vignette|Drapeau du Mouvement indépendantiste sicilien vignette|Sicile

Le nationalisme sicilien est constitué de différents mouvements présents aussi bien dans la région autonome de Sicile, que dans la diaspora sicilienne, recherchant une plus grande autonomie ou même l'indépendance SICILIA INDIPENDENTE: il programma politico de la région, et promouvant la défense de l'héritage, des traditions, de la culture et de la langue sicilienne Sicilia VERA: Malarazza Politica Partito dei Siciliani: il programma politico .

Différents mouvements autonomistes et séparatistes de Sicile ont reçu un soutien provenant de la gauche, de la droite et du centre Google Books: Muvumentu Nnipinnenti Sicilianu (Mouvement indépendantiste sicilien). Historiquement, le parti sicilien le plus notablement connu pour son programme nationaliste fut le séparatiste Mouvement pour l'indépendance de la Sicile (MIS), qui eut quatre sièges au Sénat et neuf sièges à la Chambre des députés à son apogée dans la seconde moitié des années 1940 Google Books: Travel Sicily, Italy: Illustrated Guide, Phrasebook & Maps.

À l'époque contemporaine, le parti sicilianiste le plus important a été le ., autonomiste et membre de la grande coalition Mouvement pour les autonomies, qui gouverna la Sicile sous la présidence de Raffaele Lombardo de 2008 à 2012..

Idéologie L'indépendantisme sicilien se base sur le principe selon lequel la Sicile est une nation qui possède sa propre histoire, sa propre culture et sa propre langue, et sur l'affirmation du fait que la Sicile ne pourra pas retrouver son plein développement culturel, social et économique tant qu'elle continuera à faire partie du système étatique italien ou qu'elle n'aura pas sa propre architecture étatique indépendante, responsable et autonome Politiche 2013 - Programma del MIS - Scomunicando .

Histoire

Antécédents Bien que l'idée d'indépendance, dans le sens moderne du terme, soit née seulement avec le romantisme, accompagnée du concept d'État-nation, les idées d'émancipation de l'île sicilienne furent nombreuses auparavant. Parmi les exemples de celles-ci, la révolte des Sicules avec Doukétios, ou, pendant la période romaine, celle des esclaves avec Eunus.

Durant tout le Moyen Âge et jusqu'aux Lumières, les barons n'ont de cesse de défendre la féodalité contre le pouvoir central royal, au nom d'une tradition sicilienneJean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, ..

Les Vêpres Les Vêpres siciliennes sont considérées comme les progénitrices du nationalisme moderne. Ce fut en fait un mouvement de séparation des étrangers de l'époque, les français angevins. Comme témoigne l'émergence en Europe du terme siculus à la fin du pour désigner les Siciliens, l'idée d'une nation sicilienne apparait à cette époque. Chrétiens de rite latin, parlant un sicilien influencé par le toscan, gibelins par opposition aux Français et à Rome, les Siciliens acceptent les souverains aragonais pour ce qu'ils incarnent un prolongement de la politique frédéricienne, l'époque normano-souabe étant devenue dans les esprits locaux l'âge d'or de l’autonomie sicilienneJean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, ..

Les révoltes contre les vice-rois À la fin de son indépendance comme royaume (première moitié du Quinzième siècle), la Sicile se retrouve réduite au rang de vice-royaume espagnol, ce qui entraînera un profond déclin économique et une détresse générale de la population qui vivait dans la misère. Les révoltes anti-espagnoles de Messine de 1647 et 1648, qui s'étendirent à toute l'île, furent menées par deux personnalités : Giuseppe D'Alesi et Nino La Pelosa, qui cherchèrent à chasser les vice-rois, pour instaurer une république indépendante, mais celle-ci durera seulement pendant une brève période. Il faut aussi noter la révolte anti-espagnole de Messine, entre 1674 et 1678, au cours de laquelle la cité du Détroit se souleva contre la domination espagnole. Messine ambitionnait à devenir une république oligarchique et mercantile à l'instar de la république de Gênes et de la république de Venise. La révolte fut réprimée dans le sang et la cité rebelle fut déclarée « morte civilement ».

Le séparatisme de Di Blasi Francesco Paolo Di Blasi peut, à l'égal de Giuseppe D'Alesi et de Nino La Pelosa, être considéré comme un séparatiste républicain. Le martyr de Palerme fonda une Académie de langue sicilenne pour réhabiliter la langue de l'île et pour instaurer une sorte d'identité sicilienne même dans les classes sociales les plus basses. Di Blasi, fasciné par les doctrines de la Révolution française, cherchera par tous les moyens à fonder une république sicilienne, mais découvert, il sera décapité en 1795.

et révoltes contre les Bourbons À partir de la moitié du et durant le , l'idée de la nation sicilienne émerge à partir de la défense des privilèges des grands aristocrates contre les réformes économiques et sociales prônées par Naples.

Jusqu'à 1814, le royaume de Sicile avait maintenu ses propres institutions symbolisées par le Parlement sicilien, malgré l'union personnelle avec le royaume de Naples ; le roi des Deux-Siciles attachait néanmoins une plus grande attention à la partie continentale de son royaume, provoquant un grave mécontentement au sein du peuple sicilien. En 1806, le roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles, fuyant Naples occupé par Napoléon Ier, se réfugie en Sicile, où il reçut avec les honneurs : les Siciliens demandent à voix haute une Constitution qui puisse garantir la stabilité de l'État et une meilleure application du droit. Poussé également par les intérêts économiques des Britanniques sur l'île, Ferdinand concède la Constitution sicilienne de 1812, de claire inspiration anglaise, qui deviendra vite un exemple de libéralité pour l'époque. En 1814 cependant, à la suite du congrès de Vienne, le roi Ferdinand Ier des Deux-Siciles accomplit un véritable coup d'état : il réunit le royaume de Sicile et le royaume de Naples sous une seule couronne, celle du nouveau-né royaume des Deux-Siciles, éliminant le Parlement sicilien qu'il déclare déchu. La monarchie des Bourbons accomplit sa restauration sans rétablir l'union des royaumes de Naples et de Sicile dans leurs statuts antérieurs à 1789, et fait un bond en arrière de cinq siècles et demi en restaurant en quelque sorte le royaume de Charles Ier de Sicile Francesco Renda, Storia della Sicilia dalle origini ai giorni nostri - Vol.II Da Federico III a Garibaldi, Palermo, Sellerio Editore, 2003. pag. 783. L'acte fut perçu par la classe politique sicilienne comme un affront, La Sicile ayant formé pendant au moins 700 ans un royaume indépendant dans tous les sens du terme. Quasi immédiatement commença une campagne anti-bourbons, accompagnée d'une propagande en faveur de l', menée principalement par l'aristocratie de Palerme. Cela déboucha en 1820 à la révolte de Palerme, qui amena à la mise en place d'un gouvernement provisoire, ouvertement séparatiste. Toutefois, le manque de coordination des forces des diverses cités siciliennes entraîna l'affaiblissement du gouvernement provisoire (Messine et Catane s'opposèrent à la volonté de Palerme de gouverner l'île), qui bien vite chuta sous les coups de la répression des Bourbons. Le patriote carbonaro Gaetano Abela en fut une des victimes éminentes. L'échec de cette première révolution ne découragea pas les forces politiques sicilianistes, qui réessayèrent environ 20 ans plus tard.

La révolution de 1848 thumb|Impression allégorique qui montre l'expulsion des troupes napolitaines de la Sicile au début de l'insurrection

En , après une crise économique prolongée, à Palerme, à la Chiazza dâ Feravecchia, débuta une nouvelle révolution indépendantiste, dirigée par Giuseppe La Masa. Après des échanges meurtriers, La Masa, commandant l'armée populaire, réussit à chasser la lieutenance générale et une grande partie de l'armée des Bourbons de la Sicile, et constitua un « comité général révolutionnaire » au début du mois de février. Le comité général institua un gouvernement provisoire à Palerme ; au milieu de l'enthousiasme général et dans un climat d'optimisme, Ruggero Settimo, un libéral modéré appartenant à la noblesse sicilienne, fut nommé président. le , le parlement sicilien compléta l'indépendance par une nouvelle délibération dans laquelle il affirma que : Ferdinand de Bourbon et sa dynastie sont pour toujours déchu du Trône de Sicile. La Sicile sera dirigée par un Gouvernement Constitutionnel, et appellera au Trône un prince italien après avoir réformé son Statut Decreti in Collezione di Leggi e Decreti Del General Parlamento di Sicilia nel 1848 Anno 1° della Rigenerazione, Palermo, Stamperia Pagano-Via Macqueda laterale S. Orsola, n. 321-322, 1848.

Le sicilianisme Avec la naissance du projet d'unité italienne se développe chez les Siciliens l'idée d'une autonomie au sein d'une Italie unifiée et fédérale, au détriment de l'indépendance totale. Ainsi, les 37 membres du Conseil extraordinaire d’État formé par le pro-dictateur Antonio Mordini, parmi lesquels les autonomistes modérés Michele Amari et Francesco Ferrara, réclament le un statut spécial pour la Sicile. Deux jours plus tard, le plébiscite entérine l'annexion par le royaume du Piemont-Sardaigne. Ni Cavour ni ses héritiers de la Droite historique ne donnent de libertés spécifiques à la Sicile au nom de l'unité nationale, et le nouvel État italien écrase les révoltes insulaires de 1862, 1863 et 1866.

Alors que la gauche obtient la quasi-totalité des sièges de parlementaires en Sicile en 1874 et 1876, et que les travailleurs menacent de s'unir au sein des ligues socialisantes, l'élite sicilienne cherche à diffuser un contre-discours réactionnaire, le sicilianisme. La théorie consiste à nourrir le mythe d'une nation sicilienne unie dont tous les habitants ont été victimes de l'exploitation multiséculaire et du mépris des dirigeants étrangers (les Piémonts comme les Napolitains et les Aragonais avant eux). Elle se veut interclassiste sans souhaiter donner de pouvoir à la bourgeoisie et véhicule l'image d'une île imperméable à la modernité et au développement, où règne les propriétaires de latifundia et le crime organisé.

Ainsi la question méridionale se nourrit de la lutte entre les héritiers de la puissance féodale et l'état central savoyard en unissant anti-bonapartisme du et méridionalisme post-unitaire dans un discours victimaire décrivant une Sicile riche de ses ressources naturelles et ses terres, systématiquement pillée par des puissances étrangères, trahie dans les promesses du Risorgimento, sacrifiée par le protectionnisme dicté par l'Italie du Nord.

Le sicilien Crispi, président du Conseil, s'oppose au sicilianisme par sa volonté d'une Italie unifié, mais cette idée d'un traitement différencié du reste de la Nation se retrouve dans l'action de son successeur, Antonio di Rudinì, qui cherche à restaurer le pouvoir nobiliaire des grands propriétaires fonciers contre le mouvement syndical et politique réformiste. Au sortir de la Première Guerre mondiale, le discours sicilianiste est repris par la majorité des élus de l'île et particulièrement par le Parti agraire sicilien qui aspire à une économie sicilienne libérée du protectionnisme imposé par l’État au profit des industriels et ouvriers du Nord au détriment des intérêts siciliens. Mais cette aspiration d'indépendance des élites aristocratiques et bourgeoises se fait en rejettant voire en réprimant les initiatives populaires comme les faisceaux des travailleurs.

Le séparatisme de Finocchiaro Aprile et de Canepa Après la Seconde Guerre mondiale, une autre période s'ouvre entre 1943 et 1950 environ, avec la naissance du Mouvement pour l'indépendance de la Sicile.