Le secteur de l'énergie en Nouvelle-Zélande présente plusieurs caractéristiques originales : l'Île du Sud dispose, grâce à sa pluviosité exceptionnelle, de ressources hydroélectriques abondantes : l'hydroélectricité assurait 55,5 % de la production électrique de la Nouvelle-Zélande en 2021 ; l'Île du Nord, dotée d'un volcanisme très actif, a des ressources géothermiques importantes : la géothermie assurait 19,2 % de la production électrique en 2021 ; la Nouvelle-Zélande était en 2020 le mondial d'électricité géothermique avec 8,7 % du total mondial ; l'abondance de ressources, hydroélectriques en particulier, a attiré l'industrie de l'aluminium, dont les procédés électrolytiques sont très consommateurs d'électricité : l'industrie des métaux de base consomme 16 % de l'électricité produite dans le pays.
La Nouvelle-Zélande produit du pétrole, du gaz naturel et du charbon ; ces productions sont en déclin, sauf celle de charbon, du fait de l'épuisement des gisements ; elle importe du pétrole (85 % de sa consommation intérieure) et du charbon (8,5 % de sa consommation) et consomme la totalité de sa production de gaz naturel.
Sa production d'électricité, qui représente 24,8 % de la consommation finale d'énergie, est tirée en 2021 à 85,2 % des énergies renouvelables (hydraulique : 55,5 % ; géothermie : 19,2 % ; éolien : 6,0 % ; biomasse : 4,0 % ; solaire photovoltaïque : 0,5 %).
La consommation d'énergie primaire par habitant était en 2022 supérieure de 114 % à la moyenne mondiale et de 25 % à celle de la France, à cause de la présence d'usines d'aluminium.
Du fait de cette forte consommation et malgré ses ressources renouvelables, la Nouvelle-Zélande a des émissions de par habitant supérieures de 29 % à la moyenne mondiale en 2022, mais inférieures de 29 % à la moyenne de l'OCDE ; 67 % de ces émissions proviennent des consommations de pétrole.
Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie en Nouvelle-Zélande Population Consom.énergieprimaire Production Importationnette Consom.élect.* ÉmissionsGHG**tab.GHG-FC Année Millions PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 3,37 536,1 481,4 88,6 30,21 22,2 2000 3,86 708,4 590,4 141,0 36,34 29,4 2010 4,35 747,7 684,4 165,7 41,90 31,0 2011 4,38 746,5 653,9 144,5 41,63 30,2 2012 4,41 788,2 654,5 158,0 41,62 32,0 2013 4,44 797,7 661,8 196,2 40,88 31,7 2014 4,52 837,9 687,0 191,8 41,14 31,8 2015 4,61 847,4 674,6 205,1 41,79 32,0 2016 4,71 838,1 657,3 244,2 41,21 31,1 2017 4,81 838,2 645,6 246,1 41,70 32,9 2018 4,90 824,4 629,8 269,8 41,75 32,4 2019 4,98 859,3 642,4 271,1 42,15 33,8 2020 5,09 823,6 616,6 243,4 41,59 31,1 2021 5,11 857,5 594,3 259,1 40,78 31,5 variation1990-2021 +52 % +60 % +23 % +192 % +35 % +42 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre par combustion.
Production d'énergie primaire + Production d'énergie primaire en Nouvelle-Zélande par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2021 % 2021 var.2021/1990 Charbon 59,59 12,4 86,78 14,7 130,24 19,0 69,64 11,3 71,55 12,0 % +20 % Pétrole 82,29 17,1 81,39 13,8 114,94 16,8 49,08 8,0 42,99 7,2 % -48 % Gaz naturel 162,11 33,7 211,69 35,9 161,41 23,6 162,98 26,4 141,77 23,9 % -13 % Total fossiles 303,99 63,2 379,87 64,3 406,59 59,4 281,71 45,7 256,31 43,1 % -16 % Hydraulique 83,46 17,3 87,96 14,9 89,01 13,0 87,36 14,2 87,19 14,7 % +4 % Biomasse-déchets 29,58 6,1 38,32 6,5 42,09 6,1 36,41 5,9 38,26 6,4 % +29 % Géothermie, éolien, solaire 64,34 13,4 84,30 14,3 146,70 21,4 211,10 34,2 212,5 35,8 % +230 % Total EnR 177,38 36,8 210,57 35,7 277,79 40,6 334,86 54,3 337,96 56,9 % +91 % Total 481,37 100 590,44 100 684,37 100 616,57 100 594,27 100 % +23 %Source des données : Agence internationale de l'énergie.
Charbon
Les réserves sont estimées à plus de 15 milliards de tonnes, dont 80 % sont des lignites (île du Sud). La production de charbon a été en 2017 de (millions de tonnes), en hausse de 2 % par rapport à 2016 mais inférieure de moitié au pic de atteint en 2006. La production provient de 16 mines, toutes à ciel ouvert, la dernière mine souterraine ayant fermé en 2017. Les exploitations se répartissent en trois zones géologiques : la région de Waikato) dans l'île du Nord où les gisements d'Awaroa et de Rotowaro produisent du charbon sub-bitumineux destiné à la production de chaleur et d'électricité ; la région de West Coast dans l'île du Sud : charbon bitumineux du gisement de Buller, exporté pour la métallurgie ; le reste de l'île du Sud produit des charbons sub-bitumineux ou du lignite, utilisés pour des usages thermiques dans l'industrie du lait ou de la viande et pour le chauffage de logements. Sur la production 2017 de (pétajoules), ont été exportés, et importés ; la consommation intérieure de charbon pour la production d'électricité a progressé de 17 % à , celle des centrales de cogénération de 7 % à , et la consommation finale de 3 % à , dont pour l'industrie. L'année 2017 a été marquée par l'achèvement de la dissolution (entamée en 2015) de l'entreprise publique Solid Energy, dont les mines ont été vendues à des compagnies privées. La sécheresse de l'été a porté la production de la centrale d'Huntly à un record de 18 mois17-21.
En 2021, la Nouvelle-Zélande a importé de charbon et en a exporté ; le solde importateur net de représente 8,5 % de la consommation nationale. En 2020, les centrales électriques ont consommé 25 % de l'approvisionnement net, les centrales à cycle combiné 11 % et l'industrie 33 %.
Pétrole et gaz naturel
En 2021, les importations nettes de pétrole brut et produits pétroliers ont représenté 85 % de la consommation intérieure ; le gaz naturel produit par le pays est consommé sur place en totalité.
Le puits Alpha, foré en 1865 près de Mikotahi à New Plymouth, fut le premier puits de pétrole du Commonwealth et l'un des premiers au monde. Une industrie pétrolière se développa à Moturoa, dans la banlieue de New Plymouth, avec des raffineries, dont la dernière ferma en 1972 ; le champ continue à produire un peu de pétrole.
La Nouvelle-Zélande produit du pétrole et du gaz naturel sous 24 licences ou permis d'exploitation, tous dans le bassin de Taranaki ; les principaux champs sont Maui, Pohokura, Maari et Kupe. 52 permis d'exploration sont en cours, en particulier dans le Great South Basin à l'extrémité sud de l'île du Sud et des zones offshore près de Canterbury et Gisborne.
Les réserves de pétrole sont en voie d'épuisement : les réserves restantes fin 2017 sont estimées à (millions de barils) ; pour le gaz naturel, les réserves restantes sont estimées à (milliards de mètres cubes)24, pour l'essentiel dans les champs de Pohokura (28,6 %), Mangahewa (21,7 %), Turangi (16,7 %) et Kupe (13,8 %)26.
La production de pétrole décline d'année en année depuis 2008 ( barils par jour, soit ) Ministry of Business, Innovation and Employment, Energy in New Zealand 2014, 32-33 ; en 2017, elle a encore baissé de 11 % à . Les exportations de brut ont reculé de 6 % à 30 ; la production de pétrole néo-zélandaise est généralement exportée, surtout en Australie, car sa qualité élevée lui confère un prix attractif sur les marchés internationaux ; la raffinerie de Marsden Point utilise surtout du pétrole importé.
Les importations de pétrole brut ont atteint en 2017 (59 % du Moyen-Orient, 36 % de Singapour et Malaisie, 3 % de Russie)31.
La production de gaz a reculé de 2 % en 2017 à 41.
La consommation de gaz naturel est surtout consacrée à l'industrie : 32,4 % en 2017, à la production d'électricité : 31,3 % ( plus cogénération : ) ; 27,9 % vont aux usages non énergétiques (chimie) ; la consommation des ménages n'est que de 3,5 % et celle des services de 4,1 %43.
La Nouvelle-Zélande a une raffinerie de pétrole : Marsden Point ( par jour), à Whangarei, et un stockage souterrain de gaz à Ahuroa dans la région de Taranaki.
Énergies renouvelables En 2017, la Nouvelle-Zélande se classait au pour la part des énergies renouvelables dans l'approvisionnement en énergie primaire parmi les pays de l'OCDE, derrière l'Islande, la Norvège et la Suède, avec , soit 39,6 % ; l'hydraulique et la géothermie sont les deux principaux contributeurs ; 81,9 % de l'électricité du pays est produite à partir d'énergies renouvelables (84,8 % en 2016, année de forte hydraulicité)45.
Géothermie
Sur les 129 zones géothermiques identifiées en Nouvelle-Zélande, 14 sont dans la plage 70-, 7 dans la plage 140- et 15 dans la plage >. La zone volcanique de Taupo s'étend de White Island dans la Baie de l'Abondance vers le sud-ouest jusqu'au Mont Ruapehu. Les champs géothermiques sont associés avec un volcanisme rhyolitique jeune et actif. L'intrusion de magma dans la croûte étirée et fracturée de la zone a produit des températures de au minimum à moins de de profondeur, ce qui fournit une énorme source de chaleur à partir de laquelle des systèmes géothermiques se sont développés et maintenus sur des périodes de centaines de milliers d'années. Au total, 29 zones géothermiques ont été identifiées, bien que seules environ la moitié ont un potentiel d'utilisation de la ressource. Les utilisations sont diverses : bains thermaux, vapeur pour séchage de papier ou de bois et pour de nombreux process industriels, et surtout pour la production d'électricité New Zealand Geothermal Fields, New Zealand Geothermal Association..
Sur les d'énergie primaire produites par la géothermie, (96,2 %) ont été transformés en électricité et (3,8 %) ont été consommés sous forme de chaleur, essentiellement par l'industrie : (2,2 %) et les services : (1,1 %) New Zealand : Renewables and Waste for 2016, Agence internationale de l’énergie, 21 septembre 2018..
En 2017, l'utilisation directe de l'énergie géothermique est estimée à , dont 58 % pour des applications industrielles, 30 % dans le secteur commercial et le reste dans les secteurs résidentiel et agricole ; quelques exemples d'applications : séchage du bois, élevage de crustacés, horticulture, séchage du lait, chauffage de locaux48.
Autres renouvelables Le bois est utilisé dans l'industrie papetière pour produire de la chaleur et de l'électricité par cogénération () ; son utilisation pour le chauffage de logements est estimée à .
La production de biogaz atteint en 201749.
La production d'agrocarburants est retombée en 2017 à , après avoir culminé à en 2013 ; le bioéthanol néo-zélandais est produit par fermentation du petit lait, sous-produit de la fabrication du fromage, et le biodiesel à partir de suif et de colza50.
Consommation d'énergie primaire L'Energy Institute estime la consommation d'énergie primaire de la Nouvelle-Zélande en 2022 à , en baisse de 1 % en 2022 et de 2 % depuis 2012 ; elle représente 0,1 % de la consommation mondiale8. Elle se répartit en 57 % de combustibles fossiles (pétrole : 36 %, gaz naturel : 15 %, charbon : 6 %) et 43 % d'énergies renouvelables, dont 30 % d'hydroélectricité9. La consommation d'énergie primaire par habitant s'élève à , en recul de 2 % en 2022 et de 17 % par rapport à 2012, supérieure de 114 % à la moyenne mondiale : , de 25 % à celle de la France : , mais inférieure de 29 % à celle de l'Australie : 11.
+ Consommation d'énergie primaire en Nouvelle-Zélande par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2021 % 2021