L'Édition Vaticane est une publication officielle du Vatican ainsi que des livres de chant en grégorien pour l'Église catholique, effectuée au début du , surtout un graduel et un antiphonaire sortis sous le pontificat de en 1908 et 1912.
Histoire Motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudines
Lorsque le pape fut élu le , l'Église romaine subissait une décadence considérable de la liturgie. Notamment à cette époque-là, les fidèles pratiquaient sans hésitation dans l'église la musique profane, celle de l'opéra, en profitant de l'harmonium inventé au . C'est la raison pour laquelle le chanoine puis cardinal Giuseppe Melchiorre Sarto, futur , cherchait la source authentique pour la liturgie catholique, en souhaitant que les fidèles puissent retrouver une véritable liturgie. Il l'avait déjà découverte dans la théologie de Thomas d'Aquin (pdf ) ainsi que dans la tradition du chant grégorien.
Dans cette optique, le nouveau pape publia, le , son motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudes.
Première commission L'idée d'une commission internationale pour une édition officielle du chant liturgique naquit en , lors du congrès européen d'Arezzo pour l'étude et l'amélioration du chant liturgiquehttp://bibnum.enc.sorbonne.fr/omeka/tires-a-part/08940484X deux pdf disponibles sur ce site. Toutefois, le Saint-Siège refusa l'année suivante ce vœu de la conférence, en raison du privilège octroyé à l'édition de Ratisbonne.
Aussitôt le privilège expiré en 1901, le Vatican commença à étudier son premier projet de la création de commission, encore sous le pontificat de Léon XIII. Finalement, c'était le nouveau pape Pie X qui organisa en 1904 la première commission internationale, composée de dix membres et de dix consulteurs. Le pape nomma Dom Joseph Pothier président de la commission. Tous les deux personnages avaient assisté au congrès d'Arezzo en 1882, en faveur de la restauration du chant grégorien.
Membres (pdf )https://books.google.fr/books?id=-Xlaj4iNuCwC&pg=PA266 liste manquant de consulteur Alexandre Grospellier Rme Dom Joseph Pothier (1835 - † 1923), abbé bénédictin de Saint-Wandrille, président Carlo Respighi (1873 - † 1947), en qualité de cérémoniaire pontifical, futur préfet des cérémonies pontificales (1918 - 1947) Lorenzo Perosi (1872 - † 1956), directeur perpétuel du chœur de la chapelle Sixtine, disciple de Pie X Antonio Rella (18.... - † 19....), maître de chœur et musicologue italien Dom André Mocquereau (1849 - † 1930), directeur du chœur et l'atelier de la Paléographie musicale de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes Dom Henry Laurent Janssens (1855 - † 1925), bénédictin belge., recteur de l'athénée pontifical Saint-Anselme à Rome Don Angelo de Santi (1847 - † 1922), jésuite et musicologue, premier directeur du futur Institut pontifical de musique sacrée en 1910, collaborateur de Pie X Baron Rudolf Kanzler (1864 - † 19....), membre de la Commission pontificale d'archéologie sacrée depuis 1896 Peter Joseph Wagner (1865 - † 1931), professeur auprès de l'université de Fribourg, musicologue allemand Prof H. G. Worth (18.... - † 19....), musicologue britanniquehttps://archive.org/stream/handbookofchurch00eger#page/n3/mode/2up (1909) préface par H. G. Worth ; - 214 : traduction en anglais de la préface du Graduel 1908 Consulteurs Abbé Raffaello Baralli (1862 - † 1924), professeur de la musique médiévale et du chant grégorien de l'Institut de Lucques depuis 1902 Abbé François Perriot (1839 - † 1910), docteur en théologie, supérieur du grand séminaire de Langres, coéditeur de L'Ami du clergé Dom Alexandre Grospellier (1856 - † 1908), professeur du chant grégorien du grand séminaire de Grenoble Abbé René Moissenet (1850 - † 1939), maître de chapelle de la cathédrale de Dijon Abbé Norman Dominic Holly (18.... - † 19....), musicologue américain Dom Ambrogio Maria Amelli (1848 - † 1933), moine et prieur du Mont-Cassin, président du congrès européen d'Arezzo en 1882 Dom Hugo Atanasio Gaisser (1853 - † 1919), spécialiste de la musique liturgique de l'église grecque, recteur du Collège pontifical grec à partir de 1906 Dom Michael Horn (1859 - † 1936), moine et organiste de l'abbaye de Seckau, spécialiste de l'accompagnement du chant grégorien Dom Raphael Molitor (1873 - † 1948), moine de l'abbaye de Beuron dont il était abbé dès 1906, d'abord musicologue puis docteur en théologie en 1931 Prof Amédée Gastoué (1873 - † 1943), professeur du chant grégorien de la Schola Cantorum de Paris, de l'Institut catholique de Paris et le reste
Motu proprio du 25 avril 1904
De telle façon que ce grand projet connaisse son succès, le nouveau pape put bénéficier du de la disparition de saint († 604). En attendant que Pâques arrivent, il fit préparer une grande cérémonie. Le , juste une semaine après celles-ci, saint Pie X célébra une grande messe en grégorien, rendant hommage au saint patron de ce chant. chantèrent cette messe, sous la direction de Antonio Rella, futur membre de la commission..
Puis le , le pape déclara solennellement un motu proprio sur l'Édition Vaticane en faveur des livres liturgiques contenant les mélodies grégoriennes. Dans ce document, il précisa que de nouveaux livres officiels seraient édités selon les manuscrits les plus anciens et les plus purs de la tradition de l'Église, en profitant des travaux de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes (pdf p. 63). Toutefois, il fallait que la publication soit effectuée, à condition que toutes les notations soient examinées par une commission internationale composée des spécialistes du chant liturgiquep. 61 - 62 (pdf p. 63 - 64) ; en cas de difficulté, elle devait consulter une autre commission historico-liturgique auprès de la Congrégation des rites.. Le motu proprio était suivi d'une liste de dix membres ainsi que de dix consulteurs. D'ailleurs, ces livres devaient être publiés auprès du Vatican, plus précisément à la typographie vaticane, qui conserverait son droit. En raison de sa caractéristique universelle pour la liturgie, toutes les éditions religieuses seraient cependant autorisées à publier leurs réimpressions, à condition de respecter les règlements requis au point d'assurer la qualité de publication (pdf p. 64).
Étant donné l'urgence de la disponibilité des livres, le pape accueillit, le , des membres demeurant à Rome. Sans délai se commença la première session le jour où le Vatican vit ces membres. Entre le et le , six fois de réunions furent tenues au total, afin de discuter les disciplines essentielleshttps://books.google.fr/books?id=-Xlaj4iNuCwC&pg=pa271.
Commission difficile
Si Dom Joseph Pothier restait toujours à la ville éternelle en faveur de sa mission, les membres fréquentaient de moins en moins. Ainsi, la session du mois de eut lieu à l'abbaye Notre-Dame de Quarr en Angleterre où les moines de Solesmes étaient en exil, presque sans participants italiens et allemands. En revanche, un certain nombre de nouveaux consulteurs furent nommés lors de cette occasion.
En effet, une fois que le privilège de l'édition de Ratisbonne avait disparu en 1901, les défenseurs du chant grégorien ne répartissaient plus la même discipline. La commission subissait essentiellement deux difficultés. D'une part, elle avait malheureusement commencé la rédaction du kyriale qui se caractérise exceptionnellement d'une diversité considérable. Les membres furent très rapidement divisés en trois groupes : ceux qui respectaient la « tradition légitime » ou scientifique des manuscrits des tels les moines bénédictins ; ceux qui soutenaient la « tradition vivante » admettant l'évolution tardive de chant ; enfin parmi ces derniers, défenseurs du « dialecte germanique » comme Wagner.
D'autre part, elle avait décidé, en , de ne pas employer les signes rythmiques inventés par Solesmes pour l'interprétation. Au fur et à mesure que la commission se désunissait, cette décision devint insupportable pour les moines de Solesmes. Car, en dépit de leur honneur, ils devaient soutenir ce projet en renonçant tous les droits littéraires et en travaillant gratis, avec 12 moines à plein tempsPrésentation du moine de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault à la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Luçon lors de la journée grégorienne, le 30 septembre 2012, p. 3.
Première publication, Kyriale en 1905 En , l'hebdomadaire The Tablet annonça que le premier brouillon édité du kyriale arriverait à la Typographie vaticane en http://archive.thetablet.co.uk/article/17th-september-1904/9/notes. Or, la commission inharmonique ne put pas respecter cette échéance. C'était, par exemple, au que l'arrangement des pièces était encore discuté et fut modifié. La commission était trop désunie pour sortir ensemble une édition, malgré l'intervention du pape. Ainsi, la plupart des membres refusèrent la préface préparée par Peter Wagner, quoique la publication se soit autorisée en août. Finalement, d'après d'une décision du Saint-Père voulant respecter la commission, le kyriale sans préface fut imprimé en septembrehttps://books.google.fr/books?id=-Xlaj4iNuCwC&pg=PA373 p. 373, 377 et 378.
Par ailleurs, faute d'exemplaire conservé dans les archives, il est très difficile à rétablir le titre complet de ce kyriale imprimé par la Typographie vaticane. Même le catalogue de l'Institut pontifical ambrosien de musique sacrée à Milan ne donne qu'un titre hypothétique et partiel..
Vers le graduel Il fallait maintenant que la commission sorte son graduel. Cependant, Dom Pothier subissait toujours des difficultés. Il ne restait que deux membres sur neuf avec lui, Dom Laurent Janssens et Peter Joseph Wagner. Quatre consulteurs sur dix soutenaient encore ce président : Dom Michael Horn, Dom Alexandre Grospellier, Abbé François Perriot et Prof Amédée Gastouéhttps://books.google.fr/books?id=-Xlaj4iNuCwC&pg=PA382. L'abbaye Saint-Pierre de Solesmes, quant à elle, retrouvait, sans doute intentionnellement, son ancien chemin, restauration scientifique selon les manuscrits les plus anciens. En fait, l'abbé Paul Delatte avait chargé à Dom Paul Blanchon-Lasserve et à Dom Amand Ménager de photographier un grand nombre de manuscrits dans les archives européennes, à l'exception de celles de France à cause de la loi de 1901. Entre 1904 et 1906, plus de furent pris par ces moines, dans les bibliothèques en Allemagne, en Italie et en Espagnehttp://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_1996_num_39_153_2639 p. 68.
Il est vrai que Dom Pothier et le Saint-Siège tentèrent de restaurer la collaboration avec Solesmes, mais en vain. Faute de manuscrits, il ne restait qu'une solution. Si les matériaux du graduel avaient partiellement été préparés par les moines de Solesmes en 1905, la commission devait profiter dorénavant du Liber gradualis, édité par Dom Pothier lui-même jusqu'en 1883 et révisé par celui-ci et Dom André Mocquereau en 1895.
Publications suivantes Après la publication de l'antiphonaire, Dom Pothier était quasiment absent, en regagnant la communauté de Dongelberg. Donc, avant que le pape ne décède en 1914, la première commission fut dissoute à la fin de l'année 1913, et l'année suivante, celle-ci cessa définitivement sa fonction.
Deuxième commission La deuxième commission sous le pontificat de et présidée par Dom , futur directeur de l'Institut pontifical de musique sacrée, est méconnue. Celle-ci fut créée en 1913, encore sous , en remplaçant la première commission. Au contraire de cette dernière, la rédaction de nouvelle commission était principalement confiée à Solesmes. En effet, le décret daté du était favorable pour l'abbaye, car le Saint-Siège avait autorisé aux évêques d'approuver la réimpression de l'Édition, pour la première fois, avec les signes rythmiques de Solesmes. De sorte que, grâce aux manuscrits de Solesmes, la qualité de la restitution de mélodie était meilleure que celle des publications précédentes, notamment sous le rapport de la modalité.