille royale. Elle est guillotinée par les révolutionnaires.

D'un premier mariage avec Marie-Thérèse d'Espagne, Louis de France avait eu une fille Marie-Thérèse de France (1746-1748).

De nombreuses personnes sont là pour constater la venue du nouveau-né : l'accoucheur de la famille royale Monsieur Jard ; le chancelier Guillaume de Lamoignon de Blancmesnil, le garde des sceaux Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville et le contrôleur général des finances Jean Moreau de Séchelles, des porteurs, gardes du corps et la sentinelle. Le dauphin, en robe de chambre, accueille chacun en disant : .

Peu avant la naissance, Monsieur Binet, le premier valet de chambre du dauphin, a dépêché auprès de , le grand-père du bébé, un piqueur de la Petite Écurie pour lui annoncer la naissance imminente alors que le roi avait pris ses quartiers d'été au château de Choisy-le-Roi. Juste après la naissance, le dauphin envoya quant à lui l'un de ses écuyers M. de Montfaucon annoncer cette fois-ci la nouvelle de la naissance proprement dite. Sur la route, Montfaucon croisa le piqueur qui, tombé de cheval puis mort peu de temps après., n'avait pu porter le premier message. L'écuyer apporta donc au roi les deux messages simultanément : celui de la naissance à venir et celui de la naissance survenue. Ainsi averti le roi donna au piqueur et à l'écuyer avant de se rendre immédiatement à Versailles.

Immédiatement après sa naissance, le bébé est ondoyé à l'église Notre-Dame de VersaillesExtrait du registre des baptêmes (1754) de l'église Notre-Dame de Versailles : L'an mil sept cent cinquante quatre le vingt trois du mois d'Aoust a été ondoyé un prince, fils de Très haut, très puissant, et Excellent prince Louis Dauphin de France, et de très haute, très puissante et excellente princesse Marie Joseph de Saxe, Dauphine de France, par monsieur l'abbé de Chabannes Aumosnier du Roy, en présence de nous soussigné prêtre de la Congrégation de la mission faisant les fonctions curialles le Curé absent. Signé : LEROUX, prêtre. Archives départementales des Yvelines par Sylvain-Léonard de Chabannes (1718-1812)Revue des questions historiques, volume 122, 1935, page 237 : « Sylvain-Léonard de Chabannes, 1760-1812, fils de Louis et de Françoise Léonarde Galland (contr. mar. 8 février 1717), prieur de la Mure, chanoine de Vienne, vicaire-général de Clermont en 1750, aumônier du roi en 1753, ondoye à ce titre le duc de Berry, futur , le 23 août 1754 ; abbé de la Creste, dioc. de Langres, le 10 octobre 1757 ; vicaire général de Clermont en 1760, abbé de Benévent en 1766 ; décédé à Fresselines, Creuse, le 22 avril 1812. (Cf. Beyssac, les Chanoines de l'Église de Lyon, ) », aumônier du roi.

Quand le roi entre dans la chambre, il saisit le nouveau-né et le prénomme Louis-Auguste avant de le nommer immédiatement duc de Berry. Le bébé est aussitôt confié à la comtesse de Marsan, gouvernante des enfants de France, avant d'être conduit dans son appartement par Louis François Anne de Neufville de Villeroy, duc de Villeroy et capitaine des gardes du corps du roi..

La nouvelle de la naissance est annoncée aux souverains d'Europe alliés de la couronne ainsi qu'au pape . Vers , le roi et la reine Marie Leszczyńska assistent à un Te Deum dans la chapelle du château. Les cloches des églises de Paris se mettent à sonner et, le soir, un feu d'artifice est tiré de la place d'armes et allumé de la main du roi au moyen d'une « fusée courante », de son balconMercure de France, octobre 1754..

Jeunesse et préparation au pouvoir (1754-1774) Dans l'ombre du duc de Bourgogne gauche|vignette|redresse|Louis-Auguste, duc de Berry par Jean-Martial Fredou, entre 1760 et 1762, , Château de Versailles. Le nouveau-né souffre d'une santé assez fragile durant les premiers mois de sa vie. On dit de lui qu'il a un .. Sa nourrice, qui est aussi la maîtresse du marquis de La Vrillière, ne donne pas assez de lait. Sur l'insistance de la dauphine, elle est remplacée par Madame Mallard.. Du au , le duc de Berry et son frère aîné, le duc de Bourgogne, sont envoyés au château de Bellevue sur les conseils du médecin genevois Théodore Tronchin, afin d'y respirer un air plus sain qu'à Versailles..

À l'instar de ses frères, le duc de Berry a pour gouvernante la comtesse de Marsan, gouvernante des enfants royaux. Cette dernière favorise, d'une part, le duc de Bourgogne en tant qu'héritier du trône, et d'autre part le comte de Provence, qu'elle préfère à ses frères. Se sentant délaissé, le duc de Berry ne la portera jamais vraiment dans son cœur et, une fois sacré roi, il refusera toujours d'assister aux fêtes qu'elle organisait pour la famille royale.. La gouvernante est notamment chargée d'apprendre aux enfants la lecture, l'écriture et l'histoire sainte. Leurs parents surveillent de près cette éducation, la dauphine leur enseignant l'histoire des religions et le dauphin les langues et la morale. Il leur apprend notamment que « tous les hommes sont égaux par droit de nature et aux yeux de Dieu qui les a créés »..

En tant que petit-fils du roi, le duc de Berry est tenu comme ses frères à un certain nombre d'obligations et de rituels : ils assistent tant aux enterrements royaux (qui ne manquent pas entre 1759 et 1768) qu'aux mariages des personnages importants de la cour et se doivent d'accueillir malgré leur jeune âge les souverains étrangers et les hommes d'Église notamment. C'est ainsi qu'en , trois nouveaux cardinaux leur rendent visite : « Bourgogne (âgé de ) les reçut, écouta leurs discours et les harangua, tandis que Berry () et Provence (), gravement assis sur des fauteuils, avec leur robe et leur petit bonnet, imitaient les gestes de leurs aînés ».

En grandissant, les petits-fils du roi doivent passer des jupons de leur gouvernante aux mains d'un gouverneur chargé de l'ensemble des activités éducatives. Après avoir pensé au comte de Mirabeau (père du révolutionnaire), le dauphin choisit pour ses enfants en 1758 un homme plus proche des idées monarchiques : le duc de La Vauguyon, prince de Carency et pair de France. Ce dernier appellera ses élèves les « Quatre F » : le Fin (duc de Bourgogne), le Faible (duc de Berry), le Faux (comte de Provence) et le Franc (comte d'Artois).