La base antarctique Vostok (en , Prononciation en russe retranscrite selon la norme API., « station orientale ») est une station de recherche russe (anciennement soviétique) installée en Antarctique depuis 1957 à l'occasion de l'année géophysique internationale, pour l'étude du climat.

C'est la plus isolée des stations de recherche sur le continent Antarctique. Le site a été choisi parce qu'il offre des possibilités de forages profonds.

La base Vostok se situe au-dessus du lac le plus austral du monde, le lac Vostok. Elle est, à sa création, à l'emplacement du pôle Sud magnétique.

Histoire Cette expédition est chapeautée par l'Institut de l'Arctique et l'Antarctique créée en 1920 à Saint-Pétersbourg. Elle a été précédée par celle qui a permis l'inauguration, le , de Mirny, la première base antarctique soviétique.

Elle est dirigée par Alekseï Treshnikov depuis le continent et commandée par I.V. Maksimov. Les trois navires ( RV Ob, RV Lena et Kooperatsiya), quittent Kaliningrad le .

Le , l' établit une station scientifique sur le site baptisé Vostok (L'Orient), du nom du navire amiral de la première expédition antarctique russe commandée par Fabian von Bellingshausen. La base fonctionne sans interruption pendant plus de . La station est fermée temporairement en . Aujourd'hui la station est devenue un lieu de coopération internationale utilisé à la fois par les chercheurs russes, américains et français.

Sa position, sur le pôle magnétique en 1957, est intéressante pour les études de l’ionosphère et pour les communications radio.

En 1996, les scientifiques russes et britanniques découvrent le plus grand lac sous la glace au monde, le lac Vostok, en dessous de la station. Le lac Vostok est situé en dessous de la calotte glaciaire Antarctique et s'étend sur une surface de . vignette|Vue de la station Vostok telle qu'elle était en 2001. En 2019, la Russie entreprend la rénovation du complexe d'hivernage devenu trop vétuste, mais les travaux ne sont terminés qu'en 2023 et inaugurés le , avec participation, en visioconférence, des présidents russe et biélorussehttps://fr.topwar.ru/235198-novyj-zimovochnyj-kompleks-stancii-vostok-v-antarktide-zapuschen-v-opytnuju-jekspluataciju.html.

Description La station est située à une altitude de . C'est la station scientifique la plus isolée du continent Antarctique. Une distance de la sépare du pôle Sud géographique et la côte la plus proche se trouve à . En hiver, il est impossible de se rendre à la station et ses habitants ne peuvent alors compter sur aucune aide extérieure. Elle dispose d'une piste pour avions à skis, longue de 3900 mListe des aérodromes en Antarctique.

On y trouve deux monuments historiques de l'Antarctique : le tracteur lourd ATT-11 qui a participé à la première expédition vers le pôle Sud magnétique et le bâtiment de forage nommé Boris Kudryashov construit en 1983.

Des études scientifiques dans les domaines de la géophysique, de la climatologie et de la médecine y sont effectuées. La station abrite en temps normal 25 scientifiques en été et 13 en hiver.

Climat La base Vostok détient le record de la plus basse température enregistrée sur Terre, mesurée in situ à le . et la station est connue comme étant le pôle du froid de l'hémisphère Sud. Mais les scientifiques estimaient que la température de l'air pouvait encore descendre plus bas en des points plus élevés de la calotte glaciaire Antarctique, puisque la température décroît avec l'altitude. Cela a été confirmé avec une température de mesurée près de Dôme Argus le par télédétection du satellite Landsat 8.., et même -98 °C dans de petites poches en haut de l’inlandsis, des records qui ne peuvent cependant pas être homologués puisque non mesurés sur place.

Durant la longue nuit polaire, la température moyenne de l'air est de tandis que durant le bref été elle est de . La température la plus chaude enregistrée à Vostok est égale à (). La température mensuelle la plus basse a été enregistrée en avec . La base Vostok soumis à un climat d'Inlandsis (Köppen: EF, Trewartha: Eide). La température moyenne annuelle est de .

Mais d'autres facteurs que la température y mettent à rude épreuve l'organisme humain :

la sécheresse extrême de l'air ; un vent dont la vitesse moyenne est égale à () mais pouvant atteindre parfois () ; le manque d'oxygène lié à l'altitude ( mètres). Du fait que la densité d'oxygène décroît lorsqu'on s'approche des pôles, la densité d'oxygène à Vostok est comparable à la densité d'oxygène à une altitude de mètres à une latitude plus tempérée ; une pression partielle des gaz différente de celle à laquelle l'homme est ordinairement habitué ; une plus forte ionisation de l'air ; un déficit de l'air en CO qui provoque des troubles au niveau des mécanismes de la respiration ; une nuit polaire qui dure trois mois de l'année.

Le temps d'adaptation de l'organisme à des conditions aussi extrêmes peut durer d'une semaine à deux mois et s'accompagne de maux de tête, d'une sensation de suffocation, de douleurs aux oreilles, de saignements de nez, de hausses brusques de la pression artérielle, d'une perte de sommeil, d'une perte de l'appétit, de vomissements et d'une perte de poids de 3 à .

Forage de la calotte glaciaire

thumb|left|Scientifiques tenant des carottes de glace devant la station. thumb|Évolutions de la concentration en CO2 atmosphérique et des températures, données de Vostok complétées par EPICA. Dans les années 1970, l'Union soviétique effectua à Vostok une série de forages à une profondeur comprise entre 500 et . Ces forages avaient pour but d'étudier la teneur en oxygène isotopique de l'eau composant les calottes et permirent de montrer que ces calottes contenaient de la glace datant de la dernière glaciation à une profondeur supérieure à . Ensuite trois autres forages furent effectués. Le trou 3G atteignit une profondeur finale de en 1984, le trou 4G atteignit une profondeur finale de en 1990 et enfin le trou 5G atteignit la profondeur de en 1993. Après une brève interruption durant l'hiver 1995 le forage du trou 5G reprit et en 1996 il fut stoppé à une profondeur de à la demande de la communauté scientifique sur la recherche en Antarctique qui exprimait son inquiétude d'une possible contamination des eaux du lac Vostok. L'étude de la carotte glaciaire extraite grâce à ce forage permit de connaître le climat passé sur une période longue de . Pendant longtemps ce fut la seule carotte glaciaire dont les données couvraient plusieurs cycles glaciaires. Mais en 2004 la carotte glaciaire de l'EPICA permit de connaître le climat passé sur une période de temps encore plus longue. En 2003 le forage put reprendre mais fut stoppé à une distance estimée de seulement des eaux du lac Vostok.

Bien que le forage de Vostok atteigne une profondeur de , l'extrémité finale de la carotte ne contient plus d'informations relatives au climat passé car il s'agit de glace provenant du regel des eaux du lac Vostok. En fait seuls les premiers mètres de la calotte glaciaire contiennent des informations exploitables pour la connaissance du paléoclimat.

Le forage, repris en , atteignit le lac Vostok le .

Source

Notes et références

Annexes

Bibliographie . Reconstruction du climat et de l’environnement des derniers 800 000 ans à partir des carottes de glace – variabilité orbitale et millénaire Les cycles de Milankovitch et les changements climatiques

Article connexe Traité sur l'Antarctique Glaciologie Liste de bases antarctiques Paléoclimatologie Projet EPICA

Lien externe « Le forage de Vostok ». Dossier CNRS.

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