La famille d'Oron est une famille noble éteinte originaire du pays de Vaud et qui apparaît au .

Les premiers membres de la famille d'Oron apparaissent dans les sources comme représentants de l'abbaye de Saint-Maurice à Oron. La famille a possédé les seigneuries d'Oron, Bossonnens et Attalens, une partie de Vevey et de la seigneurie de Corsier, la vidamie de Montreux, dont la partie ouest est appelée plus tard la seigneurie du Châtelard et brièvement la seigneurie d'Arconciel et une partie de Vuisternens-devant-Romont et de Pont-en-Ogoz. La famille a construit le château d'Oron au . Certains membres de la famille ont fondé des bourgs à Vevey et d'Oron a construit la Cour au Chantre dans cette ville. Plusieurs membres de la famille ont eu des fonctions ecclésiastiques, dont Pierre d'Oron, évêque de Sion entre 1275 et 1287, et un autre Pierre d'Oron, évêque de Lausanne de 1313 à 1323. D'autres membres de la famille ont servi la maison de Savoie en tant que bailli ou châtelain. La famille d'Oron s'est éteinte par les hommes en 1388.

Origines

De nombreux historiens ont tenté de rattacher les Oron à d'autres familles plus prestigieuses. En 1862, Martignier affirme que les familles d'Oron et de Blonay seraient toutes deux issues de la maison de Faucigny, car les premiers membres de ces deux familles sont cités comme avoués de l'abbaye de Saint-Maurice et que .

En 1895, Pasche affirme qu'Othon, avoué de l'abbaye de Saint-Maurice au milieu du , est de la maison de Savoie et qu'il aurait eu pour fils Amédée et Vaucher. Amédée lui aurait succédé comme avoué pour la terre de Blonay et Vaucher pour Oron et Attalens et qu'ils auraient pris le nom de ces terres. Selon ses propres termes : .. En 1895, un auteur, dont l'article reprend les grandes lignes de l'ouvrage de Pasche, affirme qu'ils descendraient peut-être de la maison de Savoie, sans justifier cette hypothèse ni évoquer les Blonay..

Albert de Montet émet deux hypothèses. La première, qu'il considère plus probable, est que l'avoué Othon serait l'ancêtre des familles de Blonay et d'Oron. La deuxième serait que le seigneur d'Oron aurait obtenu la moitié de Vevey en mariant une sœur de Vaucher de Blonay..

La version actuellement reprise le plus souvent par les sources récentes est celle de Reymond. En 1938, il affirme que les Blonay descendent des Faucigny par les femmes et les Oron des Blonay également par les femmes. Il explique la transmission de certains bien de la famille de Blonay à la famille d'Oron par le mariage de Guillaume d'Oron et Emma de Blonay, qui serait la sœur de Vaucher III de Blonay. De plus, il affirme que les Oron figurent parmi les vassaux de Blonay en 1215 dans un acte concernant Hautcrêt ainsi que dans un acte de donation de Belon de Blonay à l'abbaye d'Hauterive.

Liard appuie la version de Reymond. Il considère que l'hypothèse que les Oron soient une branche cadette de la famille de Blonay est . Il affirme qu'il est que Vaucher de Blonay ait accordé la main de sa sœur Emma à Guillaume d'Oron, ce qui expliquerait que leur fils Rodolphe d'Oron soit par la suite en possession des biens de son défunt oncle.

Andenmatten appuie également la version de Reymond, mais il n'exclut pas que la famille soit issue des Blonay..

Les premiers membres de la famille apparaissent comme représentants des chanoines de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune au .. Ils portent le titre de vidomnes. ou d'avoués..

Reymond affirme en 1924 que le premier seigneur d'Oron était l'ancien mayor du lieu et que l'abbaye a eu plusieurs fonctionnaires portant ce nom et le titre de mayor, vidomne ou avoué et qu'elle avait dû leur céder une partie de ses biens. Par la suite, ce même auteur fait une distinction entre la famille d'Oron et les mayors du lieu. En 1932, il dit que les mayors Pierre et Vauthier d'Oron ne sont pas de la famille d'Oron, comme l'avaient affirmé Frédéric de Gingins-La Sarraz. et Charles Pasche.. Les Oron avaient l'autorité prédominante et portaient le titre d'avoué en 1137, 1152 et probablement 1164, tandis qu'un mayor ou vidomne exerçait l'autorité directe. Castelnuovo indique que la rareté et le manque de précision des documents ne permettent pas de relier avec certitude un certain nombre de personnages dits « d'Oron » aux seigneurs du lieu. Néanmoins, il considère qu'il est probable que les seigneurs d'Oron descendent des vidomnes ou avoués monastiques.. Selon Liard, le premier mayor d'Oron cité est Guillaume d'Oron en 1137 et il considère que les représentants des chanoines portant le titre de vidomne ou mayor sont .

Histoire Représentants de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, les Oron se sont progressivement attribués la seigneurie d'Oron avant 1215. d'Oron est le premier membre attesté de la famille. Selon Reymond et Liard, il épouse Emma de Blonay qui lui apporte la seigneurie d'Attalens et Bossonnens ainsi que la moitié de Vevey. Les Oron construisent le château du même nom au ou au . Les Blonay inféodent la moitié de la seigneurie de Corsier à d'Oron, le fils de . La date de cette inféodation n'est pas connue, mais n'est plus cité après 1244. lègue la seigneurie d'Oron, ainsi que la coseigneurie de Vevey à son fils et la seigneurie d'Attalens et Bossonnens à son fils , fondateur de la branche cadette des Oron. Amédée agrandit sa seigneurie vers l'est par achat de terres mouvantes de la Savoie. Parmi les autres enfants de , on peut citer d'Oron qui est évêque de Sion entre 1275 et 1287 et qui est chantre de l'Église de Lausanne puis doyen de Valère. achète la vidamie de Montreux en 1295.

Avant 1267, succède à dans la seigneurie d'Oron. Son fils (dit l'Anglais) est à son tour seigneur d'Oron. La branche aînée s'éteint avec vers 1340..

En 1307, lègue Attalens à son fils Rodolphe et Bossonnens à son fils Wuillerme. Un autre de ses fils, , suit les traces de son oncle en occupant successivement les mêmes postes que lui. En 1342, il achète la seigneurie d'Arconciel pour son neveu Guillaume qui meurt en 1350.

Rodolphe d'Attalens a deux fils : Jean et . Tous deux sont seigneurs d'Attalens. À l'extinction de la branche aînée, devient seigneur d'Oron. , fils de Jean, est plus tard l'unique seigneur d'Attalens. Il meurt avant son oncle . Aymon succède à son père Wuillerme dans la seigneurie de Bossonnens. Plus tard, il est également en possession de la seigneurie d'Attalens, car celle-ci a été confisquée à d'Oron par le comte de Savoie. qui l'inféode à Aymon en 1374. Il meurt sans descendant mâle en 1375 et lègue ces deux seigneuries à ses filles.

meurt sans enfants en 1388. À sa mort, la seigneurie d'Oron revient aux comtes de Gruyère, famille à laquelle appartenait sa femme.

Possessions

Oron Les Oron se sont progressivement attribué en propre la seigneurie d'Oron, bien que l'abbaye de Saint-Maurice ait conservé des droits à Oron-la-Ville jusqu'en 1671/1675.. La famille d'Illens avait aussi divers droits sur Oron qu'elle a cédés par échange à l'abbaye en 1317.. Ils portent le titre de seigneur d'Oron en 1215... Leurs droits seigneuriaux sont . Selon Pasche, ils profitèrent probablement de troubles politiques et de l'éloignement de l'abbaye.. La seigneurie d'Oron était composée d'Oron-le-Châtel, Besencens, Fiaugères (toutes deux situées dans l'actuelle commune de Saint-Martin), Porsel, Chesalles-sur-Oron et en partie de Saint-Martin...... Les sires d'Oron ont construit le château du même nom, mais les auteurs ne sont pas d'accord sur la date. Il l'aurait construit ., ., La Nouvelle Revue de Lausanne du , ()., Tribune de Lausanne du , (). », ou encore Feuille d'Avis de Lausanne du , ().. » Morerod qualifie la seigneurie d'importante pour l'évêque de Lausanne car elle séparait ses possessions de Lavaux et celle de la région de Bulle. C'est pourquoi ce dernier a acheté l'hommage lige de Guillaume d'Oron.. Le château et la seigneurie d'Oron ne sont mouvants de la maison de Savoie qu'à partir de 1381.

La liste des seigneurs d'Oron est donc la suivante : av. 1215-ap. 1244 : Rodolphe d'Oron ; ap. 1244-v. 1267 : Rodolphe II d'Oron ; 1267-? : Rodolphe III d'Oron ; ?-v. 1340 : Girard III d'Oron ; v. 1340-1388 : François d'Oron.

Vevey

La famille d'Oron aurait hérité de ses droits sur Vevey par mariage avec la famille de Blonay. Le premier membre de la famille cité comme coseigneur de Vevey est .. À sa mort, la coseigneurie de Vevey reste en indivision entre ses fils , Pierre et . À la mort de , sa part revient à ses deux fils et . À la mort de Pierre d'Oron (évêque de Sion), , et (fils de ) se partagent les biens en indivision..

La famille a fondé à Vevey le bourg d'Oron, le bourg franc (entre 1238 et 1241Entre 1230 et 1240 selon Martignier. Vers 1236 selon Pasche et de Montet (voir et .), le bourg de la Villeneuve (1290), le bourg du marché (avant 1356) ainsi que le bourg du Sauveur (avant 1397)Frédéric de Gingins-la Sarraz donne une version assez différente en 1863, mais elle ne paraît pas pertinente, car contredite par tous les autres auteurs. Voir ..

Après avoir acquis l'avouerie de Vevey en 1257, Pierre II de Savoie confie la mayorie de cette ville aux seigneurs d'Oron.., charge qui était héréditaire dans la famille..Frédéric de Gingins-La-Sarraz appelle cet office la mestralie.. La Tour-de-Peilz faisait également partie de la juridiction de la mayorie de Vevey..

Le chantre Girard d'Oron a possédé la Cour au Chantre et c'est de lui que vient le nom. Selon Martignier et Pasche, il est probable que ce soit Girard qui ait initialement construit cette grande demeure.. La famille possédait une autre maison forte à Vevey, qui s'appelait la Cour d'Oron.. Cette dernière aurait été inféodée aux Oron par Pierre de Savoie, en même temps que la mayorie dont elle était le siège.. En 1313 ou 1314, d'Oron vend tous les droits de la famille sur Vevey, y compris la mayorie, au comte de Savoie.., à l'exception des biens qui dépendent de la vidamie de Montreux. Selon Albert de Montet, les biens vendus par Girard en 1314 sont : ..

La Tour-de-Peilz La famille avait un fief à la Tour-de-Peilz, qu'elle tenait du comte de Savoie..

Bossonnens et Attalens

La famille d'Oron aurait hérité de ses droits sur Bossonnens et Attalens par mariage avec la famille de Blonay, qui possédait encore Attalens en 1166. Amédée d'Oron-Bossonnens-Attalens agrandit la seigneurie vers l'est en acquérant Vuarat et Tatroz, aujourd'hui sur la commune d'Attalens. Selon les sources, Remaufens aurait également fait partie de ces nouvelles acquisitions. ou au contraire aurait dépendu de la seigneurie de Fruence.. Le comte de Savoie était suzerain d'Amédée pour les nouvelles terres, mais pas pour les anciennes. Amédée d'Oron construit un donjon circulaire de type savoyard au point le plus haut du site fortifié de Bossonnens vers 1260. En 1291, Amédée achète à la famille de Fruence divers cens au territoire de Bossonnensde Fruence et de Chastel (Châtel-Saint-Denis), BCU, ms. L 1935/5, , consulté le 13 avril 2015..

La seigneurie est ensuite séparée entre les deux fils d'Amédée : Rodolphe reçoit Attalens et Wuillerme Bossonnens. Granges faisait partie de la seigneurie de Bossonnens.. Attalens devient un fief de la Savoie en 1370, tandis que Bossonnens sera un franc-alleu jusqu'en 1513.. de Bossonnens réunit les deux seigneuries en 1374. Elles sont de nouveau séparées lorsque ses filles Marguerite et Catherine héritent respectivement de Bossonnens et Attalens. Bossonnens est transmis ensuite par héritage aux seigneurs de la Sarraz.

Se sont succédé, comme seigneurs d'Attalens : Rodolphe d'Oron ?-1307 : Amédée d'Oron 1307-? : Rodolphe d'Oron François et Jean d'Oron ?-1370 : François II d'Oron 1374-1375 : Aymon d'Oron 1375-? : Catherine d'Oron ép. de Jean de Blonay

et comme seigneurs de Bossonnens : Rodolphe d'Oron ?-1307 : Amédée d'Oron 1307-? : Wuillerme d'Oron ?-1375 : Aymon d'Oron 1375-? : Marguerite d'Oron ép. de François de Montferrant-La Sarraz

Corsier-sur-Vevey