Charles-Antoine Thoumas, né le à Laurière (Haute-Vienne) et mort le à Versailles (Yvelines), est un général français auteur de nombreux ouvrages et d’articles de presse à caractère militaire. Il participe au gouvernement de la Défense nationale en 1870.

Biographie Origine et famille Fils d’Alexandre François Thoumas, polytechnicien (promotion 1806), capitaine d’artillerie, et de Claire Sarra Villière, il naît à Laurière, berceau de sa famille, le . Il intègre l’École polytechnique en , il en sort officier d’artillerie. C’est dans cette arme qu’il fait toute sa carrière. Après les cours de l’École d’application de Metz il est nommé sous-lieutenantLes contemporains, - 5 janvier 1896.

Le , il se marie à Françoise Amélie Louise Pichon, dont le frère est le futur colonel Michel Henri Alfred Pichon, commandant le 46e de ligne en 1870.

Il a deux enfants, Henri Ferdinand (1848-1943), qui devient secrétaire général des Chemins de Fer de l’Est, et Maurice Auguste Joseph (1850-1864), qui meurt adolescent.

Campagne d’Orient 1854-1856 En , il participe à la guerre de Crimée, il est alors capitaine en second dans la division Bosquet.

Après quelques mois, il est nommé capitaine en premier. Il se fait remarquer pour ses tirs d’artillerie très efficaces, à partir du , sur les zones de batailles d’Inkerman« Guerre d'Orient- Siege de Sébastopol » - 1859 Historique du service de l'artillerie (p 126 à 129) et « Souvenirs de la guerre de Crimée » 1854-1856 - Charles Alexandre Fay page 136.

Le il prend part à bataille de Balaklava, il commande sa batterie pour la première fois. Le , à la bataille d’Inkerman, dans un combat de six pièces françaises contre soixante pièces russesLes contemporains - ibidem, il a un cheval tué sous lui. Il est cité à l’ordre de l’armée et un mois plus tard il est fait chevalier de la Légion d’honneurBase Leonore, ministère de la culture. - http://www.culturecommunication.gouv.fr/Ressources/Bases-de-donnees/Leonore.

État-major, campagne d’Allemagne et défense de Paris - de 1857 à 1871 Au sortir de la guerre de Crimée, il est affecté à l’état-major de l’artillerie. En 1868, il est nommé lieutenant-colonel et commande la Direction de l’artillerie au ministère de la Guerre.

À la suite de la chute de Sedan et de la déchéance de l’Empereur, Gambetta proclame la République, le 1870. Charles Thoumas est immédiatement appelé par Charles de Freycinet, qui est délégué à la guerre dans le gouvernement de la Défense nationale.

Thoumas a un rôle primordial dans ce gouvernement, à Tours et à Bordeaux. Il assure l'armement de l'armée françaiseMinistère de la culture - http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=AUTR&VALUE_98=JUNIERE%20Gilgen%20Crantz&DOM=All%20%C2%A0%20%C2%A0&REL_SPECIFIC=3. Il est alors un témoin privilégié des carences de l'armée malgré les efforts de réorganisation de la période de la guerre en province.. Thoumas est ainsi confronté à de nombreuses difficultés. L’armée, par exemple, n’a pas suffisamment de harnais pour les canons et n’ayant plus le temps d’en confectionner en France, le gouvernement décide de passer commande aux États-Unis. Mais la livraison ne peut se faire à temps car le port de est rendu inaccessible un bon moment par la tempête. Les canons que Thoumas fait charger sur rails ne peuvent donc pas équiper l’armée« Souvenirs-1848-1878 » - Charles de Freycinet..

Gambetta le nomme colonel en puis général de brigade deux mois plus tard.

L’après-guerre - 1871 à 1884 En , il est mis en disponibilité.

Le , l'Assemblée nationale désigne une commission de révision des grades, dossiers sont examinésLa Guerre de 70 - François Roth, 1990.Entre octobre 1870 et février 1871, le gouvernement provisoire attribue à une dizaine de milliers d'officiers des promotions exceptionnelles. Gambetta est accusé d'être à l'origine de cette « orgie de promotions »..

Le , la commission le rétrograde au grade de colonel et il retrouve un poste à l’état-major de l’artillerie.

Attristé que son fils, né en territoire annexé par l’ennemi, puisse devenir sujet de l’Allemagne , il a le bonheur de le voir opter pour la nationalité française le Base Leonore - ibidem..

Ce n’est qu’en 1874 qu’il retrouve son grade de général de brigade. Quatre ans plus tard, il devient général de division et membre du comité d’artillerie.

Retraite, mort et hommage posthume - après 1885 Usé par des années de maladie, il est mis en retraite en . Il devient alors un historien militaire de premier ordre avec des articles au quotidien Le Temps, et des ouvrages cités en bibliographiehttp://bibli-aleph.polytechnique.fr - J. Taveau (X1930). , par exemple, le cite dans La France et son armée, cité http://www.livre-rare-book.com/search/current.seam?reference=&author=thoumas&title=autour+du+drapeau&description=&keywords=&keycodes=&ISBN=&minimumPrice=0.0&maximumPrice=0.0&minimumYear=0&maximumYear=0&sorting=RELEVANCE&bookType=ALL&ageFilter=ALL&century=ALL&l=fr&actionMethod=search%2Fcurrent.xhtml%3AsearchEngine.initSearch.thumb| 26 octobre 1913 : inauguration du monument du général Thoumas. Au centre-gauche sa veuve, Claire Sarra Villière. À l’extrême gauche son fils, Henri Thoumas. Au centre, tenant son discours à la main, le général Lebon.

Son état de santé alarme sa famille dans la nuit du 2 au . Il meurt après une agonie de quelques heures au cours de laquelle il exprime sa foi à ses proches.

Le , on lui élève, à Laurière, un monument, qui se situe face à la mairie, sur la place qui prend alors le nom de place du Général-Thoumas. C'est le général Lebon qui fait le discours, avec à ses côtés la veuve et le fils du général Thoumas.

Son portrait, signé Gilgencrantz - , est visible à Versailles, au musée Lambinet.

Décorations Médaille de Crimée. Médaille de la valeur de la Sardaigne 27/07/1857. Grand-officier de la Légion d’honneur le 27/12/1884 (Chevalier en 1854)Pour les 3 décorations : base Leonore – ibidem..

Publications Principaux ouvragesla plupart de ses écrits et articles sont consultables librement sur gallica : https://gallica.bnf.fr/. Les Capitulations : étude d'histoire militaire sur la responsabilité du commandement - Berger-Levrault (Paris)-1886, prix Thérouanne de l’Académie française en 1887. Les Transformations de l'armée française : essais d'histoire et de critique sur l'état militaire de la France - Berger-Levrault, (Paris) – 1887. Autour du drapeau 1789 à 1889 : campagnes de l'armée française depuis cent ans - 1889. Le Maréchal Lannes – 1891. Le Livre du soldat : vertus guerrières - Berger-Levrault (Paris)-1891.

Les Souvenirs militaires de Dupuy - 1892. L’Agenda de Malus l’expédition d’Égypte – 1892. Les Français au Mexique. Récits de guerre (1862-1867). Les Trois Colbert - Firmin-Didot - 1888 2003. Paris, Tours, Bordeaux : souvenirs de la guerre de 1870 – 1893 (publié posthume). Histoire de tous les généraux du dans La Revue de la cavalerie. Histoires diverses dans la rubrique « Causeries militaires » (ou La Vie militaire) du quotidien Le Temps de 1887 jusqu’à la veille de sa mort. Son dernier article est publié à titre posthume.

Notes et références

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