La base navale de Subic Bay est une base située dans la baie de Subic à Olongapo, aux Philippines. La base navale de l' était la plus grande installation militaire à l'étranger des forces armées des États-Unis après la base aérienne de Clark (Clark Air Base) située à Ángeles. Jusqu'à sa fermeture, elle accueillait pour partie la Septième flotte des États-Unis James Hardy, Back to the Future: The U.S. Navy Returns to The Philippines, thediplomat.com, 16 octobre 2012. Consulté le 5 novembre 2014.. Après sa fermeture en 1992, elle est transformée par le gouvernement philippin en . En 2015, celui-ci rouvre une base aéronavale sur le site pour ses forces armées..

Période espagnole La baie de Subic est découverte en 1571 par l’explorateur espagnol Juan de Salcedo qui signale son existence aux autorités espagnoles à son retour à Manille Andy Davis, The history of Subic Bay, scubatechphilippines.com, 2011... Au , le port de Cavite accueille la flotte espagnole aux Philippines. Mais ce lieu est particulièrement vulnérable en temps de guerre et en cas de mauvais temps en raison de ses eaux peu profondes. De plus, la cité souffre de conditions de vie insalubres et d’un grand manque de logements. Une expédition militaire est alors envoyée à Subic Bay en 1868 pour explorer la baie afin de savoir si le site est approprié à la construction d’un chantier naval. Le rapport de la Marine espagnole conclut que le site dispose d’un très bon potentiel mais le commandement espagnol à Manille se montre initialement réticent en raison de l’isolement de la province. Il faut attendre 1884 pour qu’un arrêté royal déclare Subic Bay comme port de guerre History, subic.com, 2011. Consulté le 14 novembre 2014..

Le , la marine espagnole autorise la construction de l’arsenal d’Olongapo et les travaux débutent en septembre de la même année. Le port et son bassin intérieur sont dragués et un canal de drainage est construit, car les autorités militaires espagnoles ont l'intention de faire d’Olongapo une « île ». En effet, ce canal doit pouvoir servir de ligne de défense et sur lequel un pont permettant l’accès à l'entrée principale est construit. À la fin des travaux, la Caviteño, la Santa Ana, et le San Quintin, des canonnières, sont assignés à sa défense. Pour compléter ce système défensif, de l’artillerie côtière est installée aux extrémités est et ouest de la station, ainsi que sur la Grande Île à Fort Wint.

Des digues, des jetées et un petit chemin de fer sont construits sur les marécages. Des milliers de tonnes de boue et de pierres prélevées à Olongapo sont utilisées comme remblai. L'ampleur de cette extraction est si importante qu’une colline a totalement disparu pour faire place à un lagon. Ce dernier est actuellement connu comme le Bicentennial Park. L'entrée principale de l'arsenal se fait par la porte de l'Ouest, qui existe encore à l'heure actuelle. Cette porte est reliée à la Porte du Sud par un haut mur de pierres issues des carrières locales. À l'intérieur de l'arsenal, les Espagnols ont construit une fonderie, ainsi que d'autres magasins nécessaires pour la construction et la réparation navale. Les bâtiments sont disposés en deux rangées sur Rivera Point, une parcelle de terre sablonneuse faisant saillie dans la baie et nommée d'après le capitaine général des Philippines, Fernando Primo de Rivera. La pièce maîtresse de l'arsenal est le quartier général des commandants, un bâtiment d'un étage aux fenêtres en verre coloré, près de l’actuel Alava Pier. Une cour navale est aussi construite dans la zone occupée par la suite par les installations de réparation de l’US Navy.

Bataille de la baie de Manille

Le , en même temps que les États-Unis déclarent la guerre à l’Espagne, le commodore George Dewey, commandant de la Flotte asiatique américaine, reçoit l’ordre de quitter Hong Kong et d‘attaquer la flotte espagnole dans la baie de Manille. Aux Philippines, le contre-amiral Patricio Montojo, réalisant que Subic Bay donnerait une position plus défendable que Cavite, ordonne à ses plus petits navires et aux batteries défendant la baie de Manille de résister à la flotte de Dewey et de leur refuser l'entrée de la baie de Manille. Ses autres unités sont alors envoyées dans la baie de Subic et utilisées comme poterne, pour prendre à revers la flotte américaine et couper ses approvisionnements. Le , Montojo arrive à Subic Bay à bord du Reina Cristina et sept autres navires.

Dans la matinée du , la Castilla est remorquée au nord-est de la Grande Île pour aider à contrôler l'entrée ouest de la baie. L'entrée côté est, entre Grande et l'île Chiquita, est bloquée par le sabordage de la San Quintín et de deux autres navires. Sur la Grande île, les quatre canons de (), expédiés depuis Sangley Point ne sont pas encore installés. Entre-temps, un navire câblier est réquisitionné pour poser des mines, mais n’en place que quatre sur les quinze disponibles.

À Hong Kong, Dewey retarde délibérément son départ en attendant des nouvelles du consul US à Manille, Oscar F. Williams, à propos des forces et positions de la flotte espagnole. Williams informe Dewey que Montojo et sa flotte se trouvent à Subic Bay. Le , Dewey aperçoit les îles de Luzon et ordonne à l' et à l' de naviguer à pleine vitesse vers Subic Bay pour chasser les navires ennemis. Après n'avoir observé aucun navire ennemi à Subic, le Boston et le Concord préviennent l' et rejoignent l'escadre à Manille.

À l'aube du , la flotte américaine entre dans la baie de Manille. Une fois les navires américains situés à une distance de de la flotte espagnole, Dewey ordonne au capitaine sur l' d’ouvrir le feu. La flotte de Montojo est totalement détruite. Les pertes espagnoles sont de tués et . Les Américains n’ont à déplorer qu’une poignée de blessés.

En , près d'un millier de ressortissants espagnols quittent Olongapo et trouvent refuge sur la Grande Île. En juillet, Dewey ordonne à l' et au Concord de naviguer en direction de Subic Bay pour demander la reddition de la Grande Île. À leur arrivée, ils aperçoivent le croiseur allemand à proximité de l'île qui prend alors la fuite. La garnison espagnole sur l'île ne résiste pas et se rend immédiatement au capitaine du Raleigh.

Guerre américano-philippine

Au cours de la guerre américano-philippine, les Américains s’appuient principalement sur la Naval Station Sangley Point et ignorent les installations de Subic Bay. L'arsenal est alors occupé par les forces philippines. Les Philippins construisent une batterie d'artillerie au sommet d'une crête en utilisant l'un des canons de six pouces de la Grande Île.

À l'été 1899, les canonnières américaines commencent à patrouiller dans la baie de Subic. Après avoir constaté que les patrouilles ne cesseraient pas, les Philippins se préparent à affronter les Américains. Au cours d'une patrouille de routine, le navire de ravitaillement entrant à Subic Bay est pris sous le feu de la batterie nouvellement construite. Le Zafiro parvient à rejoindre Cavite et signale l'incident. Le croiseur est alors envoyé à Subic pour faire pression sur les philippins et taire la batterie. Mais comme alors que ce dernier se retire, la batterie tire une salve pour provoquer les Américains.

vignette|gauche|L' Le , l', l', l', et l' retournent à Subic Bay pour détruire la batterie. En dépassant Kalaklan Point, le Monterey, équipé de canons de 10 et , ouvre le feu. Devant ce tir de barrage, la batterie n’est en mesure de tirer qu’une salve. Les troupes américaines, et 70 , débarquent depuis le Charleston dans la baie. Pendant ce temps, les autres navires continuent le tir de couverture. Les Philippins se déploient alors dans la ville d’Olongapo, et ripostent avec des armes légères. Lorsque la force de débarquement est entièrement à terre, les navires font taire les canons laissant la compagnie de débarquement prendre la batterie. En tout, trois charges de nitrocellulose sont placées sur la batterie qui est complètement détruite. Après la destruction de la batterie, les Américains rembarquent en direction de Manille. Au départ des Américains, les forces philippines tiennent encore le Navy Yard ainsi qu’Olongapo Subic Bay Marines history, subicbaymarines.com, 25 juin 1956. Consulté le 14 novembre 2014..

En , l'armée américaine lance une grande opération afin de mettre un terme à la résistance des forces philippines à l'autorité américaine. Une compagnie de du 32nd U.S. Volunteers s’attaque à Olongapo. À l'approche de Santa Rita en bordure d'Olongapo, les soldats américains rencontrent une poche de résistance. Après des tirs de riposte, les soldats philippins se dispersent rapidement permettant aux Américains de prendre le Navy Yard.

Lorsque le contre-amiral apprend ce fait d'armes, il part pour Subic à bord de l', accompagné par l'. À l'arrivée des navires, Watson est surpris de voir que l'armée américaine est en complète possession des lieux. Watson ordonne ensuite au capitaine des et à une centaine de de tenir le site. Les , qui avaient trouvé un grand mât en face de l'hôpital, lèvent le drapeau des États-Unis le , un an après la signature du traité de Paris. Par la suite, l'état-major attribue la responsabilité du Navy Yard aux tandis que l'armée prend le contrôle administratif et opérationnel d'Olongapo.

Développement de la base par les États-Unis vignette|L'amiral chargé du plan de développement de la base. Les exercent une autorité civile sur Olongapo. Ils ordonnent des élections municipales, nomment les policiers locaux, compensent les mauvaises récoltes, fournissent des soins et des fournitures médicales. Ils mettent aussi en place une école pour l'enseignement de la langue anglaise. L'eau potable n’étant pas disponible sur le chantier naval, elle doit donc être envoyée depuis le village de Binictican, près de l'embouchure de la rivière du même nom. Au début de l'occupation d’Olongapo, la ville devient un refuge pour les Philippins favorables aux Américains. Après une embuscade contre sept , les habitants des villages de Binictican et Boton reçoivent l'ordre de se déplacer à Olongapo sous la menace d’être déclarés hors la loi. Six jours après l’installation des villageois à Olongapo, l' bombarde Binictican et Boton avant qu’une centaine de n’achèvent la destruction de ces deux villages.

En 1900, le lance une étude approfondie sur la construction de bases navales et s’intéressent de près aux sites de la baie de Manille et de la baie de Subic afin d’accueillir la flotte américaine aux Philippines. L’étude met en exergue que dans ces sites, la flotte américaine serait trop facilement bloquée. L'étude recommande alors l'Île de Guimaras, au sud de Manille, comme le site le plus approprié pour accueillir la principale base navale américaine aux Philippines. Seulement l’amiral de la Navy George Dewey et l'amiral , commandant de l'United States Asiatic Fleet, s’opposent à ces conclusions, préférant le site de Subic Bay.

La Marine commande une autre étude sous la conduite de l’amiral . L'étude conclut que Subic Bay est le site le plus approprié à la construction d'une base navale. Un conseil d'officiers mené par le sous-amiral est ensuite chargé d’élaborer un plan de développement de la station navale. Ce plan, soumis au Congrès des États-Unis, comprend la construction de nouvelles fortifications, de chantiers navals, de docks, de cales sèches, d'ateliers, d'un hôpital, d'un chemin de fer reliant Olongapo à Manille et d'installations capables de stocker près de de charbon.