La chapelle Saint-Melaine de Laval, située à Laval était une chapelle romane.

Cette chapelle était située à peu de distance de Laval, non loin de l'étang de Barbé, dédiée à Melaine. Le prieuré fut longtemps la paroisse du faubourg du Pont-de-Mayenne de Laval, de l'archidiaconé de Sablé, du doyenné de Sablé au-delà de l'Ouette, rive droite de la Mayenne. L'église paroissiale fut au , transférée dans l'intérieur du faubourg ; elle prit alors le nom de Saint Vénérand, qui lui fut donné pour patron. Le prieuré de Saint-Melaine fut longtemps cure primitive de cette partie de la ville, au-delà de la Mayenne, en face du château de Saint-Melaine.

Origine Miracle Deux auteurs ont raconté la vie de Melaine. Un premier auteur anonyme la rédige sans doute au . Celui-ci est largement recopiéAndré Chédeville, Hubert Guillotel, op.cit 157-158. au par Gervais de Belleme, évêque du Mans, et ensuite archevêque de Reims, qui relate dans une courte notice plusieurs miracles opérés à l'Ouest de la MayenneÀ cette époque, la rivière Mayenne marquait la limite de la Bretagne et du Maine., par son intercession. L'un d'euxLe fait est rapporté par les Bollandistes, , et retranscrit dans : Le saint évêque de Rennes, visitant la partie de son diocèse qui confine le Maine, fut appelé près d'une dame nommée Eve, demeurant au territoire cénoman; elle était malade depuis douze ans et ne pouvait sans aide se lever de son lit. Cédant aux instances de ses parents et de ses amis, et craignant, s'il les refusait, de manquer à la charité, saint Melaine vint trouver cette dame, lit sur elle le signe de la croix, puis une onction avec de l'huile consacrée, en récitant l'Oraison dominicale, et lui rendit la santé. qui eut pour théâtre Argentré peut avoir donné naissance à la paroisse de Saint-Melaine ainsi qu'à la Chapelle, érigée à deux lieues de là sur la commune actuelle de Laval, ou du moins lui avoir fait donner ce patronage.

Rorans Rorans avait obtenu une partie des reliques de saint Melaine qu'elle conservait avec une grande vénération à ArgentréTerre qui faisait partie de son douaire.. Ce fait est connu car dans une lettreLe texte latin se trouve dans le tome I des Acta Sanctorum, 6 janvier, ., Gervais de Belleme, archevêque de ReimsII avait auparavant été évêque du Mans., annonce à Even, abbé et réformateur de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes, que, cédant enfin à ses instances, il consent à lui rendre la relique si chère à sa famille<ref>Il y a long-temps, mon cher frère, que vous m'avez prié de vous donner les reliques du glorieux confesseur saint Melaine, qui nous étaient si chères, à mon père et à moi. Vous aviez de la peine de voir vôtre maison privée de ce précieux gage et vous avez employé les prières et les sollicitations les plus pressantes pour obtenir ce que vous souhaitiez. Enfin l'on n'a pu vous refuser, et l'on espère, en récompense, que vous vous souviendrez éternellement de mon père Haimon, de ma mère Hildeburge, de monseigneur le roi Henry, et de moi. Après cela je ne doute pas qu'un aussi saint homme que vous l'êtes n'apprenne avec plaisir les miracles que Dieu a opérés par ces précieuses reliques. Je parle comme témoin oculaire d'une partie, et le reste m'a été rapporté par des personnes dont le témoignage ne me parait pas de peu de considération. J'en ferai donc le récit à votre charité, pour l'édification de ceux qui pourront lire ceci. « Mon aïeule Rorans, demeurant dans le pays du Maine, dans un lieu appelé Argentré qui était de son douaire, une partie de la maison fut brûlée par accident. On présenta les reliques aux flammes qui allaient consumer le reste et aussitôt elles s'éteignirent. Ces reliques, après la mort de Rorans, passèrent, avec les terres de son douaire, en la possession de Haimon, fils de son fils, et mon père, qui transporta les reliques à sa terre de Château-du-Loir.</ref>.

Barbé Il existait un fief de BarbéD'après le Gallia Christiana (Èpiscopi Cenomanenses, . Archiepiscopi Rtmentet, ), l'évéque Gervais de Belleme était fils de Hamon ou Hamelin de Château-du-Loir et de Hildegarde ou de Hildeburge de Bellême. Le témoignage de l'évéque lui-même assure que c'est le nom d'Hildeburge qu'il faut adopter. Les auteurs de cet ouvrage indiquent que le nom vulgaire de Gervais était de Barbé ou de la Roche-Guyon.. Il appartenait à la maison de Château-du-Loir.

Il servait probablement de demeure à Rorans qui avait son douaire à ArgentréIl devait être situé au lieu où se trouve encore le village de Saint-Melaine, et non près de la ferme qui porte aujourd'hui ce nom. Elle ne fut créée que plus tard et ne reçut le nom de Barbé qu'à cause de sa position voisine de l'étang, longtemps après que le nom du fief primitif eût été substitué à celui de Saint-Melaine.. Rorans possédait des reliques de sant Melaine ; c'était pour cela qu'elles étaient entourées chez ses enfants de tant de respect et d'affection ; c'était afin de les honorer mieux qu'une chapelle avait été bâtie sous le vocable du saint.

Cette terre de Barbé était un fief relevant d'Argentré, qui, dans les temps postérieurs, fut annexée au Château de Hauterive. Guy Ier de Laval épouse, en troisièmes noces, vers l'an 1030, Rotrude de Château-du-Loir, sœur probablement de l'évéque Gervais de Belleme. L'un de ses enfants porte le nom de Gervais comme son oncle, une autre s'appela Hildeburge comme sa grand-mère. C'est par cette alliance que les seigneurs de Laval acquirent des droits sur l'étang de Barbé.

Fondation Au , les chartes parlent de Saint-Melaine faisant partie du fief d'Hauterives. La fondation de ce prieuré, suivant toutes les probabilités, appartiendrait donc selon La Beauluère aux seigneurs d'Argentré qui, dans la suite, s'annexèrent la seigneurie d'HauteriveEt non, comme le dit Jacques Le Blanc de la Vignolle, à un seigneur de Laval.. Néanmoins, des aveux de 1407 et 1444 indiquent que cette fondation est faite par un seigneur de Laval et il est probable que ce seigneur, selon Couanier de Launay fut Guy III de Laval.

Seul au milieu de cette contrée, Saint-Melaine prit de bonne heure le titre de paroisse et eut tous les droits curiaux qui en dépendaient.

Paroisse La paroisse de Saint-Melaine est donc, pour Couanier de Launay, un démembrement de celle d'Argentré qui s'étendait alors depuis Soulgé jusqu'à la Mayenne. Bonchamps n'existait pas encore et ne doit sa création qu'à l'établissement d'une colonie de religieuses d'Avesnières.

Dans le cours de ce siècle, plusieurs chartes, constatant les libéralités des seigneurs d'Hauterive à l'abbaye de Fontaine-Daniel, font voir que la paroisse de Saint-Melayne avait déjà une existence fixe autour du prieuréFoulques d'Hauterives cède et confirme en 1251, à l'abbé et aux moines de Fontaine-Daniel, moyennant qu'ils rendront à lui et à ses héritiers, chaque année, 4 sols mançais et 4 d. de cens, toutes les terres qu'ils avaient achetées de Pierre de Mayenne, bourgeois de Laval, situées dans la paroisse de Saint-Melaine, avec la maison et les vignes qui en dépendaient près des Touches. En 1259, Guillaume de Colombiers donna à Fontaine-Daniel des terres et des vignes, situées dans La paroisse de Saint-Melayne près Laval, au fief de Robert d'Hauterives..

Dans son aveu de 1407, Guy XII de Laval déclare qu'il fait partie de son domaine. Le même acte et l'aveu de 1444 portent encore que les seigneurs de Laval sont fondateurs du prieuré de Saint-Melaine. Un arrêt du roi Charles VI de France, d', règle les droits curiaux du prieur de Saint-Melaine.

Prieuré et paroisse L'époque précise, à laquelle l'église de Saint-Melaine devient un prieuré dépendant de l'Abbaye Toussaint d'Angers, ne nous est pas connue. Dès le commencement du , comme curé de la paroisse de Saint-Melaine, après une contestation avec les administrateurs de l'aumônerie de Saint-Julien du Pont de Laval, placée sur son territoire, l'abbé de Toussaint fait à l'aumônerie l'abandon des droits curiaux qui peuvent appartenir au prieuré sur les malades et les gens de service de l'hospice. C'est le plus ancien titre que nous ayons dans lequel il soit fait mention de Saint-Melaine et de son église, comme paroisse.

Jeanne Ouvrouin, dame des Roches et de Poligné, fut appelée à son accomplissement, « désireuse, elle-même,d'accroître le service divin dans la ville de Laval, où il n'y avait qu'un collège et une grande multitude de peuple ». Le , Adam Chastelain, évêque du Mans, érigea par décret obtenu le l'église de Saint-Michel en collégiale Saint-Michel de Laval et les chapelains reçurent le titre de chanoines. Il s'agit de la deuxième collégiale crée à Laval, après la Collégiale Saint-Tugal de Laval.

René de Feschal ajouta aux libéralités de sa famille envers Saint-Melaine, par acte du , la fondation d'une messe dans cette église, le jour de la Conception, à diacre et à sous-diacre, avec chapes, de l'office du jour, en considération de sa très chère et amée dame et mère, Jeanne Ouvrouin, dame de Poligné, de Marboué et de la Coconnière. Le prieur avait sa demeure dans la maison prieurale de Saint-Melaine ; une sentence du doyen de Sablé, de l'année 1486, décida qu'il aurait en jouissance une des maisons canoniales du chapitre de Saint-Michel.

Conflits et règlements