Michele Mercati, né le à San Miniato et mort à Rome le , est un médecin italien. Il est directeur du jardin botanique de Rome sous quatre papes. On se souvient de lui aujourd'hui pour son rôle de précurseur en minéralogie, en paléontologie et en archéologie.
Biographie Michele Mercati est issu d'une famille bien connue de San Miniato, qui fait alors partie du duché de Florence. Son grand-père, de même nom que lui, appartenait au cercle humaniste de Marsile Ficin. Son père, Pietro, est médecin ; c'est lui qui se charge de sa première éducation.
Suivant les traces de son père, il étudie à l'université de Pise et devient, en 1565, docteur ès arts et en médecine. Le mieux connu de ses maîtres est Andrea Cesalpino. Il se lie avec Girolamo Mercuriale, Ulisse Aldrovandi et . Il sera très près de Ferrante Imperato.
Il est encore dans la vingtaine quand, probablement sur proposition de Cesalpino, on l'appelle à la cour de pour devenir préfet du jardin botanique de Rome, poste qu'il occupe durant les pontificats de , , Sixte Quint et ; il passe donc presque toute sa vie dans les États pontificaux. Aux collections vaticanes de livres (bibliothèque) et de végétaux (jardin botanique), il adjoint une collection minéralogique (« métallothèque »), aujourd'hui perdue mais dont le catalogue posthume est son ouvrage le plus célèbre.
Sixte Quint le nomme protonotaire apostolique. Il profite de sa mission en Pologne, où ses dons pour la diplomatie se font remarquer, pour ramasser des pierres et des plantes pour ses collections. Il est plus tard nommé directeur de l'arcispedale Santo Spirito in Saxia.
En 1566 il devient citoyen de Florence, et, en 1579, de Rome. Entre 44 et 49 ans il devient membre de la noblesse florentine, et l'année suivante de la noblesse romaine.
Il meurt à 52 ans, assisté de saint Philippe Néri et du vénérable Cesare Baronio ; sa tombe se trouve dans l'église Santa Maria in Vallicella.
Contributions Œuvres autres que la Métallothèque En médecine, Mercati écrit un ouvrage sur la peste, traduit en espagnol ; on peut mentionner que sa conduite durant une épidémie de peste à Rome lui vaut un grand respect.
En archéologie, il écrit (il est alors en Pologne, donc loin des objets eux-mêmes) sur les obélisques de Rome.
La Métallothèque C'est par sa Métallothèque, publiée après sa mort, que Mercati fait figure de pionnier.
« Métallothèque » désigne d'abord la partie des musées du Vatican créée par Mercati tôt après sa nomination comme directeur du jardin botanique, et destinée à recueillir des objets, des « métaux » (on dirait aujourd'hui des minéraux) ; d'où le rôle donné à Mercati dans la fondation de la minéralogie. Cette collection est aujourd'hui dispersée.
« Métallothèque » désigne aussi le catalogue de ce musée, rédigé par Mercati, illustré par et publié en 1717. Ce long retard à publier l'ouvrage peut expliquer la place — modeste — donnée à Mercati dans l'histoire de la science. Mercati a toutefois pu influencer Nicolas Sténon, qui a intégré à l'un de ses propres ouvrages une gravure préparée pour le manuscrit de Mercati.
Le mérite qu'on reconnaît à Mercati c'est d'avoir mis un début d'ordre dans les « curiosités » des cabinets de curiosités et la justesse de ses intuitions en le faisant. Recevant les envois des missionnaires au pape, il a été parmi les premiers à classer des objets d'Amérique et d'Asie. Il soupçonne — parmi les premiers — que certaines des pierres que la foudre est censée laisser sur son passage (en latin « ») sont en fait des produits de l'industrie humaine (des outils ou armes préhistoriques). Avec ses ammonites, tirées du faciès Rosso Ammonitico, il ouvre une voie vers la paléontologie ; un genre d'ammonites, Mercaticeras, porte aujourd'hui son nom.
Œuvres Du vivant de Mercati Instruttione sopra la peste, 1576 Instrucción sobre la peste, 1648 Degli obelischi di Roma, 1589 Considerationi sopra gli avvertimenti del S. Latino Latini, 1590 Gli obelischi di Roma, édition de Gianfranco Cantelli, Bologne, Cappelli, 1981 Posthume : la Métallothèque Metallotheca Vaticana, 1717 — Table des matières : Appendix ad Metallothecam Vaticanam, 1719 Metallotheca Vaticana, 1719 — Table des matières :
Galerie Légende M : légende de Mercati (en latin) F : légende en français
Abréviations Arm. : armoire : numéro de l'armoire dans le musée : chapitre : numéro de la page dans l'édition de 1717 de la Metallotheca (cela peut être la page non numérotée suivant celle dont on donne le numéro.)
Bibliographie Sources et textes de référence Bruno Accordi, Michele Mercati (1541 – 1593) e la « Metallotheca » Elisa Andretta, « Mercati, Michele », dans Dizionario biografico degli Italiani, , 2009 David L. Clarke, Analytical Archaeology, , Londres, Methuen, 1978 Carlo Magelli, « Vita Michaelis Mercati », dans Metallotheca Vaticana, 1717, Luigi Gaetano Marini, « Michele Mercati », dans Degli archiatri pontifici (Les archiatres pontificaux), , 1784, Jean-Pierre Niceron, « Michel Mercati », dans Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres…, , 1737, Misael Pieragnoli, Della vita e delle opere di Michele Mercati juniore, 1853, Charles Weiss, « Mercati (Michel) », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle, , 1821, Richard S. Westfall, « Mercati, Michele » — Site The Galileo Project
Listes bibliographiques Andretta Mercati, Michele — Site The Mineralogical Record
Notes
Liens externes
Catégorie:Archéologue italien du XVIe siècle Catégorie:Médecin italien du XVIe siècle Catégorie:Naturaliste italien du XVIe siècle Catégorie:Naissance à San Miniato Catégorie:Naissance en avril 1541 Catégorie:Décès en juin 1593 Catégorie:Décès à 52 ans