L'implantation de paroisses orthodoxes russes en France remonte au .
Histoire
Dès la fin du , en Europe de l'Ouest, notamment dans les villes d'eaux ou celles situées sur les rivages de la Méditerranée, des Russes aisés viennent en villégiature, parfois pour de très longs séjours ; ils éprouvent donc le besoin de créer des conditions propices à l’observation de leurs traditions cultuelles. L’église Saint-Nicolas-et-Sainte-Alexandra de Nice : Церковь Святых Никола́я и Алекса́ндры est consacrée en , qui est alors encore, mais pour peu de temps, avec son comté, dans le royaume de Piémont-Sardaigne (1720-1861), appartenant à la maison de Savoie. Lors du rattachement de ce comté quelques mois plus tard, l'édifice devient donc la première église russe sur le territoire français. Peu après, rue Daru à Paris, la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky est consacrée en 1861, premier édifice cultuel orthodoxe russe de la capitale. Les églises Saint-Alexandre-Nevsky-et-de-la-Protection-de-la-Mère-de-Dieu de Biarritz et Notre-Dame-Joie-des-Affligés-et-Saint-Nicolas-le-Thaumaturge de Menton sont consacrées en 1892, l'église Saint-Michel-Archange de Cannes en 1894. La cathédrale Saint-Nicolas de Nice est inaugurée en 1912.
Par la suite, conséquence des révolutions de 1917 (en février, puis en octobre) et de la guerre civile qui s'ensuit, affluent ceux qui fuient le nouveau régime bolchevique. Les lieux de cultes existants, qui, au-delà de leur rôle religieux, sont des points de rencontre pour la communauté des russes exilés, sont vite saturés. Des offices sont alors célébrés dans d'autres locaux, provisoires, souvent loués ou prêtés. Mais la prise de conscience au sein de cette communauté que l'exil risque d'être long amène à l'établissement pérenne de vraies églises, de lieux gérés en toute propriété par la dite communauté. Ces nouvelles implantations ne se font pas qu'à Paris, où dès 1925 s'ouvre l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, au 93, rue de Crimée, et dans les villes et régions touristiques déjà connues des Russes, où tout naturellement beaucoup choisissent de s'implanter, notamment les plus riches ; elles se font également dans des régions industrielles, quand la nécessité de s'intégrer au pays d'accueil amène beaucoup à prendre un emploi dans les bassins qui en proposent dans les années 1920. Ainsi est érigée en 1926 l'église Saint-Serge à Colombelles (où se trouve une usine sidérurgique de la Société métallurgique de Normandie). Vers la même époque, une église Saint-Alexandre-Nevsky est créée au Creusot ; le local est donné par madame Schneider dont la famille est le premier employeur local. De même, la ville industrielle de Belfort accueille une église de la Résurrection-du-Christ. Pareillement, en région parisienne, de nouveaux lieux de culte sont créés dans des quartiers alors populaires, comme le (où est implantée l'usine Citroën du quai de Javel), ou dans la banlieue ouvrière (Boulogne-Billancourt, Courbevoie, Vanves…). Il est important de noter que ces nouveaux lieux de culte sont aménagés dans des conditions économiques précaires, bien entendu sans le soutien financier de la mère patrie devenue Union des républiques socialistes soviétiques, et par la seule volonté d'une communauté en exil désargentée. Ils sont donc le plus souvent fort modestes, parfois de simples hangars en bois aménagés, même si un effort particulier est fait pour les doter d'une belle iconostase et souvent surmonter le bâtiment d'un bulbe, même de petite taille.
Jusqu'à la fin du , il y a peu de changement dans la géographie des lieux de cultes orthodoxes de tradition russe en France; même si certains disparaissent au cours du temps (par exemple à Troyes, l'église est détruite dans un bombardement en ), beaucoup subsistent, quitte à n'être desservies pour le culte qu'épisodiquement. Les paroisses connaissent souvent une érosion démographique, conséquence de la disparition progressive des générations ayant quitté la Russie, qui ne sont que partiellement remplacées par les nouvelles générations, nées en France et qui s'y sont assimilées. Souvent, celles-ci fréquentent moins l'église ou, ayant fondé des familles avec des non-orthodoxes, n'ont pas ou peu de liens avec la religion de leurs aïeux. Les offices restent souvent célébrés en slavon, mais souvent aussi en français. Si l'arrivée en France de nouveaux paroissiens venus de Russie a été très mince durant la période soviétique, si ce n'est quelques dissidents qui se sont surtout installés en région parisienne, depuis la fin du régime soviétique sont arrivés de nouveaux membres dans les paroisses.
En 1993, la première église de France de fabrication traditionnelle russe en bois est élaborée dans la région de Kirov par des ouvriers locaux selon les lois de l'architecture religieuse de la Russie ancienne, puis acheminée à Millau dans l'Aveyron par wagons SNCF. Elle s'élève désormais près de Sylvanès. (en russe : Церковь Этимазис Сильванеса).
Puis, pour la paroisse de Nantes, sont acheminés en 2002, depuis une entreprise de Rodniki en Russie qui les a réalisés, puis remontés en 2004-2005 à la Beaujoire (dans le quartier Nantes Erdre), les éléments de l'église orthodoxe Saint-Basile-de-Césarée-et-Saint-Alexis-d'Ugine.
Une autre église en bois, l'église Notre-Dame de la Nativité. (en russe : Xрам Рождества Пресвятой Богородицы), a été consacrée en à Épinay-sous-Sénart, près de Paris. Elle fut transportée en pièces détachées par camion de Tver, au nord-ouest de Moscou, à l'Île-de-France.
Après de longues négociations entre la mairie de Paris et la fédération de Russie, est construite, en plein Paris, non loin de la tour Eiffel, la cathédrale de la Sainte-Trinité ; son architecte, le Français Jean-Michel Wilmotte l'a conçue dans un style résolument moderne. La construction des autres édifices du Centre spirituel et culturel orthodoxe russe dont la cathédrale fait partie est achevée durant l'année 2016..
Organisation
Les Églises officielles L'Église orthodoxe russe hors frontières EORHF (diocèse de Genève et de l'Europe occidentale) (ru) : Русская Православная Церковь Заграницей, РПЦЗ. En 1920, à la fin de la guerre civile, des prêtres et des évêques quittent la Russie et organisent à l’étranger une nouvelle juridiction indépendamment du patriarcat de Moscou. En 2007, le dialogue se rétablit entre EORHF et l'EORF par la signature à Moscou d'un Acte d'union canonique et eucharistique : Église Saint Jean le Russe (ru) : Церковь св. Иоанна Русского, исповедника, à Lyon (Rhône).. Église de la Résurrection du Christ (ru) : Церковь Воскресения Христова, à Meudon (Hauts-de-Seine) egliseorthodoxerussemeudon.wordpress.com.
L'archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale (Exarchat du patriarcat œcuménique) (ru) : Архиепископия православных русских церквей в Западной Европе. Экзархат вселенского патриархата est longtemps une juridiction, constituée en 1931, du patriarcat œcuménique de Constantinople, pour rassembler les paroisses qui ne voulaient plus relever du patriarcat de Moscou. Son siège est à Paris. En France, toutes les paroisses dépendantes de l’archevêché sont géographiquement organisées en doyennés ayant chacun à leur tête un archiprêtre (Nord-Est parisien, Sud-Ouest parisien, Bretagne, Val-de-Loire et Poitou, centre de la France, est de la France, sud-est de la France, sud-ouest de la France) : par exception, la paroisse de Lille dépend du doyenné de Belgique.. En , Jean Renneteau décide de rejoindre le patriarcat de Moscou, suivi par une partie du clergé, des paroisses et des communautés. Cathédrale Saint-Alexandre Nevsky à Paris.. Église Saint-Serge, à Paris. Église de la Présentation-de-la-Vierge-au-Temple, rue Olivier-de-Serres à Paris (paroisse parisienne de l'Action chrétienne des étudiants russes). Église Saint-Séraphin-de-Sarov, rue Lecourbe à Paris. Église Notre-Dame-de-la-Dormition, à Sainte-Geneviève-des-Bois. Cathédrale Saint-Nicolas de Nice, à Nice. Église de la Résurrection-du-Christ à Grenoble..
Le Vicariat de tradition russe auprès de la métropole de France regroupe depuis fin 2019 les paroisses et les communautés qui refusent la décision de Jean Renneteau, de l'archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale (AERO), de rejoindre le patriarcat de Moscou et veulent rester fidèles au patriarcat de Constantinople.
Église Notre-Dame-du-Signe, à Paris. Église Saint-Nicolas-le-Thaumaturge, à Boulogne-Billancourt. Église Saint-Alexandre-Nevsky-et-de-la-Protection-de-la-Mère-de-Dieu, à Biarritz. Monastère Notre-Dame-de-Toute-Protection, à Bussy-en-Othe. Église Saint-Basile-de-Césarée-et-Saint-Alexis-d'Ugine, à Nantes. Église Saint-Serge-et-Saint-Vigor de Colombelles (après être restée un temps au sein de l'AERO après son transfert au patriarcat de Moscou, la paroisse a décidé de rejoindre le vicariat au printemps 2022).
L’Église orthodoxe russe en France EORF (diocèse de Chersonèse) est une juridiction fondée en 1960 qui regroupe les paroisses orthodoxes situées en France, Suisse, Espagne et Portugal, et relève du patriarcat de Moscou.
Communauté russe de Saint-Nicolas à Ugine (Savoie). Église des Trois-Saints-Docteurs de Paris (en russe : Храм трёх святителей).
Les Églises non officielles « Les discussions avec le patriarcat de Moscou à partir de 2000, puis l'acte de rétablissement de la communion en 2007, ont provoqué plusieurs mouvements d'opposition, tant en Russie que dans la diaspora russe. Les opposants ont créé plusieurs nouvelles juridictions ». Église orthodoxe russe hors frontières - Autorité suprême provisoire de l'Église (ru) : Временное Высшее Церковное Управление Русской Православной Церкви Заграницей: Église Saint-Nicolas à Lyon. Église orthodoxe russe en exil (diocèse d'Europe occidentale) (ru) : Русская Православная Церковь в изгнании. Vraie Église orthodoxe russe - Synode lazarite (ru) : Русская Истинно-Православная Церковь (РИПЦ)) (лазаревская ветвь).
Les lieux de culte orthodoxe en Rhône-Alpes
En Isère Dès son arrivée en Isère, dans les années 1920, les réfugiés russes en provenance du camp de Gallipoli en Bulgarie ou de Constantinople s'installent sur trois sites industriels qui recherchent de la main d’œuvre qualifiée : Rioupéroux, dans la vallée de la Romanche, Rives, au nord de Grenoble et à Grenoble mêmeSource: http://paroisse.jimdo.com/historique-et-photos/historique-de-la-paroisse/ (consulté le 27.01.2015).
À Rioupéroux La chapelle Saint Tikhon Zadonski sera installée en 1925 dans un local prêté par les usines de la vallée de la Romanche. En 1928, le prêtre Dmitri Soboleff est destitué et l'église vidée de ses objets paroissiaux. Cependant, quelque temps après, les offices religieux reprennent qui sont suivis avec une grande ferveur par les paroissiens sous la conduite de prêtres exemplaires. Un ouvrier de l'usine, Mitrophan Novikoff, dont la très belle voix de basse est restée dans les mémoires, dirige le chœur. Les années d'après-guerre voient les paroissiens se déchirer en deux clans. Puis le nombre des paroissiens diminue irrémédiablement. Et en 1959, l'église est définitivement ferméeOleg Ivachkevitch, Mémoire des Russes en Oisans, 1997, Ed. Belledonne..
À Rives À Rives, au château de l'Orgère, la paroisse orthodoxe fondée à la même époque assurera le culte jusque dans les années 1980.
À Grenoble À Grenoble, où la communauté russe est la plus importante, ( en 1930) les pratiquants se réuniront dans l'église grecque et au temple protestant, avant de trouver un entrepôt de maraîcher, situé 5 avenue de Vizille.