Le RIM-7 est un missile mer-air anti-aéronefs et antimissiles à courte portée, conçu aux États-Unis. Utilisé depuis les navires de guerre il est principalement destiné à les protéger des attaques de missiles antinavires. Il a cependant été adapté de manière marginale sur des systèmes sol-air terrestres.
Généralités Le système fut conçu dans les années 1960 à partir du missile air-air déjà existant AIM-7 Sparrow. Cette arme légère de défense ponctuelle devait être aisément adaptée aux navires existants, généralement aux emplacements des anciens systèmes de défense antiaérienne, basés sur des canons.
À ses débuts, le système était extrêmement basique, guidé par un radar illuminateur manœuvré manuellement par un opérateur. Il a depuis subi de nombreuses améliorations et mises à jour, et ne ressemble plus que vaguement à son programme originel, le . Il est plus grand, plus rapide, intègre un nouvel autodirecteur et un système de lancement compatible avec les conteneurs de lancement verticaux des navires modernes (VLS : Vertical Launch System). 50 ans après son développement, le demeure une composante importante de la défense aérienne Cette politique de défense sépare les missiles par portées respectives : courte, moyenne, longue, hautes altitudes, basses altitudes, etc. des navires de l'US Navy. Il apporte une défense efficace dans la tranche des courtes/moyennes portées, en particulier contre les missiles volant au ras des flots (une caractéristique toute désignée des missiles antinavires).
Historique
Contexte À la fin des années 1950, les avions de chasse à réacteurs (jets) volant à basse altitude présentaient une menace sérieuse pour les forces navales. Approchant à basse altitude, en dessous de l'horizon visuel des navires, ils pouvaient apparaître au dernier moment à des distances très courtes, larguer leurs projectiles et s'enfuir rapidement. Ce type d'attaque procurait alors un avantage énorme aux avions par rapport aux armes précédentes, telles que les bombardiers en piqué ou les avions-torpilleurs, dont la faible vitesse permettait aux navires de pouvoir se défendre avec leurs canons antiaériens. Cet avantage était tellement important que, lorsque la Royal Navy fut confrontée à la menace du nouveau croiseur soviétique de la classe Sverdlov, les britanniques réagirent de manière inhabituelle et mirent en service l'avion d'attaque Blackburn Buccaneer pour l'attaquer en cas de nécessité..
Une autre amélioration majeure des capacités des aéronefs vint de la disponibilité alors récente d'armes guidées de précision. Les premières ébauches de ces nouvelles armes furent expérimentées au cours de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les Allemands mirent au point le missile téléguidé Fritz X, puis furent plus tard améliorées par les soviétiques, qui mirent au point des missiles de croisière semi-autonomes, comme le . Les missiles de cette période combinaient alors un guidage dépendant de l'avion lanceur (téléguidage), suivi d'un guidage autonome lors de la phase terminale du missile, grâce aux capteurs embarqués du missile. Ces nouveaux schémas d'attaque permettaient alors aux avions de pouvoir faire usage de leurs armes à une distance relativement importante, les mettant largement à l'abri d'une quelconque tentative de défense de la part du navire visé. La seule solution pour contrer ces attaques était alors d'envoyer sur place une flotte de chasseurs à long rayon d'action, qui devaient alors tenter d'intercepter les avions ennemis avant qu'ils n'aient eu le temps de trop se rapprocher des navires. Un des avions ayant excellé dans ce rôle était le , mais il ne fut pas mis en service avant 1974.
La doctrine de l'US Navy mit l'accent sur la défense aérienne à longue portée pour contrer à la fois les avions rapides et les missiles, et le développement de nouvelles défenses à courte portée fut largement mis de côté. Alors que de coûteux chasseurs à longue portée étaient en cours de développement, comme le , les navires devaient continuer à composer avec de vieux armements, généralement des canons Bofors de calibre ou Oerlikon de . Au début des années 1960, leurs capacités contre des avions modernes et des missiles étaient devenues très limitées : Le manque de systèmes à réaction rapide, des radars de ciblage avec une précision médiocre et des temps de mise en route des systèmes de contrôle de tir exagérément longs, signifièrent que les canons étaient tout simplement dépassés lorsqu'ils étaient face à leur ennemi, se déplaçant à grande vitesse dans des avions modernes à réacteurs.
L'apparition de missiles à vol rasantBeaucoup de missiles antinavires volent en rasant la surface de l'eau, afin de rester en dessous de la détection du radar du navire visé, ne lui laissant que très peu de temps pour se défendre. augmenta de manière critique la menace qui pesait sur les navires. Contrairement aux missiles antinavires de la génération précédente, ces nouveaux engins s'approchaient de leur cible à une altitude très faible, comme les avions d'attaque, restant cachés jusqu'au dernier moment. Ces missiles étaient de taille relativement réduite, et étaient ainsi bien plus difficiles à toucher que les avions d'attaque. Si les vieilles défenses pouvaient encore faire illusion un certain temps contre des avions volumineux ou des missiles volant à haute altitude, elles n'étaient cependant plus d'aucune utilité contre ces nouvelles armes. Afin de pouvoir contrer efficacement cette nouvelle menace, les navires avaient donc besoin de nouveaux armements, capables d'attaquer ces cibles aussitôt qu'elles apparaîtraient, et en faisant preuve d'une grande précision afin de les toucher du premier coup. Si le premier coup s'avérait décisif, il était admis que la possibilité de faire face à un deuxième tir était très peu probable.
(PDMS) L'US Army fit face à un problème similaire pour sa défense contre les attaques menées par des avions d'attaque évoluant à grande vitesse. Dans ce cas précis, la situation était même pire, car l'horizon visuel ne se limitait pas seulement à l'horizon de l'océan, mais plutôt à la forme des reliefs environnants, la présence des arbres, des bâtiments... Cette configuration de la scène rendait les temps d'engagement, en cas de tentative de défense, extrêmement courts, tout au plus quelques secondes. Les militaires en conclurent que les systèmes employant des canons étaient tout simplement inutilisables dans ce rôle. En effet, le temps que les radars de veille désignent la position de la cible, soient relayés par les radars de tir, puis par le pointage mécanique du canon, tout en calculant précisément la trajectoire de ses munitions, prenait beaucoup trop de temps, et la cible était déjà hors d'atteinte. D'un autre côté, un missile aurait apporté un avantage indéniable, car il aurait été capable de corriger sa trajectoire directement en vol. De plus, les charges militaires des missiles offraient la particularité d'être mises à feu par une fusée de proximité, ce qui signifiait que le missile pouvait détruire sa cible, même en passant , tout en étant assez proche.
En 1959, l'US Army commença le développement du MIM-46 Mauler, qui consistait en l'installation d'un missile rapide sur le toit d'un très classique transport de troupes M113. Le tout était associé à un radar de recherche et à un radar de poursuite et d'illumination séparé. De manière à pouvoir convenir aux temps de réponse extrêmement courts imposés, le système de contrôle de mise à feu était semi-automatique. Les opérateurs auraient d'abord vu leurs cibles sur l'écran du radar de veille et leur auraient attribué des priorités, tandis que le système aurait sélectionné celles qui se seraient directement trouvées dans la portée de tir et aurait automatiquement fait feu contre elles. Comme le missile aurait dû opérer près du sol, dans un environnement propice aux parasites et réflexions du terrain, il avait été décidé qu'il soit téléguidé par les émissions électromagnétiques du radar d'illumination, en plus de la présence dans son nez d'un autodirecteur infrarouge, ce qui lui aurait permis d'être guidé aussi longtemps qu'aucun obstacle n'aurait été présent entre lui et le véhicule lanceur.
Les mêmes paramètres basiques d'engagement - haute vitesse et temps de réaction rapide - s'appliquaient parfaitement pour la défense contre les missiles ou les avions à vol rasant. La marine américaine tenta alors d'adapter le Mauler à l'emploi depuis les navires, en lui retirant son radar de recherche et ses câblages associés, afin d'employer le radar du navire déjà installé à l'origine. Seuls le radar illuminateur et les lanceurs à neuf tubes auraient été conservés, installés dans une structure plutôt compacte. Le développement de ce système fut démarré en 1960, sous la désignation de (PDMS : système de missile de défense ponctuelle), qui reçut également la désignation de RIM-46A Sea Mauler. La marine eût alors une telle confiance dans le Sea Mauler qu'elle décida de modifier la conception de ses futures frégates, celles de la classe Knox, en leur dégageant un espace sur le pont arrière afin de pouvoir y installer un lanceur Sea Mauler..
La confiance de la Navy en ce système se révéla être une erreur. En effet, en 1963, le programme fut rétrogradé au statut de simple démonstrateur technologique, en raison de problèmes récurrents, avant d'être finalement complètement abandonné, en .. Toutes les parties prenantes du projet, l'US Army, l'US Navy et l'armée de terre britannique, commencèrent alors à chercher le moyen de remplacer ce système. Alors que les britanniques se lancèrent dans une approche à long terme et mirent au point le missile Rapier, les armées américaines s'empressèrent de trouver un système qui puisse être rapidement développé et mis en service. Faisant face au problème du guidage de missiles dans un environnement saturé d'échos parasites, l'US Army décida d'adapter le missile à infrarouge AIM-9D Sidewinder sur le châssis du M113, ce qui donna lieu à l'apparition du MIM-72 Chaparral. Cependant, ce missile, de type (), n'aurait été d'aucun secours pour un navire en mer, car les missiles s'en approchant auraient présenté leur partie avant au navire, ce qui aurait empêché l'autodirecteur de le viser. Il leur fallut donc trouver un système guidé par radar, et ce fut naturellement vers l'autre missile célèbre de l'époque vers lequel on se tourna, l'AIM-7 Sparrow. Le Chaparral fut cependant envisagé pour la défense des petites unités, en raison de sa petite taille plus adaptée, mais il ne fut finalement jamais testé.
Système de missile de défense ponctuelle basique (BPDMS) right|thumb|290px|Un radar illuminateur Mark 115. C'était initialement cet élément, dirigé par un membre d'équipage, qui devait diriger un vers sa cible.