Le Maître de Santi Cosma e Damiano (en italien, Maestro dei Santi Cosma e Damiano, ou Maestro della Madonna dei Santi Cosma e Damiano) est un peintre anonyme pisan, de facture giuntesque, actif entre 1240 et 1270 environ.

Garrison est à l'origine de son nom de convention en 1949, le dénommant d'après la Vierge à l'Enfant conservée en l'église Santi Cosma e Damiano à Pise.

Les œuvres qui lui sont attribuées constituent un premier développement de la leçon de Giunta Pisano .. Certains procédés se retrouvent en effet chez deux des élèves majeurs de Giunta, le Maître de San Martino/Ugolino di Tedice et Cimabue. Mais chez le Maître de Santi Cosma e Damanio, ces caractéristiques restent bien visibles, au point que l'on a pu penser à une signature d'atelier.

Sa présence à Sienne (cf. Madone Mantellini) témoigne à la fois du rayonnement de la peinture pisane, et du déplacement de l'hégémonie économique et culturelle de Pise vers Sienne et Florence.

Enfin cette présence à Sienne et d'indéniables similitudes stylistiques ont amené Bellosi en 1998 à identifier ce maître anonyme à Gilio di Pietro, peintre documenté à Sienne de 1249 à 1261, mais cette identification ne fait pas aujourd'hui l'unanimité des critiquescf. par exemple, Tomei () ne reprend pas cette identification, et elle ne le sera pas plus par Burresi, Caleca et Carletti en 2005 ().

Constitution du corpus En 1949, Garrison réunissait sur la base de fortes similitudes stylistiques (entre autres : un nez caractérisé par une narine séparée de l'arête nasale, le bout en forme de cuillère que l'on retrouve tout aussi fortement marquée en haut du nez; la tache rouge des joues, dégradée en coups de strigile rayonnants; une arcade sourcilière marquée et cernée, presque géométrique; les deux filaments blancs sur le côté de l’œil qui descendent en courbe parallèle après avoir remonté la rondeur de la pommette et enfin la pupille entourée d'une sclérotique constituée de cercles concentriques blancs différenciésCe procédé existe aussi chez le Maître de San Martino mais celui-ci et ne produit pas l' qu'il produit chez le Maître de Santi Cosma e Damiano. Cf. ) les cinq madones giuntesques suivantes : thumb|400px|Maître de Santi Cosma e Damianoles 5 madones regroupées par Garrison (et la 339) la Vierge allaitant (Galaktotrophousa) éponyme, provenant de l'église Santi Cosma e Damiano à Pise (Garrison 104) la Madone de San Niccolò del CarmineD'autres sources indiquent Santa Maria del Carmine - cf. Sienne, dite aussi Madone dei Mantellini (Garrison 125) la Madone actuellement à la pinacothèque de Palerme (Garrison 100) la Vierge de tendresse (Glykophilousa) du Fogg Art Museum (1926.41) de Cambridge (Mass.) (Garrison 170) la Madone (Odigitria) du Museo Civico de Pise (13, aujourd'hui inv. 1574) (Garrison 105) Garrison indiquait en outre que ce regroupement pouvant nous donner une idée de ce à quoi pouvait ressembler le traitement de ce thème (la Vierge à l'Enfant) par Giunta Pisano - en effet, aujourd'hui, nous n'en connaissons pas du maîtreÀ noter que Bellosi, cinquante ans plus tard (), attribuera à Giunta en personne la madone (inv. 1574) de Pise.

Carli en 1958 même s'il écartait la relation entre la Madone de Santi Cosma e Damiano et la Madone Mantellini, mettait en avant la forte similitude entre celle-ci, celle du Fogg art museum et une troisième, la Madone (aujourd'hui inv. 1575) du museo civico de Pise, que Garrison, sous le numéro 339, avait clairement dissociée des 5 autres.

Par la suite, Marques confirmait la pertinence du regroupement, complétant le groupe des six madones (les cinq de Garrison et la Madone identifiée par Carli) par une septième celle de la collection Acton (Garrison 83), ajoutant cependant qu'il était . En 2008, Angelilli reprendra cette question : .

En 1990, Tartuferi démontrait de manière convaincante que la Madone de Santi Cosma e Damiano et la Madone ( / inv. 1575 / Garrison 339) de Pise étaient de la même main.

Datation

La datation initialement proposée par Garrison - de 1260 à 1285 - a cependant été unanimement avancée à 1240-1270 - du fait de la forte marque giuntesque et de l'utilisation de procédés (les cercles concentriques blancs de la sclérotique, les coups de strigiles rayonnants) maladroitement réalisés chez le maître de Santi Cosma e Damiano alors qu'exploités de manière particulièrement subtile, veloutée chez le Maître de San Martino ou chez Cimabue. La Madone (inv. 1574) de Pise offre d'ailleurs un style à mi-chemin entre celui de notre maître et celui du Maître de San Martino.

L'identification à Gilio di Pietro proposée par Bellosi

Gilio di Pietro est un peintre documenté à Sienne entre 1247 et 1261, date de sa mort, surtout connu comme auteur de la plus ancienne biccherna qui nous soit parvenue, celle de 1258, représentant le frère Ugo. Bellosi étudiant de manière détaillée le visage de celui-ci, et le comparant à la Madone Mantellini notamment, y a vu les caractéristiques du style du Maître de Santi Cosma e Damiano.

Liste des œuvres attribuées

la Vierge à l'Enfant (1260/1270), tempera et or sur panneau, , Pise, chiesa dei Santi Cosma e Damiano ; œuvre éponyme, appelée par ailleurs Madonna del Patrocinio 104 la Madone des Mantellini (v. 1260/1270), tempera et or sur panneau, , Sienne, chiesa San Niccolò del Carmine 125 la Vierge à l’Enfant, (v. 1260/1270), tempera et or sur panneau, , Palerme, Galerie nationale de Sicile 100 la Vierge à l’Enfant, (v. 1260/1270), tempera et or sur panneau, , Cambridge (Mass.), Fogg Art Museum (1926.41) 170 la Vierge à l'Enfant avec deux anges (v.1260), tempera et or sur panneau, , Pise, Musée national San Matteo (inv. 1574 ; anc. 13) 105 la Vierge à l'Enfant avec deux anges (v.1260), tempera et or sur panneau, , Pise, Musée national San Matteo (inv. 1575 ; anc. 8) 339

Autres attributions : Vierge à l'Enfant, Florence, (v.1260), tempera et or sur panneau, Florence, Villa La Pietra, collection Acton Frère Ugo, moine de San Galgano, camerlingue, tavoletta di Biccherna répertoriée (1258), tempera sur panneau, , Sienne, Archivio di Stato di Siena

Sources Les sources de cet article sont signalées par le symbole dans la biographie ci-dessous.

Bibliographie Par ordre chronologique de parution:

: description et reproduction des 124 tablettes conservées aux Archives d'État de Sienne.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Gilio di Pietro Giunta Pisano Maître de San Martino Ugolino di Tedice

Liens externes

Santi Cosma e Damiano Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIIIe siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (XIIIe siècle)