vignette|Affiche du Manchukuo encourageant l'harmonie entre les Japonais, les Chinois et les Mandchou. La légende dit : « Avec l'aide du Japon, de la Chine et du Mandchoukouo, le monde peut être en paix ». Les drapeaux représentés sont, de gauche à droite : le Drapeau du Mandchoukouo; le drapeau du Japon et le drapeau à cinq couleurs.|alt=Affiche de propagande du Manchukuo.

La propagande japonaise durant la Seconde Guerre mondiale est conçue pour aider le gouvernement japonais au pouvoir durant cette période. Bon nombre de ses éléments sont la prolongation des éléments de l'expansionnisme du Japon Shōwa d'avant-guerre, comprenant les principes du kokutai, du hakkō ichiu et du bushidō. De nouvelles formes de propagande sont développées pour persuader les pays occupés des avantages de la sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, pour saper le moral des troupes américaines, pour contrer les accusations d'atrocités japonaises et présenter au peuple japonais la guerre comme victorieuse. Cela commence avec la seconde guerre sino-japonaise qui aboutit à la Seconde Guerre mondiale. Cette propagande utilise une grande variété de médias pour faire passer ses messages.

Nature de la propagande japonaise La propagande est habituellement définie comme une information biaisée visant à promouvoir une cause ou une opinion politique. En ce sens, la propagande japonaise ne diffère pas de la propagande des autres nations. Elle présente cependant quelques éléments qui lui sont spécifiques dont par exemple la dimension nationaliste. La propagande japonaise en temps de guerre est, de façon similaire à celle de l'Allemagne Nazie, une réaction contre la domination culturelle occidentale, et particulièrement anglo-saxonne. Les tenants de cette propagande considèrent qu'ils offrent une façon de vivre opposée à l'impérialisme occidental. Ils représentent l'Occident, et en particulier le monde anglo-saxon, comme décadent et faible et proposent à la place une approche japonaise et asiatique de la vie. Un aspect particulier de la propagande japonaise est qu'elle est extrêmement nationaliste et qu'il est difficile pour les diverses nations de l'Asie de sentir qu'elles appartiennent vraiment au nouvel ordre mondial qu'offre le Japon. Un autre aspect est l'idée de pan-asianisme qui n'est jamais mis en avant aussi complètement que l'est l'aspect nationaliste. Pour cette raison, la propagande japonaise n'a jamais autant de succès que la propagande américaine avec son message de démocratie universelle ouverte (en théorie) à tout le monde.

La propagande japonaise en temps de guerre est diffusée au moyen des films, des magazines et des journaux, de la radio, des livres, des dessins animés et du système éducatif.

Films La loi sur le cinéma de 1939 décrète un « développement sain de l'industrie » qui interdit les films sexuellement frivoles et les questions socialesJames L. McClain, Japan: A Modern History . Au lieu de cela, les films doivent élever la conscience nationale, présenter la situation nationale et internationale de façon appropriée et par ailleurs aider au « bien public »James L. McClain, Japan: A Modern History .

L'utilisation de la propagande pendant la Seconde Guerre mondiale est étendue et de grande envergure, mais peut-être la forme la plus efficace de propagande utilisée par le gouvernement japonais est-elle le cinémaWard, Robert Spencer (1945). Asia for the Asiatics?: The Techniques of Japanese Occupation. Chicago: University of Chicago Press.. Les films japonais sont souvent destinés à un public beaucoup plus large par rapport aux films américains de la même époque, Navarro, Anthony V. A Critical Comparison Between Japanese and American Propaganda During World War II. Consulté le 4 février 2011.. En Chine, l'utilisation de films de propagande par le Japon est massive. Après l'invasion japonaise de la Chine, les salles de cinéma sont parmi les premiers établissements à être rouverts. La plupart des matériaux présentés sont des bobines d'actualités de guerre, des films japonais ou des courts métrages de propagande appariés avec des films traditionnels chinois. Les films sont également utilisés dans d'autres pays d'Asie conquis, avec habituellement le thème du Japon comme sauveur de l'Asie contre les tyrans occidentaux ou parlent de l'histoire des relations amicales entre les pays avec des films tels que « Le Japon que vous ne connaissez pas »Desser, D. (1995). From the opium war to the pacific war: Japanese propaganda films of world war II. Film History 7(1), 32-48.Kushner, Barak (2006). The Thought War: Japanese Imperial Propaganda. Honolulu: University of Hawaii Press..

La Chine est un sujet de prédilection des cinéastes japonais parce que la guerre a déjà eu lieu pendant plusieurs années avant que soit entamée l'expansion vers d'autres pays. Parmi ces films, la plupart se déroulent sur le front chinois et beaucoup mettent en scène une histoire d'amour entre un officier japonais et une femme chinoise. Cela peut être un moyen pour les japonais de démontrer leur bonne volonté envers la Chine et donc envers la grande sphère des nations conquises d'Asie.

Plusieurs types de « films de politique nationale » ou films de propagande sont utilisés dans la Seconde Guerre mondiale dont les films représentant les soldats au front, les films d'espionnage et les films historiques. Les films de combat donnent souvent une représentation vague de l'ennemi, peut-être parce que le Japon a la tâche monumentale de non seulement susciter l'appui de son propre peuple mais aussi de ceux qu'il a conquis. Sans le soutien des peuples qu'il a vaincus, la guerre du Japon s'en ressentirait. Les films d'espionnage, contrairement aux films de combat, définissent clairement l'ennemi représenté comme paresseux, négligé et cupide. Le monde occidental est dépeint comme trop indulgent et prodigueBrcak, N., & Pavia, J. R. (1994). "Racism in japanese and U.S. wartime propaganda". Historian 56(4), 671.. Les cinéastes japonais utilisent des techniques similaires à celles des propagandistes américains en utilisant les préjugés et la xénophobie comme outils. Les films d'espionnage sont plus largement utilisés après que la guerre totale a été déclarée aux pays occidentaux comme l'Angleterre et l'Amérique. Les films historiques sont utilisés comme éléments de fierté nationale et pour aider le peuple japonais à prendre conscience de l'importance de la tradition. Une sous-catégorie du film historique est le film de samouraï. Les thèmes utilisés dans ces films sont l'auto-sacrifice et l'honneur de l'empereur. Les films japonais n'hésitent pas à utiliser la souffrance et représentent les troupes comme les opprimées. Cela a pour effet de faire paraître le Japon comme victime, incitant à une plus grande sympathie de son public. Les éléments de propagande illustrent aussi souvent le peuple japonais comme pur et vertueux et le dépeignent comme supérieur à la fois du point de vue raciste et moral. La guerre est présentée comme permanente et n'est généralement pas expliquée de manière adéquate.

Dans les premiers stades de la guerre avec la Chine, un film réaliste comme « Les Cinq scouts » est possible qui dépeint la guerre sans nationalisme, mais comme la grande guerre approche, le ministère de l'Intérieur exige plus de patriotisme et avec Pearl Harbor, des « thèmes de politique nationale » ou « thèmes guerriers »Anthony Rhodes, Propaganda: The art of persuasion: World War II, p250 1976, Chelsea House Publishers, New York. Momotarō no Umiwashi Momotarō: Umi no Shinpei Le Plus Beau

Magazines et journaux Les magazines soutiennent la guerre depuis le début de la Seconde Guerre sino-japonaise avec des histoires d'héroïsme, de contes de veuves de guerre et des conseils pour s'adapterJames L. McClain, Japan: A Modern History .. vignette|Censeurs gouvernementaux au travail.|alt=Bureau avec plusieurs censeurs en train de travailler. Après l'attaque de Pearl Harbor, le contrôle se resserre, aidé par le patriotisme de nombreux journalistesJames L. McClain, Japan: A Modern History . Les responsables de la propagande disent aux magazines que la cause de la guerre est le désir égoïste de l'ennemi de dominer le monde et ordonnent, sous le couvert de demandes, de promouvoir un sentiment anti-américain et anti-britanniqueHaruko Taya Cook and Theodore F. Cook, Japan At War: An Oral History .. Lorsque Jun'ichirō Tanizaki commence à publier en feuilleton son roman Sasameyuki, histoire nostalgique de la vie familiale d'avant-guerre, les éditeurs de Chūōkōron sont avertis que cette publication ne contribue pas à l'esprit de guerre nécessaire. Malgré le passé littéraire de Tanizaki qui présente l'occidentalisation et la modernisation comme des facteurs de corruption, un conte « sentimental » de « vie familiale bourgeoise » n'est pas acceptableJames L. McClain, Japan: A Modern History . Craignant de perdre ses fournitures de papier, l'éditeur interrompt la publication du feuilleton en Marius B. Jansen, The Making of Modern Japan . Un an plus tard, Chūōkōron et Kaizō sont obligés de se saborder « volontairement » après que la police ait extorqué par la violence des confessions de membres « communistes » du personnel.

Les journaux s'adjoignent des chroniqueurs afin de stimuler la ferveur martialeMarius B. Jansen, The Making of Modern Japan . Les magazines reçoivent l'ordre de publier des slogans militaristesHaruko Taya Cook and Theodore F. Cook, Japan At War: An Oral History . Un article intitulé « L'Américanisme comme ennemi » dit que les Japonais devraient étudier le dynamisme américain, qui découle de sa structure sociale, ce qui est pris comme une louange bien que l'éditeur a ajouté « comme ennemi » dans le titre. En conséquence, le numéro dans lequel est paru l'article est retiré de la venteHaruko Taya Cook and Theodore F. Cook, Japan At War: An Oral History .

Dessins vignette|Propagande japonaise en jawi dans la ville de Kuching à Sarawak après la prise de la ville par les forces australiennes.|alt=Peinture de propagande sur le mur d'un bâtiment. Les caricaturistes fondent une association patriotique destinée à promouvoir l'esprit de combat, à attiser la haine de l'ennemi et à encourager les gens à économiserHaruko Taya Cook and Theodore F. Cook, Japan At War: An Oral History . Ils sont aussi utilisés pour produire des documents d'information, instruire les populations occupées ainsi que les soldats sur les pays qu'ils occupentHaruko Taya Cook and Theodore F. Cook, Japan At War: An Oral History .

Livres Le Shinmin no michi ou « Voie des sujets » décrit ce à quoi les Japonais doivent aspirer et représente la culture occidentale comme corrompueJohn W. Dower, War Without Mercy: Race & Power in the Pacific War .

Le livret « Lisez ceci et la guerre est gagnée », imprimé pour être distribué dans l'armée, aborde non seulement les conditions tropicales de combat mais aussi les raisons de la lutte de l'armée. Le colonialisme est représenté par un petit groupe de colons qui vivent dans le luxe et placent de lourds fardeaux sur les Asiatiques. Parce que les liens du sang les relient aux Japonais, et les Asiatiques ont été affaiblis par le colonialisme, c'est le rôle du Japon d'en « faire de nouveau des hommes »John W. Dower, War Without Mercy: Race & Power in the Pacific War .

Manuels Le ministère de l’Éducation, dirigé par un général, publie des manuels de propagandeAnthony Rhodes, Propaganda: The art of persuasion: World War II, 1976, Chelsea House Publishers, New York. La surveillance militaire de l'éducation est intense, avec des agents qui arrivent à tout moment pour inspecter les classes et parfois réprimandent l'instructeur devant les élèvesAnthony Rhodes, Propaganda: The art of persuasion: World War II, 1976, Chelsea House Publishers, New York.

De même, les manuels sont révisés en Chine occupée afin d'instruire les enfants chinois à propos des héroïques personnages japonaisEdwin P. Hoyt, Japan's War, .

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