La région de Thénia dans la wilaya de Boumerdès en Algérie a vu se succéder de nombreuses époques historiques.
Firmus
Le roi (Agellid) Nubel, de la tribu Jubalienne, en avait fait sa capitale (Soumâa) vers le de notre ère au début de l'an 300. Le fils aîné de Nubel, qui s'appelait Firmus, succédera à son père.
Le roi (Agellid) Nubel régnait, à partir de sa citadelle (Soumâa) de Thénia, sur les territoires de l’Ouest : Alger (Icosium), Tipaza, Cherchell jusqu’à Ténès.
Les enfants de Nubel portaient soit des prénoms berbères tels que Sammac, Mazuca, Mascicel, soit romains comme Firmus.
C’est vers 372 que Firmus se révolta contre les Romains, et souleva toute la occidentale de la région qu'il gouverne.
Firmus s’empara ainsi de 2 villes importantes : Césarée (Cherchell) et Icosium (Alger).
Après ces quelques succès, Firmus fut forcé de se donner la mort en 372 ou 375 après avoir été défait par Théodose l'Ancien grâce à l'aide que lui apporta Gildon.
La citadelle (Soumâa) sur le site de l'actuelle Thénia était encore intacte à l'arrivée des Français le . Ses matériaux ont été utilisés par les colons européens pour la construction des immeubles et monuments publics de l'ancienne Ménerville. Cette citadelle présentait la particularité, assez rare, de la défense fixe du Col des Béni Aïcha en avant du massif des Khachna.
Période berbéro-arabe La période berbéro-arabe en Algérie s'étend de 647 à 1515.
La région de Thénia, ayant été peuplée par des amazigh depuis le paléolithique, a vu une tribu arabe Hilalienne descendant de Khachine ibn Yazid ibn Aïssa ibn Zoughba ibn abi Rabîa ibn Nahik ibn Hilal venir se greffer en 1050 à l'ouest du "Col des Béni Aïcha" dans la plaine de Khachnahttp://encyclopedie-afn.org/images/c/cb/Annalesalg1836-tome1.pdf.
Ces Hilaliens ont apporté avec eux une langue arabe bédouine qui fut introduite dans la Mitidja (Méridja) au par leurs tribus car ce sont elles, en effet, qui ont véritablement arabisé une grande partie des Berbères de la Basse Kabylie.
Ainsi, la pénétration des Hilaliens dans la Mitidja (Méridja) a été favorisée par les Zirides recherchant leur alliance pour combattre leurs cousins Hammadides..
Période turque La régence d'alger surnommé par certains "présence turque en Algérie" s'étend de 1515 à 1830.
Durant cette longue période de trois siécles, le massif montagneux à l'est de la plaine de Khachna a vu la zone de l'Oued Zeythoun devenir presque entièrement habitée par des Kouloughlis (Courouglis) descendant de ceux qui y furent exilés par un Dey d'Alger en 1776http://1.static.e-corpus.org/download/notice_file/849433/BellahseneThese1.pdf.
Période française La présence française en Algérie s'étend de 1830 à 1962.
Conquête de la Mitidja vignette|gauche|Hussein Dey (1765 - 1838) vignette|droite|Mortier Baba Merzoug d'Alger (Couleuvrine, La Consulaire) au port de Brest depuis 1833 Cette période s'étend de 1830 avec la chute d'Alger, (gouvernée par Hussein Dey), jusqu'à la campagne de Constantine en 1837.
La presse française de l'époque a permis de noter les événements liés au début de la conquête française d'Alger et de la Mitidja, et qui s'étendra peu après vers le col des Béni Aïcha autour du hameau de Théniahttp://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1832/26COURDROMAR-18320501-P-0001.pdf.
Thénia avait été épargnée durant les premières années de la présence française en Algérie de toute expédition militaire, car la priorité à Alger en 1832 était de pacifier la région de l'ouest s'étendant jusqu'à Oran sous le commandement du Général Pierre François Xavier Boyerhttp://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1832/26COURDROMAR-18320522-P-0001.pdf.
Les relations des gouvernants d'Alger avec les Kabyles et Arabes]autour de la Mitidja continuaient à être bonnes, car les Cheikhs de tribus ramenaient les déserteurs de la légion étrangère quand il y en avait. En même temps, La population européenne en Algérie s'accroissait de plus en plus pour atteindre au le nombre de 3786 individushttp://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1832/26COURDROMAR-18320524-P-0003.pdf. Les dignitaires français commençaient à acquérir des propriétés dans la Mitidja autour d'Alger, comme ce fut le cas du Maréchal Clauzel. Au même moment, l'administration centrale du pouvoir d'Alger est passée d'une intendance civile pour entrer dans les attributions du ministère de la guerre pour concentrer les pouvoirs afin d'opérer avec plus de vigueur et de promptitude, et éviter la division des pouvoirs et les conflits d'autoritéhttp://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1832/26COURDROMAR-18320710-P-0002.pdf. Mais l'insoumission de plus de 50 soldats et de quelques officiers de la légion étrangère en Algérie durant le trimestre de 1837 était un phénomène étrange, car ces insoumis se ralliaient aux tribus locales. Le passage de pouvoir en entre Gentil de Bussy, intendant civil, et la nouvelle autorité militaire concentrée entre les mains du Duc de Rovigo avait pour but de réaliser un plan préparatoire de colonisation conçu depuis longtemps. Ce travail préparatoire consistait à choisir l'emplacement de 3 villages dans la Mitidja sur les principales routes, sous la protection des camps retranchés, pourvus de terres excellentes et suffisamment arrosées. La distribution de ces terres aux colons français devait assurer non seulement leur bien-être, mais aussi contribuer encore à la sûreté des routes près desquelles les villages allaient être établis, et rendre ainsi la fourniture des marchés d'Alger indépendante des événements qui pouvaient arriver au-delà des limites de l'occupation en 1832. Au fur et à mesure de l'arrivée de nouveaux colons dans la Mitidja, le plan de colonisation devait faire le choix d'emplacements propres à les établir d'une manière convenablehttp://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1832/26COURDROMAR-18320710-P-0003.pdf.
Entre-temps, le Dey d'Alger était arrivé de Livourne à Nice le pour y résider temporairementhttp://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1832/26COURDROMAR-18321118-P-0002.pdf. Ce dernier Dey d'Alger nommé Hussein Bacha est né vers 1765 à Smyrne en Turquie et décédé en 1838 à Alexandrie en Égypte..
Pacification de la Kabylie Cette période s'étend de 1837 à 1857. vignette|gauche|Le colonel Maximilien Joseph Schauenburg Durant cette période, la ville de Thénia s'appelait à l'origine Tizi Naïth Aïcha (en arabe Theniet Beni Aïcha), ce qui signifie en berbère « col des enfants d'Aïcha ».
Mais lors de la conquête de l'Algérie par la France, les tribus des Béni Aïcha avaient entretenu des rapports de courtoisie avec le gouvernement français à Alger distante d'eux de plus de , et ce de 1830 à 1837.
En effet, jusqu'après 1835, les tribus des Béni Aïcha ne demandaient que la paix dans leur territoire à l'est d'Algerhttp://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1835/26COURDROMAR-18351217-P-0001.pdf.
Et ce n'est que dans la nuit du 17 au que des troupes françaises arrivèrent à Thénia sous le commandement du colonel Maximilien Joseph Schauenburg, à la suite d'un incident..
Le colonel de Schauenburg a rencontré à Thénia les kabyles des Béni Aïcha (parmi les younes et benyounes) qui ont cherché à lui en disputer le passage sur toutes les hauteurs qui ont été enlevées au pas de charge par ce légerhttp://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1837/26COURDROMAR-18370528-P-0001.pdf.
Les pertes de cette colonne se sont alors élevées à 3 morts dont deux officiers et 21 blessés, alors que les Kabyles des Béni Aïcha avaient déploré 18 morts durant les deux journées du 18 et http://www.memoireetactualite.org/presse/26COURDROMAR/PDF/1837/26COURDROMAR-18370608-P-0001.pdf.
L'expédition vers Thénia aux ordres du colonel Schauenburg., faite du 17 au , était rentré au bivouac retranché de Corso (rivière en avant de Réghaïa), après avoir tué beaucoup de kabyles et eu 22 soldats morts dans sa colonne..
Guerre d'indépendance de l'Algérie Cette période s'étend de 1954 à 1962.
Commune de Thénia C'est le qu'un décret a érigé en commune de plein exercice la région de Thénia dans le Col des Béni Aïcha, présidée par le maire Antoine Lestourgy (Lestourgie, Lesturgie) dont la profession était docteurhttp://biblio.univ-alger.dz/jspui/bitstream/1635/27/1/22400.pdf.
Auparavant, le centre de Thénia dans le Col des Béni Aïcha était rattaché à la commune de Boudouaou (alors nommée Alma), dépendant de la préfecture d'Alger, avant qu'il n'en soit détaché pour être érigé en commune de plein exercice, sous le nom de Béni Aïcha..
Cette commune de Béni Aïcha comprenait 3 sections, la section chef-lieu composée du village de Thénia et du territoire environnant dit "Col des Béni-Aïcha", la section annexe de Souk El Haad composée du village et du territoire de ce nom, et la section annexe de Tidjelabine (Bellefontaine) composée du village et du territoire en dépendant qui s'étendait s'étendra jusqu'à la rive droite de l'Oued Corso.
+ Composition de la commune de plein exercice à Thénia le Chef-lieu Annexe 1 Annexe 2 Nom colonial Béni Aïcha Souk El Haad Bellefontaine Nom algérien Thénia Souk El Had Tidjelabine
Et c'est le qu'un autre décret est venu porter que la commune du Col des Béni Aïcha prendrait désormais le nom de Ménerville.
À l'indépendance de l'Algérie le , la commune de Thénia ne prit officiellement son nouveau nom en remplacement du nom colonial Ménerville qu'en 1965 en application du décret 65-246 du . stipulant le changement de nom des communes algériennes portant des noms coloniaux.
Mais en 1963, les communes environnantes de Thénia avaient été dissoutes et rattachées au chef-lieu de la commune de Thénia en application du décret 63-189 du https://archive.wikiwix.com/cache/20210305192343/http://www.joradp.dz/JO6283/1963/035/F_Pag.htm. qui était le premier texte officiel de l'état algérien qui réorganise les communes issues de la colonisation française.
Cette première réorganisation du territoire algérien en 1963 avait réduit le nombre de communes de à 631, et les ordonnances 63-421 du , 63-466 du et 64-54 du ont modifié légèrement le nombre de communes.
Le décret 65-246 du à son tour porte le nombre de communes algériennes à 676.
+ Villes rattachées à la commune de Thénia de 1962 à 1984 Chef-lieu Annexe 1 Annexe 2 Annexe 3 Annexe 4 Annexe 5 Noms coloniaux Ménerville Souk El Haad Bellefontaine Félix Faure Courbet Rocher Noir Noms algériens Thénia Souk El Had Tidjelabine Si Mustapha Zemmouri Boumerdès Code postal de 1962 à 1984 16000 16000 16000 16000 16000 16000 Code postal de 1984 à 2008 35470 35480 35490 35270 35260 35000 Code postal après 2008 35005 35020 35021 35028 35012 35000
Daïra de Thénia
+ Communes rattachées à la Daïra de Thénia après 1984 Chef-lieu Commune 1 Commune 2 Commune 3 Noms coloniaux Ménerville Souk El Haad Béni Amrane Ammal Noms algériens Thénia Souk El Had Béni Amrane Ammal Code postal de 1962 à 1984 16000 16000 10000 10000 Code postal de 1984 à 2008 35470 35480 35425 35450 Code postal après 2008 35005 35020 35006 35031
Maires de Thénia L'actuelle commune de Thénia est un centre de colonisation européenne créé au col des Béni Aïcha par décret du , et qui a pris le nom de Ménerville en mémoire du magistrat Charles-Louis Pinson de Ménerville (1808-1876).
En , Thénia a vu l'arrivée de Paul Just, originaire d’Embrun (Hautes-Alpes), titulaire d’une concession agricole. Avec son arrivée, les quelques colons présents sont encouragés à la construction de maisons en bois, d’où l’appellation de « Village en bois » par les autres colons.