Basile de Césarée, né en 329 et mort, selon la tradition, le à Césarée de Cappadoce, est l'un des principaux Pères de l'Église. Il a été appelé, de son vivant, Basile le Grand en raison de son autorité morale et ecclésiale.
Fondateur d'un monastère dans la région du Pont, sur la mer Noire, il est l'auteur d'une règle connue comme la règle de saint Basile. Celle-ci est devenue la principale règle monastique de l'Église d’Orient et a partiellement inspiré la règle de saint Benoît dans l'Occident chrétien. Il pratiqua l'ascèse toute sa vie.
En 370, il devient évêque de Césarée. Son engagement pendant la famine, les hospices pour les malheureux qu’il crée au sein d’une cité de la miséricorde qui porte le nom de Basiliade en ont fait l'un des précurseurs du christianisme social.
Il défend la foi de Nicée contre l’arianisme et écrit des traités sur le Saint-Esprit, développant la théologie de la Trinité. Il cherche autant que possible à pacifier les divisions au sein de l’Église. Il est considéré, avec son frère Grégoire de Nysse et Grégoire de Nazianze, comme l'un des trois .
Il est reconnu comme Docteur de l'Église en 1568 par le pape . Vénéré en tant que saint par les orthodoxes comme par les catholiques, il est fêté le en Occident, et le , son dies natalis, en Orient, mais également lors de la « fête des trois docteurs œcuméniques », le , avec Jean Chrysostome et Grégoire de Nazianze.
Biographie Enfance et formation Basile le Grand est originaire de Césarée de Cappadoce, où il est né vers 329., dans une famille chrétienne d'avocats et de rhéteurs. appartenant aux milieux riches et influents de Césarée.. Sa grand-mère, Macrine l'Ancienne, avait suivi l'enseignement de Grégoire le Thaumaturge et le transmit à sa famille. Deux des frères de Basile, Grégoire de Nysse et Pierre de Sébaste, deviendront évêques comme lui. Un autre frère, Naucratios, qui avait embrassé la vie érémitique, meurt vers 357 dans un accident de chasse ou de pêche.. Sa mère Emmélie, une fois veuve, et sa sœur, Macrine la Jeune, se font religieuses.
Il étudie auprès de son père Basile l'Ancien, professeur de rhétorique., puis dans les écoles de grammairiens de Césarée de Cappadoce.. Il poursuit ses études à Constantinople, puis à Athènes en 351, où il se lie d'amitié avec un camarade de l'Académie, Grégoire de Nazianze. Cette amitié naît de l'accueil fait par Grégoire de Nazianze à Basile, qui lui évite un bizutage trop important lors de son entrée dans l'Académie... Grégoire affirme ensuite : ..
Cette relation est renforcée lorsque Grégoire, lors d'un concours de rhétorique, prend la défense de Basile contre des Arméniens qui voulaient l'humilier .. Cette amitié est renforcée par la foi forte que vivent Basile et Grégoire de Nazianze à Athènes, où ils côtoient de nombreux païens. Dans ses écrits, Grégoire insiste sur le caractère spirituel de leur relation. La première partie des études à Athènes semble indiquer que Grégoire joue auprès de Basile de Césarée un rôle de professeur. Les deux hommes développent le même goût pour la vie contemplative et monastique, dans une école où l'on étudie principalement les lettres classiques.. Grégoire de Nazianze insiste dans son éloge funèbre de Basile sur l'intelligence supérieure de celui-ci.
Basile apprend la rhétorique, la grammaire, la littérature grecque classique en étudiant Homère, Euripide et Sophocle.. Il a pour condisciple le futur empereur Julien.
Vie monastique vignette|Néocésarée ou Neocaesarea, Basile enseigne la rhétorique. En 355, à l'âge de , il quitte Athènes sans l'aval de Grégoire de Nazianze... Il enseigne la rhétorique à Césarée de Cappadoce et à Néocésarée, et y exerce quelque temps la profession d'avocat jusqu'en 356.
Sa sœur Macrine, qui vit dans le Pont une vie d'ascèse avec sa mère, alors veuve, l'encourage à démissionner et à se faire baptiser. Il décide alors de mener une vie monacale.
Basile reçoit le baptême des mains de l'évêque de Césarée, Dianée. Basile, profondément attiré par la vocation monacale, se rend en Syrie, en Palestine et en Égypte afin d'observer et de découvrir les personnes menant une vie de cénobitique ou anachorétique. Ces périples durent deux ans.
En 358, de retour de ces voyages, il renonce au monde, se retire dans la solitude dans le Pont, au bord de l'Iris, près du lieu où vit la communauté de femmes réunie autour de sa mère et de sa sœur Macrine. Sur la rive opposée, il crée un ermitage qui devient très vite une communauté d’hommes, plusieurs moines le rejoignant... Les rapports entre les deux communautés de ce monastère double nous sont connus par la Vie de Macrine, dialogue laissé par Grégoire de Nysse, frère de Macrine et de Basile Constance Stoney, Early Double Monasteries ; Cambridge, Deighton, Bell & Co. ; London, G. Bell & Sons ; 1915, Project Gutenberg.
Là, Basile reçoit des visites de Grégoire de Nazianze, et développe une règle de vie monacale. Dans sa correspondance épistolaire avec Grégoire de Nazianze, il envoie à son ami les règles de vie monastique qui constituent ultérieurement les règles de l'ordre de saint Basile. Devenu prêtre, il rédige des conseils dont cinquante-cinq forment la et 313 autres la .. Grégoire de Nazianze lui rend visite à plusieurs reprises, aidant sans doute à la formulation des règles monastiques qui deviennent postérieurement le fondement du monachisme oriental. Il y reste pendant cinq ans, menant une vie monacale.
Presbytérat de Basile vignette|Compilation de commentaires sur les Évangiles et Psaumes (Michael Chamchian) (Meknutiun), Arménie occidentale, , reliure en argent ornée de scènes chrétiennes, Kayseri, Empire ottoman, fin du . En 362, il quitte son monastère afin d'assister son évêque de Césarée de Cappadoce, Dianius, qui meurt rapidement. Son successeur Eusèbe l'ordonne prêtre et le prend comme auxiliaire pour ses talents intellectuels. Basile aide à la gestion de l'évêché et prêche à Césarée. L'une des principales raisons de la venue de Basile auprès de l'évêque de Césarée est de conseiller l'évêque face aux persécutions de Julien l'Apostat. L'avènement de Julien comme empereur avait occasionné des troubles à Césarée, Julien ayant alors réprimé la population et exigé des amendes importantes. La présence de Basile auprès de l'évêque doit permettre une meilleure gestion de l'évêché. Pendant cette période, Basile reste en contact avec son monastère à travers une abondante correspondance épistolaire..
Pendant une courte période, Basile se trouve en désaccord avec Eusèbe et décide de repartir vivre dans le Pont. Les raisons de ce conflit ne sont pas claires. Il serait dû à une division de l'Église de Césarée vis-à-vis d'Eusèbe, qui aurait été accusé de défendre l'arianisme, ce qui provoque le début d'une division du clergéSelon J. Bernardi, la raison de son départ est une jalousie de l'évêque Eusèbe du fait de l'audience des prêches de Basile.. Basile demande conseil à Grégoire de Nazianze et décide de ne pas prendre part à la division mais plutôt de partir en ermitage..
L'arrivée de Valens marqua le début de la persécution contre les partisans de la foi de Nicée. Basile décide alors de revenir afin de soutenir son évêque et le clergé. Cette aide de Basile lors des persécutions de Valens permet de réconcilier les différentes factions. Basile devient le principal soutien de l'évêque Eusèbe.
En 364, Basile rédige le traité Contre Eunomius., dans lequel il développe toute une théologie contre Eunome et sa conception de Dieu, qui nie la Trinité. Il dirige le diocèse avec un rôle non officiel d'évêque auxiliaire. Grégoire décrit le rôle de Basile : Discours 43, 33 de Grégoire de Nazianze..
Le un tremblement de terre ravage la ville de Nicée, évènement qui suscite la réflexion de Basile sur le thème du mal et donne lieu à une homélie écrite vers 369. La même année 368 sévit une grande famine dans la région de Césarée.. Basile prêche afin de favoriser la charité, et, ayant reçu l'héritage de sa mère défunte, décide de le donner aux pauvres, nourrissant les pauvres de sa ville, quelle que fût leur religion.
Évêque de Césarée thumb|Basile de Césarée peint à gauche en train de célébrer une messe, œuvre de Pierre Subleyras.
À la mort d'Eusèbe, en 370, les évêques se réunissent afin d'élire le successeur d'Eusèbe. L'élection d'un nouvel évêque se fait alors par la réunion des évêques d'une province afin qu'ils cooptent celui qui va remplacer le défunt évêque, en prenant avis sur le clergé et les personnes influentes de la région.. Cette élection est difficile dans la mesure où Basile défend la foi de Nicée : cela va à l'encontre des évêques ariens. L'élection n'est pas immédiate, et l'arrivée de Grégoire l'Ancien à Césarée est sans doute déterminante dans la mesure où il fait le déplacement de Nazianze alors même qu'il a atteint un âge avancé.. Basile est élu à seulement quelques voix de majorité.
Basile est élu évêque de sa ville natale, Césarée de Cappadoce, métropolitain de la Cappadoce, et éparque du grand diocèse du Pont. Le siège de Césarée était l'un des plus importants de la région, sa juridiction s'étendant sur 50 suffragants et onze provinces.. L'administration de Basile ne va pas sans rencontrer de difficultés à ses débuts, en particulier dans l'opposition qu'il suscite chez de nombreux ariens.
Opposition à l'arianisme et à l'empereur Valens En 371, l'empereur Valens décide de diviser administrativement la Cappadoce en deux régions distinctes, principalement pour des raisons fiscales. Cette division conduit à affaiblir les finances de l'évêché de Césarée., ainsi que sa place et celle de ses évêques suffragants. Valens choisit Tyane comme deuxième capitale et met l'évêque Anthyme à la tête de cet évêché. Basile refuse cette division et érige la ville de Nysse comme évêché, où il place son jeune frère Grégoire.. En 372, il fait de même à Sasisme et y nomme Grégoire de Nazianze comme évêque.. Grégoire de Nazianze accepte contre son gré et au nom de son amitié pour Basile, mais ne peut y entrer, l'évêque Anthyme l'en empêchant.. Grégoire part alors dans le désert, entraînant une dispute entre Basile et lui. Un accord a finalement lieu entre Basile et Anthyme quelque temps plus tard.
Une fois élu évêque de Césarée, Basile fait tout son possible pour résister à l'arianisme, allant jusqu'à s'opposer à l'empereur Valens, qui persécute les adversaires de la foi arienne. Celui-ci tente d'imposer l'arianisme en faisant venir le préfet Modeste. Il menace Basile d'exil et de supplice si celui-ci ne professe pas la foi arienne, mais Basile refuse catégoriquement de signer un acte arien.. Grégoire de Nazianze décrit le dialogue entre le préfet Modeste et Basile, lui prêtant ces paroles : Saint Grégoire de Nazianze, Oraison XX, 49-50.. L'année suivante, l'empereur Valens vient à Césarée. Malgré la foi orthodoxe de Basile, Valens ne l'exclut pas, impressionné qu'il est, semble-t-il, par l'évêque de Césarée.
Administration du diocèse L'administration de son diocèse est marquée par un profond engagement social. Basile développe une véritable assistance publique. Il fonde dans chaque circonscription de son diocèse un hospice pour recevoir les pauvres et les malades.. À Césarée, il construit un établissement complet, une véritable petite ville, qui comprend au centre l'église, entourée d'un hospice de vieillards, d'un hôpital pour les malades, d'une hôtellerie pour les voyageurs et les pèlerins, de logements pour les gens de service et d'écoles pour les orphelins de la ville, le tout financé par l'Église. Cet ensemble est surnommé « Basiliade » en l'honneur de son fondateur.