Geneviève de la Tour Fondue, née le ou 1914 à Montréal et morte le à Outremont, est une femme de lettres, journaliste, romancière et essayiste québécoise. Officier de la Légion d’honneur, lauréate (médaillée bronze) de l’Académie française, présidente-fondatrice de l’Alliance française de Montréal et de la Fédération des Alliances françaises du Canada, elle est reconnue pour ses activités de promotion de la langue et de la culture française au Canada et au Québec.
Biographie
Naissance
Geneviève de la Tour Fondue naît le et est baptisée Marie Laure Geneviève de Cousin de la Tour Fondue le en la paroisse Saint-Enfant-Jésus du Mile-End, à Montréal. Elle est la fille du vicomte Jean de Cousin de la Tour Fondue et de Marie Laure Julie de Coriolis de LimayeRegistres paroissiaux et Actes d’état civil du Québec (Collection Drouin) - Extrait du registre de la paroisse Saint-Enfant-Jésus de Montréal (Mile-End) concernant le baptême du et la naissance du de Marie Laure Geneviève de Cousin de la Tour Fondue sur le site de généalogie Ancestry.ca (abonnement requis). Les parrain et marraine qui ont signé ledit registre sont : Alexandre Sosthène d’Armand, marquis de Châteauvieux, de Guantanamo, Cuba, et Elizabeth Laure Rozan, baronne de Coriolis de Limaye, d'une ancienne famille noble français d'Auvergne dont elle a été la dernière à porter le nom.
Études et journalisme
Son père, vicomte Jean de la Tour Fondue, rentre en France à la déclaration de la guerre en 1914 pour prendre du service et il meurt au front en 1915. Dès la fin du conflit mondial, Geneviève et sa mère retournent également en France ; la jeune fille complètera ainsi ses études du baccalauréat à Amiens et à Paris, puis obtiendra une licence en histoire de la Sorbonne. Elle choisit alors de faire carrière en journalisme. De 1936 à 1939, elle est correspondante à Paris pour le quotidien montréalais La Presse. En 1940, le journal Jour-Écho de Paris l’envoie au Canada pour y réaliser une série de grands reportages sur son pays natal. Son mandat terminé, elle décide de poursuivre sa carrière de journaliste au Canada, où elle devient éditorialiste au journal Le Canada, puis directrice de l’information au périodique Photo Journal ; elle collabore aussi comme pigiste à des chroniques littéraires et d’actualités à Radio-Canada, elle prononce des conférences devant divers auditoires culturels, et elle entreprend une collaboration qui durera plus de 50 ans auprès du quotidien Le Devoir. Au journaliste Jean-Paul Robillard du Petit Journal, à qui elle accorde une interview en 1956, elle confie que les auteurs qui l’influencent le plus alors sont les philosophes français tels Gabriel Marcel, Emmanuel Mounier et Pierre Teilhard de Chardin.
Mariage
Le , en l’église St-Germain d’Outremont, elle épouse Pierre SmithFiche de mariage de Geneviève de la Tour Fondue et Pierre Smith sur le site BMS2000.org, base de données généalogiques québécoises (abonnement requis), chirurgien à l’hôpital Saint-Luc de Montréal, fils de Joseph Smith et de Marie St-Amant. Elle sera par la suite souvent connue sous le nom Geneviève de la Tour Fondue-Smith. Le couple n’a pas eu d’enfant.
Décès
Geneviève de la Tour Fondue décède à 87 ans, le , à Outremont et ses funérailles ont lieu en l’église Saint-Viateur d’Outremont le mardi en présence de nombreux participants, dont sa cousine Valérie-Anne Giscard d'Estaing.
, souligne l’ancien vice-président de l’Alliance française de Montréal, René Le ClèreBiographie de René le Clère, dans son hommage publié dans Le Devoir du .
Promotion de la culture française
Geneviève de la Tour Fondue-Smith, collaboratrice du Devoir pendant plus de 50 années, présidente de la fédération des Alliances françaises du Canada et présidente de l’Alliance française de Montréal, « a travaillé sans relâche à la promotion de la langue et de la culture françaises au Canada et au Québec ».
Publications
Elle publie deux romans, Retour à la vigie (1942) et Monsieur Bigras (1944), qui ont fait l’objet de plusieurs recensions, puis un essai biographique et historique, Interviews canadiennes (1952), ainsi que, sous sa direction et à la demande du ministère des Affaires culturelles du Québec, « Collection art, vie et sciences au Canada français » (1964), un collectif sur les arts et les sciences où on retrouve des textes de Jean Hamelin, Guy Viau, Annette Lasalle-Leduc, Cyrias Ouellet et Jean-Charles Falardeau sur les lettres, le théâtre, la peinture, la musique, les sciences naturelles et les sciences sociales.
Geneviève de la Tour Fondue publie en 1952 Interviews canadiennes, un « essai sur la civilisation canadienne » l’engageant plus particulièrement dans des « avenues canadiennes-françaises, avec les guides de mon choix », précise-t-elle dans l’avant-propos. Il s’agit d’un « recueil d’interviews, toutes inédites » avec les « personnalités les plus dissemblables et les propos les plus contradictoires, absolument tels qu’ils s’offraient à moi ». L’essai comporte ainsi des interviews avec Édouard Montpetit, Jean-Marie Gauvreau, Léon Lortie, Françoise Gaudet-Smet, Claude Champagne, Ringuet-Bruchési, Pellan, H-2, Horace Boivin, Léon-Mercier Gouin, Wilfrid Bovey, Jean Désy, S.E. Paul-Émile Léger et Gérard Pelletier.
Vive la France! Un pays catalyseur
En 1995, dans la section « Idées » du Devoir, Geneviève de la Tour Fondue, alors âgée de 82 ans publie, à l’occasion du , un texte intitulé « Vive la France! Un pays catalyseur », qui révèle son attachement à la langue et la culture française :
Jury du prix Cercle du Livre de France
Geneviève de la Tour Fondue fait partie du jury du prix du Cercle du livre de France en 1950-1951, aux côtés de Paul Gay, c.s.s.p., Germaine Guèvremont, Jean Béraud, Gilles Marcotte, Roger Duhamel, Jean-Charles Bonenfant, Paul L'Anglais et Pierre Tisseyre.
Philanthropie
Conformément aux legs testamentaires de Geneviève de la Tour Fondue, sa succession établit en 2001 la Fondation Geneviève-de-la-Tour-Fondue, dont l’objet et d’attribuer annuellement et sur une base permanente des bourses d’excellence à des étudiants du Département d’études française de la Faculté des arts et sciences de l’Université de Montréal, d’une part, et à des étudiants de maîtrise ou de doctorat du Département de langue et littérature française de l’Université McGill, d’autre part.
La cérémonie de signature de création du fonds Geneviève de la Tour Fondue de l’Université de Montréal en 2001 s’est déroulée en présence de Jacques Giscard d’Estaing, cousin de la donatrice, Gil Desautels, directeur du Fonds de développement de l’université, M Émile Colas, représentant d’Anne de La Bastide, cousine de la donatrice, Lise Gauvin, directrice du Département d’études françaises et de Robert Lacroix, recteur. « Le legs testamentaire qu’elle a fait à l’Université de Montréal témoigne de son profond attachement à ce lieu réservé à la culture et au savoir », a alors déclaré Jacques Giscard d’Estaing.
Honneurs et distinctions
Officier de la Légion d’honneur, distinction qui lui est remise à Paris par son parent en ligne collatérale, le président Valéry Giscard d’Estaing. Prix de la langue-française 1974 de l’Académie française.
Bibliographie
Ouvrages de Geneviève de la Tour Fondue
Comptes rendus
Ressources biographiques
Notes
Références
Liens externes
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